La bataille d'Aït Yahia Moussa ou bataille de Vougarfen, est un engagement armé de la guerre d'Algérie qui se déroule le dans la Zone 4 de la Wilaya 3 historique dans la région de Grande Kabylie en Algérie, Cette bataille oppose l'ALN à l'Armée française et s'achève sur une défaite de l'armée française.
Prélude Le , aurait dû avoir lieu une réunion de plusieurs responsables régionaux de L'ALN au domicile de la famille de Krim Belkacem au village de Tizra-Aissa, Aomar Oudni, dit Si Mouh Nachid, responsable de la zone 4 de la Wilaya 3 historique dit à propos de cette réunion : L'Armée française, mise au courant de cette réunion, déclencha l'opération « Kabylie 16 » et déploya un dispositif militaire composé de et une trentaine d'avions ayant pour but d'éliminer les troupes de l'ALN composé des quatre compagnies, celles du Djurdjura, de Maatkas, d'Aït Yahia Moussa et de Lakhdharia, ainsi qu'un commando de vingt-cinq hommes de la zone autonome de Tizi-Ouzou. Le ont lieu plusieurs signalements de troupes françaises dans le secteur d'Aït Yahia Moussa, l'ordre d'exfiltration est donné, les principaux chefs doivent être évacués en lieu sûr. Ainsi le Commandant Azzedine, le Colonel Amirouche et le Commandant Omar Oussedik ainsi que le Colonel M'Hamed Bougara et le Commandant Ahcène Mahiouz sont évacués par le Capitaine Si Mouh Nachid en direction de Bouira.
La bataille a lieu à Bougarfène à cinq kilomètres dans le versant est du chef-lieu communal de l'ex-Oued Ksari (Aït Yahia Moussa).
Composition des armées
Armée française Au sein des forces militaires engagées, le de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) dirigé par le colonel Ducasse, le bataillon de Bouira commandé par le colonel Pavillon, le de hussards, le de chasseurs alpins, 3 bataillons du d'infanterie de marine, un bataillon mixte de Draâ El Mizan, les et d'artillerie, le bataillon du d'infanterie, un bataillon du de chasseurs alpins, un bataillon du d'infanterie, un bataillon du GAP, et 4 détachements du d'artillerie de montagne sont présents. De plus, un commando doté d'équipes spécialisées des grottes complète cette composition.
Concernant l'appui aérien, on trouve des Pipers du GAD 27, des T6 du PCA, et des hélicoptères appartenant à la DM du GATAC d'Alger. En somme, environ sont placés sous l'autorité du général Faure et du Général Massu pour cette opération.
Armée de libération nationale La composition des forces de l'ALN comprend la compagnie de la zone 4 Nahia 2, dirigée par Si Moh Ouamar Mahmoudi, la compagnie de Maâtkas zone 3, sous le commandement de Si Moh Ou Hamou, la compagnie de la Wilaya IV, commandée par Si Belaïd, ainsi qu'une section du bataillon du Djurdjura, placée sous le commandement de l'adjudant Slimane Tadjer, L'ensemble de ces compagnies fut placé sous le commandement du Lieutenant Boulaouche Mohamed, dit Si Mouh Oulhadj qui avait notamment donné l’ordre à sa compagnie d’engager un combat au corps à corps afin d’éviter l’intervention de l’artillerie et de l’aviation.
Renforts : un groupe commando en provenance de la zone autonome de Tizi-Ouzou, composé de 25 hommes menés par le sous-Lieutenant Moh Djerdjer Mitiche, ainsi qu'un nombre important de combattants de la Nahia 2 de la zone 4 de la Wilaya III qui sont venus en renfort, soit au total de 625 hommes auxquels s'ajoute 100 Moussebline
Déroulement de la bataille La bataille commence le à environ trois heures du matin dans le village de Tizra-Aissa. Le premier bombardement aérien a lieu à 10 heures lors duquel une dizaine d'avions T6 larguèrent des bidons de Napalm et des roquettes. Lors de la bataille les parachutistes du de parachutistes d'infanterie de marine commandé par le Colonel Ducasse eurent pour objectif la prise de la crête de Tighilt Amokrane qui était occupé par des combattants de l'ALN solidement positionnés avec 4 fusils mitrailleurs, l'attaque fut un échec, les parachutistes eurent 22 hommes (ou 21 morts) et 32 blessés dont le Capitaine Grazziani et le lieutenant Jean ChassinRobert Gaget dans son livre la "Saga des paras" (p.439-440) raconte aussi le récit de la mort du capitaine Graziani sous un autre angle sans pour autant être en contradiction avec les témoignages algériens.. La bataille continua toute la journée avant de se finir au matin du après la retraite de l'armée française. L'armée de libération algérienne perd 282 de ses combattants à cela s'ajoutent la perte de 109 civils (la stèle commémorative de la bataille indique cependant 394 moudjahidines tombés au champ d'honneur) tandis que l'armée française perd durant la bataille environ 400 morts dont deux officiers, le capitaine Jean Graziani tué dans les environs 15 heures et le lieutenant Jean Chassin. Au delà du nombre de morts, la défaite de l'armée française se caractérise par son échec d'éliminer les différents chefs régionaux de l'ALN qui était pourtant son objectif principal et pour lequel elle avait déployé un imposant dispositif militaire.
L'après-bataille À la suite de cette bataille, les hommes de l'ALN se retirèrent afin de ne pas poursuivre l'affrontement pour le lendemain et pour déplacer les blessés en lieux sûrs pour pouvoir les soigner. Connaissant la région, les hommes de l'ALN de la zone III de la Wilaya 3 guidèrent ceux de la wilaya IV dans leur retraite. La bataille laissa un grand choc au sein des soldats français, un appelé musulman dit à son retour au cantonnement :
Le général Jacques Massu parle également de la mort du capitaine Graziani dans son livre le Torrent et la Digue :
Bibliographie
Notes et références
Catégorie:Bataille de la guerre d'Algérie Catégorie:1959 en Algérie Catégorie:Histoire de la Kabylie