La Semouse ou Sémouse est une rivière française des départements de la Haute-Saône et des Vosges, et un sous-affluent du Rhône par la Lanterne et la Saône.

Étymologie

Le mot Mouze viendrait de Mosa en latin (ou Moûze en Wallon), et aurait une origine commune avec le nom du cours d'eau de la Meuse. Ce serait une vieille réminiscence des croyances celtiques qui font des fleuves un dieu, une personne en quelque mesure.

Elle peut également s'orthographier ou se prononcer Sémouse ou Sémouze. La vallée de la Semouse s'appelait vallée de Saint Mouzehttp://www.chr-lorraine.fr/naudin/index.php Choisir la carte et la Zone C50 / Z02-01 et rechercher le hameau de St-Mouze.

Géographie La Semouse ou Sémouse est une rivière de qui prend sa source sur un plateau (altitude environ), au lieu-dit Gérardfaing sur le territoire de la commune vosgienne de Bellefontaine, sur le flanc sud des monts Faucilles.

Une fontaine située près d'une ferme, au lieu-dit le Calvaire, peut être symboliquement considérée comme source de la Semouse.

Elle poursuit son chemin en traversant Bellefontaine, la vallée qui porte son nom et Saint-Loup-sur-Semouse (Haute-Saône). Elle rejoint la Lanterne, affluent de la Saône à Bassigney, à d'altitude, à l'ouest de Conflans-sur-Lanterne.

Communes et cantons traversés Dans les deux départements de la Haute-Saône et des Vosges, la Sémouse traverse les quinze communes suivantes, de La Pisseure Ainvelle, Plainemont, Dampierre-les-Conflans, Briaucourt, Bassigney, Saint-Loup-sur-Semouse, Magnoncourt, Corbenay, Aillevillers-et-Lyaumont, Xertigny, Le Clerjus, Plombières-les-Bains, Bellefontaine, Conflans-sur-Lanterne.

Bassin versant La Sémouse traverse les six zones hydrographiques U042, U043, U044, U045, U046, U047 de de superficie totale. Ce bassin versant est constitué à 51,12 % de , à 45,35 % de , à 3,25 % de , à 0,132 % de

Organisme gestionnaire

Affluents

Ruisseau du Pont Jeanson (longueur ), à Bellefontaine Ruisseau de Rupt Guéné (longueur ), à Bellefontaine Ruisseau du Rechentreux (longueur ), à Xertigny Ruisseau de la Bramouse (longueur ), à Ruaux Ruisseau du Roulier (longueur ), à Le Clerjus Ruisseau la Franouze (longueur ), à Le Clerjus Ruisseau du Chanet (longueur ), à Magnoncourt l'Augronne, qui naît à Remiremont (longueur ) Ruisseau des Anciens Moulins (défluence de la Combeauté) la Combeauté, qui prend sa source au Girmont-Val-d'Ajol (longueur ) le Planey, qui naît à Anjeux (L = ) et est rejoint par le Dorgeon (longueur ) Ruisseau du Vass (longueur )

Hydrologie La Semouse à Saint-Loup-sur-Semouse Les débits de la Semouse ont été observés durant une période de 36 ans à Saint-Loup-sur-Semouse (de 1974 à 2009) .

Le module de la rivière y est de pour une surface de bassin de .

La rivière présente d'importantes fluctuations saisonnières de débit, avec des hautes eaux hivernales de 8,35 à de décembre à mars inclus, et des maigres d'été, en juillet-août-septembre, entraînant une baisse du débit moyen mensuel jusqu'à au mois d'août.

Étiage ou basses eaux vignette|droite|La vallée de la Semouse en aval de la Forge de la Sémouse. Le VCN3 peut chuter jusque , en cas de période quinquennale sèche.

Crues Les crues peuvent être très importantes. En effet, les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 65 et . Le QIX 10 est de , le QIX 20 de et le QIX 50 de .

Le débit instantané maximal enregistré est de le , tandis que la valeur journalière maximale était de le même jour. En comparant ces valeurs avec l'échelle des QIX de la rivière, il ressort que ces crues étaient plus que cinquantennales, peut-être centennales, et donc très exceptionnelles.

Lame d'eau et débit spécifique La lame d'eau écoulée dans cette partie - la plus importante - du bassin versant de la rivière est de , ce qui est très élevé et résulte d'une pluviosité fort abondante sur ce bassin, situé sur le versant sud fort arrosé des monts Faucilles. Le débit spécifique (Qsp) se monte ainsi à carré de bassin.

Son histoire industrielle

vignette|200px|La Forgette et la Semouse vers 1905.

vignette|droite|La Semouse et le ruisseau du Roulier à la Forge Neuve. vignette|Ancienne usine d'Allongis vers 1900.

La vallée de la Semouse a été le siège pendant de nombreux siècles (du au milieu du ) de nombreuses forges. En effet, ce sont plus d'une dizaine qui se sont installées le long de son parcours. D'où son surnom de « Vallée des Forges ».

La plus ancienne est celle du Blanc Murger (1547, toujours en activité en tant que tréfilerie). Il y a eu également :

La Forge de Semouse (ou de Saint Mouze) (fondée en 1697, arrêtée en 1947, scierie en 1953 jusque dans les années 1970) : Château et chapelle fin de style Renaissance, elle était destinée à fournir le fer à la tréfilerie de Plombières-les-Bains : qui était une « Manufacture de tôle de fer battu et étamé » datant de 1605 (sur l'Augronne). Un martinet était situé en amont de la forge, sur le ruisseau de la Bramouse (au bord de la route, direction Ruaux). Dès le milieu du Victor puis Albert de Pruines (héritiers de André Hildebrand, qui a transformé l'ancienne usine de Plombières en fabrique de coutellerie, en 1846 : papeterie de la fin du à 1839, ayant appartenu à Beaumarchais de 1780 à 1788, puis usine de porcelaine de 1839-1846, incendiée en 1842)Ministère de la Culture - Base Mérimée : usine de papeterie du Ban d'Ajol, puis usine de porcelaine, puis usine de ferblanterie de Pruines et Cie, actuellement centre technique municipal installèrent un train à voie étroite (tacot) pour relier les usines des deux vallées (la ligne faisait un peu plus de et devait avoir des pentes dépassant les 5 à 6 %), démarrant à la Gare de Plombières (cote env.), elle passait aux lieux-dits : Le Gros Chêne (cote ), La Bassotte (cote : point culminant du trajet), La Chenevière (cote 530), Le Voicieux, et au Moulin de Ruaux (cote 500), son parcours finissait du Fays Bois (cote 440 env.) vers la Forge de Semouse (cote 418) et vers la Forge Neuve (cote 400). Une liaison de environ a existé aussi vers l'usine du Blanc Murger. Elle passait le long de la Semouse et du coteau, en contrebas du hameau les Gouttes, à l'opposé de la RD 20a. Ce tacot a fonctionné de 1922 à 1953. Le tracé du tacot est visible sur la carte ci-contre : trait noir.

Dans les années 1970, un projet d'installation d'une papeterie était envisagé à Semouse. Les bâtiments ont commencé à sortir de terre avant d'être abandonnés puis démolis. Le projet tomba à l'eau. La Forge Neuve (laminoir créé en 1840 - fermé en 1952) était une annexe de la Forge de Semouse La Forge de Ruaux ou Forgette (mentionnée en 1628 - cessation en 1880) : liée à la Forge du Blanc Murger (halle de stockage de 1830, inscrite comme Monument Historique depuis 1991, dont la toiture monumentale en laves de grès est, aujourd'hui, complètement écroulée) - Fabrication de roues de chariot.

La Forge d'Allongis (ou Allangie), située à environ en aval de la Forge de Ruaux, fut établie en 1719 par Jacques Vannesson et Georges Puton (fondateur, en 1733, de la Manufacture royale de Bains-les-Bains). Elle a été reconstruite en 1827 par Bouly (entreprise Bouly FrèresAlmanach du commerce de Paris, des départemens de la France et des Principales Villes du Monde, de J.de La Tynna et S. Bottin, 1830). En 1860, M. Jérôme Patret, maître de forge aux Forges de Varigney, est le propriétaire de l'usine d'Allangie (elle comprend trois feux d'affinerie, un martinet et un cylindre). Jusqu’en 1869, il y eut plusieurs feux de forge, qui fournissaient du fer au laminoir et à la tréfilerie, une des premières établies en France, et qui a été longtemps florissante. Les produits en étaient expédiés à Belfort et à Besançon pour la fabrication des montres. Propriétaire des forges de La Chaudeau, M. Arthur de Buyer, abandonne cette usineMonographie industrielle du Clerjus par Lucien Goëry, Instituteur au Clerjus en 1898-1900. Elle fonctionne jusque vers 1880, puis est transformée en filature (Filature de cardés Désiré Werck : issu de l'École Théorique et Pratique de Tissage mécanique de Mulhouse (aujourd'hui ENSISA - promotion 1880Promotion de l'École Nationale d'Ingénieur Sud Alsace - Mulhouse 1862-2006). Aujourd'hui, seuls des vestiges sont encore visibles dans la forêt, en contrebas de la RD20. Forges des Aulnouzes (variante avec un "s" à la place du "z") sur le territoire de La Chapelle-aux-Bois, en amont d'un affluent de la Semouse (Ruisseau du Roulier) ; Forges de la Chaudeau (fondée en 1705-1706 - seule une boulonnerie de haute précision subsiste encore : 60 employés environ), commune d'Aillevillers. Une forge annexe, qualifiée de laminoir du bas, est établie au début du , à en aval de l'établissement principal. Elle est désaffectée à la fin du , aujourd'hui en ruines. La Chaudeau a appartenu à la famille de maître de forges de Buyer (également De Buyer, fabricant d'ustensiles de cuisine et de pâtisserie de haute qualité à Faymont, commune du Val d'Ajol). Forge de la Branleure (antérieure à celles de la Chaudeau), mentionnée dès la fin du . Elle est exploitée au début du par Jean-Jacques Rochet (fondateur des Forges de la Chaudeau). Les forges sont acquises en 1855 par Rodolphe de Buyer. Les laminoirs de la Branleure, de Magnoncourt et les forges de la Chaudeau sont exploités par les héritiers de Rodolphe de Buyer. Malgré la fusion en 1948 de la société « Les Héritiers de Charles de Buyer » avec la société « A. de Buyer » (manufacture de Faymont au Val d'Ajol, 88), l'établissement ferme ses portes en 1954. Depuis, les bâtiments ont été occupés par diverses petites entreprises. Forge de Aillevillers (mentionnée sur la carte de Cassini de 1760). Forge de Magnoncourt (ancien Moulin Daval ; fondée en 1822-1824 - fonctionne jusque 1914), laminoir lié à la forge de la Chaudeau et au laminoir de la Branleure, puis usine hydroélectrique de 1924 à 1945. L'atelier de fabrication est aujourd'hui en ruines, mais les dépendances et les logements sont toujours occupés. Forges de Varigney, commune de Dampierre-lès-Conflans (antérieure à 1789) : bien que sur le Planey (le cours d'eau est une résurgence de la Semouse)Racines Comtoises - Forges de Varigney.

Au fil du , et des fermetures des Forges de Semouse, Forge Neuve, la Forgette et Forge d'Allongis, la vallée (en amont d'Aillevillers) s'est endormie progressivement (il subsiste la Tréfilerie du Blanc Murger en activité, le hameau habité de Semouse avec son beau château et la chapelle). Si bien que les paysages se sont totalement refermés par la végétation et les plantations incohérentes d'épicéa et de sapin.

La Semouse a été le terrain de jeu de kayakistes et de céistes jusque dans les années 1990. Ceux-ci profitaient de lâchés d'eau d'une retenue d'une ancienne usine de la vallée. Un projet d'aménagement de la rivière pour la descente en kayak et en canoë avait même été évoqué dans les années 1998/1999.

Faune et flore Aperçu des espèces et des paysages observés le long de la Semouse (liste non exhaustive) :

Plantes, végétaux et animaux caractéristiques des milieux humides : droséra, salamandre commune, Triton, grenouilles, libellules…

Contrat de rivière

Un contrat de rivière est en cours d'exécution sur le bassin versant de la Lanterne. La Semouse est donc concernée.

Les enjeux : Maîtrise des pollutions Préservation du patrimoine naturel Gestion de la nappe alluviale du Breuchin Gestion des plans d'eau

Le budget global de ce contrat se monte à près de HT, soit € TTC (bassin versant de la Lanterne tout entier).

Au niveau du Bassin Versant de la Semouse "amont", qui comprend aussi les rivières de l'Augronne et de la Combeauté, le budget s'élève à HT, cela représente plus de 40 % du budget global du contrat. Le reste du budget est réparti sur six autres sous-bassins (Breuchin, Planey, "Haute" Lanterne, "Moyenne" Lanterne, "Basse" Lanterne et Semouse "aval") .