vignette|335x335px|Siège de l'Assemblée, place Kirov, Irkoutsk. La politique dans l'oblast d'Irkoutsk a lieu dans le cadre de la constitution de la fédération de Russie, dont l'oblast d'Irkoutsk est un sujet fédéral. En tant que sujet fédéral, elle possède sa propre constitution, et l'oblast est représenté au niveau fédéral par 2 sièges au Conseil de la fédération.

La plus grande partie du pouvoir exécutif est exercée par le gouvernement de l'oblast, dirigé par le gouverneur de l'oblast d'Irkoutsk, le chef du gouvernement dans un système multipartite. Le pouvoir législatif est lui exercé par l'Assemblée législative de l'oblast d'Irkoutsk, qui possède 45 députés renouvelés tous les cinq ans. Le gouverneur et l'Assemblée sont élus au suffrage universel. Le système judiciaire est indépendant des deux premiers, et est représenté par le tribunal de l'oblast d'Irkoutsk, plus haute instance du sujet. vignette|Tribunal régional. Son histoire politique longue, ancrée dans une opposition forte face à Moscou, lui vaut souvent d'être nommé le« territoire de la contestation » en Russie. Ses électeurs ne se mobilisent peu lors des élections, mais lorsqu'ils le font, ils montrent leur avis de manière claire. Tradition contestataire

Présentation L'oblast d'Irkoutsk fait figure d'exception avec quelques rares régions de Russie où le multipartisme a été relativement préservé, où les différents types de fraudes électorales ne sont que mineures, avec une tradition démocratique ancrée, et où les scores de Russie n'atteignent pas les 80 voire 90 %. De par ses intrigues, la politique de l'oblast fait souvent la une des journaux fédéraux. Pour certains analystes politiques russes, l'oblast est . Ses différences avec les autres sujets sibériens s'illustrent aussi souvent.

Malgré sa différence avec le reste du pays, l'oblast ne peut être qualifié d'anomalie politique, car ses tendances s'expliquent par son histoire, sa culture et son environnement. L'oblast a souvent été progressiste, et des innovations et technologies ont été implémentées. Et contrairement à de nombreuses régions sibériennes, l'oblast est assez urbain, avec une vingtaine de villes sur un territoire moyen pour les standards sibériens. Les villes sont anciennes, il n'y a que peu de villes qui ont émergé pendant l'ère soviétique, alors que beaucoup le sont dans cette zone de Russie. Magadan n'a été fondé qu'en 1929 par exemple, et Komsomolsk-sur-l'Amour en 1932.

Origines : Des décabristes aux Armées blanches Après l'insurrection décabriste, de très nombreuses figures comme Sergueï Volkonski furent exilées en Sibérie, passant par Irkoutsk. Le , les premiers décabristes furent accueillis avec les honneurs par les habitants de la ville, montrant le côté d'opposition de la ville. La ville devint ensuite le centre de la noblesse exilée, lorsqu'ils avaient purgé leur peine. Ils contribuèrent aux esprits d'intelligence, de savoir et de tolérance qui reste encore imprégné dans la ville. vignette|Maria Volkonsaïa.

En 1847, la maison qui a accueille Sergueï Volkonski devint le centre culturel d'Irkoutsk, tandis que son épouse Maria Volkonskaïa qui s'était installé dans la ville en 1845 participa à de nombreux évènements publics dont culturels. D'après les mémoires de Nikolaï Belogolovy:

Au milieu du , le gouverneur général de la Sibérie orientale, Nikolaï Mouraviov-Amourski était contre l'ouverture d'une université à Irkoutsk. Pour lui, la ville était un , propos écrits dans une note adressée au tsar Alexandre II. Irkoutsk fut aussi une ville d'opposition importante après la révolution russe de 1917. La ville fut la seconde ville avec le plus de morts lors de la prise de pouvoir des Bolcheviks lors des , seulement devancée par .

Position lors du putsch de Moscou

Le , un jour avant que Gorbatchev et un groupe de dirigeants des républiques ne signent le nouveau traité d'union, un groupe nommé le Comité d'État sur l'état d'urgence pris le pouvoir à Moscou, alors que Gorbatchev était en vacances en Crimée. Les informations arrivèrent après 11 heures, heure d'Irkoutsk, soit lorsqu'il était 6 heures à Moscou.

Dès les premières informations, le comité exécutif de l'oblast d'Irkoutsk décida de se réunir, dirigé par . Il était impossible de réunir le Conseil régional des députés du peuple aussi vite, car étant composé de 250 députés. Cinquante députés purent cependant se réunir, et le comité exécutif de la ville se réunit aussi, afin se d'accorder sur une position commune.

Dans la journée, l'édition région du journal du Komsomol publia une déclaration des branches de plusieurs partis locaux (pas le PCUS) s'opposant au Comité d'État sur l'état d'urgence. Dans la soirée, Iouri Nojikov et Viktor Ignatenko, président par intérim du comité exécutif de l'oblast d'Irkoutsk, publièrent une déclaration commune s'opposant au comité, en ne reconnaissant pas la destitution de Gorbatchev et en exprimant leur soutien pour Boris Eltsine. Ils allèrent à l'encontre du Comité, qui leur avait envoyé des messages pour demander une unité approprié dans la région.

Les branches régionales du PCUS et du KGB restèrent elles neutres, n'appliquant pas les directives du Comité de les soutenir. Pendant les trois jours du coup, aucune position ou ne serait-ce communiqué ne fut publié par ces entités. Viktor Spirine, après avoir regardé la conférence de presse des membres du Comité d'État pour l'état d'urgence, a écrit sur son calendrier de travail avec un crayon : .

Toujours dans la soirée, Nojikov signa un oukase adressé au président du comité de la télévision et de la radio exigeant qu'il passe immédiatement à l'antenne. Il craignait que la décision soit controversial, en déclarant pour se justifier, . Il fit couper les principales chaînes pour le laisser s'exprimer, en lisant les décrets de Boris Eltsine contre le putsch, puisqu'aucune autre personne que lui ne voulait le faire. Le matin du , une activiste, Tatiana Kozitsina lu les décrets de Eltsine plusieurs fois pendant une heure afin d'informer à la télévision régionale, en disant .

Dans l'après-midi du , pour suivre les autres villes, il fut décidé d'organiser un rassemblement à 18 heures près du Palais des Sports à Irkoutsk. Pour ce faire, les appels à manifester furent transmis à la radio, tandis que des affiches des décrets de Boris Eltsine étaient en cours. À 18 heures, 15 000 participants furent réunis, plus grande manifestation de l'histoire de la ville. Lors du rassemblement, le président du comité exécutif de la ville (le maire) Boris Govorine s'exprima fermement contre le Comité, et en faveur de Eltsine et Gorbatchev.

Lors du discours, des rumeurs circulaient selon lesquelles l'armée du district militaire de Transbaïkalie pourrait être envoyé réprimer la résistance. En conséquence, les appels à agir activement étaient nombreux, afin de potentiellement devancer l'Armée. L'annonce d'une possible grève générale a été faite. En parallèle, dans la maison des Soviets (siège du parlement de l'oblast), une petite réunion eut lieu, sans que de réelle décision soit prise.

Dans la matinée, les informations de la nuit à Moscou de l', où trois manifestations furent écrasées par un tank, arrivèrent. Dans l'après-midi du (heure locale)Il était encore tôt à Moscou, le rangement de l'Armée du côté des manifestants ne s'était pas encore fait, il y eut dans la maison des soviets une discussion sur la manière d'entrer dans les garnisons des forces armées et d'influencer le personnel militaire pour qu'ils n'exécutent pas des ordres dangereux.

Dans la soirée, heure d'Irkoutsk, les informations comme quoi le Comité d'Urgence perdait du terrain commencèrent à arriver. Juste avant que ces informations n'arrivent, une manifestation eu lieu devant la maison des Soviets toujours pour s'opposer au putsch. Lorsque les informations arrivèrent, de nombreuses personnes se précipitèrent devant les télévisions ou près du président du comité exécutif régional (à ce moment-là, il était possible de rentrer dans le parlement sans aucun contrôle et d'aller dans n'importe quelle salle).

Le soir, le premier concert de Boris Grebenchtchikov se tenait à l'Université Polytechnique d'Irkoutsk. Nojikov invita ses partisans au concert pour fêter la victoire du camp de Boris Eltsine. Il déclara avant de s'y rendre , puis il se rendit au concert où il déclara sur la scène , puis laissa sa place au chanteur.

La situation à Irkoutsk fut favorisé par l'accroissement du pouvoir des régions face au pouvoir central, que Iouri Nojikov utilisa pour soutenir Eltsine et Gorbatchev. Les changements économiques qui apparaissent avec les réformes étaient impopulaires, et favorisèrent la mobilisation dans l'oblast, du pouvoir régional et aussi de la population.

Période post-soviétique

Iouri Nojikov Son premier gouverneur, , membre du parti d'opposition , est connu pour s'être opposé frontalement à Boris Eltsine. En , pendant la préparation du . Le , il proposa d'ajouter un protocole additionnel qui atténue légèrement l'inégalité de statut des républiques autonomes et des autres sujets en matière de législation, de propriété de l'État, de principes du système budgétaire, etc. Aucun autre gouverneur ne le soutint, mais en signant le traité, il ajouta la ligne « En tenant compte du protocole » pour faire appliquer ses idées. En septembre de la même année, il refusa de se conformer au décret présidentiel exigeant le transfert d'au moins 49% des actions des sociétés par actions créées sur la base d'entreprises énergétiques soviétiques au fonds statutaire du Système énergétique uni de Russie. Il mena l'affaire jusqu'à la Cour constitutionnelle de la fédération de Russie, et remporta l'affaire, permettant que l'oblast d'Irkoutsk continue de détenir Irkutskenergo à hauteur de 60 %L'entreprise est finalement privatisée en 2011 par la fédération de Russie..

Le , Boris Eltsine signa un décret pour le démettre de ses fonctions et démettre , gouverneur de l'oblast de Novossibirsk. Le même jour, 10 000 habitants d'Irkoutsk virent manifester pour soutenir leur gouverneur, et le même jour, le parlement de l'oblast déclara que la décision du président de la fédération de Russie était illégal. Trois jours plus tard, Boris Eltsine retira le décret, et s'excusa personnellement envers les deux gouverneurs.

Le , l'oblast d'Irkoutsk devint l'un des premiers sujets russes, où, grâce à son gouverneur, des élections directes pour toutes les collectivités ont eu lieu. Ce jour-là, tous les maires des villes et chefs des raïons, et les députés des doumas des villes et raïons furent élus.

Opposition écologique vignette|Usines de pâtes à papier de Baïkalsk. Alors que l'Union soviétique commence le glasnost et la perestroïka, la première manifestation non réprimée de masse de l'histoire de l'Union soviétique eut lieu le . Ce jour-là, plus de 5000 personnes sont descendues dans les rues d'Irkoutsk, contre la construction d'un pipeline pour déverser les effluents industriels de l'Usine de pâtes à papier de Baïkalsk dans la rivière Irkout. Dès l'été, des scientifiques avaient exprimé leur opposition aux travers de réunion. Un institut avait même complètement refusé de concevoir les plans pour la construction du projet. Cette manifestation marqua l'oblast, et fit naître le .

Le , à nouveau plus de 5000 personnes se sont rassemblées pour défendre le lac Baïkal contre le projet de Transneft de l'oléoduc Sibérie orientale - océan Pacifique longeant le lac Baïkal. Parmi les participants il y avait Viktor Krouglov, alors président du parlement de l'oblast. Le , le gouverneur est venu à la troisième manifestation, cas exceptionnel en Russie, surtout que ce dernier était membre de Russie unie.