Le Comité départemental de libération de la Mayenne (ou CDL) est une structure de la résistance intérieure française, attachée au département de la Mayenne.
Dans chaque département français, la résistance a été unifiée en 1944 autour de deux structures : une structure de résistance militaire : les Forces françaises de l'intérieur (FFI) ; une structure de résistance civile : le comité départemental de libération (CDL), propre à ce département.
Dès le milieu de l’année 1943, les MUR (Mouvements unis de la Résistance) et les Forces françaises libres (FFL) sous l’autorité du général de Gaulle, souhaitent donner une représentation politique aux forces combattantes en France. Ainsi se développent des CDL. Le gouvernement d'Alger (CFLN) appuie la constitution des CDL et les légalise par l'ordonnance d'Alger du portant organisation des pouvoirs publics en France. Ils doivent regrouper toutes les forces politiques et sociales locales. Leur mise en place sera souvent difficile du fait des rivalités politiques. En Mayenne, il est toutefois initié de façon clandestine dès 1943, et actif à la Libération, malgré la déportation de plusieurs de ses premiers membres clandestins.
Historique Origine Quatre Lavallois participent début 1942 à la naissance du groupe de résistance Indépendants de la Mayenne: Pierre Coste, René Hardy* ; il ne s’agit pas de René Hardy ! mais de Robert Arsène François Hardy né à Laval le 21/04/1898 , Guérin, le docteur Bernard Queinnec. Il s'agit des premières bases du CDL. Ils veulent affermir et développer autour d'eux l'esprit d'opposition, préparer les cadres et les troupes qui au jour J, prendront une part à la LibérationMarc Valée, Cinq années de vie et de guerre en pays mayennais, Groupe Iéna, 1963, ..
Pierre Costes est le premier président. Ce groupe fusionne au printemps 1943 avec Libération-NordC'est un mouvement d'inspiration à la fois syndicale et socialiste. Pour la Mayenne, il voit le jour à Laval, au printemps de 1943, à la suite d'une réunion clandestine à la Maison du Peuple de Laval, où se retrouvent d'une part, venant de Paris, François Tanguy-Prigent et Pierre Neumeyer, d'autre part des Mayennais parmi lesquels Pierre Boursicot, Auguste Beuneux, Pierre Coste.. Le but du groupe initial est de renforcer leur équipe. Il s'agit pour eux de toucher des milieux plus nombreux et plus diversL'Indépendant de Château-Gontier, 5 novembre 1944..
CDL clandestin Au groupe initial, s'adjoignent donc Pierre Busquet de Caumont, Louis Verger, le lieutenant GuenierIl est lieutenant dans l'armée française en novembre 1944. et Planchais.
En , deux personnalités viennent compléter le noyau actif du CDL clandestin : Francis Le Basser, et Jean Taslé, membre du Noyautage des administrations publiques. Autour de ces 10 personnes se sont groupés 15 à 20 autres personnalités à qui certaines charges avait été confiées.
Chute du CDL clandestin Dans une période allant de février au , et notamment lors du coup de filet de la journée du , la majorité des membres du CDL noyau actif et autres sont arrêtés par la Gestapo. De ce fait, le CDL se trouve complètement détruit, les quatre ou cinq personnes qui ont pu échapper à la police allemande ayant pris le maquis. Ainsi, en , le CDL clandestin était décapité ; ceux qui en étaient les principaux membres étaient emprisonnés ou neutralisés. La plupart des responsables sont déportés, leurs parents internés.
Pierre Coste, premier président du CDL clandestin est arrêté début Jean Taslé, membre du noyautage des administrations publiques, devenu membre du comité et chef militaire, le remplace à la tête du CDL clandestin. et libéré le mois suivant. À la fin de mars, les arrestations du docteur Bernard Queinnec et de René Hardy désorganisent le CDL dont il abandonne la direction. Pierre Coste reviendra, en 1945, du camp de Dachau, que dans le plus lamentable état physiqueMarc Valée, Cinq années de vie et de guerre en pays mayennais, Groupe Iéna, 1963, .…
À la suite du coup de filet allemand du , auquel il avait pu échapper Elisée Mautaint avait dû s'éloigner précipitamment, et prendre le maquis. Mais sa femme, et sa belle-sœur furent à sa place incarcérées à Angers par la police allemande.
Le CDL Robert Dupérier est désigné par le gouvernement provisoire, comme préfet de la MayenneIl devrait sa nomination à son ami Robert Lacoste qui l'a proposé à Michel Debré, avec Pierre Boussicot, Jean Mons et Gaston Cusin. Trois républiques pour une France: Combattre, ., où il arrive clandestinement au début de , comme chargé de constituer un nouveau CDL en cherchant à avoir contact avec Elisée Mautaint, alors dans le maquis, et qui à partir de mi-juin est caché avec l'aide de Jean Niobé à Craon.
Pourvu d'un certificat médical de complaisance, il circule librement sous son vrai nom, comme réfugié parisien en convalescence. D'abord accueilli à Château-Gontier dans des familles amies du Groupe de résistance de Château-Gontier, il s'installe en à la suite des bombardements à la limite entre Loigné-sur-Mayenne et Saint-Sulpice. Marc Valée indique aussi dans son ouvrageMarc Valée, Cinq années de vie et de guerre en pays mayennais, Groupe Iéna, 1963, ., qu'il est en alors en compagnie de Pierre Boursicot. Il vit en Parisien venu prendre un peu de repos, il dirige les opérations parcourant le pays à bicyclette.
Il confie au docteur Paul Mer, condamné à 8 mois de prison par la justice allemande et donc des plus suspects à la Gestapo, la mission de grouper les hommes qui composeront le deuxième CDL. Cette tâche délicate va s'effectuer au cours des mois de juin et de . Dupérier et Mer se tenant en étroit contact avec Elisée Mautaint, membre actif de la Résistance dans le sud de la Mayenne, et André Counord, à Villiers-Charlemagne. Mautaint et Mer étaient politiquement, socialement, de milieux différents de façon à former un CDL quasi unanime concernant sa création et sa composition initiale.
Au dehors, la Gestapo demeure aux aguets et il faut échapper à ses limiers et à ses indicateursL'Indépendant de Château-Gontier, 12 novembre 1944.. Le CDL est constitué comme un Groupe de Résistance : les personnalités qui ont promis leur concours ne se connaissent pas entre elles, et ne sont connues que du préfet Robert Dupérier et du docteur Paul Mer. C'est la meilleure façon d'éviter toute fuite dangereuse. Fin , le Groupe de résistance de Château-Gontier est touché par des premières arrestations de la part des Allemands.
Dans la même période, Étienne de Raulin (Laboureur) se prétend investi de l'autorité civile et militaire par le général Dwight D. Eisenhower pour le département de la Mayenne (Gouvernement militaire de l'armée des États-Unis en France..?). Il entre aussi en contact avec plusieurs résistants : Mautain, Paul Janvier, Jean Séailles. Paul Mer indiquera à Paul Janvier de se méfier de Raulin. Ce dernier tentera après la Libération, avec un groupe armé de destituer le préfet, qui ne se laissera pas impressionner. Ce conflit, provoqué plus par des ambitions personnelles que pour des raisons politiques, est vite aplani par l’État-major FFI et le colonel Claude Jaeger (Michelin) de la Région M (Rennes) qui font nommer de Raulin à l'Assemblée consultative provisoire.
La Libération Le , anticipant l'arrivée de la Libération dans la région, Dupérier quitte Loigné-sur-Mayenne pour se rendre, à bicyclette, à Laval pour prendre des nouvelles, et prêt à prendre son poste à l'heure nécessaire. Il est reçu par le docteur Paul Mer qui d'autorité l'hospitalise à la clinique Saint-FrançoisCette clinique était en réalité celle de Francis Le Basser alors déporté en Allemagne. Mer s'y était repli à la suite du bombardement de sa propre clinique. in Marc Valée, Cinq années de vie et de guerre en pays mayennais, Groupe Iéna, 1963, ..
Le , lors de la libération de Laval, le second CDL sort de la clandestinité. Les trois membres dirigeants résidant à Laval, MM. Ameline, Duhot et Gougeon rejoignent à la clinique Saint-François le docteur Mer qui les présente à Dupérier. Ensemble, ils se rendent à l'hospice Saint-Louis, puis à l'hôtel de ville de Laval où ils prennent contact avec Adolphe Beck, maire de Laval, et Paul RichaudCe contact est significatif, le CDL montrera le souci constant d'entretenir de bonnes relations avec l'évêque, et demandera plusieurs fois l'avis de celui-ci, en particulier lors de la rédaction des cahiers de doléances des États généraux de la renaissance française., évêque du diocèse de Laval. Quelques instants plus tard, ils sont rejoints par le capitaine Henri de Mollans. Dans la journée, une voiture amena depuis Craon le docteur Simon Faligant, Élisée Mautaint et Jean Niobé jusqu’à l’hôtel de ville de Laval où ils retrouvèrent le préfet Duperier et le docteur Paul Mer. C'est le point de rendez-vous du futur CDL officiel.
À 19h, Dupérier prend en compagnie du docteur Mer et M. Duhot place à la Préfecture à 19h où il n'y a aucune opposition de l’ancien préfet, M. Vabre, nommé par le gouvernement de Vichy. Le CDL et le nouveau préfet reçoivent aussi l'agrément du Counter Intelligence Corps américain, chargé de prendre possession des prises de guerre et de régler les dossiers des Vichystes notoires.
Le lendemain, Dupérier et le nouveau CDL tiennent leur première réunion officielle. Yves Jullien reprend ses fonctions comme secrétaire général de la préfecture. Louis Verger, membre du CDL clandestin est tout d'abord chef de cabinet du nouveau préfet, avant d'être nommé le sous-préfet de Château-Gontier à l'âge de 23 ans. En octobre, le directeur de l'école des garçons d'Entrammes Yves Le Carbont devient sous-préfet de DinanLe Courrier du Maine, ..
Composition du CDL
Le CDL qui se réunit le est d'abord restreint : 18 membres tous choisis par le président Paul Mer, et exclusivement du Centre et du Sud du département, sans représenter le Nord alors que des maquis y sont solidement implémentésPour se justifier, Paul Mer indiquera au Congrès des CLL, le 19 janvier 1945 qu'il ne connaissait personne appartenant à la Résistance dans le Nord de la Mayenne parce que j'étais trop loin. en dehors de Paul Janvier et Louis Barazer. Membres Pour des raisons politiques, afin de se mettre en harmonie avec le Conseil national de la Résistance, le CDL de la Mayenne s'étoffe très vite et compte 23 membres le .
Président du CDL PortraitFonctionNomProfessionMouvement de résistance-Tendance politiqueDate d'entrée Président chirurgienDéfense de la France-(droite)07/08/1944
Vice-présidents PortraitFonctionNomProfessionMouvement de résistance-Tendance politiqueDate d'entrée Vice-Président ancien professeur(gauche), démissionne le jugeant l'action du Conseil national de la Résistance comme une action politique dirigée contre le général Charles de Gaulle.07/08/1944 Vice-Président docteurLibération-Nord-(droite)- CDL clandestinDétenu par la Gestapo depuis mars 1944. S'évade fin août 1944. Retour à Laval en septembre 1944Le Courrier du Maine, 17 septembre 1944.. Vice-Président notaireLibération-Nord-(gauche)07/08/1944
Secrétaire PortraitFonctionNomProfessionMouvement de résistance-Tendance politiqueDate d'entrée Secrétaire libraire07/08/1944
Membres