vignette|Page de titre de la première édition du Code philippin ou des Ordonnances philippines, 1603. Les ordonnances philippines (ordenações Filipinas) ou code philippin (código Filipino) sont une compilation juridique résultant de la réforme du code manuélin, par Philippe II d'Espagne (Philippe au Portugal), pendant l'Union ibérique. À la fin de l'Union ibérique (1580-1640), Jean IV maintient en vigueur les Ordonnances philippines et ce dernier reste en vigueur au Portugal. Il a prévalu en matière civile au Portugal et dans ses territoires d'outre-mer jusqu'en 1867, date à laquelle il a été abrogé par le Code civil portugais de 1867 (également appelé Code Seabra). Au Brésil, un pays qui s'était séparé du Portugal en 1822, il était en vigueur en matière civile jusqu'en 1916, date à laquelle il a été révoqué par le Code civil brésilien de 1916. Ainsi, les ordonnances philippines ont survécu près de cinq décennies au Brésil, même après leur révocation au Portugal.
Historique Les ordonnances furent achevées à l'époque de Philippe II, qui les entérina en 1595, mais elles ne furent définitivement respectées qu'après leur impression en 1603, alors que Philippe III régnait déjà. Philippe , homme politique habile, a voulu montrer aux Portugais le respect qu'il avait pour les lois traditionnelles du pays, en promouvant des ordonnances soucieuses des traditions.
Genres et homosexualité Le code interdisait les formes « d'inversion de genre » par le biais d'actes sexuels ou de tenues vestimentaires. « Il contient une série d'articles qui cristallisent les représentations sur le sexe féminin et qui prévoient la criminalisation des actes qui ne sont pas conformes à la conduite qui y est référencée comme souhaitable et correcte »Martins de Souza, Silvia, et Vanessa Caroline da Cruz. 2016. « REPRESENTAÇÕES SOBRE A HONRA E A SEXUALIDADE FEMININA NO LIVRO V DAS ORDENAÇÕES FILIPINAS: O ESTATUTO JURÍDICO DA MULHER NO DIREITO PORTUGUÊS DO PERÍODO COLONIAL ». In SEPECH Humanidades, Estado e desafios didático-científicos. Londrina. http://pdf.blucher.com.br.s3-sa-east-1.amazonaws.com/socialsciencesproceedings/xi-sepech/gt15_278.pdf.. La sévérité des peines réservées par les ordonnances philippines à la pratique d'actes homosexuels, alors appelés sodomie, illustre l'intensité de la discrimination subie par les relations homosexuelles dans la tradition juridique nationaleRios, Roger Raupp. 2001. « A homossexualidade e a discriminação por orientação no direito brasileiro ». Revista de informação legislativa 38 (149): 279‑95.. Article XIII du cinquième livre des ordonnances philippinesTítulo XIII do Quinto Livro das Ordenações Filipinas: :Toute personne, de quelque rang qu'elle soit, qui commettra un péché de sodomie de quelque manière que ce soit, sera brûlée et réduite en poussière par le feu, afin qu'il n'y ait jamais aucun souvenir de son corps et de sa tombe, et tous ses biens seront confisqués au profit de la Couronne de nos Royaumes, bien qu'elle ait des descendants ; de même, ses enfants et petits-enfants seront frappés d'inhabileté et d'infamie, tels ceux qui commettent un crime de Lès-Majesté.Comme le note la psychologue brésilienne Jaqueline Gomes de Jesus : « Toute pratique considérée comme "infâme" était classée dans la catégorie sodomitique, comme les relations sexuelles orales ou anales entre hommes et femmes, même mariés. »Jesus, Jaqueline Gomes de. 2019. « XICA MANICONGO: A TRANSGENERIDADE TOMA A PALAVRA ». Revista Docência e Cibercultura 3 (1): 250‑60. https://doi.org/10.12957/redoc.2019.41817.
Références
Catégorie:Histoire du droit au Portugal Catégorie:Histoire du Brésil Catégorie:Travestissement Catégorie:Document juridique de l'époque moderne