L'histoire des Juifs à Gunzenhausen commence dès le Moyen Âge. Les Juifs subissent les massacres dus au pogrom de Rintfleisch et ceux du temps de la peste noire. Si du au est une période de prospérité pour la communauté juive et de bonne entente avec la population chrétienne, la période de l'après Première Guerre mondiale verra une montée de l'antisémitisme qui conduira après l'arrivée d'Hitler au pouvoir à la disparition de la communauté et l'extermination de ses membres.

Gunzenhausen est une ville allemande située en Bavière, dans l'arrondissement de Weißenburg-Gunzenhausen. Située à 50 km au sud-ouest de Nuremberg, elle compte actuellement un peu moins de .

Histoire des Juifs à Gunzenhausen La période du Moyen Âge Les Juifs vivent à Gunzenhausen dès le Moyen Âge. La ville est mentionnée en relation avec les persécutions dites du pogrom de Rintfleisch en 1298, au cours desquelles les habitants juifs ont probablement été assassinés ou expulsés. Dans les années 1340, des résidents juifs de la ville sont mentionnés par leur nom tels que Jud Lewe Gunzenhauser (de Gunzenhausen) à Nuremberg en 1343 ou Jud Mosse Gunzenhauser en 1344, qui vit à Baldern. Pendant les persécutions lors de la peste noire de 1348-1349, les Juifs de la ville ont été une nouvelle fois soit assassinés, soit expulsés.

Ce n'est qu'en 1374-1375, alors que la ville appartient temporairement aux burgraves de Nuremberg, que des résidents juifs sont à nouveau mentionnés dans la ville. En 1384, un Juif de Gunzenhausen est mentionné à Rothenburg ob der Tauber, en 1403 un à Vienne, et deux autres à Nuremberg en 1416 et 1452. Les commerçants juifs vivent principalement du commerce de l'argent et en partie du commerce du bétail. En 1460 un ophtalmologue juif est mentionné. Deux imprimeurs de textes hébraïques, Joseph ben Jacob et son fils Asriel, avec l'ajout Gunzenhauser à leur nom travaillent à Naples entre 1487 et 1492. Il est aussi mentionné que pendant de nombreuses années, le rabbin Eisik Stein s'occupe, avant 1495, d'une yeshiva à Gunzenhausen, où était principalement étudié le livre SeMaG (Sefer haMitzvot haGadol - le Grand Livre des Commandements) de Moïse ben Jakob de Coucy. Comme preuve de l'importance de la communauté, c'est ici qu'en 1481, les cinq rabbins les plus connus du Reich allemand se réunissent pour discuter du paiement de la rançon des Juifs de Ratisbonne qui ont été faits prisonniers.

Le premier cimetière juif de Gunzenhausen est d'une importance suprarégionale, puisqu'à partir de 1473, tous les Juifs décédés de la principauté de Brandebourg-Ansbach y sont enterrés. Bien qu'aucune preuve écrite n'évoque à l'époque l'existence d'une synagogue, qui n'est mentionnée qu'un siècle plus tard, on peut raisonnablement penser qu'elle existe déjà, située certainement dans le quartier juif historique autour de la Auergasse, la Brunnenstrasse, la Waagstrasse et le Hafnermarkt: Werner Mühlhäußer: Jüdisches Leben in Gunzenhausen.

En 1488 et de nouveau en 1539, ou selon d'autres sources en 1560, les Juifs sont expulsés de la ville selon les ordres généraux du margraviat de Brandebourg-Ansbach.

La communauté juive du À partir de 1593, les juifs peuvent à nouveau s'installer dans la ville, et on mentionne 2 résidents juifs. Au début du , on compte neuf familles juives dans la ville, dont les chefs de famille sont: Maier I Judt, Nathan Judt, Maier II Judt, Jesse Gottseelig, Ascher Judt, Heim Jüdin l'ancien, Joel Judt, Hess Judt. Pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648), presque tous les Juifs quittent la ville, ou sont victimes de maladies ou des événements de la guerre. En 1631 on signale des Juifs de Gunzenhausen à Ansbach. Ils ne reviennent à Gunzenhausen qu'après la fin de la guerre et leur nombre va croitre assez rapidement avec l'arrivée de réfugiés polonais fuyant les cosaques de Khmelnitski et après 1670 de quelques familles venues de Vienne. Gunzenhausen devient l'une des communautés juives les plus importantes du margraviat de Brandebourg-Ansbach et la communauté principale du rabbinat d'Ansbach. Jusqu'au milieu du , Gunzenhausen a son propre rabbin, qui occupe également le poste de grand-rabbin margravial jusqu'en 1693, après quoi il travaillera comme rabbin local et de district au sein du grand-rabbinat d'Ansbach.

En 1712, Gunzenhausen est l'une des huit communautés juives les plus prospères du margraviat et certains commerçants acquièrent même une importance économique nationale en tant que fournisseur de cour du margraviat, marchands de biens ou fournisseurs de l'armée. Certains négociants participent à la Foire de Leipzig et sont impliqués dans le commerce à longue distance. Cette prospérité et la croissance constante de la population juive rendent nécessaire la construction d'une nouvelle synagogue en 1718. La salle de prière d'environ était située dans un bâtiment au toit en pente, et n'offrait de la place que pour et dans un espace séparé pour quelques femmes.

Le margrave Charles-Guillaume-Frédéric de Brandebourg-Ansbach (1712-1757) séjourne souvent à Gunzenhausen et donne ainsi à la ville un caractère résidentiel prestigieux En 1748, il prend sous sa protection directe le Juif Barnoss Samson Salomon par « faveur spéciale en raison de son érudition scientifique et d'une excellente connaissance des qualités nécessaires des chevaux », comme il est indiqué dans un document officiel. En même temps, le prince lui décerne le titre de Hof-Rabbi (rabbin de cour).

Vers la fin du , le rabbin de Gunzenhausen est responsable de l'un des six districts de rabbinat alors nouvellement divisés dans la principauté. Outre Gunzenhausen, il est également responsable de Dittenheim, Heidenheim, Markt Berolzheim et Treuchtlingen. Altenmuhr, Weimersheim et Cronheim ont été ajoutés plus tard. Le dernier rabbin de district et local est Abraham Böheim, qui a également fondé à Gunzenhausen une école de Talmud Torah. Au , le nombre de familles juives à Gunzenhausen, passe de 28 en 1714 à 55 en 1755, et au , la population juive de la ville va croitre avant de se stabiliser: en 1809-1810, on compte sur une population totale de , soit 10,4 %; en 1837, pour environ, soit près de 10,4 %; une diminution inexpliquée en 1867 avec pour , soit 5,2 %; en 1880: 260 pour soit 6,9 %; en 1890: pour soit 7,5 %; en 1900: 284 pour soit 6,3 % et en 1910 pour soit 5,5 %.

Dans le royaume de Bavière, l'édit juif de 1813 engendre une intervention de l'État dans l'autonomie religieuse, mais est extrêmement libéral dans le domaine économique. Les Juifs ont dorénavant accès aux établissements d'enseignement supérieur et à des professions jusque-là refusées aux Juifs. Il oblige aussi les Juifs à adopter des noms de famille civils et introduit le registre juif. Le registre de Gunzenhausen fournit des détails complets sur la composition professionnelle et de nombreuses informations généalogiques. Sur les répertoriés, près de 10 % sont de riches marchands qui, en plus des domaines traditionnels, font également le commerce de l'or, des obligations et d'autres titres. 60 à 70 % gagnent leur vie en achetant et en vendant toutes sortes de marchandises: bétail, chevaux, plumes, tabac, tissus, etc. et environ 20 % sont des commerçants à faible revenu. L'édit d'émancipation de 1861, permet finalement aux Juifs de choisir librement leur profession et leur lieu de résidence.

La connexion de Gunzenhausen au réseau ferroviaire bavarois favorise la croissance économique et le succès à partir de ce moment, d'un grand nombre d'entreprises juives comme par exemple les banques Gerst, Rosenfelder et Frank, l'usine de machines Bing, l'usine de poterie Seeberger ou le moulin d'art Wertheimer. Le grossiste en fromages Neumann est actif dans toute l'Allemagne et le grossiste en vins Dottenheimer fait de la publicité avec la référence Gunzenhausen près de Wurtzbourg afin d'indiquer une proximité avec les régions viticoles de Basse-Franconie.

La famille Bing, citoyenne de Gunzenhausen depuis les années 1850, exploite également un commerce de gros de mercerie et de produits manufacturés. Ignaz Bing et son frère Adolf s'installent finalement à Nuremberg, où ils fondent une usine de métallurgie et de peinture, où ils emploient plus de et exportent vers l'Europe et l'Amérique. Incidemment, Ignaz Bing, naturaliste amateur, découvre la Binghöhle (grotte de Bing) en Suisse franconienne, qui porte son nom et est visitée de nos jours par de nombreux touristes. Pendant ses séjours à Gunzenhausen, il écrit des poèmes dont une salutation des chanteurs primée pour l'association Liederkranz. Encarts publicitaires pour des entreprises juives de Gunzenhausen

Les relations entre Juifs et chrétiens au sont selon toute apparence, déterminées par une coexistence naturelle. Le peut être considéré comme l'apogée de la communauté religieuse juive locale avec une augmentation continue du nombre de ses membres, mais le mouvement d'émigration vers l'Amérique va également se faire sentir à Gunzenhausen, comme dans de nombreuses autres communautés franconiennes.

À partir des années 1850, environ de Gunzenhausen vont émigrer. Malgré l'émigration vers l'Amérique et le déplacement vers les grandes villes bavaroises, la population juive de Gunzenhausen atteint son apogée de à la fin du . thumb|200px|right|Synagogue de Gunzenhausen

La communauté fait construire en 1875 un cimetière séparé dans le Burgstallwald. Depuis la dissolution du premier cimetière médiéval de la Nürnberger Straße, il y a plus de , les défunts devaient être enterrés à Bechhofen, ville distante d'environ . En 1883 est inaugurée la nouvelle synagogue, l'une des synagogues les plus belles et les plus modernes de Franconie.

Au cours de la Première Guerre mondiale, la communauté juive perd 6 de ses membres au front, dont le médecin Dr. David Rueck. Leurs noms figurent sur le mémorial de Gunzenhausen pour les morts des deux guerres mondiales sur la Hindenburgplatz.

Les rabbins de Gunzenhausen La liste ci-dessous mentionne les rabbins dont on peut trouver traces dans les archives de la ville et autres documents d'époque. D'autres rabbins, nommés dans le Cronheim Memorbuch auraient exercé à Gunzenhausen, mais ni leur date d'entrée en fonction, ni la durée de leur mandat ne nous est actuellement connue. Schlomoh ben Todros Josef (rabbin de Gunzenhausen avant 1659) Schmuel David ben Ja'akow Grunam (rabbin de Gunzenhausen de 1659 à 1675) Jirmijahu ben Jehuda Lejb Gump (de 1680 à 1693): est nommé après 1693 rabbin à Schnaittach, puis grand-rabbin au rabbinat de district de Wurtzbourg avec son siège à Aub. Il meurt en 1702 à Neuf-Brisach. Joseph Eisl bar Moschel (après 1693 jusqu'à 1698). Il décède en 1704 et est enterré à Bechhofen: Bechhofen/Mittelfranken - Gründung: Ende 16. Jahrhundert – Fläche: 16510 qm; site: Landesverband der Israelitischer Kultusgemeinden in Bayern. Akiva Baer ben Joseph (de 1698 à 1724): vient de Vienne, d'où il a été expulsé en 1670; décède en 1724 et est inhumé à Bechhofen. Jakob ben Schmuel Steinhardt: rabbin de district de Gunzenhausen et des communes environnantes pendant 42 ans. Mordechai ben Eliezer haLevi, connu aussi sous les noms de Mordechai Segal et de Marx Lazarus (avant 1796 jusqu'à 1813). Samuel Idlinger (début du ). Abraham ben haChawer Jehuda Boeheim connu sous le nom d'Abraham Böhm (1814-1845): d’abord administrateur rabbinique, puis employé de façon permanente; a dirigé une école Talmud Torah renommée, où ont été élèves entre autres les futurs rabbins Aron Bär Grünbaum: Rabbiner der jüdischen Gemeinede Ansbach; site: Synagoge Ansbach (d'Ansbach), Lazarus Elieser Bergmann (de Jérusalem) et David Weiskopf: Nick Landau: Familie Hirsch Weißkopf (de Wallerstein).

La communauté juive dans l'entre-deux-guerres