vignette|redresse=1|Tableau de Gustave Courbet de 1866, L'Origine du monde vignette|redresse=0.6|Georgia O'Keeffe, Blue and Green Music (1921)
Le vagin et la vulve sont représentés depuis la Préhistoire. Les organes génitaux féminins se retrouvent dans des œuvres bidimensionnelles (en peinture) et tridimensionnelles (en statuettes). Il y a déjà , on sculptait des femmes dont les courbes de l'abdomen, des hanches, des seins, des cuisses ou de la vulve étaient exagérées. Il existe depuis longtemps des traditions folkloriques, telles que le vagina loquens (« vagin parlant ») et le vagina dentata (« vagin denté »).
Dans l'art occidental, autant le pénis est représenté depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, autant la vulve est généralement dissimulée par l'artiste (par un voile, une main, une mèche de cheveux…). Autant l'appareil génital masculin est représenté de manière très réaliste, dans les sculptures par exemple, autant le sexe féminin, lorsqu'il est dévoilé, est irréaliste, ne présentant aucune fente.
En 1866, Gustave Courbet peint L'Origine du monde représentant une femme nue écartant les jambes. Lorsqu'elle fut postée sur Facebook cent cinquante ans plus tard, cette œuvre fut à l'origine d'une controverse autour de la censure. Les artistes contemporains font encore aujourd'hui face à des réactions hostiles lorsqu'ils représentent des appareils génitaux féminins. Megumi Igarashi, par exemple, fut arrêtée pour avoir commercialisé une représentation en trois dimensions de sa vulve. Les œuvres produites après la deuxième vague féministe (vers 1965) vont d'installations monumentales dans lesquelles le public pouvait entrer (Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely) à des petites pièces d'art textile qui tiennent dans la main. Certaines d'entre elles étaient explicitement féministes : Judy Chicago créa The Dinner Party afin de rendre hommage à trente-neuf femmes de l'Histoire et de la mythologie, pour beaucoup oubliées. D'autres artistes nient faire référence à l'appareil génital féminin malgré ce qu'en disent les critiques. Alors que les peintures de Georgia O'Keeffe ont été interprétées par certaines artistes féministes modernes comme des représentations stylisées de la vulve, O'Keeffe elle-même a constamment nié cette interprétation de ses peintures.
En 2021, des professionnels du milieu médical ont prouvé que les connaissances sur l'appareil génital féminin restent limitées, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Des recherches modernes, comme Femalia, 101 Vagina et The Great Wall of Vagina ont pour but de combattre cette ignorance en fournissant des représentations de vulves diverses et visuellement différentes.
Outre les arts visuels, d'autres formes d'expression créative ont permis de normaliser les discussions autour de la sexualité féminine. La dramaturge Eve Ensler a écrit Les Monologues du vagin, une pièce populaire discutant de plusieurs aspects de la sexualité des femmes.
Aspects culturels Le vagin a été perçu de différentes façons au fil de l'histoire ; on l'a notamment considéré comme étant la source du désir sexuel, une métaphore de la vie à travers l'accouchement, inférieur au pénis, visuellement rebutant, fondamentalement malodorant, ou encore vulgaire. Le vagin a plusieurs noms connus, comme l'archaïsme (devenu aujourd'hui une insulte) con, des euphémismes, de l'argot (chatte), et des noms péjoratifs. Certaines cultures voient la vulve comme quelque chose de honteux qui devrait être dissimulé. Le terme latin pudendum, utilisé en anglais pour décrire l'appareil génital externe, peut être traduit littéralement par « chose honteuse ».
Parfois, le vagin est représenté de manière positive, comme symbole de sexualité féminine, de spiritualité, de vie ou comme « un symbole puissant de féminité, d'ouverture, d'acceptation, de réceptivité… l'esprit de la vallée intérieure ». Le symbole hindouiste du yoni s'est popularisé à travers le monde, ce qui est une preuve de la valeur attribuée à la sexualité féminine et de la capacité de la femme à donner vie dans la société hindoue. La vulve était célébrée, voire vénérée, dans d'autres cultures anciennes, comme dans les religions du Proche-Orient ancien et les œuvres paléolithiques européennes étudiées par l'archéologue Marija Gimbutas. Dans certaines croyances néopaïennes, le vagin est parfois inclus dans l'« adoration de la Déesse ».
Histoire
Préhistoire
Art contemporain
alt=Annette Messager devant un mur avec de nombreux dessins d'utérus|vignette|Annette Messager à son exposition en 2018
C'est particulièrement dans l'art contemporain que les vulves sont représentées, notamment dans le cadre des mouvements féministes. En autoportrait, quelques artistes, dont Jenny Saville, se sont représentées nues en exposant leur vulve.
En 1965, l'artiste japonaise Shigeko Kubota (du mouvement Fluxus) réalise la performance féministe Vagina Painting dans laquelle elle utilise de la peinture rouge grâce à un pinceau accroché à sa culotte ou à son vagin..
Annette Messager a créé plusieurs œuvres autour du vagin et de l'utérus.
Plusieurs artistes ont également investigué le sujet des règles.
Références
Voir aussi
Articles connexes Vagina Museum (musée à Londres) Vaginamuseum (musée virtuel)
Catégorie:Arts visuels