L'affaire Karine Esquivillon est une affaire criminelle française concernant le meurtre de Karine Esquivillon. Le corps de la victime est retrouvé le , après les aveux de son mari au cours de sa garde à vue.

Contexte Marié depuis huit ans, le couple formé par Karine Esquivillon et Michel Pialle vivait à Maché avec leurs plus jeunes enfants, nés en 2009 et 2011. L'aînée du couple avait quant à elle quitté le domicile familial.

Les faits

La disparition, scénario d'un départ volontaire Le , Karine Esquivillon, femme de et mère de cinq enfants, disparaît. "Elle" envoie des message à ses enfants évoquant un besoin de partir, avec deux photos volées de la dune du Pilat.

Michel Pialle, son conjoint, signale sa disparition à la gendarmerie le . Vivant encore sous le même toit au moment des faits, dans leur maison familiale en Vendée, Karine Esquivillon et Michel Pialle étaient cependant séparés.

Michel Pialle raconte le scénario d'une fugue de sa conjointe alors qu'il s'absente un instant dans le jardin. Il déclare que son épouse a emporté quelques affaires personnelles, le livret de famille et en espèces et pièces d'or. Michel Pialle affirme alors devant les caméras de BFM TV : "En dix minutes, sans que j'entende, prendre les affaires en haut, prendre les affaires en bas, rentrer dans les dossiers, sortir le livret de famille [...] c'est impossible. Donc elle est partie volontairement, ça c'est certain."

Michel Pialle multiplie ses appels à témoins sur les réseaux sociaux, insistant sur le caractère volontaire de ce départ. Il avait écrit sur Facebook en "les enfants te souhaitent une bonne Fête des mères, ils t'aiment et tu leur manques beaucoup !" Michel Pialle intervient alors régulièrement dans les médias.

Le , le maire de Maché, commune de résidence de Karine Esquivillon, retrouve son téléphone jeté dans un fossé, à proximité d'une aire de covoiturage. Le téléphone est intact mais sans carte SIM.

Certains proches de Karine Esquivillon n'ont jamais cru à cette thèse. Elle est décrite comme une mère casanière, dévouée et très attachée à sa famille. Ses proches parlent plutôt d'une femme terrorisée par son conjoint, dans l'impossibilité d'abandonner ses enfants.

Les aveux, un "accident" mortel Le , une perquisition est réalisée au domicile de Michel Pialle. L'homme qui déclarait n'avoir "rien à se reprocher" au micro de TF1 est placé en garde à vue. Deux jours plus tard, confronté à ses incohérences, il avoue être à l'origine de la mort de Karine Esquivillon. Il affirme cependant qu'il s'agit d'un accident avec une arme à feu. Il avait alors expliqué que le coup était parti accidentellement alors qu’il prenait cette carabine 22 Long Rifle en photo en vue de la mettre en vente, et n’avait pas remarqué que celle-ci était chargée. Il conduit alors les gendarmes au corps de la mère de famille, dans un bois situé à du domicile familial.

L’autopsie a confirmé que la victime avait reçu une balle dans le thorax.

Le , une reconstitution de la journée du est organisée au domicile de la victime. L'enjeu principal est d'interroger le caractère "accidentel" des faits. A l'issue des cinq heures de reconstitution, la ligne de défense de Michel Pialle est identique. Des interrogations demeurent pour la Justice et les proches de la victime : absence de mobile clair, dissimulation du corps, mensonges initiaux... La thèse de l'accident mortel est toutefois rejetée par le Parquet, qui penche pour un meurtre volontaire.

Protagonistes

Michel Pialle est condamné à de multiples reprises pour des escroqueries liées à son travail de vente à distance. En 2003, il est décrit comme un homme ayant .

Il est mis en cause pour une escroquerie aux faux lingots d'or en 2021. Il est également condamné à neuf reprises entre 1998 et 2021 pour des affaires "d'escroquerie", "faux et usage de faux" et "contrefaçon". Il fait de la vente à distance à son compte. Il possède sa société depuis 2009.

Karine Esquivillon ne travaille plus depuis plusieurs années pour s'occuper de la maison et des deux plus jeunes de ses 5 enfants, dont un fils atteint de surdité.

Procédure pénale

Enquête Michel Pialle, le conjoint de Karine Esquivillon avec qui il vivait encore, et qui était portée disparue depuis le , avoue, au cours de sa garde à vue, l'avoir tuée. Après des aveux dans la nuit du 15 au , il conduit les gendarmes à l'endroit où il a caché le corps.

Le mis en cause nie un geste intentionnel.

Quelques jours après ses déclarations, les enquêteurs retrouvent, dans un cours d'eau proche du domicile, deux chargeurs et un silencieux. L'arme, une carabine 22 long rifle, est retrouvée le .

Décisions de Justice Le , la Procureure de la République de La Roche-sur-Yon, Sarah Huet, rend "un réquisitoire définitif aux fins de mise en accusation devant la cour d’assises de Vendée du chef de meurtre par conjoint". Le Juge d'instruction rend, début septembre, une ordonnance de mise en accusation pour "meurtre par conjoint". Les infractions d'enlèvement et séquestration de Karine Esquivillon n'ont pas été retenues. Michel Pialle interjette appel de cette décision.

L'audience à la Cour d'appel de Poitiers se tient le . L'accusé et l'avocat de la défense brillent par leur absence. Le , la Cour rend sa décision. L'arrêt de la Chambre d'instruction tranche en faveur d'un renvoi devant les Assises pour Michel Pialle.

Le , Michel Pialle forme un pourvoi en cassation dans le but d'éviter un renvoi devant la Cour d'assises de la Vendée. Il renonce finalement à ce pourvoi, information confirmée par son avocat en avril 2026.

Notes et références

Annexes

Articles connexes

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Esquivillon, Karine Catégorie:Féminicide en France Catégorie:Juin 2023 en France