Le régiment étranger de cavalerie () est un régiment de la Légion étrangère dans l'Armée de terre française, qui présente la particularité d'être le seul spécialisé dans le combat blindé. C'est l'un des deux régiments de cavalerie de la légère blindée.
Création et différentes dénominations 1921 : Création du étranger de cavalerie ()
Chefs de corps
Historique des garnisons, campagnes et batailles Entre-deux-guerres Le , une loi promulguée par le Président Deschanel autorise la création d’un régiment de cavalerie étrangère, d’un régiment d’artillerie étrangère et d’un bataillon de génie étranger. Le décret du officialise la création du .
Dès , à Saïda (Algérie)Histoire du , le sous-lieutenant Antraygues est le premier officier de la Légion désigné pour servir au . Le , à Sousse en Tunisie, le colonel Perret est désigné pour prendre le commandement de la formation qui monte en puissance. Elle est déjà constituée d'un état-major, d'un escadron hors rang et de deux escadrons, deux autres escadrons sont en cours de création. L'unité prend son nom de étranger de cavalerie par le décret 6330-1/11 du .
À cette époque la Légion étrangère n'est constituée que de régiments d'infanterie et l'idée de créer une autre spécialité est loin de faire l'unanimité. Néanmoins, la Légion compte parmi ses effectifs de nombreux Russes issus des Armées blanches défaites par les Armées rouges. Forts de l'expérience de la cavalerie légère tsariste, ils permettent à la Légion de rapidement s'imposer dans la cavalerie. Les différents régiments d'infanterie reçoivent donc l'ordre d'envoyer leurs légionnaires anciens cavaliers pour créer l'ossature de cette nouvelle unité. C'est ainsi que le régiment se compose de nombreux soldats de l'ex-armée tsariste, mais aussi des armées hongroises de l'ancien empereur Charles d'Autriche.
Créé en 1921, le n'a connu ni dissolution, ni changement de nom, ni discontinuité physique ou dans son commandement. Depuis 2014, le régiment est installé au camp de Carpiagne à Marseille.
Depuis un siècle, le a du faire preuve d'une grande capacité d'adaptation : il sert tour à tour à cheval en Syrie et au Maroc, puis sur automitrailleuses White-Laffly.
Dès 1925, il est engagé simultanément en Syrie et au Maroc. Il crée sa réputation sur ces deux théâtres d'opérations, notamment au Levant lors des batailles de Messifre et de Rachaya, où le escadron obtient la fourragère des TOE (théâtres d'opérations extérieurs). vignette|Voiture blindée Berliet VUDB du escadron en 1935. De 1927 à 1934, le REC concentre ses efforts sur le Maroc où il détruit des bandes rebelles puis assure la sécurité des pistes sahariennes en plein développement.
Seconde Guerre mondiale 1939 Pendant la campagne de France , il met sur pied le doté de side-cars et à partir de 1943, il est équipé, comme régiment de reconnaissance de la blindée, de chars légers et d'automitrailleuses américains à la libération de la France. Le participe également de 1947 à 1954 à la guerre d'Indochine à bord de véhicules amphibies Crabes et Alligators puis à bord des EBR au cours de la guerre d'Algérie. À la fin de la guerre d'Algérie, il est stationné à Mers el-Kébir, avant de rejoindre le quartier Labouche à Orange à partir de 1967 où il est équipé d'AML 60 puis d'AMX. Le , le régiment s'installe au camp de Carpiagne à Marseille.
1940 En 1940, des éléments du interviennent en France au sein du groupe de reconnaissance de division d'infanterie (GRDI 97). Engagés dès le sur la Somme, ils y combattent jusqu'à l'armistice. Une citation à l'ordre de l'armée consacre l'héroïsme de ces légionnaires.
1941 1942 1943 En 1943, le régiment est de nouveau engagé en Tunisie contre les Allemands.
vignette|Char léger M5A1 du au Maroc en juillet 1943.
1944 En 1944 il devient le régiment de reconnaissance de la et participe à la campagne de libération de la France.
1945 Il se fait notamment remarquer lors de la libération de la ville de Colmar et la prise de Stuttgart.
À la fin de la guerre, son étendard s'est enrichi de deux nouvelles palmes et de la fourragère de la Croix de guerre.
De 1945 à nos jours Guerre d'Indochine En 1946, le embarque pour l'Indochine. Ses escadrons et ceux des deux groupements autonomes qui servent l'étendard du régiment participent pendant neuf ans aux combats de la Cochinchine au Tonkin. On fait référence à lui, lors de cette période, sous l'appellation de "Grand REC" car il compte près de répartis en .
Durant cette période, le régiment connait un fait d'arme héroïque : le sauvetage du capitaine Hervé de Blignières, blessé au combat, par l'adjudant Roger Degueldre, seul, dans des conditions extrêmement périlleuses. Cela vaut à Degueldre, déjà médaillé militaire, d'être fait chevalier de la Légion d'honneur. Les deux hommes se retrouveront durant le Putsch d'Alger du puis dans l'OAS, Blignières commandant l'organisation en métropole et Degueldre le Bureau Action et les commandos Delta.
Trois nouvelles citations et la fourragère des TOE viennent enrichir la cravate de l'étendard. De leur côté, les deux groupements autonomes ont mérité six citations.
Guerre d'Algérie En 1954, le régiment retrouve la terre africaine et intervient dans la guerre d'Algérie pendant huit ans. Lors du Putsch d'Alger, le est l'un des régiments qui se met sous l'autorité du général Challe, chef de la tentative de renversement du régime.
Après les accords d'Évian, il est regroupé sur la base de Mers el-Kébir où il stationne avec le Régiment étranger de parachutistes jusqu'en 1967.
Arrivée en métropole et début de l'ère des OPEX Le régiment rejoint la France pour s'installer à Orange en 1967.
Le régiment est rattaché à la d'infanterie () le . En 1978 et 1979, il participe à l'opération Tacaud au Tchad où il est cité à l'ordre de l'armée. Les escadrons sont ensuite engagés plusieurs fois en mission de courte durée en République centrafricaine, à Bouar notamment.
En 1983, avec la , le est engagé au Liban, au sein de la Force Multinationale de Sécurité à Beyrouth (F.M.S.B.) puis au Tchad de nouveau.
Guerre du Golfe Dès le , après l'invasion du Koweït par l'Irak, le régiment est engagé au complet au sein de la division Daguet au cours de l'opération Bouclier du désert puis Tempête du désert. Le , le régiment franchit la frontière irakienne et s'empare, 36 heures plus tard, de son objectif, la base aérienne d'As Salman.
Le obtient alors une nouvelle palme sur son étendard.
Cambodge De à , le régiment retrouve l'Extrême-Orient dans le cadre de l'autorité provisoire des Nations unies au Cambodge (APRONUC).
Ex-Yougoslavie Le régiment est engagé en au sein de la Force de protection des Nations unies (FORPRONU) à Sarajevo. Ses escadrons sont régulièrement engagés avec les forces de l'OTAN dans les Balkans, en Macédoine et au Kosovo notamment, jusqu'en 1999.
République du Congo (Congo-Brazzaville) En 1997, le régiment est engagé en république du Congo dans le cadre de l'opération Pelican pour rapatrier dont .
République de Côte d'Ivoire Le régiment est engagé en république de Côte d'Ivoire dans le cadre de l'opération Licorne, en 2002, 2005, 2006, 2009, 2011 ( ESC) et 2013 (État-major, ECL et ESC).
Le ESC y est engagé en 2018, cette fois-ci au sein des Forces françaises en Côte d'Ivoire.
Afghanistan Le régiment est projeté au sein de la Force internationale d'assistance et de sécurité en Afghanistan en 2005, 2009 et 2010, ainsi que dans le cadre de l'opération Pamir, en 2010 ( ESC) et 2011 ( ESC).
Tchad 28 ans après l'opération Tacaud, le régiment est de nouveau engagé au Tchad, dans le cadre de l'opération Épervier, en 2007, et 2011-2012 (État-major et ESC).
République de Centrafrique Le régiment est engagé en République centrafricaine, dans le cadre de l'opération Sangaris, entre 2013 ( ESC) et 2015 (État-major, et ESC).
Mali Le régiment est engagé au Mali dans le cadre de l'opération Serval en ( et ESC), puis de l'opération Barkhane en 2014 ( ESC), 2015 ( ESC) et 2017 ( ESC).
Au début 2020, une partie du régiment est engagée au Sahel. Les escadrons forment le groupement tactique désert (GTD) Centurion qui, au côté des Dragon () et Altor () participe à l'opération Monclar.
Protection du territoire national - opération Sentinelle Avec les attentats de et le déclenchement de l'opération Sentinelle, le régiment est engagé pleinement dans cette mission de protection du territoire national, en filigrane de sa préparation opérationnelle et de ses déploiements en OPEX.
Maintien de la paix au Sud Liban - Opération DAMAN XXX De mars à , l'état-major, l'ECL et le Escadron du REC sont projetés au Sud Liban, dans le cadre de l'opération DAMAN XXX au sein de la Force intérimaire des Nations-Unies au Liban (FINUL). Il s'agit du premier mandat sous commandement "Légion" de cette opération débutée en 2006.
Missions dans les forces prépositionnées Djibouti : de 1967 à 2011, le REC fournit la majeure partie des éléments constituant l'escadron de reconnaissance de la Demi-brigade de Légion étrangère, stationné à Oueah. Depuis le départ de la DBLE, le régiment effectue régulièrement des missions de courte durée au sein du Régiment interarmes d'outre-mer : ESC en 2016, ESC en 2017.
Guyane : des sections sont détachées au sein du Régiment étranger d'infanterie pour participer aux opérations Harpie et Titan en 2006 et 2019 ( ESC).
Nouvelle-Calédonie : des sections sont détachées au sein du Régiment d’infanterie de marine du Pacifique - Nouvelle-Calédonie en 2011 ( ESC) et 2018 ( ESC).
Gabon : des pelotons sont engagés dans les forces prépositionnées en 2011-2012 ( ESC) et 2013 (ECL), et le régiment fournit un détachement de liaison et d'assistance opérationnelle en 2016 ( ESC).
Sénégal : Le ESC y est projeté en 2010.
Le régiment aujourd'hui Missions Le , en tant que régiment de cavalerie légère représente le fer de lance de la 'brigade au gant d'acier'.
Il est composé d'escadrons blindés et d'escadrons de reconnaissance et intervention. Les escadrons blindés (EB) Equipés d’engins blindés de reconnaissance et de combat JAGUAR (EBRC) et d'AMX 10 RC-R, ils sont l'arme de la reconnaissance offensive, du combat de rencontre qui prend et précise le contact. Leur principale plus-value réside dans leur capacité à délivrer en tout temps des feux puissants, rapides et très précis par l'intermédiaire de tirs directs sous blindage.
L'escadron de reconnaissance et intervention (ERI) Equipés de VBL, ce sont des unités centrées sur l'acquisition du renseignement tactique et l'action anti-char. L'acquisition du renseignement est la raison d'être principale de l'ERI qui est sensibilisé à la recherche humaine élémentaire grâce à ses atouts: souplesse, discrétion, autonomie et faible empreinte logistique.
Organisation vignette|Organisation du régiment étranger de cavalerie. ORBAT Le étranger de cavalerie est articulé en 6 escadrons (900 hommes) auxquels s'ajoute un escadron de réserve (100 hommes) : l'escadron de commandement et de logistique (ECL) assure le soutien nécessaire au bon fonctionnement du régiment. Que ce soit au quartier, en exercice ou en mission, il fournit l'autonomie logistique ainsi que les moyens de vivre, de se déplacer et de combattre aux légionnaires ; trois escadrons blindés (, , et ) composés de quatre pelotons blindés chacun. Ceux-ci sont équipés d’EBRC JAGUAR et d'AMX 10 RC-R, engin blindé roues canon à la fois mobile et puissant, doté d'un canon de . Deux escadrons de reconnaissance et d'intervention ( et ) composés chacun de quatre pelotons de reconnaissance et d'intervention. Ceux-ci sont équipés de VBL et peuvent s'articuler en format léger, éclairage, reconnaissance ou anti-char ; l'escadron de réserve (ER), qui participe à toutes les activités opérationnelles du régiment.
Matériels thumb|thumbtime=0:08|Exercice amphibie en Corse du 15 au 25 février 2012. Le régiment utilise les matériels majeurs propres à l'arme blindée et cavalerie :