L'Église réformée de Pologne, officiellement l'Église évangélique réformée en république de Pologne, en polonais : Kościół Ewangelicko-Reformowany w RP est une église protestante calviniste historique en Pologne, établie au . Elle est membre de la Communion mondiale d'Églises réformées.
Structure et organisation vignette| Emplacements des huit congrégations. Selon l'Office central des statistiques de Pologne, l'Église réformée polonaise compte en 2015. La majorité des membres d'église sont situées dans le centre de la Pologne. En 2014, sur un nombre total de , 1800 vivaient dans la voïvodie de Łódź et 1000 dans la ville de Varsovie.
Il y a huit congrégations en Pologne
L'église réformée de Varsovie Łódź Zelow Belchatów Kleszczów Żychlin Strzelin Pstrążna (partie de la ville de Kudowa-Zdrój )
En outre, des congrégations émergentes existent dans d'autres villes, notamment Poznań, Wrocław et Gdańsk. En 2003, l'Église effectue la reconnaissance de ministère de la première femme pasteure, et deux autres étudiantes sont en formation. L'Église réformée polonaise est une église minoritaire en Pologne, où environ 90 % de la population est catholique.
Histoire
vignette|La réformateur Jan Łaski, organisateur de l’Église réformée de Pologne. À la Renaissance, les idées nouvelles de la Réforme protestante atteignent en Pologne. Le luthéranisme s’étend d'abord dans les couches intellectuelles des grandes villes, sensibles au mouvement humaniste. En 1525, le roi catholique Sigismond l'Ancien (1506-1548) reconnait comme vassal le prince luthérien Albert de Brandebourg-Ansbach, duc de Prusse. Bien que le roi s'opposent à la Réforme, les humanistes de l'union polono-lituanienne commencent à étudier les écrits du théologien suisse Ulrich Zwingli et du français Jean Calvin. Le groupe le plus célèbre et influent se rassemble à Cracovie, capitale du pays, autour de l'imprimeur et vendeur de livres Jan Trzecielski. Le premier service religieux calviniste a lieu en 1550 à Pińczów, une petite ville proche de Cracovie, où le noble local, converti à la foi réformée, ferme le monastère de la ville. D'autres nobles emboîtent le pas, et le premier synode calviniste de Petite-Pologne a lieu en 1564 à Słomniki, près de Cracovie, qui forme les Frères de la Petite-Pologne (Jednota Małopolska)
Entre-temps, dans le nord de la Pologne, une autre église calviniste se forme. Les Frères moraves, persécutés par l'empereur Ferdinand Habsbourg, trouvent refuge en Grande-Pologne (1548). Le nombre de leurs congrégations passe de 20 en 1555 à 64 en 1570. Leur centre principal était la ville de Leszno, protégés par la famille Leszczyński. Ainsi se forment les Frères de la Grande Pologne (Jednota Wielkopolska). Les Frères de la Grande Pologne et de la Petite Pologne signent en 1555 un accord d'Union. Mais les nobles réformés de la Petite Pologne jugent les Frères moraves trop hiérarchiques et antidémocratiques, et décident d'adopter une structure ecclésiale synodale, alors que les églises de la Grande Pologne adoptent une structure presbytérienne. vignette| Portrait de Nicolas Christophe Radziwill (1515-1565), dit "Le Noir". Dans le grand-duché de Lituanie - territoire qui comprend aujourd'hui la Lituanie, la Biélorussie et une partie de l'Ukraine - l'aristocrate Nicolas Christophe Radziwill (1515-1565), dit « le Noir », reçoit en 1552 un prédicateur réformé. Il est suivi par son cousin Nicolas Radziwiłł, dit « le Rouge ». Certaines des idées de la Réforme sont connues au palais de Sigismond II par le lituanien Abraomas Kulvietis, pédagogue impopulaire parmi la hiérarchie catholique en raison de ses croyances luthériennes. Lorsque la reine s'absente en 1542, Abraomas Kulvietis doit quitter le pays. Le premier synode a eu lieu en 1557. Deux ans plus tard, les Lituaniens signent un accord d'union avec les Frères de la Petite Pologne. Un grand nombre de convertis vient de la noblesse orthodoxe. Les Frères lituaniens Jednota Litewska sont ainsi formés.vignette| Religions dans la république des Deux Nations en 1573En 1556, le théologien polonais Jean de Lasco arrive d'Europe occidentale et organise l'Église réformée polonaise. Voyant que le nouveau roi Sigismond II Auguste accueille favorablement les idées nouvelles, il essaye d'écrire une confession commune aux trois églises calvinistes ainsi qu'aux luthériens. Mais il meurt en 1560, épuisé par le surmenage n'ayant réalisé que la consolidation des Frères de la Petite-Pologne. Peu après, en 1563, ces derniers sont affaiblis par le schisme des unitariens de la Petite Église polonaise. La même année, la deuxième confession helvétique est traduite en polonais et est adoptée par les frères lituaniens et de Petite-Pologne. Dans un hommage posthume à Jean de Lasco, les frères moraves, les deux églises calvinistes et luthériennes de Pologne conviennent en 1570 de la confession de Sandomir (Konfesja Sandomierska), traduction irénique de la deuxième confession helvétique. Ils forment ainsi en théorie une église protestante unie.
En 1573, une loi est adoptée en Pologne interdisant toute persécution fondée sur la religion, un édit de tolérance sans précédent dans l'Europe de l'époque. Les protestants forment alors plus de 65 % de membres de la chambre basse et à peu près la moitié de la chambre haute du Parlement. Les calvinistes ouvrent des écoles à Pińczów, Leszno, Cracovie, Vilnius, Kėdainiai et à Słuck, dans la Biélorussie actuelle. Ils impriment la première Bible complète en polonais, la Bible de Brest, commandée par Nicolas Radziwiłł "le noir" en 1563 à Brest-Litovsk. Dans certaines régions, le nombre de paroisses réformées dépasse le nombre de paroisses catholiques romaines, mais en proportion le mouvement ne dépasse jamais 20 % de la population totale et 45 % de la noblesse.
La réaction catholique ne tard pas, et en 1565 les jésuites de la Contre-Réforme sont invités par le clergé. Des émeutes religieuses ont lieu, qui font expulser les protestants des principales villes de Pologne (Cracovie, Poznań, Lublin) à l'exception notable de Wilno. La scission unitarienne affaibli l'église et, en 1595 l'Union calviniste-luthérienne s'effondre. Le nouveau roi, Sigismond III Vasa, résolument catholique, refuse de soutenir les protestants et à partir du début du l'église est en perte de vitesse. Les trois églises calvinistes perdent des églises et des fidèles. Ils obtiennent un bref répit sous le règne du roi Ladislas IV Vasa (1632-1648). S'ensuit la période des guerres civiles et des conflits avec l'empire suédois, le tsarat de Russie et l'empire ottoman, qui ravagent le pays pendant la seconde moitié du siècle.
À ce moment-là, il ne reste qu'une poignée de fidèles. Presque tous les aristocrates se sont convertis au catholicisme et le dernier protestant du Sénat meurt en 1668. La montée de l'intolérance commence en 1658, lorsque les unitariens sont expulsés du pays. En 1668, la conversion des catholiques au protestantisme est passible de la peine de mort. En 1717, la noblesse protestante est dépouillée de tous ses droits politiques, qui ne lui sont rétablis qu'en 1768. Bien qu'un petit nombre de huguenots, protestants français, se sont réfugiés en Pologne après la révocation de l'édit de Nantes en 1685, notamment à Gdańsk et à Varsovie, leur nombre diminue. En 1768, il n'y a plus que 40 temples réformés, contre 500 en 1591.
En 1768, sous la pression de la Russie orthodoxe et de la Prusse protestante, la Diète polonaise rétablit à contrecœur les droits politiques de la noblesse polonaise, tout en accordant une liberté de culte et de religion presque totale. Seule l'interdiction d'abjurer du catholicisme est maintenue. Sous le roi éclairé Stanislas II August Poniatowski (1764-1795), les réformés relève la tête. De nouveaux temples sont élevés, notamment à Poznań et Piaski. À Varsovie, dans la capitale, une nouvelle congrégation s'organise, la Paroisse évangélique réformée de Varsovie, qui érige une nouvelle église en 1776. Cette congrégation est composée de nobles polonais et de négociants d'origine écossaise, anglaise, suisse, française huguenote, hollandaise et allemande. Les cultes ont lieu en polonais, allemand et français.
En 1777, dans la congrégation de Sielec, en Petite-Pologne, une union est signée entre les réformés polonais et les luthériens, et l'Union de Sandomir est réaffirmée. Un consistoire commun est établi avec six membres, en nombre égal parmi les calvinistes et les luthériens, avec deux pasteurs, deux bourgeois et deux nobles. Cette union est dissoute en 1782, mais les protestants de Pologne continuent de croître et de s'étendre, en particulier à Varsovie, dont la congrégation éclipse les autres. Cette période d'optimisme est écourtée lors des trois partages de la Pologne par la Prusse, la Russie et l'Autriche en 1772, 1793 et 1795, qui font disparaître le pays pendant plus d'un siècle.
Les réformés polonais sans la Pologne (1795-1918) Les Frères de la Grande Pologne sont incorporés en 1817 à l'Église protestante de l'Union prussienne en tant que district séparé mais sans aucune autonomie, la province ecclésiastique de Posen. Entre 1829 et 1853, l'évêque Carl Andreas Wilhelm Freymark (1785–1855) dirige la province comme que surintendant général"Freymark, Karl", on: Baza osób polskich - polnische Personendatenbank, retrieved on 6 May 2012.. Sous la pression du gouvernement prussien, l'Église unie abandonne le polonais dans sa liturgie, et la plupart des anciens nobles calvinistes choisissent de se convertir au catholicisme plutôt que de devenir allemands. En Autriche, les paroisses réformées sont incorporées à l'Église protestante d'Augsbourg et de la Confession helvétique d'Autriche, en formant un séniorat distinct de ceux des luthériens.
Au , le nombre de paroisses réformées polonaises passe de quatre à une seule, à Cracovie. Les calvinistes y partageaient le temple avec les luthériens, et ceux-ci devinent si dominants qu'à partir de 1828, seuls les pasteurs luthériens sont appelés à la chaire.
Le calvinisme polonais est maintenu dans les terres prises par la Russie. La congrégation de Varsovie devient le navire amiral de la dénomination. Les Frères lituaniens conserve leur structure synodale et érigent une église monumentale à Vilnius au début du .
En 1803, des colons tchèques fondent une ville et une congrégation à Zelów. En 1829, sous la direction du surintendant Karol Diehl une nouvelle union administrative est signée avec les luthériens. La prédominance des luthériens, ainsi que l'échec de Insurrection de Novembre en 1830 conduisent le tsar Nicolas Ier de Russie à dissoudre l'Union en 1849. Les Frères de la Petite-Pologne sont dissous, ses six paroisses fusionnent en une seule à Sielec, placée sous la responsabilité du Consistoire réformé de Varsovie. Les Frères lituaniens évitent la dissolution, mais leurs écoles sont confisquées par l'État russe.
De nouvelles congrégations sont établies en 1852 à Lublin, Seirijai et Suwałki. Les Tchèques de Zelów émigrèrent vers d'autres parties de la Pologne et forment de nouvelles congrégations à Kuców (1852), Żyrardów (1852) et Łódź (1904). Malgré la répression russe après l'Insurrection de Janvier en 1863, dans lequel de nombreux nobles réformés sont impliqués, l'église reste polonaise intègre les nouveaux groupes d'immigrants. Dans les années 1880, elle ne compte que 5 pasteurs desservant 10 congrégations.
Au début du , un certain nombre de calvinistes polonais de Żyrardów, Kuców et Zelów émigrent aux États-Unis. En 1915, une paroisse presbytérienne polonaise est formée à Baltimore, dans le Maryland. Cette paroisse ferme en 1941.
Dans la Pologne indépendante (1918-1939)