Le massacre de Bamenda a lieu le lors de la crise anglophone au Cameroun.

Contexte

Le Nord-Ouest est l’une des deux régions du Cameroun, avec le Sud-Ouest, peuplées principalement par la minorité anglophone, dont une partie s’estime ostracisée par la majorité francophone de ce pays dirigé d’une main de fer depuis plus de quarante ans par le président Paul Biya. Elles sont le théâtre depuis fin 2016 d’un conflit meurtrier entre les rebelles séparatistes d’un côté, l’armée et la police de l’autre, les deux camps étant régulièrement accusés par des ONG et l’ONU de crimes contre les civils. Le conflit a fait plus de et forcé plus d’un million de personnes à se déplacer, selon le centre de réflexion International Crisis Group (ICG).

Le , un journaliste de 26 ans, Anye Nde Nsoh, est tué par des rebelles séparatistes dans un bar de Bamenda.

Déroulement Selon le colonel Cyrille Atonfack, chargé de la communication du ministère de la Défense, le , à 19h30, près d'un bar, ont rassemblé plusieurs .

Victimes Dix personnes sont tuées et deux sont blessées dont trois femmes et sept hommes âgés de 24 à 56 ans, parmi lesquels un couple de jeunes mariés. Sept des dix victimes sont originaires de la région de l'Ouest.

Enquête Le ministre de la Défense annonce qu'une enquête est ouverte par les autorités administratives et judiciaires. Le gouverneur de la région du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique, déclare à Reuters qu'une chasse à l'homme est lancée pour retrouver les à l'origine du massacre. Le , l'armée affirme avoir arrêté des dizaines de séparatistes soupçonnés d'être à l'origine du massacre.

Réactions

Nationales À la suite du massacre, entre et personnes descendent dans les rues appelant à la fin du conflit dans les régions anglophones. En marge de la manifestation, l'archevêque de Bamenda, Andrew Nkea Fuanya, dépose des bougies sur les lieux de l'attaque, entouré de fidèles de la paroisse.

L'Ambassade des États-Unis au Cameroun estime que le massacre et affirme que le gouvernement américain réitère à toutes les parties la nécessité de rechercher une solution pacifique par la discussion plutôt que par la violence.

Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) déclare que son parti regrette que de nombreux Camerounais continuent à périr sous les balles de leurs . Le parti d'opposition affirme que le conflit aurait pris une nouvelle tournure, les sécessionnistes anglophones s'attaquant désormais aux francophones sous prétexte que ces derniers ne sont pas sensibles à leurs souffrances. En outre, le parti appelle le gouvernement du Cameroun à et de les auteurs de la tuerie.

Le , le président Paul Biya indique dans une lettre adressée au gouverneur de la région du Nord-Ouest avoir , assurant qu'. Le chef d'État présente ses condoléances et associe la compassion émue de son épouse. En outre, il demande au gouverneur de la région du Nord-Ouest de rassurer les populations de la région sur .

Le , lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes, le gouverneur de la région du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique, dépose une gerbe de fleurs au nom du président Paul Biya et de la première dame Chantal Biya. Elle est également suivie d'un allumage symbolique de bougies. Des dizaines de personnes vêtues de noir se rassemblent à Bafoussam pour dénoncer la tuerie. La cérémonie est présidée par le gouverneur de la région de l'Ouest, Augustine Awa Fonka, en présence de chefs religieux, de chefs traditionnels et de représentants de la société civile. Les participants condamnent le massacre et expriment leur colère face à la violence qui sévit dans la région. Le gouverneur de la région de l'Ouest appelle les auteurs des violences à déposer les armes et à revenir à la table des négociations.

Internationales Le , l’Ambassade du Cameroun en France tient une cérémonie d'hommage aux victimes.

Notes et références

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