La planche à voile (parfois désignée par son nom anglais windsurf (qui signifie surfer avec le vent), en français européen) est un type d'embarcation à voile minimaliste, c'est aussi le sport de glisse pratiqué avec cette embarcation.

Elle est constituée d'une simple planche ou flotteur, et d'un gréement articulé à la planche par le pied de mât. La planche à voile se caractérise par la position debout de son pratiquant nommé « véliplanchiste » et par l'absence de gouvernail et d'écoutes. C'est le véliplanchiste qui soulève puis maintient le mât et la voile en position active, s'orientant sur l'eau en inclinant d'avant en arrière le gréement, ou en changeant ses appuis sur la planche.

Historique

Origine du terme Avant l'invention de la planche à voile telle que nous la connaissons, conçue pour naviguer debout, avec un gréement libre monté sur cardan, le terme Planche à voile était utilisé pour désigner des petits dériveurs de plage très plats, à l'accastillage minimaliste, parfois sans cockpit et équipés d'un gréement simplifié, comme le Sunfish américain (architecte Cortland Heyniger) et son prédécesseur un peu plus petit, le Sailfish (même architecte) ainsi que nombre d'imitations (comme le Beachcomber britannique) ou de bateaux approchants (Minisail et Minisprint, également britanniques). On le trouve notamment dans un livre de vulgarisation pratique de Jean Merrien paru en poche en 1967, avant la création (brevetée) du système de diabolo par Drake et Schweitzer (1968) et la diffusion en France des premières planches Windsurfer originales au milieu des années 70.

Il est intéressant de noter que le Sailfish (ancêtre du Sunfish) conçu par Cortland Heyniger et Alex Bryan était à l'origine (1950) une grande planche de surf biplace (destinée aux postes de sauvetage balnéaires) transformée par l'ajout d'une dérive , d'un mini gouvernail et d'une voile latine provenant d'un canoë canadien. Le cocréateur de la Windsurfer moderne, Jim Drake, par ailleurs ingénieur aéronautique à la NASA, possédait un Sunfish avec lequel il régatait, non sans succès, en Californie.

Inventeurs Plusieurs personnes s’attribuent la paternité de la planche à voile.

Tout d’abord, un jeune Anglais Peter Chilvers qui esquissa, au début des années 1960, une sorte d'ancêtre de la planche à voile.

Au mois de mai 1964, en Pennsylvanie, un Américain, Newman Darby, installe un mât et une voile sur une planche qui tient plus de la porte que de la planche de surf. Sa planche mesure trois mètres de long pour 90 centimètres de large et possède un mât et une rotule qui malheureusement ne peut s’orienter que latéralement et se trouve dans le dos du pratiquant. Pendant deux ans, il va peaufiner son invention mais ne saura convaincre les investisseurs.

En , un Français, Serge Loiselot, dépose une demande de brevet pour le «plateau à voile»: flotteur caisson individuel plat de très faible densité aux contours ovoïdes sans arête vive, muni d'une quille-gouverne et d'un mât vertical supportant un mât horizontal de entre lesquels une voile triangulaire est tendue. Cet engin est entièrement démontableBrevet d'invention délivré le 21 mars 1966 INPI Paris.

En 1968, Hoyle Schweitzer, surfeur et Jim Drake, ingénieur aéronautique, mettent au point le système de joint universel (diabolo) qui permet d’orienter le gréement en tous sens en s'inspirant du joint de cardan présent en automobile. Ils créent également le wishbone, un double arceau permettant de tenir le gréement, et dont la forme rappelle l'os dont il est inspiré. Leur brevet d'invention est déposé à l'USPTO le Brevet US RE31167 E.

Jim Drake et Hoyle Schweitzer déposent alors la marque Windsurfer en s’assurant d’un brevet dans les pays ayant le plus de relations commerciales avec les États-Unis (n'ayant les moyens de déposer le brevet que dans deux pays en Europe, ils choisiront l'Angleterre et l'Allemagne, oubliant la France). Hoyle Schweitzer rachètera par la suite l’ensemble des droits à Jim Drake.

Développement En 1973, la société néerlandaise Ten Cate achète la licence Windsurfer pour l’Europe et importe les premières planches à voile. C'est la France qui deviendra cependant le pays où la planche à voile se développera le plus, dans un premier temps grâce à ses pionniers et promoteurs historiques (Patrick Carn, Charles Daher, Pierre-Yves Gires, Yves Loisance) et, dans leur sillage, grâce aux nombreux constructeurs qui s’inspirent de la planche originale Windsurfer sans avoir à en payer la licence.

L'invention du harnais, qui permet de maîtriser une voile plus grande, marque une transition entre l'ancienne pratique de celle de nos jours. 1977 voit l’arrivée de la Rocket Windsurfer, planche de saut plus courte, avec des attaches pour les pieds (footstrap), et un mât reculé. Le funboard, qui permet la navigation dans les vagues et le vent fort, est né.

Robby Naish devient le premier champion du monde de planche à voile à l'âge de treize ans.

La planche à voile devient sport olympique en 1984, à Los Angeles Boardsailing - An Olympic Class History, Bruce Kendall.

Certains ouvrages de référence (notamment l'encyclopédie pour écoliers Folio Junior / Gallimard) indiquent ou ont indiqué comme inventeur de la Planche à Voile un certain Martin d'Estraux , censé avoir inventé le "vélivole", une planche à voile à gréement sur cardan dès 1913...Il s'agit en fait d'un canular monté de toutes pièces par le journaliste Daniel Allisy de la revue nautique Voiles et Voiliers avec un tel luxe de précision et de détails techniques (costumes d'époque et photos façons autochromes ) que beaucoup de lecteurs ont cru à ce poisson d'avril d'autant plus facilement qu'il fut publié alors que la bataille juridique sur l'antériorité de l'invention faisait rage entre Bic Sport (le Baron Bich) et Windsurfer / Ten Cate (Hoyle Schweitzer).

thumb|Planche à voile au Japon Types de pratiques Aujourd'hui, il existe plusieurs types de pratiques, qui tiennent à la fois aux conditions de navigation et aux préférences du planchiste, et qui donnent lieu à un matériel adapté. Il existe le Funboard et la planche à dérive.

Régate en monotypie - Planches à dérives Anciennes catégories olympiques thumb|upright=0.35|Mistral One Design Class. La Windglider a été la première planche à voile utilisée aux Jeux olympiques, en 1984. La Lechner a été utilisée des Jeux olympiques de 1988 à Pusan à ceux de Barcelone en 1992. C'est une planche à dérive aux formes rondes, instable mais performante, issue de la jauge IYRU Division 2. La Mistral One Design est la pratique qui a été retenue pour la voile olympique de 1996 à 2004. La RS:X a été la planche présente aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, de Londres en 2012, de Rio de Janeiro en 2016 et de Tokyo en 2020.

Catégorie olympique actuelle L'iQFOiL est la planche à voile olympique à partir des Jeux olympiques de Paris 2024.

Bic Techno 293 "One Design" Cette catégorie monotypique s'adresse aux jeunes véliplanchistes ; elle est en outre une porte d'accès au RS:X, en pratique olympique. La planche est la même pour tous, la Bic Techno 293 OD de 205 L, avec multiples inserts de footsraps, ressemblant à une planche de RS:X. Les voiles vont de 6.8 à 7.8

Funboard PWA racing

Formula

Issue de la Race, discipline de régate sur funboard, la formula a été une tentative de supplanter la raceboard, tout en augmentant les chances de courir des régates dans des conditions de vent plus faible et en privilégiant le spectacle (les planches déjaugent).

Les flotteurs de formula sont dépourvus de dérive, ils sont larges (autour de ) et courts (moins de ). Les voiles de formula sont généralement de très grandes tailles (de à ). Les matériaux employés sont relativement onéreux et fragiles (mâts, wishbones et lattes de voile 100 % carbone, voiles en monofilm de faible grammage, etc.), mais très légers, pour favoriser les performances dans les vents faibles.

Slalom Pratique alliant la vitesse, l'habileté et la stratégie dans les manœuvres (jibe), le slalom se pratique sur un parcours en W appelé downwind (autour de bouées), plus simple que ceux des One Design ou des formula, n'intégrant ni gain au vent ni gain sous le vent. Elle requiert un vent plus fort (à partir de 15 nœuds) et fait appel à des flotteurs courts (moins de ) et large, ainsi qu'à des voiles puissantes. Le champion du monde en titre est le Français Pierre Mortefon qui a succédé à Antoine Albeau (FRA 192).

Longue distance Variante du slalom, basée sur des lignes droites plus longues et moins de jibe, comme son nom l'indique. La manifestation la plus connue est le Défi Wind de Gruissan (Aude), compétition ouverte à tous, professionnels et amateurs, pouvant regrouper 1400 participants (en 2017): le parcours consiste généralement en deux aller-retours jusqu’à Port-la-Nouvelle pour une distance totale de plus de 30 km.

Vitesse Assez peu courante car très exigeante en matériel et en conditions, la pratique de la vitesse s'est considérablement démocratisée avec la vulgarisation des récepteurs GPS. Ainsi chacun peut aisément mesurer sa vitesse n'importe où sans avoir besoin d'une infrastructure lourde et couteuse (capteurs optiques, chronomètres, etc). Il existe de nombreux challenges, aussi bien locaux qu’internationaux.

La vitesse est une discipline intéressante pour la recherche et développement ainsi que pour les records. Contrairement aux autres, elle est individuelle, le but étant de parcourir une distance donnée le plus vite possible. Historiquement, la distance de référence est de 500 mètres. C'est celle qui sert à établir les records de vitesse à la voile pour toutes les catégories (kitesurf, bateaux, etc), mais grâce au GPS on peut maintenant mesurer la vitesse de pointe, la moyenne sur 10 secondes, sur un mille nautique, etc. Les canaux, naturels ou artificiels, et dans une moindre mesure les bords de plages offshore (vent de terre), sont très recherchés car le plan d'eau doit être le plus plat possible et le clapot réduit au minimum.

Le matériel est spécifique : les planches sont très étroites (45 à 50 cm pour 2,40 m de long environ), les ailerons sont parfois asymétriques de même que les wishbones, les voiles sont généralement les mêmes que celles utilisées en slalom ou bien des prototypes.

Le record de vitesse en planche à voile est détenu depuis 2008 par Antoine Albeau. Son record actuel de 53,27 nœuds ( soit environ 99 km / h ) a été réalisé en 2015 à Luderitz, en Namibie, sur un canal façonné pour offrir les meilleures conditions possibles.

Zara Davis a établi le record féminin en planche à voile à 45,83 nœuds (), sur le même canal à la même période.

La planche à voile a été le support le plus rapide à la voile entre 1986 et 1993 (jusqu'au record de Yellow Pages Endeavour), puis de 2004 à 2008, avant que le kitesurf et le trimaran à foils l'Hydroptère ne se disputent le record validé par le World Sailing Speed Record Council. Celui-ci a été détenu entre 2010 et par le kitesurfeur américain Rob Douglas. Depuis le , le record est à Paul Larsen avec le Vestas Sailrocket 2.

Bump & Jump

Il s'agit de s'adapter à des plans d'eau très divers, et de s'y amuser en combinant vitesse, surfs, sauts de vagues, slalom... Ce type de course est aussi désigné par SuperX.

Freestyle Le freestyle, littéralement « style libre » (qui se pratique en mer ou en lac mais aussi en "indoor" à Bercy par exemple dans des bassins remplis d'eau et bordée d’énorme et puissant ventilateur qui simulent le vent), existe depuis l'invention de la planche à voile mais a connu un fort renouveau à l'approche des années 2000, transposant sur des plans d'eau calmes des figures empruntées à la navigation dans les vagues, mais aussi à d'autres sports de glisse.