Margaret Angela Haley, née le à Joliet dans l'État de l'Illinois et morte le à Chicago également dans l'État de l'Illinois, est une enseignante, syndicaliste, réformatrice sociale américaine, présidente du syndicat la Chicago Teachers Federation pendant afin de défendre et promouvoir les droits des enseignants, une militante du droit de vote des femmes aux États-Unis et d'une législation sur le travail des enfants aux États-Unis.

Biographie

Jeunesse et formation

Une famille irlando-américaine Margaret Haley est la seconde des huit enfants et l'aînée des quatre filles de Michael Haley et d'Elizabeth Tiernan Haley. Les deux familles les Haley comme les Tiernan sont nés en Irlande. gauche|vignette|Portrait de Robert Emmet par William Read

La famille Tiernan, des nationalistes irlandais La famille de sa mère, les Tiernan, notamment ses grands-parents paternels Thomas et Bridget Tiernan, sont des Irlandais qui se sont toujours opposés à l'occupation de l'Irlande par l'Angleterre protestante qui réprime la langue gaélique et les catholiques, répression légalisée par les Irish Penal Laws qui marginalisent les catholiques en leur supprimant de droit de vote, le droit à siéger au Parlement, en leur interdisant la possession d'armes, d'acheter des terrains ou des immeubles, d'enseigner le gaélique. Lois qui ont pour conséquence à maintenir les Irlandais irréductibles dans illettrisme, la pauvreté à se résigner à ne jamais devenir des propriétaires terriens mais des métayers. Répression qui suscite de forts sentiments nationalistes générant des guérillas qui culminent avec la Rébellion irlandaise de 1798, puis aux émeutes de Dublin en 1803 menée par Robert Emmet, qui seront exécutés. Thomas et Bridget Tiernan effrayés par la situation des Irlandais, se décident à quitter leur pays pour les États-Unis en 1827, afin d'y trouver des conditions politiques, économiques et sociales qui leur étaient auparavant refusées. Les Tiernan se fixent à Waukegan dans l'Illinois en 1835, ville où grandit la mère de Margaret Haley et où elle rencontre son futur époux Michael Haley.

Michael Haley vignette|Incendie du couvent des Ursulines de Charleston. Michael Haley, selon les sources est né soit au Canada, soit à New York. Enfant, en 1834, il assiste à l' à Charlestown, dans l'État du Massachusetts, acte de terrorisme commis par des membres de la société secrète Know Nothing, composée de nativistes anti-catholiques, cet attentat le marquera toute sa vie. Adulte, il quitte le Massachusetts pour l'Illinois où il espère trouver des conditions vie exempte du fanatisme anti-catholique. Michael Haley travaille sur le chantier du canal Illinois et Michigan comme des milliers d'ouvriers irlandais. Quand le chantier connait des difficultés financières, ne pouvant plus payer les salaires, l'État de l'Illinois indemnise les ouvriers. Michael Haley en profite pour acheter une ferme comme ses camarades irlandais. Si bien qu'en 1850, le tiers des fermiers et propriétaires terriens de l'Illinois du nord sont des Irlandais. Face aux difficultés financières, Michael Haley, part en 1850 pour s'installer à Lockport une petite ville dont les habitants sont majoritairement des Irlandais. Là, il travaille comme tailleur de pierre, compétence qu'il a apprise lors de son emploi au chantier de construction du canal Illinois et Michigan. Il travaille, notamment sur le chantier du pont qui joint les villes de Joliet et de Des Plaines. C'est pendant la construction de ce pont que ses logeurs lui font connaître sa future épouse Elizabeth Tiernan. Ils se marient à fin des années 1850. En 1860, le couple donne naissance à leur premier enfant Thomas, suivi de la naissance de leur fille Margaret Angela le . D'autres enfants suivent, Jenny en 1863, Eliza en 1864, James en 1865, Edward en 1867, Dennis en 1868 et Mary en 1872.

Une affiliation irlandaise et catholique Margaret Haley gardera de ses racines irlandaises et catholiques un esprit de rébellion et de liberté de pensée. vignette|Susan B. Anthony

Scolarité et influences Margaret Haley passe son enfance dans la ferme familiale tout en suivant sa scolarité primaire dans une école de Channahon à proximité de Joliet. Elle suit sa scolarité secondaire au St. Angela's Convent, une école conventuelle de Morris, ville également proche de Joliet. Pendant ses sorties dans la ville de Morris, elle note les ségrégations ethniques, les protestants méprisent les Irlandais, les considèrent comme valant guère mieux que les Afro-Américains, voire pire pour certains. Ségrégation des lieux de résidence, les Irlandais et les Écossais sont relégués dans les quartiers du côté est de la ville, alors que les protestants habitent dans le centre-ville et sur le côté ouest.

L'héritage paternel Pendant son adolescence, Margaret Haley est sensibilisée aux questions politiques grâce à son père qui est un adhérent des et qui est pour l'égalité des droits pour les femmes et le droit de vote des femmes aux États-Unis. Il est un des soutiens de Susan B. Anthony et emmène ses filles dont Margaret Haley assister à l'une de ses conférences.

L’héritage de la guerre de Sécession vignette|Elijah Parish Lovejoy gauche|vignette|Train transportant le cercueil d'Abraham Lincoln Margaret Haley sait très tôt qu'elle est née la même année du début de la guerre de Sécession, dans le même État où Elijah Parish Lovejoy a été assassiné pour avoir osé défendre son journal abolitionniste et où Abraham Lincoln a commencé sa carrière politique. Période où les hommes se battaient pour des causes. Pendant toute sa vie, elle garde le chagrin que lui a procuré l'annonce de l'assassinat d'Abraham Lincoln quand elle avait quatre ans et demi. Tout comme elle se souvient de la journée du , où elle est marquée par les émotions exprimées par la foule présente au passage du train funéraire transportant la dépouille d'Abraham Lincoln lorsqu'il est passé par les gares de Lockport et de Joliet. Plus que de la guerre, ce qui lui importe c'est l'héritage de ce conflit, qui lui fait épouser les causes d'émancipation, des droits civiques, la défense des Irlandais catholiques. Ce qui lui fait écrire dans son autobiographie d'une « guerre sans fin » qui se déroule entre impossibilité et possibilité de

Carrière

L'enseignante du primaire gauche|vignette|John Williston Cook, fondateur des écoles normales américaines. vignette|Johann Friedrich Herbart. En , Margaret Haley a achevé ses études secondaires, elle envisage d'embrasser une carrière d'enseignante, d'une part parce que l'enseignement est une des rares filières où les jeunes femmes irlandaises sont acceptées et d'autre part pour compenser les difficultés financières de sa famille, aussi passe-t-elle avec succès les épreuves du certificat d'aptitude à enseigner dans le primaire ce qui lui permet d'être admise à l'école normale de Morris fondée par , le leader de la création des écoles normales aux États-Unis sur le modèle des écoles normales françaises. Les cours de l’école normale se déroule pendant tout l'été. Margaret Haley bénéficie des cours donnés par John Williston Cook. En , elle est nommée à une école primaire de campagne dans le petit village de Dresden Heights (Illinois) à proximité de Morris, elle y enseigne pendant huit mois pour un salaire de mensuels ce qui est le salaire moyen d'une enseignante débutante. Cette première expérience est un succès, validé par l'inspection. Puis, elle est nommée en 1879, pour enseigner dans une école de Joliet où sa famille réside. Elle y reste jusqu'en 1882.

L'Herbartianisme gauche|vignette|Charles De Garmo. vignette|Edmund Janes James. Margaret Haley veut en apprendre plus sur le mouvement des écoles normales, en comprendre « l'esprit ». Aussi, en s’inscrit-elle à un séminaire de quatre semaines donné au sein de l'Illinois State Normal University devenu l'université d'État de l'Illinois. Pendant ce séminaire, elle découvre l' fondé par le philosophe et pédagogue germanique Johann Friedrich Herbart qui a posé les fondements scientifiques de la psychologie développementale et méthodes d’enseignement adaptés à chaque stade. Elle assiste aux conférence données par et , qui en plus de l'Herbartianism lui font découvrir l'économie liée au monde scolaire.

Chicago À la suite de ce séminaire, Margaret Haley reprend son poste à Joliet, mais n'ayant pu obtenir d’augmentation, elle part pour Chicago, ville habitée par de nombreux Irlandais catholiques qui y ont pu réaliser leurs aspirations, c'est logiquement la ville à laquelle une jeune femme irlandaise qui exerce le métier d'enseignante doit se rendre. Ses frères déjà présents y travaillent dans les services publics de la ville, soit au sein du Chicago Police Department soit au sein du Chicago Fire Department.

Francis Wayland Parker vignette|Francis W. Parker. De la rentrée scolaire de 1882 jusqu'au printemps 1883, Margaret Haley obtient un emploi de remplaçante dans une école de Lemont dans la banlieue de Chicago, puis à la rentrée de 1883, elle enseigne à la Lewis Champlin School d'Englewood sur la lisière sud de Chicago. En 1884, Margaret Haley, toujours en attente d'un poste permanent, est invitée par Francis Wayland Parker, le nouveau directeur de la Cook County Normal School (devenue l'université d'État de Chicago) qui lui propose de travailler au sein de son établissement, ce qu'elle accepte d'autant plus que l'un comme l'autre partagent une adhésion à la pédagogie de Friedrich Fröbel quant aux écoles maternelles. L'un comme l'autre ont pour souci de placer le développement de l'enfant au centre de l'enseignement, que les enseignants se doivent d'encourager le développement de ses compétences à la lumière de valeurs éthiques. Même si Margaret Haley ne reste que quelques mois à la Cook County Normal School, Francis Wayland Parker devient un modèle par son côté iconoclaste, ses défis envers les règles, son non-conformisme et ses encouragement à penser par elle-même.

La Hendricks Elementary School de Chicago (1884-1900)

La proximité de l'Union Stock Yards En , Margaret Haley, âgée de , est nommée à un poste d'enseignante permanente à la Hendricks Elementary School de Chicago. Cet établissement d'enseignement primaire est situé dans une zone d'habitat misérable dite Packingtown où résident principalement les ouvriers qui travaillent pour les abattoirs de la ville dans le tristement célèbre quartier de l'Union Stock Yards décrit par le roman La Jungle d'Upton Sinclair. Packingtown est décrit comme un quartier lugubre composé de masures insalubres, la plupart des rues ne sont pas pavées, l'air y est pestilentiel, quartier où s'entassent des déchets issus des usines environnantes comme le quartier de la véritable égout à ciel ouvert}}. Le quartier est envahi par le son bruyant des passages trains qui circulent sur l'une des , trains qui circulent sans passage à niveau, à la grande frayeur des piétons. Les égouts comme le système de distribution d'eau courante sont vétustes, des fuites créent des mares d'eau stagnante, de boue dans lesquelles des enfants se noient quand ils y jouent.

Des élèves issus de la migration Les premiers élèves de Margaret Haley sont principalement des enfants de migrants venus de l'Empire allemand ou de l'Écosse qui travaillent dans les abattoirs. Elle note que ces enfants sont . Quand ses élèves quittent l'école pour travailler, nombre d'entre eux meurent de la tuberculose, de la diphtérie et autres maladies infectieuses. Peu à peu ses élèves vont se diversifier avec la venue d'enfants de migrants polonais, bohémiens et lituaniens envers qui elle n'éprouve guère de sympathie les qualifiant . Une inspection médicale de 1890 note que les élèves de sa classe .

Les changements réglementaires et sociaux