vignette|L'écusson de la de fusiliers motorisés : on y repère en haut la mention Sevastopolskaïa (« de Sébastopol »), en bas le ruban rouge et blanc de l'ordre du Drapeau rouge, tandis que l'encadrement orange et noir (couleurs de l'ordre de Saint-Georges, référence à saint Georges le patron de la Russie) renvoient à la Garde. Un titre honorifique désigne une mention distinctive rajoutée à la suite du nom d'une unité militaire des forces armées soviétiques puis russes, faisant référence à la participation de cette unité (ou de celle dont elle est l'héritière) à une bataille, un siège ou une opération portant ce nom, ou à un personnage historique, et/ou à un ordre honorifique.
Cette pratique est née dans l'Armée rouge durant la guerre civile, puis s'est développée lors de la Seconde Guerre mondiale quand une unité se comportait remarquablement bien au combat, méritant ainsi une citation. L'équivalent britannique et indien est le , celui français est l'honneur de bataille figurant sur le drapeau.
Références impériales Dans l'Armée impériale russe, comme dans les autres armées européennes de l'époque moderne, de nombreux régiments portaient le nom d'un lieu lié à leur formation, ou le patronyme de leur colonel. Ainsi, les régiments de la Garde impériale Préobrajenski et Semionovski portent tous les deux des noms de lieux se trouvant huit verstes à l'est du Kremlin de Moscou (Preobrajenskoïe et ). Ces deux noms ont été de nouveau attribués en à deux régiments russes : le séparé du commandement Préobrajenski (). et le séparé de fusiliers Semionovski ()..
Le doit son nom à garnison à Alexandrie (Александрийск, renommée ensuite Александрия, Aleksandria, aujourd'hui la ville ukrainienne d'Oleksandria), puis on lui rajoute à partir de 1907 le nom d'Alexandra Feodorovna, qui fut grande-duchesse puis impératrice ; le nom Alexsandriskaïa a été redonné en 2018 à la de fusiliers motorisés de la Garde., qui est casernée près de Samara. (où le était de 1910 à 1914).
Un grand nombre d'unités soviétiques puis russes ont été décorées d'un ordre honorifique, leur donnant le droit de le rajouter à leur nom. Quatre de ces ordres font allusion à la période monarchique, malgré leur rétablissement en 1942-1943 (Staline n'a pas hésité à s'appuyer sur le nationalisme russe pour repousser l'invasion allemande) : l'ordre d'Alexandre Nevski renvoie à l'ordre de Saint-Alexandre Nevski (fondé en 1725) et surtout au prince de Novgorod Alexandre Nevski vainqueur des Suédois à la bataille de la Neva (1240) et des chevaliers teutoniques lors de la bataille du lac Peïpous (1242) ; l'ordre de Bogdan Khmelnitski évoque l'hetman des Cosaques Bogdan Khmelnitski, qui lança le soulèvement de l'Ukraine contre les Polonais (1648-1657), puis fit alliance avec la Russie (1654) ; l'ordre de Souvorov fait référence au maréchal Alexandre Souvorov, vainqueur des Polonais à la bataille de Praga (1794) et surtout des Français aux batailles de Cassano, de la Trebbia et de Novi (1799) ; et l'ordre de Koutouzov a comme référent le maréchal Mikhaïl Koutouzov, qui a été battu par les Français à Austerlitz (1805) et Borodino (1812), mais les a ensuite repoussé d'Europe orientale (1812-1813).
Références soviétiques vignette|Insigne d'une unité russe de la Garde, sans la mention CCCP (URSS) dessus. En , est institué un nouveau titre honorifique, celui d'unité de la Garde (, gvardeïskaïa) pour récompenser quatre divisions soviétiques qui avaient obtenu un succès local en reprenant Ielnia aux Allemands. Ce titre « de la Garde » a été largement distribué à des bataillons, des régiments, des brigades, des divisions, des corps et même des armées durant la Seconde Guerre mondiale. Ces mentions furent conservées pendant la guerre froide et même après la dislocation de l'URSS, jusqu'en 2016 pour les forces armées ukrainiennes (oukase de Porochenko du )., et existent encore dans les forces biélorusses et russes.
À partir de 1943, chaque victoire est commémorée par des salves de canons à Moscou et par le rajout du nom de la ville, du cours d'eau ou du relief évoquant l'opération au nom des unités qui s'y sont illustrées. Ainsi, plus de 100 unités soviétiques ont reçu la mention «Берлинская» (Berlinskaïa) après la bataille de Berlin et 79 celui «Будапештская» (Budapechtskaïa) pour l'offensive de Budapest. En , la victoire de Stalingrad (opération Saturne) a notamment comme conséquence l'attribution du titre «Тацинский» (Tatsinski, référence au raid de Tatsinskaïa) au de la Garde, «Котельниковский» (Kotelnikovski, de Kotelnikovo) au , «Кантемировский» (Kantemirovski, de Kantemirovka, dans l'oblast de Voronej) au et «Зимовниковский» (Zimovnikovski, de Zimovniki, dans l'oblast de Rostov) au Décret du commissaire du peuple à la Défense du .. Un autre exemple se situe pendant la reconquête du Donbass en : la de fusiliers ayant repris la ville de Tchistiakovo (renommée Торез en 1964 en hommage à Maurice Thorez, elle devient Tchystiakove en 2016 dans le cadre de la décommunisation, bien qu'elle est sous contrôle de la RP de Donetsk depuis 2014), elle reçoit le titre de «Чистяковская» (Tchistyakovskaïa).
Plusieurs unités ont reçu successivement deux titres de victoire ; quand une unité mérite une troisième mention, c'est un ordre honorifique qui est octroyé. Exemple avec la de fusiliers motorisés, qui a hérité des titres du de chars : Vislenskaïa pour la traversée de la Vistule, le Drapeau rouge pour la capture de Breslau, Souvorov pour Hindenburg et Koutouzov pour Ratibor. À ceux de l'ancien régime se rajoutèrent ceux strictement soviétiques que sont : l'ordre du Drapeau rouge, remontant à 1918 en évoquant le drapeau rouge des mouvements communistes ; l'ordre du Drapeau rouge du Travail, établi en 1920, qui, bien qu'un ordre civil, fut octroyé en 1925 à la de fusiliers pour avoir aidé aux travaux agricoles ; l'ordre de Lénine, institué en 1930 en mémoire de Vladimir Lénine ; l'ordre de l'Étoile rouge, lui aussi datant de 1930, symbole du communisme ; l'ordre de la Guerre patriotique, fondé en 1942, la Guerre patriotique étant le nom russe de la guerre de 1812-1813 et la Grande Guerre patriotique étant celle de 1941-1945 ; l'ordre de la révolution d'Octobre, créé en 1957 pour le de la révolution russe de novembre 1917 ; et l'ordre de Joukov, mis en place en 1994 (il n'est décerné aux unités que depuis 2013) en référence au maréchal Gueorgui Joukov, surnommé le « maréchal de la Victoire » pour avoir dirigé les principales offensives soviétiques.
Enfin, pendant la guerre froide, quelques unités reçoivent le nom de personnages importants.
Nouvelles attributions En 1992, lors de la formation des forces armées russes, tous les titres de la période soviétique sont maintenus. À l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, leur importance est réaffirméeOukase présidentiel du .. En 2001, la des forces spéciales reçoit le titre d'unité de la Garde pour sa participation à la seconde guerre de Tchétchénie. Le , ce sont les . et d'assaut aéroporté. qui deviennent de la Garde. Le , la d'infanterie de marine obtient aussi ce titre, après sa participation à l'annexion de la Crimée en 2014 et à l'intervention russe en Syrie en 2015..
En 2018, Vladimir Poutine a signé deux oukases présidentiels attribuant des mentions honorifiques à des unités russes, faisant référence à la Seconde Guerre mondiale, mais presque tous dans des pays qui ont été occupés par les forces soviétiques et/ou alliés de 1945 à 1991. Alors que la Russie réarme, tient un discours nationaliste, est en conflit avec plusieurs États et a envahi la Crimée ainsi que la majorité du Donbass, ces mesures symboliques déclenchent des réactions dans une partie des médias des autres pays d'Europe orientale et centrale., ainsi que sur Radio Free Europa..
Le , le d'aviation de chasse de la Garde (des Su-35 basés à Dzyomgi près de Komsomolsk-sur-l'Amour, de la ) a reçu le nom honorifique de « Таллинский » Tallinnskaïa (de Tallinn, en Estonie), et le d'aviation de bombardement (des Su-34 basés à Khourba à Komsomolsk-sur-l'Amour) est devenu « Млавским » Mlavskim (de Mława, en Pologne dans la voïvodie de Mazovie).
Le , Poutine a attribué des noms honorifiques à onze autres unités, . : d'artillerie de la Garde Varszawski, « de Varsovie » (la capitale polonaise, « libérée » en ) ; de missiles antiaériens Verkhnedniprovski, « du Dniepr supérieur » (en Ukraine, référence à la bataille du Dniepr en 1944) ; de chars de la Garde Vitebsko-Novgorodskaïa, « de Vitebsk et de Novgorod » (la première en Biélorussie, allusion à l'opération Bagration de l'été 1944) ; de chars de la Garde Nejinski, « de Nejine » (Nijyn en Ukraine, reprise en 1944) ; de chars de la Garde Lvovski, « de Lvov » (Lviv en Ukraine, référence à l'offensive Lvov-Sandomir en ) ; de fusiliers motorisés Slonimsko-Pomeranski, « de Slonim et de Poméranie » (la première en Biélorussie, tandis que la Poméranie orientale est en Pologne, allusions à l'opération Bagration en 1944 et à l'offensive de Poméranie orientale de 1945) ; de chars de la Garde Jitomirsko-Berlinski, « de Jitomir et de Berlin » (Jytomyr en Ukraine, reprise en , la seconde l'enjeu de la bataille de Berlin en ) ; d'artillerie automotrice Transilvanski, « de Transylvanie » (en Roumanie, une référence au front roumain de 1944, mais aussi à son occupation de 1944 à 1958) ; de fusiliers motorisés Idritsko-Berlinskaïa, « d'Idritsa et de Berlin » (la première dans l'oblast de Pskov, la seconde une autre évocation de la bataille de 1945) ; d'artillerie automotrice de la Garde Kobrinski, « de Kobrine » (Kobryn en Biélorussie, polonaise avant 1939, reprise en lors de l'opération Bagration) ; de fusiliers motorisés de la Garde Ielninskaïa, « d'Ielnia » (lieu de la première victoire, locale, des Soviétiques sur les Allemands en ).
L'invasion de l'Ukraine par la Russie entraîne de nouvelles nominations. Le , la d'infanterie de marine (pour leur combat près d'Hostomel) et la de défense côtière (pour leur raid jusqu'à Voznessensk) reçoivent le titre d'unité de la Garde. Le , la de fusiliers motorisés, qui est mise en cause pour le massacre de Boutcha, reçoit le titre de la Garde . (c'est la formule habituelle de l'oukase). Le , c'est le tour de la des forces spéciales et de la d'aviation de l'armée (des hélicoptères, de la base de Kamensk-Ouralski, aérienne) d'obtenir le titre d'unités de la Garde.. Le , c'est la de missiles antiaériens (celle qui a abattu le vol MH17 en 2014) qui devient de la Garde ; le , la de fusiliers motorisés. ; le , la de fusiliers motorisés..
Quelques exemples Un grand nombre d'unités russes cumulant chacun plusieurs titres honorifiques, leur nom complet est le plus souvent un peu long. Par exemples : la combinée de la Garde et de l'ordre de Lénine ; la de fusiliers motorisés de la Garde Tamanskaïa (« de Taman ») des ordres de la révolution d'Octobre, du Drapeau rouge et de Souvorov, nommée d'après M. I. Kalinine ; la séparée de chars de la Garde Tatsinski (« de Tatsinskaïa », hérité du de la Garde), ordre du Drapeau rouge et de Souvorov ; le de chars de la Garde Orenbourgski kazaki (« des cosaques d'Orenbourg »), des ordres du Drapeau rouge, de Joukov, de Souvorov, de Koutouzov et d'Alexandre Nevski.
Notes et références
Articles connexes Ville héros Armée rouge Phaléristique Nostalgie de l'Union soviétique Histoire militaire de l'Union soviétique Titres honorifiques, ordres, décorations et médailles de l'Union soviétique Décorations et médailles du ministère de la Défense de la fédération de Russie
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