Cet article concerne l'économie de l'arrondissement de Lille. Cependant, les acteurs de l'agglomération de Lille, Roubaix, Tourcoing, Villeneuve-d'Ascq ont adopté le nom de Lille métropole comme nom de communication. Les données concernant Lille métropole varient selon la source utilisée : Lille Métropole Communauté urbaine, la chambre de commerce de Lille métropole et le tribunal de commerce de Lille métropole recouvrent un territoire majoritairement commun, mais variant au cœur de l'arrondissement. L'économie s'est développée grâce à son emplacement : la Métropole est au cœur d'une région agricole, maritime et frontalière. Données générales

Le grand Lille avec 48 milliards d’euros de PIB est la troisième économie de France après le grand Paris (Source Insee : 478 milliards d’euros de PIB en 2005) et le grand Lyon (59 milliards d’euros de PIB) et devant le grand Toulouse (30 milliards d’euros de PIB en 2007).

Néanmoins le grand Lille pèse très lourd dans l’économie du Nord Pas de Calais puisque 50 % des entreprises de la région sont situées dans l’agglomération de Lille et elles y réalisent 55 % du PIB de la région. En terme démographique, la population de la métropole lilloise représente 43 % de la population régionale .

Emploi

De façon générale, le chômage a connu une baisse significative entre 1994 et 2001 mais a augmenté légèrement depuis. Cette évolution peut-être constatée autant qu'au niveau national, régional que local bien qu'elle soit plus marquée au niveau de la métropole qu'au niveau national. Également, l'écart entre la zone d'emploi de Lille et celle de Roubaix-Tourcoing s'est légèrement réduit.

En 2005, les offres d'emplois sont en progression de 1,8 % dans la région contre 5 % pour l'ensemble du pays. Le taux de chômage en de la zone d'emploi de Lille est de 12,0 %.

Taux de chômage Variation 31/12/200412/03 à 12/0412/99 à 12/0412/94 à 12/04Arrondissement de Lille12,9 %+0,2 %+0,3 %-1,1 % Zone d'emploi de Lille12,0 %+0,3 %+0,3 %-0,7 % Zone d'emploi de Roubaix-Tourcoing14,4 %0,0 %+0,1 %-1,8 % Région Nord-Pas de Calais12,9 %0,0 %-1,4 %-2,9 % France métropolitaine9,9 %0,0 %-0,3 %-1,8 %

La situation transfrontalière de la métropole implique un déplacement pendulaire lié au lieu de travail de part et d'autre de la frontière. La métropole dans son ensemble rassemble salariés mais seulement 2 % d'entre eux travaillent de l'autre côté de la frontière. Par ailleurs, le nombre de Belges travaillant en côté français est passé en 25 ans de à alors que dans le même temps, le nombre de Français travaillant du côté belge est passé de à (en raison principalement de la convention fiscale francobelge qui avantage les frontaliers français) Entreprises L'arrondissement de Lille est à la deuxième place française en nombre de sièges sociaux après la région francilienne. Dix premières entreprises de la métropole par chiffre d'affaires (12/2004) Raison sociale Activité CA (M€)Auchan FranceHypermarchés15 309ATACSupermarchés3 671Leroy Merlin FranceCommerce de détail de bricolage2 326Castorama FranceCommerce de détail de bricolage2 220EurauchanIntermédiaire du commerce en produits alimentaires1 998PetrovexCentrales d'achats non alimentaires1 661La RedouteVente par correspondance1 439Supermarchés MatchSupermarchés1 407Dalkia FranceProduction et distribution de chaleur1 381Ingram MicroCommerce de gros d'ordinateurs et équipements informatiques985

Secteur primaire : l'agriculture Paradoxalement, alors que la métropole a une image industrielle, on imagine mal qu'il puisse exister un secteur agricole important.

Situation actuelle Avec ( pour l'arrondissement) consacré à l'agriculture (44 % du territoire pour la communauté urbaine et 51,5 % pour l'arrondissement), Lille Métropole est la plus rurale de France. La production est céréalières, fourragères, légumières (maraîchers...) et animales. Les zones rurales se concentrent dans les Weppes, le Pévèle, le Mélantois et autour d'Armentières. Le Marché d'Intérêt national de Lomme créé en 1972 est le au Nord de Paris avec tonnes traitées en 2004 sert de débouchés privilégiés pour la vente de la production locale, mais il existe encore des producteurs qui opèrent en vente directe. 923 exploitations sur LMCU (1455 sur l'arrondissement), de taille moyenne de 28 ha (32 dans l'arrondissement de Lille, 42 pour le département) environ emplois agricoles Lycée agricole à Lomme, Institut Supérieur de l'Agriculture (ISA Lille) à l'université catholique de Lille source : chambre d'agriculture et buyssens.net

Secteur secondaire : l'industrie Hier En 1469, Roubaix et Tourcoing obtiennent un droit sur le commerce des laines importées d'Angleterre. Une activité de filage se développe pour fournir les ateliers de Lille qui en 1482 obtient le privilège de la fabrication de tissu. Jusqu'à la Révolution, il y aura des procédures de ces villes pour garder ou renverser ces privilèges de fabrication. Dès le , l'agglomération affirme sa vocation industrielle particulièrement dans le domaine du textile avec ses filatures de lin, de coton. Durant la révolution industrielle (à partir du , la part du secteur industriel augmente jusqu'à atteindre près de 50 % de la population active de l'agglomération travaillant dans l'industrie dont le textile représente les deux tiers de l'activité industrielle (recensement 1896). Lille, Roubaix et Tourcoing profitent de l'avènement de la machine à vapeur et des importants gisements de charbon de la région pour s'industrialiser fortement. Les métiers à tisser deviennent mécaniques et le chemin de fer arrive à Lille en 1846. La disparition du charbon du bassin minier qui alimentait l'industrie de toute la région, fera disparaître des milliers d'emplois dans la métropole. La crise du textile plongera le versant Nord-est dans le chômage.

Situation actuelle Agro-alimentaire Brasserie : Hier pôle important d'activité de la métropole, les grandes brasseries locales de bière (exemple: Terken (l'ex-GBM)) ont aujourd'hui disparu, subsistent des microbrasseries. Pourtant cette activité est toujours présente avec des brasseurs internationaux tel Heineken à Mons-en-Barœul ou Inbev dont le siège français est basé à Armentières. L'activité de distillerie de genièvre résiste, notamment à Loos. Confiserie : La région, sous l'impulsion de Napoléon , produit de la betterave sucrière. À travers toute la région s'est développée une industrie de confiserie. Sur la métropole, ce secteur est représenté par Lamy-Lutti via la Pie qui chante (uniquement en ce qui concerne la production), mais surtout par la société Delespaul-Havez créatrice du Carambar basée à Marcq-en-Barœul.

Textile Premier pôle textile de France Coton, Lin, Laine : Développée sur l'ensemble de la Métropole, cette activité s'est répartie sur toute la métropole : Le coton autour de Lille, La toile autour d'Armentières et la laine sur le versant Nord Est où avant la crise siégeait une Bourse des matières premières à Roubaix. Depuis 1970, le secteur est en crise et la production quitte la région. De nombreuses entreprises de distribution de la métropole (Kiabi, Camaïeu après sa scission) ont fermé les usines qui fournissaient leurs magasins, pour ne garder que les centres de design des vêtements.

Occupant toujours l'ensemble de la chaîne de création restent K-way et Damart.

Mécanique C'est le secteur en crise de la métropole, dont la reconversion se fait attendre Grosse industrie : Le groupe Fives-Cail qui était multi sectoriel (Chaudronnerie, Locomotive, Métallurgie, ...) a souffert notamment du départ du secteur automobile vers le sud de la région (fermeture de Peugeot-Lille). À son apogée, plus de ouvriers travaillaient à Lille-Hellemmes, en 2005, il ne restait que 80 employés répartis entre la sucrerie de Villeneuve-d'Ascq et l'ex-cimenterie de Lille-Fives. L'agglomération a vécu une histoire de 140 ans d'histoire avec ce groupe qui quitte la région. Ferroviaire : La métropole a su conserver des ateliers de maintenance (notamment celles des rames TGV) et mise sur une collaboration avec le secteur universitaire pour développer cette activité dans le cadre du pôle de compétitivité créé en 2006 I-Trans Électroménager : Basé essentiellement sur Seclin, des usines d'assemblages de produits de grande consommation ont aujourd'hui disparu. Parmi celles-ci on peut citer l'usine Brandt

Chimie Chimie lourde : Ce secteur s'est développé au départ grâce au secteur textile (teinture), mécanique et sidérurgique. La pression urbaine pousse à la disparition de cette industrie. Le site de Rhodia qui était en partie dédié à cette chimie à La Madeleine est abandonné, avec de lourdes séquelles environnementales, et celui de Ugine Kuhlmann à Loos (depuis près de 180 ans en 2006) est enclavé et ne peut se développer. À cela s'ajoute une préoccupation croissante pour l'air, l'eau, les sols et les écosystèmes chez les élus et la population alentour. Chimie fine (ou légère ou de spécialité) : Contrairement à la chimie lourde, ce secteur qui s'est développé au départ grâce au secteur agro-alimentaire (avec Rhône-Poulenc devenu Rhodia notamment), est aujourd'hui en pleine croissance. Parmi ces sous-traitants de l'industrie agroalimentaire, la société Roquette, s'est spécialisée dans les dérivés de l'amidon et est devenu leader mondial des Polyols (utilisés en alimentation, pharmacie, chimie, cosmétologie). Le Groupe Lesaffre, spécialisé au départ dans la levure pour sa production de genièvre basée à Marquette-lez-Lille, est devenu leader mondial sur l'ensemble des levures, et est notamment fournisseur de levure de pain pour la chaîne de boulangerie Paul. Son siège est toujours à Marcq-en-Barœul.

Secteur tertiaire Commerce La grande distribution : Plusieurs enseignes nationales sont basées sur la Métropole, il s'agit du groupe Match (La Madeleine, enseignes : Match), les enseignes créées par la famille Mulliez (Croix, enseignes : groupe Auchan, Decathlon, Leroy Merlin, Agapes restauration, Pic Wic, Youg's actuellement en cours de rachat de l'enseigne SurcoufLes Echos du 2 avril 2009...), et dans une moindre mesure Castorama (groupe Kingfisher)

La Vente à distance : Spécialité du versant Nord-Est avec Roubaix et Tourcoing comme centre. Sont nés dans ce domaine les 3 Suisses et la Redoute, la filiale française du groupe Quelle les a rejoints. L'activité VAD de la métropole représente 65 % de l'activité française et 15 % de l'activité européenne.

Logistique La situation de la métropole, l'importance du secteur de la distribution (directe et à distance), la densité et la diversité des moyens de transport favorise ce secteur d'activité. Le secteur emploie plus de personnes et de nombreuses entreprises logistiques nationales et internationales sont présentes (Calberson, Dubois, Jet Services). Lille dispose de plusieurs plates-formes modales et multimodales : Fluvial : Le port de Lille composée de plusieurs sites est le troisième port intérieur français. Le site de Lille est relié au nœud autoroutier. L'ouverture du Canal Seine-Nord pourrait accroître son trafic. Ferroviaire : Autrefois important avec de nombreuses gare de marchandises situées sur l'ensemble de l'agglomération (Roubaix, Lomme, Lille, etc.), il subit depuis 2004 la concurrence de la plateforme multimodale de Dourges. Le mouvement de fermetures de gares de marchandises (gare de Roubaix, gare de Lille-Sud, etc.) accéléré avec la plate forme de Dourges condamne la gare de Lille Saint-Sauveur enclavée au cœur de Lille et celle de Lomme-Délivrance. Routier : Parmi les plates-formes routières, le centre régional des transports de Lesquin permet la liaison avec le fret aérien de l'aéroport Lille-Lesquin.

Finance La métropole est aujourd'hui encore la troisième place financière de France.