vignette|Orchestre d'harmonie des Portes de l'Essonne lors d'un concert de gala (2023). Le répertoire de l'orchestre d'harmonie regroupe l'ensemble des œuvres composées ou transcrites pour cette formation musicale.

Le répertoire utilisé par les orchestres d'harmonie varie selon les habitudes, les pays, les choix réalisés par les éditeurs de musique nationaux, et le niveau des formations. Ce répertoire épouse tous les styles musicaux – traditionnels, jazz, variété, musique de film, musique contemporaine, emprunt ou transcription de pièces classiques, etc.

Par la suite, seule une liste non exhaustive de pièces phare d'essence anglo-saxonne essentiellement est proposée. Cette liste pourrait être généralisée par les répertoires utilisés en France., en Belgique., en Espagne., en Italie et en Allemagne notamment.

Histoire En France Pendant l'Ancien Régime, l'orchestre de vent n'existait pas à proprement dit et les instruments à vent étaient essentiellement utilisés dans la musique militaire, l'orchestre symphonique et la musique de chambre. L'orchestre d'harmonie nait avec la révolution française vers 1790 pour des besoins de puissance sonore afin de célèbrer des événements en plein air (avec des œuvres orchestrées comme La Marseillaise de Gossec.) ainsi que des cérémonies commémoratives et civiques, et il n'est pas militaire. Un premier répertoire est composé par des compositeurs du conservatoire de Paris fondé en 1793 par Bernard Sarrette : Luigi Cherubini, François-Joseph Gossec, Louis Emmanuel Jadin, Jean-François Lesueur... On dénombre 450 hymnes composés à cette période. Le premier orchestre fondé au Conservatoire est un orchestre d’harmonie formé de 115 exécutants (professeurs et élèves).

Parmi les œuvres remarquables, on citera : Offrandes à la liberté (1792) pour harmonie de François-Joseph Gossec, reprise d’une œuvre lyrique incluant Veillons au Salut de l’Empire (de Dalayrac), le refrain de la Marseillaise (de Rouget de Lisle) , La Carmagnole (air populaire) et le Ah ! ça ira (air populaire). Cette pièce lyrique est reprise plus de cent fois jusqu'en 1799 ; Ouverture en Fa Majeur (1793) d’Etienne-Nicolas Méhul. (1763-1817) avec une ouverture à la française , exploitant cuivres, cor et timbales ; l’Hymne au Panthéon (1794) de Luigi Cherubini.

À cette époque, l'orchestre peut embarquer des contrebasses à cordes par lacune d'instruments à vent graves qui naîtront plus tard avec la frénésie des inventions du (clarinette basse, saxophone baryton, euphonium, tuba basse, saxhorn...).

Avec le Premier Empire et les guerres napoléoniennes, le pouvoir fera composer progressivement et durablement une musique militaire pour l'orchestre d'harmonie à l'instar de celle des fanfares : La Marche du Premier Consul de Giovanni Paisiello avec des tambours militaires ; Marche de la Garde Consulaire à Marengo », attribuée à Guillardel, chef de musique des Grenadiers de la Garde des Consuls ; diverses marches tambour comme Rigaudon d’honneur, la Grenadière, la Carabinière ; quatre marches pour orchestre d’harmonie (1810) de Ferdinando Paër en l’honneur du mariage de Napoléon et de Marie-Louise ; Marche pour l’entrée de Louis XVIII à Paris (1814) de François-René Gebauer..

L'instrumentation de l'orchestre d'harmonie évolue avec la période romantique.

Dès la révolution française, on assiste en France à la création d’orchestres civils, calqués sur le modèle des orchestres militaires, par diverses associations religieuses, politiques ou culturelles et par des institutions paramilitaires, des écoles, des mines ou des usines. Ces créations étaient encouragées par les municipalités.

Après un duel mémorable le sur le Champ-de-Mars entre les Saxons et les Carafons (musique nouveau modèle qui adopte la réforme d'Adolphe Sax avec des saxhorns et des saxophones contre musique ancien modèle), les instruments de Sax sont adoptés par la réforme des orchestres militaires de 1845.. Un grand concert de musiques militaires est organisé sur l'hippodrome de l'Étoile en 1846.

Dans le reste de l'Europe L'essor de l’orchestre d'harmonie s'étend au reste de l'Europe au cours du et les compositeurs nationaux écriront des œuvres pour cette formation, notamment en Italie, en Allemagne, en Espagne...

En Autriche et en Allemagne À Vienne, un mouvement appelé Harmoniemusik apparaît vers 1770, pour l'accompagnement lors des bals, des redoutes et de la table, et emploie un instrumentarium de vents qui reste limité en nombre d'instrumentistes. Ce mouvement disparaît avec les effets des guerres napoléoniennes. Richard Wagner (1813-1883), ayant voyagé à Paris, composera diverses œuvres pour orchestre d'harmonie: Marche anniversaire pour Louis II de Bavière (1864, WWV 97)., Marche funèbre à la mémoire de Weber... Félix Mendelssohn (1809-1847) écrit également des ouvertures et une marche funèbre pour orchestre d'harmonie.

Au , Wilhelm Wieprecht (1802-1872), musicien puis directeur général des musiques des gardes à Berlin, a composé pour les diverses formations militaires existantes essentiellement basées sur le recours aux cuivres et organise des concerts de masse. En 1845, Wieprecht rédige une série d'articles destinés à encourager la normalisation de l'instrumentation. Il préconise des orchestres de vingt et une parties, doublées si nécessaire, pour obtenir un équilibre et une texture optimaux. Il regroupe ces parties en trois registres, eux-mêmes équilibrés en une "pyramide acoustique".

En Espagne En 1852, la Banda del Real Cuerpo de Guardias Alabarderos fixe à 42 le nombre de musiciens de son orchestre d'harmonie ; il joue de la musique militaire et participe également aux cérémonie de la maison royale d'Espagne. Elle poursuivra ses activités jusqu'en 1927. Parallèlement, un orchestre professionnel civil, la Banda Municipal de Música de Madrid, est créé à Madrid en 1909 qui influencera grandement la vie musicale madrilène et espagnole.

En Italie La tradition de l'orchestre d'harmonie italien a bénéficié de la faveur de nombreux noms parmi les plus célèbres de la musique italienne du , tels que Giuseppe Verdi, Amilcare Ponchielli, Pietro Mascagni et Davide Delle Cese, des auteurs qui ont été chefs d'orchestre et ont composé pour des orchestres.

Pour l'Italie, on citera comme ensemble reconnu parmi bien d'autres, le fondé en 1859, et la fondé en 1870. En 1894, la bibliothèque de cet orchestre municipal milanais contenait 1672 partitions, dont 814 danses, 337 marches, diverses, 121 symphonies et ouvertures et 69 pot-pourri..

L'orchestre d'harmonie a également joué un rôle important dans l'histoire de l'opéra, surtout à partir du , parfois présent sur scène (La pie voleuse) mais plus souvent employé comme second orchestre en coulisses, avec l'effet d'une musique de scène. À l'époque de Verdi, la pratique consistait à écrire les passages d'opéra pour orchestre sur deux portées, sans instrumentation. La distribution des parties était laissée à l'appréciation du chef d'orchestre.

Le mérite incontesté de la lente transformation des orchestres italiens revient à , directeur de l'orchestre municipal de Rome de 1885 à 1921, auteur d'un texte très important sur l'instrumentation et ingénieux innovateur de l'ensemble orchestral. En 1901, le maestro a procédé, à Rome, à une réforme qui a été accueillie favorablement à l'étranger et qui prévoyait une partition unique divisée en groupes : anches, cuivres légers, cuivres graves et percussions.

L'évolution des orchestres d'harmonie et des harmonies-fanfares a également été déterminée par les auteurs qui ont consacré leurs talents artistiques principalement à l'écriture pour ces formations, tels que , dont les compositions sont encore interprétées par de nombreuses fanfares italiennes ; , auteur de .

Entre autres compositeurs italiens, on notera , , , , , , , Gastone Lottieri, , , , , .

En Belgique Dans sa Nomenclature des Sociétés Musicales de Belgique (Anvers, 1851), Édouard Jacops mentionne 333 orchestres d’harmonie et 93 fanfares, fondés entre 1800 et 1850 en Belgique.

En Angleterre Absents au , de grands compositeurs anglais comme Gustav Holst (1874-1934), Ralph Vaughan Williams (1872-1958), Percy Aldridge Grainger (1882-1961) ont composé pour orchestre d'harmonie au début du ..

L'Angleterre et pays affiliés ont parallèlement développé une pratique populaire de Brass Band dit britannique très codifié (28 musiciens ; uniquement des cuivres coniques, sauf les trombones ; pas de cor).

Aux États-Unis John Philip Sousa a marqué l'histoire de la musique américaine avec son Sousa's Band créé en 1892 et ses compositions.

Aux États-Unis, les étudiants ont une pratique collective d'harmonie-fanfare lors de leur cursus scolaire du type high school. avec des parades ambulatoires en plein-air dans des stades qui limitent le répertoire exploitable (voir en anglais : ) ; cette pratique scolaire ne se retrouve pas en Europe.

Au Japon Il existe une tradition de l'orchestre d'harmonie au Japon qui possède un des rares orchestres d'harmonie professionnels non militaires, l'Orchestre harmonique Kosei de Tokyo. Certaines écoles au Japon possèdent également un orchestre d'harmonie.

Perspectives Au cours des , le répertoire joué par les orchestres d'harmonie s'est écarté de l'esprit des compositions d'origine d'une . Le répertoire joué s'est limité principalement à une musique militaire et au recours massif à des transcriptions, la plupart des chefs d'orchestre professionnels étant militaires (par exemple, création en Belgique de la musique de la Musique des Guides de la Garde impériale (1852), création à Paris d'une fanfare militaire (1848) transformée en orchestre d'harmonie dite Musique de la Garde de Paris (1856) puis renommée Musique de la Garde républicaine (1871)...).

Le kiosque à musique apparaît à partir du milieu du en musique classique et donne un lieu de concert assis aux musiciens pour les concerts en extérieur.

Dans le monde, des développements importants dans la manière de concevoir la composition musicale pour orchestre d'harmonie ont eu lieu au cours de la seconde moitié du , grâce à l'arrivée d'un nouveau répertoire édité par certains éditeurs hollandais et américains. En effet, la plupart des compositeurs contemporains de pièces originales pour orchestre d'harmonie sont originaires de ces deux pays, ainsi que de Belgique et Italie. Les principaux sont ou ont été , Johan de Meij, Jan Van der Roost, , Roland Kernen, , , Bert Appermont, Jacob de Haan, André Waignein, Thierry Deleruyelle, Otto M. Schwarz. La contribution de l'Espagne est également importante, car il existe une tradition très riche dans ce domaine. Ce pays compte également de nombreux compositeurs, dont l'un, de renommée mondiale, est le valencien Ferrer Ferran. En France, des compositeurs. comme Serge Lancen, Jérôme Naulais, Andy Emler, Alex Grillo, Marc Steckar pour en citer quelques-uns ont enrichi le répertoire avec des créations pour orchestres d’harmonie ou fanfares.

À partir du , une nouvelle génération de compositeurs crée des œuvres spécifiques, souvent stéréotypées (instrumentation de musique de film américaine), pour cette formation.

Œuvres originales Il s'agit d'une liste exhaustive des œuvres reconnues et acceptées, écrites spécifiquement pour l'orchestre d'harmonie (ou ensemble d'instruments à vent).

Œuvres de référence vignette|Symphonie funèbre et triomphale de Berlioz (1840).

Les œuvres suivantes sont quelques-unes des pierres angulaires les plus universellement respectées et établies du répertoire de l'orchestre d'harmonie. Toutes ont résisté à l'épreuve du temps pendant des décennies d'exécution régulière, et nombre d'entre elles, soit par une utilisation novatrice du médium, soit par la renommée de leur compositeur, ont contribué à faire de l'orchestre d'harmonie un ensemble légitime et sérieux se démarquant de son passé militaire.

(Fred J. Ricketts) Colonel Bogey March (1914) Samuel Barber Commando March (1943) Robert Russell Bennett