L’aéroport de Nouméa - La Tontouta est un aéroport international, le principal aéroport de Nouvelle-Calédonie, collectivité française d'outre-mer située dans l'océan Pacifique. Il sert de plateforme de correspondance à la compagnie aérienne internationale néo-calédonienne, Aircalin1968-2023 La CCI-NC, 55 ans d'actions pour le développement de l'aéroport international de la Nouvelle-Calédonie, sur aeroports.cci.nc..

Situation

L'aéroport international se situe dans la plaine de Saint-Vincent, au lieu-dit Tontouta tirant son nom du fleuve principal y coulant, sur la côte Ouest (sous le vent) de la Grande Terre. Il se trouve sur le territoire de la commune de Païta, en Province Sud, à au nord-ouest de Nouméa, chef-lieu et ville principale de la Nouvelle-Calédonie. L'infrastructure se trouve en zone rurale, appelée localement la « Brousse ».

Il est desservi par la Route territoriale 1 (RT 1), limitée à jusqu'au village-centre de Païta où elle rejoint alors la Voie express - Route du Nord (dite « Voie express » ou « savexpress »), rapides () jusqu'au péage (supprimé au ) à l'entrée de la ville de Nouméa. Les travaux de doublement des couloirs de circulation de cette « Savexpress » ont été menées entre 2000 et 2008, avec le projet de continuer cette quatre voies à vitesse rapide, et gratuitement, jusqu'à l'aéroport d'ici à 2019.

Historique thumb|left|Le trimoteur quadriplace Couzinet 33 Biarritz sur le site de La Tontouta, après avoir réalisé le premier raid aérien entre Paris et la Nouvelle-Calédonie, en 1932.

La plaine de Saint-Vincent, et plus précisément le site de La Tontouta, est fortement liée à l'histoire de l'aéronautique en Nouvelle-Calédonie. Après des premiers vols locaux ou partant pour l'Australie sur d'autres sites en 1931, c'est en 1932 que la Nouvelle-Calédonie a été reliée pour la première fois par les airs depuis la Métropole, avec une arrivée à La Tontouta . En effet, le trimoteur quadriplace Couzinet 33 Biarritz, destiné, part de l'aéroport du Bourget le avec à son bord les aviateurs Charles de Verneilh-Puyrazeau, pilote, le capitaine Max Dévé, navigateur et second pilote et le mécanicien Émile Munch. Il atterrit près de la rivière Tontouta, site qui bénéficie d'une très large plaine qui s'étend de la mer aux montagnes de la Chaîne centrale, le suivant, après avoir fait .

Une foule considérable assista à l'atterrissage. Le raid se déroula dans des conditions très difficiles et l'exploit fut salué en France comme étant du même niveau que celui de Charles Linberg. Un monument à l'entrée de l'actuel aéroport fut inauguré le , il est implanté non loin du lieu de l'atterrissage, rend hommage à cet exploitP. O'REILLY, « VERNEILH-PUYRAZEAU, Charles de », Calédoniens : Répertoire bio-bibliographique de la Nouvelle-Calédonie, éd. Publications de la Société des Océanistes, n°3, Musée de l'Homme, Paris, 1953, p. 260-261.

Aérodrome américain de la Seconde guerre mondiale

vignette|Base aérienne américaine de Tontouta, 1942.

C'est surtout la Seconde Guerre mondiale qui va permettre au site d'apparaître comme le principal aérodrome de l'archipel. En effet, avant le conflit, les liaisons avec la Nouvelle-Calédonie se font surtout par des amateurs de l'Aéro Club de Nouméa ou par hydravion (première liaison aéropostale régulière en 1940) amerrissant dans la rade de Nouméa. Mais le ralliement de la colonie à la France libre en 1940 puis l'utilisation de la Nouvelle-Calédonie comme une base aérienne importante de l'armée américaine dans la campagne du Pacifique à partir de 1942 aboutit à un développement des infrastructures aéroportuaires. Deux aérodromes de la côte ouest de la Grande Terre qui avaient commencé à être aménagés depuis l'année précédente par les FAFL sont agrandis et améliorés par les Américains de la « Poppy Force » commandée par le général Alexander Patch : à la plaine des Gaïacs (entre Poya et Pouembout, plus au nord) et à La Tontouta. Le premier reste principalement utilisé jusqu'en 1943 et est totalement abandonné après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le second pour sa part, d'une capacité au départ à peu près équivalente à celui de la plaine des Gaïacs, supplante ce dernier et devient le principal centre des opérations en Nouvelle-Calédonie à partir d' car mieux équipé et plus proche de Nouméa. Il est toutefois à son tour concurrencé par les installations d'Espiritu Santo, dans l'archipel voisin des Nouvelles-Hébrides (actuel Vanuatu). L'aérodrome possède à l'époque, comme celui de la plaine des Gaïacs, deux pistes, l’une de et l’autre, perpendiculaire, de , recouvertes de tôle ondulée. D'autres équipements sont créés par les Américains : l'aérodrome de Magenta et l'hydrobase du port à Nouméa, l'aérodrome de Oua Tom à La Foa et celui de Koumac.

Essor du transport aérien civil

thumb|right|Max Dévé en 1956 devant le monument commémoratif du raid qui fut inauguré le 10 janvier 1937 à Tontouta.

Après la fin de la guerre et le départ des Américains en 1946, beaucoup de leurs infrastructures sont réutilisées, mais pendant quelques années c'est l'hydrobase de Nouméa qui connaît un certain essor, et La Tontouta reste uniquement durant ce temps un aéroport militaire. Il reprend toutefois rapidement du service pour le transport civil, et remplace peu à peu l'hydrobase comme principale porte de la Nouvelle-Calédonie sur les liaisons aériennes internationales. Il est ainsi utilisé à partir de 1949 pour la ligne Paris-Nouméa d'Air France. Le premier Douglas DC-4 assurant le service décolle de l'aéroport d'Orly le avec et arrive six jours plus tard à La Tontouta, après avoir réalisé : à Tunis, Le Caire, Bassorah, Karachi, Calcutta, Saïgon, Jakarta, Darwin et Brisbane. En 1953, le DC-4 est remplacé par un Lockheed Constellation. L'année suivante, Qantas abandonne définitivement sa ligne d'hydravion Sydney-Nouméa pour la remplacer par des Douglas DC-4 atterrissant à La Tontouta, signant ainsi la fin de l'hydrobase. À partir de 1956, Air France abandonne l'exploitation de la desserte de la Nouvelle-Calédonie depuis Paris à la compagnie des Transports Aériens Intercontinentaux (TAI). Elle-même devient en 1962 l'Union de transports aériens (UTA), qui est rachetée en 1990 par Air France qui redevient la compagnie française assurant cette liaison. La ligne est étendue en 1958 à Tahiti par le biais de l'aéroport de Bora Bora (remplacé à partir de 1961 par l'actuel aéroport international Tahiti Faa'a) et de là jusqu'à Los Angeles à partir de 1961, où elle se raccorde avec le Paris-Los Angeles d'Air France : c'est le début de la « ligne tour du monde » française« Les jeunes années de l'aviation », dossier « Le temps des pionniers », Manureva, , 09/2006, p. 5-15.

thumb|left|Le Jumbo Jet d'Air France à Tontouta en 2000. La ligne Paris-Tontouta est effectuée par un Douglas DC-6 en de 1956 à 1960, remplacé ensuite par le Douglas DC-8 (premier avion à réaction à atterrir à l'aéroport de La Tontouta, d'une capacité de et un temps de vol de seulement) de 1960 à 1972, puis les DC-10 ( et par semaine) et enfin le Jumbo Jet (Boeing 747-200 puis 747-400) à partir de 1983. La réduction des temps de vol et l'augmentation des capacités font que, malgré le coût qui reste relativement élevé, le transport aérien international dépasse celui par bateau dans les années 1950 : en 1959, les compagnies aériennes ont transporté contre pour les compagnies maritimesF.-P. MALEFANT, « L’évolution des moyens de transport et d’information depuis le milieu du XIXe siècle : l’exemple de la Nouvelle-Calédonie - III. De 1945 à nos jours », site académique d'histoire-géographie, vice-rectorat de Nouvelle-Calédonie.

À cet axe principal s'ajoutent plusieurs autres lignes. Qantas reste pour les liaisons avec l'Australie. À partir du , la compagnie Tasman Empire Airways Limited (TEAL, rebaptisée en 1965 Air New Zealand) obtient une liaison hebdomadaire avec La Tontouta depuis Auckland (assurée dans les premiers temps avec un Lockheed Electra). TAI puis UTA assurent également des vols courts ou moyens courriers dans la région Pacifique : vers Auckland, Port-Vila, Suva et Wallis. Le rang d'aéroport international est reconnu à La Tontouta à cette époque et sa gestion organisée : il est classé en 1969 en catégorie A de l'OACI et, seul aérodrome d'État de l'archipel, il est géré par la Chambre de commerce et d'industrie de Nouvelle-Calédonie depuis 1968 (sa concession est renouvelée pour une période de en 2003).

Plate-forme de correspondance

thumb|left|320px|Parvis d'entrée de la nouvelle aérogare inaugurée en 2013.

Des compagnies locales vont également voir le jour à partir des années 1950. Le , Henri Martinet, Herbert Coursin et Louis Eschembrenner, aidés par les entrepreneurs Tom Johnston et Walter Hickson, fondent la Transpac pour assurer des vols commerciaux domestiques depuis l'aéroport de Magenta, à Nouméa. En 1968, elle est rebaptisée « Société calédonienne de transports aériens », ou plus simplement Air Calédonie. Mais, surtout, en 1983, Air Calédonie International ou Aircalin est créée comme l'extension à l'international d'Air Calédonie : son premier vol commercial est assuré en coopération avec Qantas avec un de cette compagnie entre Nouméa et Melbourne. La même année, elle loue un Boeing 737-200 à Air Nauru pour mettre en place des liaisons régulières dans la région du Pacifique Sud (Brisbane, Nadi, Port-Vila et Wallis). De plus Aircalin loue à partir de 1984 à Corsair une Caravelle 10B3, qu'elle finit par acheter en 1985 puis par remplacer en 1988 par un , ce qui lui permet d'ouvrir ses lignes vers Sydney en 1985, Auckland en 1987 et Tahiti via Nadi en 1988. S'y ajoutent un petit DHC 6-300 Twin Otter acquis en 1987 pour assurer la liaison entre Wallis et Futuna en 1987, et un A310 pour la nouvelle ligne vers Ōsaka en 2000. En 2003, un accord est passé avec Air France : celle-ci retire de fait ses appareils, les lignes qu'elle opérait depuis Nouméa (vers Tōkyō et Papeete, les vols entre Paris et Tōkyō ou Los Angeles puis Papeete restant assurés par Air France directement) et son personnel néo-calédonien sont repris par Aircalin en partage de code avec la compagnie nationale. Pour faire face à ces nouveaux services, Aircalin commande en 2001 et 2002 deux A330-200 (livrés en 2003) pour remplacer l'A310 sur les lignes vers le Japon, et en 2003 un A320-200 (livré en 2004) pour les liaisons régionales en lieu et place de l'ancien . De plus, une ligne vers Séoul est ouverte en 2008, tandis que l'année suivante la compagnie réunionnaise Air Austral ouvre une liaison Paris-Nouméa via l'aéroport de La Réunion Roland-Garros et Sydney (fermée en 2012). Tous les autres vols à destination ou au départ de Nouméa (par Qantas, Air New Zealand ou Air Vanuatu) se font en partage de code avec AircalinDossier 2006 sur les Transports, ISEE.

thumb|right|320px|Panneau de présentation de l'histoire de l'aéroport de Tontouta, dans la nouvelle aérogare inaugurée en 2013.