Mónica Astorga Cremona, née le à Buenos Aires, est une pédicure-podologue argentine. Issue d'un milieu précaire, elle entre comme religieuse carmélite déchaussée en 1984, au couvent Santa Cruz y San José de Neuquén, dont elle devient mère supérieure par la suite. En 2006, elle s'est fait connaître pour son combat afin d'offrir un foyer aux personnes transgenres et mieux les inclure dans l'Église catholique, ce qui lui donne le surnom de . En 2022, subissant des pressions et hostilités au sein de l’Église, elle quitte les ordres religieux sans abandonner son militantisme.

Biographie

Enfance et jeunesse Mónica Astorga Cremona naît le à Buenos Aires, en Argentine. Elle a une sœur. Ses parents se séparent quand elle a trois ans et elle s'installe à Rauch avec sa mère, Maria Vilma. La jeune Mónica connaît la précarité, qu'elle cache à l'école. Elle aide sa mère, employée en restauration et alcoolique, qui envoie sa fille jouer avec les sœurs après les cours, sachant son envie de devenir religieuse. Après l'école primaire, Maria Vilma envoie sa fille chez des proches à Flores, qui lui assurent qu'elle ne manquera de rien. Mónica Astorga dit cependant qu'elle est considérée comme leur domestique et cache sa situation en travaillant à côté, pour acheter ses fournitures scolaires.

Débuts en religion et premiers engagements Bien qu'en colère contre Dieu, une camarade lui propose d'intégrer le groupe de l'église locale, qui devient son refuge. Mónica Astorga découvre le monastère Santa Cruz y San José de Neuquén, fondé en 1982 par des carmélites déchaussées, où elle se sent comme chez elle ; après un certain temps à s'y rendre secrètement, elle vient y vivre. Entrée en religion à vingt ans, elle est amenée à travailler et à aider les personnes vulnérables (détenus, toxicomanes et prostituées). Peu après l'entrée de sa fille au couvent, Maria Vilma est transférée à l'hopîtal pour une hémorragie, où elle meurt d'un cancer à l'utérus.

En 2006, la religieuse rencontre plusieurs personnes transgenres et travesties. Elle fait la connaissance de Romina, une femme trans venue prier la Vierge de Lourdes, dont elle sentait la protection, au monastère de Neuquén. Sœur Monica connaissait et avait des amis gays et lesbiennes, mais n'avait jamais rencontré de personne trans. Cette femme, âgée de quarante ans, expulsée de chez elle à treize ans par sa mère, survit en se prostituant. Comme beaucoup de femmes trans de cette génération en Argentine, elle ne peut exercer un autre métier à cause de la transphobie, l'exclusion sociale, le rejet familial et le harcèlement des forces de police envers les personnes trans. La religieuse est bouleversée et rencontre plusieurs autres femmes trans. L'une d'elles raconte que : . Sœur Mónica décide alors d'accompagner les personnes transgenres, dont beaucoup vivent de la prostitution.

Foyers pour personnes transgenres En 2010, avec l'aide d'autres religieux et volontaires, elle ouvre un centre d'accueil pour les femmes trans, la Casa Santa Teresita, où elles disposent d'un toit, de nourriture et peuvent se former. La gestion de la maison est confiée à partir de 2020 à des femmes trans accueillies plusieurs années auparavant.

Depuis 2020, sur l'initiative de sœur Mónica, un complexe immobilier accueille de façon permanente des personnes trans âgées de 40 à 70 ans en situation de pauvreté. Le complexe est construit en trois ans, sur un terrain du monastère carmélite, dans le quartier Confluencia de Neuquén, donné par le gouvernement provincial, qui finance le projet. Il s'agit du premier complexe immobilier destiné aux femmes trans et travestis du monde.

Au total, la construction coûte environ millions de pesos, équivalent à dollars de 2020. Aucun loyer n'est exigé, seulement de respecter les règles de cohabitation du lieu ; dans le cas contraire, au bout de trois avertissements, la personne est expulsée. Dans le cas d'un couple, la personne qui n'est pas transgenre devra quitter le foyer si son ou sa partenaire trans décède.

Sortie de l’Église catholique L'engagement de sœur Mónica Astorga auprès des personnes trans lui vaut des hostilités au sein de l’Église catholique. En , l’évêque Fernando Croxatto visite son monastère, où elle est mère supérieure, et lui intime d'arrêter d'accompagner les personnes trans, estimant que cela n'entre pas dans son rôle et sa vocation contemplative. Miguel Márquez Calle, supérieur général des Carmes déchaux devenu ami avec la religieuse, n'était pas de cet avis : selon sœur Mónica, il estimait que cette mission d'écoute et d'accueil était compatible avec le charisme thérésien, tant qu'elle restait au couvent et qu'elle n'était pas obligée de voyager.. Elle quitte Neuquen plusieurs mois, tombe en dépression, et à son retour, le monastère est contraint de fermer. Sœur Mónica va ensuite dans le couvent de Córdoba pendant un an et demi. Mais face à l'hostilité suscitée par son engagement, elle demande en à quitter les ordres religieux.

En 2025, Mónica Astorga Cremona n'est plus religieuse, mais continue son aide auprès des femmes trans et est devenue pédicure-podologue.

Engagement

Amitié et soutien du pape François En 2009, alors qu'il est archevêque de Buenos Aires, le pape François soutient l'initiative de la carmélite déchaussée, quand il vient la visiter à Neuquén.

En 2020, après l'inauguration du nouveau centre, il lui envoie : .

Pour sœur Mónica, le pape a été un de ses rares soutiens au sein de l’Église, alors qu’elle subit de nombreuses critiques et accusations de la part du clergé argentin.

Accueil des personnes trans dans l’Église catholique Sœur Mónica appelle les gens, notamment les dirigeants catholiques, à se défaire de leurs préjugés transphobes. Elle rejette l'idée, très ancrée dans l'Église catholique, que la transidentité trouve son origine dans une , résultat d'une ignorance car . Sœur Mónica invite les personnes à rencontrer des personnes transgenres et à ne pas être dans le jugement. Elle estime également que de nombreuses personnes LGBT+ n'ont pas perdu la foi, mais au contraire ont été rejetées à la périphérie de l’Église catholique. Elle juge nécessaire une véritable inclusion des personnes queer au sein de l’Église.

Références

Annexes Articles connexes

LGBT en Argentine

Transidentité et point de vue religieux sur la transidentité Ordre du Carmel et des Carmes déchaux

Dans la culture

Liens externes

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