La famille Etignard de La FaulotteLe nom « Etignard » commence par un « E » non accentué, orthographe utilisée dans tous les actes d'état civil. Il convient donc de conserver cette orthographe, anciennement Etignard, est une ancienne famille de la bourgeoisie française originaire de Château-Chinon dans le département de la Nièvre. Elle s'est éteinte au .

Famille d'origine protestante dite de noblesse inachevéeUn de ses membres détenait le , jour de l'abolition de la noblesse et des titres, une « charge donnant la noblesse transmissible ».Éric Mension-Rigau, Enquête sur la noblesse : la permanence aristocratique, Paris, Perrin, 2019, , , ayant fait fortune dans le négoce et la banque avant de se tourner vers la haute fonction publique et le service de l'État, elle incarne, par sa trajectoire sociale, ses alliances, sa sociabilité et ses modes de vie, un exemple intéressant de la recomposition des élites parisiennes ainsi que de l'identité aristocratique au Voir, à ce sujet, les ouvrages généraux cités dans la bibliographie..

Histoire vignette|Plan des terrains à vendre appartenant à M. de La Faulotte, à côté de l'église de la Madeleine (1823). Chaix d'Est-Ange indique que cette famille appartenait, au , à la haute bourgeoisie protestante de la ville de Château-Chinon. Elle vint au siècle suivant, dès 1714, s'établir à Paris où elle acquit une fortune considérable dans le commerce des bois. L. Bergeron évoque ainsi le chiffre de 50 à 60 000 F. de rente foncière annuelle pour Claude de La Faulotte de Neuilly (1756-1811), résultant de sa possession de grands biens fonciers dont un chantier de bois près de la Madeleine (cf. plan), l'ensemble de son patrimoine étant estimé, à sa mort en 1811, à 900 000 F.. Cette solide assise économique lui permettra de devenir propriétaire du domaine de Vermenoux, près de Château-Chinon, acheté dès 1783 à Girardot de Chandauphin.

La Révolution française et, avec elle, l'abolition de la noblesse (par le décret du ) et la suppression des offices de secrétaires du roi de la grande et des petites chancelleries le viennent stopper le processus d'accession au Second Ordre de la famille de La Faulotte débuté avec l'obtention, en 1785, de la charge de conseiller-secrétaire du roi par le père de ce premier Claude, également appelé Claude de La Faulotte (1718-1809).

L'ascension sociale de la famille ne s'en poursuit pas moins, au , avec l'accession de plusieurs de ses membres à de hautes fonctions publiques (conseiller à la cour de cassation, auditeurs au Conseil d'État, etc.) et des alliances formées avec plusieurs familles de la noblesse. En 1834, la fille de Claude de La Faulotte de Neuilly (1756-1811), Blanche, épouse Charles Le Peletier d'Aunay (1803-1868). Deux des trois fils d'Ernest de La Faulotte (1819-1872) se marient, l'un avec la fille de Nicolas Martin du Nord en 1875 puis, au décès de celle-ci, avec une Saint-Phalle, le second, Henri (1851-1928), avec la fille d'Eugène Pajol, lui-même rejeton d'une grande famille de l'Empire - il était le fils du général comte Pajol et le petit-fils du maréchal Oudinot -, marié à une descendante du maréchal Mortier et très proche de l'Empereur Napoléon III dont il fut l'aide de camp. La pratique du mariage avec des familles de l'Empire se maintient à la génération suivante par celui de la fille unique d'Henri de La Faulotte, Hélène, avec un Davout en 1902, alliance dont Charles Bocher (1816-1908) observait, dans ses mémoires, qu'elle réunissait « sous un même nom, trois familles de l'Empire »: celles du duc d'Auerstaedt, du duc de Trévise et du duc de Reggio.

Le mariage, en 1908, du dernier porteur du nom masculin, Alexandre de La Faulotte (1876-1957) avec Élizabeth O'Connor (dont la mère était une Ganay) est rapporté dans la presse de l'époque avec un luxe de détails où fleurissent les grands noms, témoignant ainsi de l'ampleur du réseau de relations de la famille et de la visibilité mondaine dont elle jouissait au début du Les obsèques du père d'Alexandre, en 1906, avaient aussi été célébrées au milieu d'une foule considérable. Cf. Le Figaro, 7 novembre 1906, p. 2.Voir, Le Figaro, 22 juillet 1908 :

« On a célébré, avant-hier, à Saint-Pierre de Chaillot, le mariage de Mlle Elisabeth O'Connor, fille de M. et de Mme Arthur O'Connor née Ganay, avec M. Alexandre de Lafaulotte, beau-fils de Mme Louis Lafaulotte, née Saint-Phalle. La charmante fiancée fut conduite à l'autel par son oncle, le marquis de Ganay; le fiancé donnait le bras à sa mère.

Venaient ensuite :

Comte F. de La Tour du Pin et Mme O'Connor, comte Gabriel d'Evry et comtesse Martin du Nord, prince d'Héaih et marquise de Ganay née Ridgway, M. Henri de Lafaulotte et comtesse G. d'Evry, comte André de Ganay et comtesse F. de La Tour du Pin, comte Martin du Nord et Mlle, M. de Lafaulotte, M. Henry Ridgway et princesse d'Hénin, comte de Montjou et vicomtesse Martin du Nord, comte Charles de Ganay et marquise de Ganay, vicomte Martin du Nord et duchesse d'Auerstadt, M. Hubert de Ganay et comtesse, André de Ganay, duc d'Auerstaedt et Mlle de La Devansay, M. Jacques de Ganay et comtesse, Gérard de Ganay, M. Bernard de Ganay et Mlle Martin du Nord, comte de Sambuy et marquise douairière de Ganay, M. P. du Breuil de Saint-Germain et Mme Ridgway. Les témoins étaient, pour la mariée : la princesse d'Hénin, sa tante, et le comte François de La Tour du Pin-Chambly, son beau-frère pour le marié le comte Martin du Nord et M. Henri de Lafaulotte, ses oncles.

Au retour de l'église, la marquise de Ganay née Ridgway, grand-mère de la mariée, a donné une réception dans son hôtel de la rue Pierre-Charron. Très admirée, l'exposition des cadeaux. Dans la corbeille bague émeraude et rubis, bague saphir, collier de diamants anciens, diadème et pendentif diamants, éventails anciens ; cachet aux armes, manteau et manchon loutre, étole et manchon zibeline, manteau garni de chinchilla, dentelles, robes en pièces, etc.

Parmi les donateurs :

M. et Mme O'Connor, collier de perles et nœud diamants, marquise de Ganay née Ridgway, collier et pendentif saphirs et diamants ; comtesse Martin du Nord, nœud diamants et mobilier complet de chambre ; Mme de Lafaulotte, devant de corsage saphirs et diamants; comte et comtesse de La Tour du Pin, pendule ancienne Louis XVI ; comte et comtesse G. d'Evry, chaise longue Louis XVI ; prince et princesse d'Hénin, garniiture de toilette argent et table à coiffer Empire ; marquis et marquise de Ganay, table-bureau ancien ; comte et comtesse A. de Ganay, boucle de ceinture en perles comte et comtesse Gérard de Ganay, thé argent ; M. et Mme Ridgway, table Empire M. H. de Lafaulotte, piano ; duc et duchesse d'Auerstaedt, flambeaux Empire ; marquise douairière de Ganay, éventail plumes d'autruche ; comte et comtesse du Sambuy, bracelet or et saphirs ; comtesse Edmond de Pourtalès, potiche Chine; M. et Mme du Breuil de Saint-Germain, thé argent ; M. et Mme J. de Lafaulotte table à jeu ; duc et duchesse de La Trémoïlle, montre émail ; marquis et marquise de L'Aigle, éventail ancien ; Mme Schneider, broche barrette ; duc et duchesse de Guiche, pots à crème saxe ; marquis et marquise de Breteuil, lampe -chine; baron et baronne Hottinguer, table ; comte et comtesse Louis de Montosquiou, potiche saxe ; comtesse de Messey, boucle ancienne ; Mme Frank Lawrance, surtout, glace et argent ; comte Martin du Nord, bibliothèque ; Mlle de Ganay, table porte-livre ; M. Guillaume de Ganay, table ; comte et comtesse Jean de Castellane, éventail ancien ; princesse de Ligne, éventail ancien ; prince et princesse de Tonnay-Charente, flacon à sels ; MM. H. J. et B. de Ganay, huilier ancien ; comte et comtesse Melchior de Polignac, encrier sèvres ; comte et comtesse Jacques de Bryas, cinq potiches chine ; baronne G. d'Adelsward, vase monture bronze; comte et comtesse Ed. de La Rochefoucauld, flambeaux anciens ; comte et comtesse Hubert de Pourtalès, sac avec garniture vermeil ; comtesse Jacques de Ganay, surtout de table ; M. et Mme de Fraville, chaîne sautoir ; duc et duchesse de La Force, classeur en bronze ; marquis et marquise de La Ferronnays, confiturier argent ; prince et princesse d'Arenberg, table porte-gâteaux ; baron et baronne de Bussierre, broche diamants. Parmi les autres donateurs : Princesse de Poix, baronne Alphonse de Rothschild, comtes et comtesses G. Vitali, de L'Aigle, R et F. de Pange, J. de Nicolay, Paul de Quinsonas, de La Tour du Pin-Verclause, Gabriel de Castries, Gabriel de Mun, Ed. de Fitz-James, Gaston de Montesquiou, H. d'Andigné, Louis de Ségur, de Bérulle, Le Marois, Louis de Bernis, Louis de Clermont-Tonnerre, A. de Montaigu, A. de Ferrières, J. de Segonzac, de La Rochecantin, Frédéric Pillet-Will, Amédée d'Harcourt, de Goullard d'Arsay, F. de Maillé, Henri de Ganay, Philippe d'Alsace, Arthur de Vogüé, W. d'Ursel, MM. et Mmes des Glajeux, Trubert, Maurice Hottinguer, de Saulty, Edouard Noetzlin, Pécoul, Henri Hottinguer, Mme Sommier, vicomtes et vicomtesses de La Tour du Pin-La Carce, de La Redorte, de Gaigneron, de Chavagnac, A. d'Hendecourt, Mmes Maurice Bischoffsheim, du Plessis, de Miribel, Rolland-Gosselin, de Blic, de Wendel, Em. Bocher, marquis de Virieu, de La Tour du Pin, MM. de Kerjégu, G. Schlumberger, James Hennessy, ducs et duchesses d'Estissac, de Trévise, de Broglie, marquis et marquises de Lesegne, de Segur, de Juigné, de Brantes, de Rochechouart, de Maussabré, d'Albuféra, comtes Florian de Kergorlay, Henri Costa de Beauregard, Charles de Ganay, de Boisgelin, Jacques de Pourtalès, A. de Gontaut-Biron, R. de Clermont-Tonnerre, barons et baronnes de Berckheim, R. de Watteville, de Rothschild, J. de Neufville, duchesse de Broglie, prince et princesse A. de Broglie, comtesses de Cossé, d'Olliamson, J. Murat, vicomtesse de La Rochefoucauld, général de Brunetière, Mgr O'Connor, baronne F. Seillière, etc. ; Mlles de Virieu, Marie de Lafaulotte, de Pourtalès, de Chaponay, Costa de Beauregard, de Lafaulotte, de Boisgelin, de La Rochefoucauld, Hély d'Oissel, de La Davansay, Lejeune, Benedetti, Hérelle, de Bethmann, Kennedy, du Lau, d'Haussonville, d'Esterno, de Gouvion Saint-Cyr, de Bonvouloir, Rolland-Gossolin, de Colbert, de Bassano, etc. ». vignette|Le Cercle de la rue Royale, de James Tissot (1866). Les La Faulotte furent membres de plusieurs grands cercles parisiensVoir aussi l'Annuaire du cercle des chemins de fer du 1er janvier 1865, lire en ligne..

Liens de filiation entre les personnalités La lecture des actes de l'état civil (naissances, mariages, décès) depuis le permettent d'établir les liens suivants de filiation :

Propriétés La famille Etignard de La Faulotte a possédé plusieurs demeures : le château de la Faulotte dans le Val-de-Marne : vandalisé lors de la guerre franco-allemande de 1870, définitivement détruit en 1896, une partie de ses décors peints par Fragonard furent rachetés par le duc de Rivoli et intégrés à la villa Masséna à Nice ; le château de Coulon dans le département de l'Yonne ; le château du Bréau en Seine-et-Marne ; le château de Bellozanne en Seine-Maritime ; le château de Bois-Himont en Seine-Maritime ; et l'hôtel La Faulotte à Châtenay-Malabry.

Alliances Les principales alliances de la famille Etignard de La Faulotte furent : Anisson du Perron, d'Avout d'Auerstaedt, Bacot, Blouin du Bouchet, Brunet d'Evry, de Cools, Dimier de La Brunetière, Le Peletier d'Aunay, Martin du Nord, de Monti, Pajol, de Romans, Rodrigues-Henriques, Goüin, de Saint-Phalle, O'Connor, etc.

Pour approfondir Bibliographie Ouvrages généraux Christophe Charle, « Noblesse et élites en France au début du », in Les noblesses européennes au . Actes du colloque de Rome, 21-. Rome : École Française de Rome, 1988. pp. 407-433. (Publications de l'École française de Rome, 107). Éric Mension-Rigau, Enquête sur la noblesse : la permanence aristocratique, Paris, Perrin, 2019,