Les émeutes consécutives à la mort de Nahel Merzouk sont des émeutes qui commencent le à Nanterre, à la suite de la mort de Nahel Merzouk, un adolescent de , tué à bout portant par balle par un policier dénommé Florian M., invoquant un refus d'obtempérer et la légitime défense — cette dernière est rapidement contestée par des vidéos et témoignages des passagers. Elles se propagent au reste de la France dans les jours qui suivent, ainsi qu'en Belgique et en Suisse.

Bien que plus courtes, ces émeutes et la répression sont plus intenses que celles de 2005 consécutives à la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, qui tentaient d'échapper à un contrôle de police.

Elles déclenchent de vifs débats en France aussi bien vis-à-vis de la légitimité des émeutes que de leurs causes, et sont couvertes médiatiquement à l'international, au prisme, selon les pays, des questions sécuritaires, culturelles, migratoires, raciales ou de violences policières dans la police française.

Le , la situation revient à la normale. Au total, le bilan est de arrêtées et 380 peines de prison ferme prononcées, ainsi que de deux morts. D'importantes dégradations, en particulier l'incendie de voitures et de bâtiments, sont également dénombrées, pour un montant estimé à d'euros environ.

Événement déclencheur

Le , vers , Nahel Merzouk, âgé de , franco-algérien, est tué par un policier aux abords de la place Nelson-Mandela, à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine.. Selon les autorités, le policier a tiré dans un contexte de légitime défense à la suite d'un refus d'obtempérer.... Cette version est contredite en grande partie par des vidéos de l'événement, mises en ligne sur les réseaux sociaux où elles sont devenues rapidement virales..

Le policier auteur du tir, Florian M., placé en garde à vue, est mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention provisoire le .. Il a fait partie de la compagnie de sécurisation et d'intervention 93., dont le préfet de police Didier Lallement avait annoncé la dissolution avant d'y renoncer : la compagnie était visée par 17 enquêtes judiciaires pour .. Il a également fait partie de la brigade de répression de l'action violente motorisée, pour les consignes reçues qu'il a rejointe peu après sa création, le .

Le procureur de la République de Nanterre, Pascal Prache, estime que les conditions de l'usage de l'arme n'étaient .. Par ailleurs, il détaille lors d'une conférence de presse le récit de cette course-poursuite. et indique que le jeune homme était . mais que son casier judiciaire était vierge, contrairement à ce qui avait été relaté préalablement. dans les médias.

Le , le troisième passager à bord du véhicule déclare que Nahel Merzouk a reçu plusieurs coups de crosse.. Selon ce témoin, le troisième coup aurait fait lâcher la pédale de frein au conducteur, ce qui aurait conduit la voiture à avancer, car la boîte de vitesses est automatique.. Cette version diffère de celle présentée par la police, où selon Laurent Nuñez, .

Chronologie Le rapport du Sénat identifie deux phases. : à partir du 27 juin 2023, une phase (sic) liée à la mort de Nahel Merzouk et accompagnées d'une (sic) à partir du 30 juin 2023 et du premier juillet, une (sic), pillages à l'échelle nationale

Juin 2023

Des émeutes et violences urbaines éclatent dans plusieurs quartiers de Nanterre et celui de la Plaine Gare, limitrophe de cette ville, le soir même de la mort de Nahel Merzouk... Les émeutiers tirent des feux d'artifice et des projectiles sur la police, incendient des voitures, des abribus, des poubelles, dégradent plusieurs bâtiments et allument un incendie dans une école de musique. Venu assurer son soutien aux manifestants, le député du Val-d'Oise Carlos Martens Bilongo (LFI) est pris à partie par un groupe, qui l'accuse de récupération politique, et frappé par un coup de mortier d'artifice.... Des feux sont également allumés le long des rails de la ligne A du RER. Vingt policiers sont légèrement blessésDix-huit CRS et deux agents de la BAC de Gennevilliers. et dix véhicules de police dégradés. Trente et une personnes sont interpelées.

Dans les Hauts-de-Seine, des incendies de voitures et poubelles ont lieu à Asnières-sur-Seine, Clichy, Colombes, Courbevoie, Gennevilliers, Villeneuve-la-Garenne, Rueil-Malmaison, Suresnes, Boulogne-Billancourt, Bourg-la-Reine, Clamart, Montrouge, Bagneux, Vanves et Malakoff. Les forces de l'ordre font usage de grenades lacrymogènes et de lanceurs de balles de défense (LBD).

Dans les Yvelines, à Meulan-en-Yvelines, la maison de quartier est incendiée et un incendie est allumé sur la façade arrière d'un supermarché. À Mantes-la-Jolie, la mairie annexe du Val Fourré est incendiée.

En Seine-Saint-Denis, des incidents se produisent notamment à Saint-Denis, Montfermeil et Clichy-sous-Bois. Les forces de l'ordre effectuent plus de de LBD.

Des événements similaires sont signalés à d'autres endroits en France, dont Bordeaux, Lille, Creil et Roubaix.

vignette|Citroën C2 incendiée, boulevard Louis-, à Lille.

En réponse aux violences urbaines, les autorités déploient et militaires de la gendarmerie pour faire face aux risques d'émeutes.. Cent-cinquante personnes ont été interpelées dans toute la France.. Selon une source policière dont fait état le journal Le Parisien, sont recensés sur la voie publique, ayant affecté et .. Vingt-sept attaques de locaux de la police nationale sont également rapportées (dont sept par incendie), quatre contre des casernes de la gendarmerie, quatorze contre des locaux de police municipale (dont dix incendies).. Huit mairies sont incendiées ou dégradées, six écoles et six bâtiments publics. Selon Gérald Darmanin 170 policiers et gendarmes ont été blessés et plus de ont été interpelées..

Dans les Hauts-de-Seine sont notés les événements suivants : nombreux affrontements et véhicules incendiés à Nanterre, commissariats attaqués à Suresnes, Bois-Colombes et à Gennevilliers, poste de police municipale attaqué à Meudon, incendie des chantiers de la médiathèque et d'un engin de chantier à Clichy, incendie d'une école à Puteaux, tramway incendié à Clamart, pillages à Colombes et mairies annexes attaquées à Meudon et Châtenay-Malabry.. sont placées en garde à vue.

En Seine-Saint-Denis, l'AFP fait état de multiples feux de voitures et magasins, de pillages, de commissariats attaqués, de mairies dégradées, d'une médiathèque incendiée.. Des supermarchés sont pillés.. Les mairies de L'Île-Saint-Denis, Garges-lès-Gonesse et Mons-en-Barœul sont partiellement ou totalement incendiées.

À Paris, des affrontements ont lieu dans les et et des feux sont allumés dans le .

Dans le Val-de-Marne, la prison de Fresnes subit des tirs de mortier d'artifice et des supermarchés sont pillés. Dans le Val-d'Oise, à Cergy-Pontoise, le cinéma UGC est visé et un incendie se déclare dans le hall d'entrée, cependant sans gravité.. À Viry-Châtillon dans l'Essonne, un bus est incendié en début de soirée, à proximité de la Grande Borne. À la suite de cela les réseaux de bus Keolis Meyer, TICE et Keolis Seine Essonne sont interrompus dès le soir du 28 juin et pour les journées suivantesFlorian Garcia, « Nuit d’émeutes en Essonne », Le Parisien, ..

À Toulouse, un important départ de feu et des affrontements dans le quartier de la Reynerie sont relevés. Treize personnes sont interpelées et vingt véhicules brûlés dans la nuit. À Laval, dans le quartier Saint-Nicolas, un McDonald's est incendié.. Des émeutes sont signalées à Amiens, Creil, Nogent-sur-Oise, Dijon, Lyon, Lille, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand, Strasbourg. En Normandie, les villes de Rouen, Le Havre et Évreux connaissent des dégradations..

Au Bourget, le directeur de la sécurité et de la prévention, Romain Piccinini, ouvre le feu à pour défendre le poste de police municipale.

vignette|Marche blanche pour Nahel organisée par sa famille le à Nanterre. vignette|Véhicules incendiés dans une concession Abarth à Brest. En marge de la marche blanche organisée pour rendre hommage à Nahel Merzouk, des heurts éclatent en fin d'après-midi à Nanterre. Le mémorial de la Déportation et de la Résistance est dégradé lorsque des émeutiers s'y groupent, proférant des insultes antisémites et taguant notamment ...

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin annonce le déploiement de et gendarmes. Le RAID, la BRI et le GIGN sont également engagés en réserve. Alors que sont interpelées dans la nuit, dont 408 à Paris et sa proche banlieue, subissent des dégradations, sont brûlés et de voie publique allumés.

Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et d'IdFM, annonce que les bus et tramways ne fonctionneront plus après dans l'ensemble de la région. Quelques heures plus tard, certaines communes comme Clamart et Meudon décident d'instaurer un couvre-feu de à du matin, et ce, jusqu'au 3 juillet. Dans la métropole de Lille, les bus et les tramways ne circulent plus après .

À Paris, des pillages surviennent rue de Rivoli : sont interpelées. De nombreux incidents sont également signalés dans l'agglomération d'Orléans. Dans le Nord, à Sous-le-Bois, des maisons habitées et la mairie sont incendiées. Une pharmacie est pillée puis incendiée. À Valenciennes, un bowling est entièrement brûlé.

Les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais prennent plusieurs mesures de sécurité : les rassemblements sont interdits, tout comme l'usage de feu d'artifice. De plus, un hélicoptère survole l'agglomération lilloise toute la nuit du au et le RAID est déployé dans la ville de Roubaix à la suite des émeutes survenues la veille. À Montpellier, Béziers et Nîmes, des feux de poubelles ainsi que quelques dégradations ont été constatées par les préfets de l'Hérault et du Gard, tandis que le rassemblement prévu en soirée à Montpellier est interdit par le Préfet. À Pau et ses environs, une médiathèque, un collège, un centre social (déjà attaqué et reconstruit l'année précédente) et un poste de police récemment inauguré sont caillassés et incendiés......

Contrairement aux émeutes de 2005, il est remarqué que des émeutes se propagent très rapidement à des villes moyennes, dont le cas emblématique est Montargis. La nuit dans cette ville connaît en effet au moins qui saccagent environ allant jusqu'à trois immeubles incendiés qui s'effondrent, les dégâts seraient comptés en millions d'euros.

À Vernon, plusieurs locaux d'associations dont ceux des Restos du Cœur sont incendiés. Dans l'Aisne, à Saint-Quentin, une dizaine de feux sont enregistrés dès 22h. Un magasin ainsi qu'une pharmacie sont incendiés plus tard dans la nuit. Plus tard, à Soissons, les pompiers interviennent également pour sept incendies, dont une crèche et le Centre communal d'action sociale. À Talence, dans l'agglomération de Bordeaux, le quartier de la Médoquine est le théâtre d'émeutes inattendues pour ce que Sud Ouest qualifie de : le bar-tabac, un magasin de téléphonie, un restaurant, une laverie, une pharmacie et le bâtiment d'une mutuelle sont attaqués et incendiés.

À Besançon, dans le quartier prioritaire de Planoise, le supermarché Euromarket est pillé et une agence bancaire du Crédit mutuel est incendiée.

Il est fait état d'un usage massif des messageries chiffrées comme WhatsApp et Telegram, alors que la fonction géolocalisation de certains réseaux sociaux comme Snapchat rend le regroupement des émeutiers plus aisé et plus rapide que lors des émeutes de 2005.

Vers du matin, la cabine d'une grue opérant sur le chantier de la place André-Abbal à Toulouse est incendiée. À la même heure, la mairie d'Achères est partiellement incendiée à la suite de tirs de mortiers d'artifice ayant détruit toutes les vitres du rez-de-chaussée.

Un train de fret est attaqué puis pillé par une dizaine d'émeutiers alors que celui-ci circulait à hauteur du quartier des Bars à Givors.