Victor-Marie Picot est un graveur d'interprétation, éditeur et marchand d'estampes français né le à Monthières, hameau rattaché à Bouttencourt (Somme), actif de 1766 à 1790 à Londres où il fut membre de la Society of Artists of Great Britain, mort le à Amiens. Par son mariage avec Marie-Angélique Ravenet, il est le gendre du graveur londonien Simon François Ravenet et le neveu par alliance du graveur abbevillois Pierre Filloeul.

Biographie Naissance à Monthières thumb|left|170px|Abbaye Notre-Dame de Séry À l'encontre d'une naissance à Abbeville en 1744 la plus fréquemment proposée, depuis Michael Huber et Michael Huber et Carl Christian Heinrich Rost, Manuel des curieux et des amateurs de l'art contenant une notice abrégée des principaux graveurs et un catalogue raisonné de leurs meilleurs ouvrages depuis le commencement de la gravure jusqu'à nos jours, chez Orell, Fusli et Compagnie, Zurich, 1804, . jusqu'au Dictionnaire Bénézit Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.1à, ., Philippe Tillier établit à partir des archives de la manufacture de draps Van Robais que Victor-Marie Picot naît en 1745 du mariage de Jacques-François et Élisabeth Picot à Monthières, hameau rattaché à Bouttencourt où, avec son frère aîné André Picot, Jacques-François dirige le « moulin à foulon » spécialisé dans le feutrage du drap. Le décret de fermeture de celui-ci, obtenu par la puissante famille Van Robais de l'Inspection des manufactures d'Amiens, contraindra la famille à la cessation de l'activité et à un retour à Abbeville en 1746, après le baptême de Victor-Marie en l'abbaye Notre-Dame de Séry de Bouttencourt Philippe Tillier, « Victor-Marie Picot », Les graveurs d'Abbeville, Société d'émulation d'Abbeville : F. Paillart, éditeur, 2022, ..

Enfance à Abbeville Son enfance se déroule dans le quartier Saint-Paul d'Abbeville et, vers 1758, en compagnie de ses exacts contemporains abbevillois François Dequevauviller (1745-1817), Jean-Marie Delattre (1745-1840), François-Rolland Elluin (1745 - vers 1810) et François Hubert (1744-1809), il reçoit ses premières leçons de dessin et de gravure de Philippe-Augustin Lefebvre (1713-?) : . Si l'œuvre peint et gravé de l'artiste a aujourd'hui totalement disparu, ajoute l'historien, on retient son mérite . On connaît les « maillons parisiens » - tous d'origine abbevilloise - de cette chaîne, les noms de Dequevauviller et Delattre étant associés à Jean Daullé (1705-1763), ceux d'Elluin et d'Hubert à Jacques Firmin Beauvarlet (1731-1797) Philippe Tillier, « Philippe-Augustin Lefebvre », « François Hubert », « François-Rolland Elluin » et « François Dequevauviller », Les graveurs d'Abbeville, op.cit., ..

Londres, 1766-1790 thumb|left|160px|Simon François Ravenet thumb|left|160px|John Boydell Si l'on ignore pour sa part quel y aurait été son maître, on estime de la sorte probable que Picot ait effectué un apprentissage de graveur à Paris entre 1760 et 1766, année où il part pour Londres - les encouragements en ce sens de Robert Strange, ancien élève de Jacques-Philippe Le Bas, sont l'hypothèse d' Èmile Delignières, Recherches sur les graveurs d'Abbeville, Typographie de E. Plon, Nourrit et Cie, Paris, 1886, . - où il est accueilli par Simon François Ravenet, lequel a pour collaboratrice sa fille Marie-Angélique , « Marie-Angélique Picot née Ravenet », Concise dictionary of women artists, Fitzroy Dearborn, 1997.. Dès 1768, pour le prestigieux recueil A collection of prints, engraved after the most capital paintings in England qui sera édité par John Boydell avec dédicace au roi George III l'année suivanteRoyal Academy of Arts, A collection of prints engraved after the most capital paintings in England, description]</ref>, il grave , Nourrice et nourrisson d'après une Vierge à l'enfant de Bartolomeo Schedoni.

thumb|180px|St Pancras Old Church, Londres Victor-Marie se fiance à Marie-Angélique Ravenet le 17 janvier 1768 pour l'épouser le 17 janvier 1769 en la St Pancras Old Church et pour s'installer avec elle dans un atelier-boutique de . En la même année 1769, le cercle de Simon François Ravenet s'élargit à un autre graveur abbevillois déjà nommé, Jean-Marie Delattre Émile Delignières, Un graveur de 95 ans - Delattre (Jean-Marie) d'Abbeville, Plon-Nourrit, Paris, 1902., ancien condisciple et ami de Victor-Marie. En 1771, les deux abbevillois gravent ensemble sur cuivre d'après Hubert-François Gravelot, proche ami de William Hogarth, les planches hors texte et les vignettes de deux volumes signés Bebescourt, Les mystères du christianisme approfondis radicalement et reconnus physiquement vrais, Caillet, n°893 : Bebescourt, Les mystères du christianisme approfondis radicalement et reconnus physiquement vrais, imprimé par J. G. Galadin et G. Baker, se vend chez P. Elmsly, 2 volumes, 2 planches hors texte et 2 vignettes par Picot et Delattre d'après Gravelot, Londres, 1771. Notice reprise sous n°108 dans : Piasa, Livres anciens et modernes - Ouvrages provenant de la bibliothèque de Stanislas de Gaita, Paris, 7 novembre 2014.. En 1772, deux estampes, La Piscine de Bethesda (la guérison miraculeuse du paralytique) co-gravée par Simon François Ravenet et Victor-Marie Picot, et, lui faisant pendant, Le Bon Samaritain co-gravée par Simon François Ravenet et Jean-Marie Delattre, toutes deux d'après William Hogarth et éditées par John Boydell, confirment une étroite collaboration , Reminiscences of Henry Angelo with memories of his late father and friends, 2 volumes, Londres, 1828-1830 : intéressante évocation de Victor-Marie Picot et Jean-Marie Delattre, vol.2, . à laquelle toutefois le mariage de Delattre en 1773 semble mettre un terme.

thumb|120px|Francesco Bartolozzi C'est plus exactement 1772 que Philippe Tillier perçoit comme une puisqu'y apparaissent . Une gravure de 1773 mêlant l'eau-forte et le burin, Nymphes au bain où les figures sont gravées par Bartolozzi d'après Giovanni Battista Cipriani et les paysages par Picot (qui devient alors également éditeur) d'après John James Barralet, est la marque notable de cette collaboration.

En 1779, c'est un autre ancien ami abbevillois, le graveur Charles-Eugène Duponchel (1748-1796), filleul d'Eugène-Honoré Picot, oncle probable de Victor-Marie, qui est à son tour accueilli par lui à Londres, sans toutefois intégrer le cercle Ravenet.

Le British Museum restitue de 1771 à 1788 plusieurs adresses au nom de Victor-Marie Picot à Londres, entre St Martin's Lane, The Strand et British Museum, Victor-Marie Picot - Notice biographique, dans . Son second mariage vers 1782 avec Rosalie Dufétel, qui aurait donné naissance en 1783 à un fils prénommé Louis-Victor et qui nous est révélé par Êmile Delignières, « Victor Marie Picot », Bulletin de la Société d'émulation d'Abbeville, 1881, , ne laisse aucune trace dans les archives du British Museum qui retient seulement à propos de Marie-Angélique, première épouse : British Museum, Marie-Angélique Picot-Ravenet, notice biographique.

thumb|120px|Paris, la rue des Postes au Retour en France Au revers des contributions prestigieuses aux recueils de John Boydell et de Francis GroseFrancis Grose, The antiquities of England an Wales, Printed for S. Hopper, Londres, 8 volumes, 1773-1787, université Yale, descriptif de l'ouvrage, les multiples déménagements et la séparation suivie d'un second mariage amènent Philippe Tillier au constat que Victor-Marie Picot, dans , s'est moins bien adapté à la vie londonienne que ses concitoyens d'Abbeville François-Germain Aliamet (1733-1790) et Jean-Marie Delattre. On le retrouve réinstallé à Abbeville dans la rue Saint-Jean-des-Prés, puis l’Allégorie relative à Buonaparte, généralissime des armées françaises, dans son expédition contre l'Angleterre, gravure de 1797 d'après Pierre-Paul Prud'hon dont le musée Carnavalet de Paris conserve un exemplaire, énonce son installation au 25, rue des Postes à Paris. Il est de retour à Abbeville au soir de sa vie et meurt à Amiens en 1802.

Expositions Exposition provinciale de la Société des antiquaires de Picardie, hôtel de ville d'Amiens, mai-juin 1860Société des antiquaires de Picardie, Notice sur les tableaux, objets d'art, d'antiquité et de curiosité exposés dans les salles de l'hôtel de vimlmle d'Amiens du 20 mai au 7 juin 1860, imprimerie de Veuve Herment, Amiens, 1860, . Regards sur les Antilles - Collection Marcel Chatillon, Musée d'Aquitaine, Bordeaux, 1999 Regards sur les Antilles - Musée d'Aquitaine, collection Marcel Chatillon, éditions de la Réunion des musées nationaux, 1999, ..

Collections publiques Australie Musée national du Victoria, Melbourne, Cupidon et Psyché, gravure d'Augustin Burdet d'après Victor-Marie PicotMusée national du Victoria, Victor-Marie Picot dans les collections.

Espagne Musée du Prado, Madrid, Estampes anglaises de la reine Marie-Christine de Bourbon-Siciles, album de 29 estampes dont Victor-Marie Picot, John Boydell éditeurMusée du Prado, "Estampes anglaises de la reine Marie-Christine de Bourbon-Siciles" dans les collections.

États-Unis Musée d'Art de Baltimore, Nymphes se baignant, gravure d'après Giovanni Battista Cipriani, 22,4x18,3cm, 1790Musée d'Art de Baltimore, Victor-Marie Picot dans les collections. Musée des Beaux-Arts de Boston, Apollon, burin d'après Simone Cantarini, 1784Musée des Beaux-Arts de Boston, Victor-Marie Picot dans les collections. Musées d'Art de Harvard, Cambridge (Massachusetts), trois gravures Musées d'Art de Harvard, Victor-Marie Picot dans les collections : Port italien, d'après John James Barralet, 29,5x27,4cm, 1782. Marguerite d'Anjou, épouse du roi Henri VI d'Angleterre, attaquée dans un bois, 43,8x54,5cm, 1783. Apollon, d'après Simone Cantarini, 20,5x16cm, 1784. Centre d'art britannique de Yale, New Haven, six gravures<ref>[https://collections.britishart.yale.edu/?f%5Bauthor_ss%5D%5B%5D=Victor+Marie+Picot%2C+1744–1805%2C+French Centre d'art britannique de Yale, Victor-Marie Picot dans les collections : Soir d'été et Hiver, d'après Philippe-Jacques de Loutherbourg, 45x56cm, 1764. Wanstead House dans l'Essex, gravure d'après , dédiée à Joshua Reynolds, 45,7x61,8cm, 1774-1775. Scène pastorale avec vache et Scène pastorale avec âne, gravures de Pierre-François Laurent d'après Philippe-Jacques de Loutherbourg, éditées par Victor-Marie Picot, 54,9x43,8cm, 1777. Sansome Fields près de Worcester, d'après auteur inconnu, non daté.

thumb|180px|An exhibition thumb|180px|The Assaut or fencing match which took place at Carlton House on the 9th of April 1787 Metropolitan Museum of Art, New York : La piscine de Bethesda (Évangile selon Saint Jean, chapitre 5), co-gravé avec Simon François Ravenet d'après William Hogarth et édité par John Boydell, 47,5x56cm, Londres, 1772. An exhibition, gravure à l'aquatinte en sanguine d'après Philippe-Jacques de Loutherbourg, 21,3x21,2cm, 1776Metropolitan Museum of Art, "An exhibition" dans les collections. Soir d'été, gravure d'après Philippe-Jacques de Loutherbourg, 50,8x65,7cmMetropolitan Museum of Art, "Soir d'été" dans les collections. Musée d'art de Philadelphie, The Watering Place, gravure d'après Jan Asselijn, 41,5x51,8cm, fin XVIIIe siècleMusée d'Art de Philadelphie, Victor-Marie Picot dans les collections. Bibliothèque de l'université de Princeton, The Assault or fencing match which took place at Carlton House on the 9th of April 1787, gravure d'après la toile éponyme d'Alexandre-Auguste Robineau conservée dans la Royal Collection britannique (satire du duel d'escrime entre Joseph Bologne de Saint-George et Charles d'Éon de Beaumont, ce dernier ici vêtu en femme), 1789Julie L. Mellby, « The Assault, or fencing match », Université de Princeton, 21 décembre 2009Royal Collection Trust, Alexandre-Auguste Robineau - The fencing-match beetween the chevalier de Saint-George and the chevalier d'Êon. Bibliothèque du Congrès, Washington, Garçon à la flute, gravure d'après Benedetto Luti, 1780Librairie du Congrès, Victor-Marie Picot dans les collections.