Pendant l'invasion russe de l'Ukraine, à partir du , des réfractaires ukrainiens, mais surtout russes refusent leur participation aux opérations militaires. Des civils les soutiennent et s'opposent à l'invasion et à la collaboration de la Biélorussie à celle-ci..

Réfractaires en Ukraine Le , le président Volodymyr Zelensky appelle tous ses citoyens à se considérer à la disposition des forces armées pour se défendre des envahisseurs. La mobilisation générale concerne tous les hommes de 18 à .. Le le parlement ukrainien (la Rada) approuve l'introduction de la loi martiale. Le , la Rada approuve la prolongation de la loi martiale pour : jusqu'au . Le , la Rada approuve la prolongation de la loi martiale et de la mobilisation générale pour supplémentaires : jusqu'au . Le , la Rada approuve la prolongation de la loi martiale et de la mobilisation générale pour supplémentaires : jusqu'au . Le , la Rada approuve encore la prolongation de la loi martiale et de la mobilisation générale pour : jusqu'au .

Selon les gardes-frontières ukrainiens, entre le début de l’invasion russe et , , âgés d'entre 18 et et qui ont interdiction de quitter l’Ukraine, ont été arrêtés en tentant de fuir le pays, dont plus de après avoir essayé de passer à des points de passages illégaux. Les déserteurs reçoivent en général une amende d’environ hryvnias () et leurs coordonnées sont transmises au bureau de conscription. Ils peuvent ensuite être envoyés au combat. Les passeurs risquent la prison. Une pétition, lancée le , demandant l’annulation de l’interdiction faite aux hommes de 18 à de quitter le territoire ukrainien récolte .

L’Organisation des Nations unies, dans les premiers jours de la guerre, évoquait aux frontières de pays européens limitrophes. Elle exhortait Kiev à se montrer .

Des milliers de personnes fuient la capitale avec leurs voitures, créant d'énormes bouchons. Des dizaines de milliers de personnes attendent aux postes frontaliers (Pologne, Moldavie, Slovaquie) pour fuir l'Ukraine.

Selon de nombreux témoignages, de nombreux ressortissants étrangers, africains et indiens., sont refoulés aux frontières de la Pologne à cause de leur couleur de peau. À Kharkiv, des étudiants d'origine africaine sont refoulés des trains par des civils ukrainiens. Ces scènes sont relayées sur les réseaux sociaux... L'Union africaine les condamne fermement..

En , Sara Daniel, envoyée spéciale de L'Obs sur le front, rencontre une vingtaine de soldats ukrainiens retranchés dans un bâtiment. Leur porte-parole explique qu'ils refusent de retourner au combat dans les conditions qui leur ont été imposées : sans préparation, avec un matériel insuffisant, par moins 15 degrés, avec de l'eau et de la nourriture congelées. de leur bataillon ont été tués, grièvement blessés ou portés disparus. Il ajoute : .

Réfractaires en Russie vignette|Poutine et Konstantin Ernst, directeur général de Pervy Kanal, la principale chaîne de télévision russe, contrôlée par l'État..

Réactions de civils Selon Le Monde, peu avant l'invasion, le , l'opinion de la population de Moscou, la capitale, est marquée par une grande indifférence, qui tend vers . au président Vladimir Poutine.

Le au soir, des manifestations contre la guerre ont lieu dans cinquante-trois villes russes.. Plusieurs milliers de personnes se réunissent place Pouchkine à Moscou, et un millier à Saint-Pétersbourg.. La police russe arrête au moins , au motif que ces manifestations sont illégales. Le , russes sont arrêtés..

Des personnalités russes prennent la parole : le , les chanteurs Valery Meladze et Sergueï Lazarev, ainsi que le footballeur international Fiodor Smolov publient un message pour l'arrêt de la guerre sur leur réseau social.. Dans les semaines qui suivent, le groupe Little Big, ainsi que des monuments du rock russe tels que Zemfira, Boris Grebenchtchikov du groupe Aquarium ou Iouri Chevtchouk du groupe DDT prennent position contre la guerreEntre exil et silence, le dilemme des artistes russes opposés à la guerre en Ukraine, Publié le : 13/07/2022 - 07:59, Modifié le : 13/07/2022 - 08:00, consulté le 7 mars 2023, France24, https://www.france24.com/fr/europe/20220713-entre-exil-et-silence-le-dilemme-des-artistes-russes-oppos%C3%A9s-%C3%A0-la-guerre-en-ukraine.

Les départs se multiplient dans le milieu culturel russe. Ainsi quittent leurs fonctions Elena Kovalskaïa - directrice du Théâtre d’État et du Centre culturel Vsevolod Meyerhold, chorégraphe du Bolchoï Alexeï Ratmansky, le Lituanien Mindaugas Karbauskis directeur artistique du théatre Maïakovski.

Le journal d'opposition Novaïa Gazeta du prix Nobel de la paix Dmitri Mouratov prend position contre la guerre et publie son numéro en russe et en ukrainien.. Le , russes publient une tribune dans laquelle ils exigent l'arrêt immédiat de tous les actes de guerre dirigés contre l'Ukraine..

Plusieurs anciens chefs de gouvernement européens travaillant pour des grandes entreprises russes démissionnent : c'est le cas d'Esko Aho (Finlande), de Matteo Renzi (Italie), de Christian Kern (Autriche). et de François Fillon (France)..

Le chef de la république russe de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, envoie (les Kadyrovtsy) en Ukraine pour soutenir l'armée russe.. Le , il annonce les premières victimes parmi ces forces avec deux morts et six blessés..

Le , des manifestations en opposition à l'offensive russe continuent d'avoir lieu dans les grandes villes russes malgré les nombreuses arrestations (environ ). Plusieurs figures publiques russes condamnent l'offensive militaire. De nombreux civils s'étant exprimés ouvertement en ce sens ou ayant participé à des manifestations sont détenus par la police et reçoivent des amendes. Les manifestations s'organisent à l'aide de messageries instantanées chiffrées et non censurées sur Internet, telles que Telegram ou Signal. Le géant Lukoil, seconde société pétrolière de Russie, condamne l'invasion de l'Ukraine., première entreprise d'envergure à le faire. vignette|Logo de la chaîne Pervy Kanal (Первый канал).

Le , la journaliste Marina Ovsiannikova interrompt le journal télévisé Vremia diffusé sur Pervy Kanal — la première chaîne, regardée par des millions de Russes. Elle se place derrière la présentatrice, Ekaterina Andreïeva, pour protester contre l'invasion russe de l'Ukraine, tendant un panneau où il est écrit : . Elle avait auparavant préenregistré une vidéo pour fustiger la guerre de Poutine, rappelant : Elle ajoute : .. Elle est immédiatement arrêtée et encourt de prison pour avoir .. Après un exil en Allemagne, elle rentre en Russie pour régler un contentieux avec son ex-mari. Un tribunal la place en résidence surveillée pour avoir manifesté seule en tenant une affiche .Trois poupées imbibées de sang sont posées sur le sol devant elle. Au tribunal, elle tient une pancarte . Elle fuit la Russie avec sa fille et se réfugie en France. Lors d’une conférence de presse au siège de l’ONG Reporters sans frontières (RSF) à Paris, elle résume leur difficile évasion du pays organisée par RSF. Christophe Deloire, le secrétaire général de RSF conclut : . La France accorde l’asile à Marina Ovsiannikova mais elle se sent menacée, en particulier, au téléphone, par d’anciens amis.

Le , Olga Smirnova, première ballerine du Bolchoï, annonce quitter la Russie pour le Ballet national des Pays-Bas : Louis-Valentin Lopez, « Olga Smirnova, danseuse star du Bolchoï, rejoint le Dutch National Ballet », France Musique, 16 mars 2022. « Прима-балерина Большого театра Ольга Смирнова покинула Россию после антивоенного заявления », Newsru.co.il, 17 mars 2022..

Le , Poutine apparaît pour la première fois au grand public depuis le début de l'invasion en organisant un important meeting-concert au stade Loujniki de Moscou, célébrant le huitième anniversaire de l'annexion de la Crimée. Nommé par les autorités « Pour un monde sans nazisme » (), l’événement a accueilli pro-Kremlin, dont dans l’enceinte, d'après le ministre de l’Intérieur russe..

Partis politiques Les partis qui siègent à la Douma d’État ne s’opposent pas à l’invasion de l’Ukraine. Au contraire, le , onze députés communistes proposent une résolution demandant de reconnaître l’indépendance des de l’est de l’Ukraine et de mettre fin au . La majorité absolue de la Douma votera cette résolution un mois plus tard.

Lors d'une réunion du président russe avec des partis parlementaires en , Guennadi Ziouganov, président du Parti communiste de la fédération de Russie, déclare que son parti soutient pleinement la politique de Vladimir Poutine, mais qu'il aimerait que la Russie évolue vers le socialisme. Poutine répond ironiquement que l'idée est intéressante, mais qu’avant d'introduire le socialisme, il est nécessaire de faire quelques calculs et de comprendre à quoi cela devrait ressembler. Pourtant trois députés communistes dénoncent ensuite l’invasion, tout en reconnaissant l'indépendance des républiques autoproclamées de Donetsk et de Louhansk : Mikhaïl Matveïev, Vyacheslav Markhaïev et Oleg Smolin. Ce dernier déclare : . Plusieurs élus locaux du parti prennent aussi position contre la guerre. Ievgueni Stoupine fonde une coalition antiguerre de gauche avec des formations politiques extraparlementaires. L’opposition à la guerre provient en particulier de l’extrême gauche, laquelle comprend, outre des dissidents du Parti communiste, le Mouvement socialiste russe et le mouvement anarchiste Action autonome. Stoupine déclare que la censure militaire a été introduite en Russie. En 2023, il est exclu du Parti communiste de la fédération de Russie. Nina Beliaeva l’est aussi. Élue d’un conseil de district, elle y a dénoncé les russes.

Au centre de la capitale russe, on voit des Moscovites assis à des tables en train d'écrire des lettres et des cartes postales aux prisonniers politiques. Il s'agit d'un événement organisé une fois par mois par Iabloko, l'un des derniers partis indépendants de Russie encore autorisés à fonctionner.

Réfractaires et leurs soutiens L'Union des comités de mères de soldats de Russie a été fondée en 1989, pendant la guerre soviétique en Afghanistan. Depuis 2014, elle défend les droits des soldats russes dont Moscou nie la présence en Ukraine et milite pour la protection des prisonniers ukrainiens.. En , les familles des soldats cherchent les morts et les blessés dans les morgues et les hôpitaux. Les Mères saisissent la justice, harcèlent les commandants d'unités et menacent de manifester sur la Place Rouge. Leur local est perquisitionné à Saint-Péterbourg et le Comité est déclaré « agent de l'étranger ». D'autres militantes sont emprisonnées. À l'automne-hiver 2014-2015, des militaires quittent en masse le terrain d'entraînement de Kadamovsky, où ils avaient été transférés. Ils craignent d'être envoyés combattre en Ukraine. Un soldat sous contrat gagne un procès dans lequel il prouve que le commandement avait falsifié plusieurs documents et, sur cette base, il est licencié.

En , l'Union des mères de soldats déplore : .. Elle refuse ensuite de parler à la presse occidentale. mais continue son soutien aux réfractaires. et se concentre sur le rapatriement des dépouilles de soldats russes abandonnées par l’armée, , assure la porte-parole Valentina Melnikova. Lors de la mobilisation de , celle-ci déclare au Daily Beast : ..

L'hebdomadaire Franc-Tireur dénonce la tentative d'achat par la Russie de Poutine du silence des mères des victimes du conflit en offrant de fortes sommes aux familles des tués et des blessés et de multiples avantages financiers aux combattants. Le , Novaïa Gazeta Europe estimait l’enveloppe à l’équivalent de 1,9 milliard d’euros..

La fédération anarchiste Action autonome appelle les soldats russes .

Le , un haut responsable du Pentagone évoque des militaires russes qui se rendent ou sabotent leurs propres véhicules pour éviter de combattre.