Louis Philippe Maine est un soldat français, né le à Mussidan (Dordogne), et mort le à Douzillac dans le même département.
Biographie vignette|gauche|Le caporal Maine. L'authenticité de ces portraits est disputée.
Famille Louis Philippe Maine est fils de Joseph Ména, d’origine andalouse, qui changea de nom pour s'appeler « Maine » exerçant le métier de bottier et de Thérèse Félix, française (dont le père est un ancien capitaine de l’Armée napoléonienne) née en Espagne, exerçant la profession d’hôtelière.
Engagement Le , à la mort de son père, il s'engage pour deux ans au de zouaves à Alger. Déçu, il quitte le service pour se faire bottier, métier que lui a appris son père. Très vite il décide que seul le métier des armes peut lui donner l’aventure. Le , il s'engage à nouveau, intégrant le de chasseurs à pied qui s'apprête à être déployé en Crimée.
Campagne de Crimée Il participe aux combats de la campagne de Crimée, son unité prenant part à la plupart des actions d'envergure. Blessé, se faisant remarquer par son attitude exemplaire au combat, il est fait chevalier de la Légion d'honneur à l'issue de la prise du Mamelon vert et de la tour Malakoff. Cette décoration, alors réservée aux officiers, est exceptionnelle, Philippe Maine étant alors sergent-chef.
Campagne d'Italie En Italie, il est adjudant et sert toujours dans les rangs du de chasseurs à pied. Il est décoré après Magenta de la médaille de la valeur militaire italienne. À l'issue de cette campagne, il est affecté à nouveau en Algérie où, recherchant plus d'action, il rejoint pour plus de quatre ans le d'infanterie légère d'Afrique. Il rend ses galons d'adjudant en pour s'engager comme simple soldat à la Légion étrangère lorsqu'il apprend que le régiment étranger est désigné pour participer à la campagne du Mexique.
Campagne du Mexique Philippe Maine participe à la bataille de Camerone le , en tant que caporal. Un des rares rescapés de ce combat, il est nommé sergent, puis sous-lieutenant dès le mois de septembre. Il combat encore quatre années au Mexique, qu'il quitte en 1867, y participant encore à une quinzaine d'autres combats. Lorsqu'il quitte le Mexique, le régiment étranger passe de huit à trois bataillons. La Légion le reverse dans l'infanterie, une affectation dans une garnison paisible jusqu'en .
Garnison en Cochinchine Il s'engage alors dans les troupes de marine, au d'infanterie de marine, conservant son grade de lieutenant. Il s'embarque avec cette unité pour la Cochinchine. Il est rapatrié en métropole pour des raisons sanitaires en 1870.
Guerre franco-allemande de 1870 vignette|gauche|Le capitaine Maine, seul à porter une coiffe, et ses officiers, compagnie de francs-tireurs de Rochefort. Une des rares photos de Maine dont l'authenticité est prouvée. Bien qu'encore convalescent, Maine participe ensuite à la campagne de 1870 avec son régiment. Il prend alors part à la bataille de Bazeilles. Il aurait combattu dans la « Maison de la dernière cartouche », bien que ce fait soit contesté, notamment par le lieutenant-colonel Sallat, historien des armées.
Participant à la bataille de Sedan, il y est fait prisonnier par les Prussiens le . Il s’évade le 18 en se faisant passer pour un laitier, gagne Bruxelles et rejoint la France. À Rochefort, il intègre une troupe de francs-tireurs et y organise une compagnie de volontaires qu’il conduit au feu. Lorsque ces corps francs sont dissous, il se voit attribuer le commandement du de gardes mobiles de Charente-Inférieure, au grade de lieutenant-colonel.
Troisième République La « Commission parlementaire chargée de réviser les grades accordés dans l'armée par le Gouvernement de la défense nationale »Hervé de Gaudemar et David Mongoin, Les grandes conclusions de la jurisprudence administrative, : 1831-1940, chapitre 9 : « Conclusions (contraires) Perret sur CE 15 novembre 1872 Carrey de Brellemare », , LGDJ, 2015, . se tenant en 1872 ne retient pas son dernier avancement. Elle lui impose les galons de capitaine. Il est muté dans un bataillon de tirailleurs sénégalais jusqu’en puis revient au avant d’être mis en non activité pour infirmités temporaires, le .
Retraite Héros du siège de Sébastopol, du combat de Camerone et de la bataille de Bazeilles, s'étant illustré lors des faits d'armes les plus marquants de la Légion étrangère et des troupes de marine sous le Second Empire, il est accueilli en héros dans son village natal, Mussidan. Il meurt dans son lit à Douzillac, en Dordogne le . Lors de la cérémonie funéraire, une balle tirée lors de la salve en son honneur traverse par mégarde son cercueil. Un de ses amis prononcera son éloge funèbre et y fait allusion, commençant son discours par « Honneur à toi, brave Maine. Jusqu'au dernier instant, ton corps aura été menacé ».
Hommages Chaque année, le , date anniversaire de la bataille de Camerone, un hommage lui est rendu au cimetière de Douzillac où il est inhumé, par des légionnaires résidant en DordogneNicolas Caminel, « Le caporal Louis Maine honoré par ses pairs de la Légion », Sud Ouest édition Périgueux, 4 mai 2017, ..
La de l'École militaire interarmes (1993-1995) le choisit comme parrain sous le nom de baptême « Capitaine Maine ».
Références
Sources Képi blanc et Division histoire et patrimoine de la Légion étrangère Extrait signalétique et des services du Service historique de la défense Esprit défense, revue du Ministère des armées, , printemps 2023,
Bibliographie
Guy Penaud, Philippe Maine (1830-1893), l'étonnante saga du Périgourdin héros de Camerone, éditions Ifie, 2016, épuisé.
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