Saint-Josse-ten-Noode (prononcé ; en ), couramment appelée Saint-Josse, est l'une des dix-neuf communes bilingues de la Région de Bruxelles-Capitale. Saint-Josse compte 27003 habitants (2026). Saint-Josse-ten-Noode est considérée comme la plus petite commune de Belgique en superficie. Elle est également la commune la plus densément peuplée du pays, avec environ 23 266 habitants par km² pour une superficie d'environ 1,16 km².
Elle fait partie de la zone de police 5344 (Polbruno) avec Evere et Schaerbeek.
Communes limitrophes
Histoire Le village de Ten-Noode apparaît au , comme Ixelles, entre les paroisses d'Uccle, d'Etterbeek et Sainte-Gudule à Bruxelles. À cette époque, à l'exception de la vallée du Maelbeek et du Schaerbeek, on n'y rencontrait que des champs à peine cultivés à cause de la mauvaise qualité du sol trop sablonneux. De là le nom Nude, Noede, Oede, qui signifie « besoin » (« » en néerlandais moderne), et par extension, « misère ». La première trace de l'existence de cette localité apparaît dans une convention faite entre le chapitre de Saint-Gudule et le Coudenberg, à Bruxelles, en 1254. Cent ans plus tard, un faubourg s’y était formé, principalement le long du chemin conduisant de Bruxelles à Louvain. Là, près du Maelbeek, s'élève alors la chapelle de Saint-Josse, qui prit de plus en plus d'importance, mais qui ne devint une paroisse qu’en 1803, après le Concordat..
La vallée du Maelbeek devient, avec ses hauteurs couronnées par le bois de Linthout, avec ses grands étangs et ses chemins pittoresques transformés en rues, le lieu de la vie champêtre à quelques pas de la capitale, du palais du souverain. Au , les ducs de Bourgogne y ont un hôtel ; au , les Nassau, le cardinal de Granvelle, le poète Houwaert, la famille Marnix et les Croÿ y habitent des villas, qu’ils se plaisent à embellir, mais celles-ci furent négligées lorsque les Pays-Bas furent privés de la présence de la cour.
Aux , les habitants de Saint-Josse subissent les invasions diverses. En 1572, maisons et champs sont ravagés par les reîtres du prince d'Orange. En 1578, les Bruxellois brûlent leurs maisons de faubourg par panique, pour empêcher Don Juan de trouver les approvisionnements pendant le siège qu'ils redoutent. En 1579, les Espagnols font des raids et emmènent des prisonniers. En 1580, les calvinistes détruisent la chapelle. En 1583, les troupes du duc d'Anjou vivent aux dépens des habitants. En 1600, les habitants commencent la reconstruction de la chapelle. En 1609 verra la reconstruction du château des ducs de Bourgogne. En 1635, intrusions des troupes françaises qui veulent envahir les Pays-Bas. L'arrivée d'Ottavio Piccolomini les pousse à la retraite. En 1675, attaque Bruxelles, Zaventem est pillé et les troupes saccagent les faubourgs. Mais trois jours plus tard, ils quittent la région pour la bataille de Maastricht (1675). En 1690, les Français se replient de la bataille de Fleurus sur Schaerbeek et Saint-Josse et accablent la population. En 1706, le duc de Marlborough campe avec ses troupes dans la région. Bruxelles offre sa soumission. En 1746, les Français, sous les ordres du maréchal de Saxe, occupent la banlieue de Bruxelles et finissent par s'emparer de la ville. vignette|gauche|Saint-Josse-ten-Noode dans les limites de 1840.|247x247pxLa commune de Saint-Josse-ten-Noode est créée : « En 1794 [sic pour 1795], Ten-Noede, séparé de Bruxelles, fut érigé en une commune distincte, faisant partie du canton de Woluwe-Saint-Étienne ». en 1795 après la dissolution de la Cuve de Bruxelles dont elle faisait partie, et elle reçoit sa première organisation communale en 1796 avec comme agent municipal André-Étienne-Joseph O'Kelly qui prend le titre de maire à partir de 1800.
Jusqu’à la fin du , Saint-Josse s'étendait jusqu'aux confins d’Ixelles et d’Etterbeek, et incluait notamment la majeure partie de l'actuel quartier européen de Bruxelles, le rond-point Robert Schuman et le parc du Cinquantenaire. La commune fut forcée de vendre ces terrains à la Ville de Bruxelles pour pouvoir rembourser des dettes contractées à la suite d'une gestion peu judicieuse des finances communales. Ce qui formera une grande partie de l'extension est de la ville de Bruxelles.
En 1955, la commune de Saint-Josse est la première en Belgique à engager des femmes dans la police. Il s'agit de quatre auxiliaires. Le bourgmestre Guy Cudell cherche à installer une police préventive à l'égard des enfants et jeunes et estime que des femmes seraient mieux dans ce rôle que des hommes.
Toponymie On retrouve dans les livres d'histoire plusieurs noms différents pour la commune : Nude (1251), Oede (1311), Noede (1324), Ten-Noede (1335-1389), La Noede (1437).
La construction d'une chapelle au , sous le vocable de Sainte Marie et de Saint-Josse (moine breton), tend par la suite à associer les deux noms de « Saint-Josse » et « Ten-Noode » pour désigner le village, situé immédiatement hors des murs d'enceinte.
Saint-Joest-ten-Hoede (1459), Saint Josse de Nouye (1465) Sint-Joost-ten-Noede (1527), Sint-Judocus ten Hoye (1532) ou Sint-Josse-ten-Hoy.
Héraldique
Démographie La commune comptait officiellement https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK au . Avec une superficie de , c'est la plus petite des dix-neuf communes de la région, voire de Belgique, mais aussi la plus densément peuplée étant la seule à dépasser le seuil de en atteignant le chiffre de .
Évolution de la population Année 1830 1846 1856 1866 1876 1880 1890 1900 1910 1920 1930 1947 1961 1970 1980 1990 Habitants 2.879 14.850 17.149 21.915 26.492 28.052 29.709 32.140 31.865 31.843 30.917 28.155 24.463 23.633 21.749 21.511 Index 100 516 596 761 920 974 1.032 1.116 1.107 1.106 1.074 978 850 821 755 747 Année 2000 2010 2015 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 Habitants 22.097 26.338 27.332 27.032 27.457 27.497 27.124 26.965 27.068 26.895 27.258 27.003 Index 768 915 949 939 954 955 942 936 940 934 947 938 chiffres INS - 1830 = Index 100
Graphe de l'évolution de la population de la commune.
Source : DGS - Remarque : 1806 jusqu'à 1981 = recensement ; depuis 1990 = nombre d'habitants chaque
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,0199399,1199499,0199599,3199699,91997101,11998101,01999101,92000102,02001102,52002105,02003106,52004106,42005106,82006108,72007109,82008111,32009116,32010121,62011126,32012125,32013125,62014126,72015126,22016126,52017125,22018124,82019126,72020126,92021125,22022124,52023125,02024124,22025125,82026124,7
Population belge Nationalité Population. 14 697Source : IBSA Brussels, chiffres au janvier 2025.
Population étrangère Nationalité Population. 1 910 1 369 959 842 796 736 703 544 494 367Source : IBSA Brussels, chiffres au janvier 2025.
, elle a été la seule commune de Belgique dont la population était majoritairement étrangère, principalement d'origine turque et marocaine. , l'électorat d'origine étrangère est devenu majoritaire par le biais des acquisitions de nationalité et la majorité des conseillers communaux, ainsi que la moitié du collège échevinal, est originaire du Maroc, de Turquie et du Congo (RDC).
Jean Demannez, ancien bourgmestre : « La population de Saint-Josse est belge à 64 %. Mais cela ne veut pas dire grand-chose. La carte d’identité belge n’implique pas pour autant que les gens n’aient pas conservé le mode de vie et les traditions propres à leur pays d’origine. À Saint-Josse, il n’y a plus que 20 % de la population dont le grand-père était belge. Pour huit concitoyens sur dix, l’aïeul était un immigré : français, italien, turc ou marocain, espagnol, etc. C’est donc un brassage culturel extrêmement important, avec, qui plus est, une population jeune »Jean Demannez, interview du )].. En 2010, 49 % de la population était musulmane..
Commune la plus pauvre de Belgique Saint-Josse a souvent porté l'étiquette de commune la plus pauvre de Belgique. .
Selon les statistiques pour l'année 2023 du SPF Économie, Saint-Josse est la commune la plus pauvre de Belgique avec un revenu moyen par habitant de . La moyenne nationale étant de .
Zoé Genot, chef de file Ecolo à Saint-Josse, tente d'expliquer : « C’est une commune d’accueil. C’est la commune où les gens arrivent et à l’heure actuelle, comme elle présente toute une série de difficultés, elle est mal gérée, elle est sale, elle concentre la pauvreté, les gens ont tendance à partir dès qu’ils s’embourgeoisent, dès qu’ils ont trouvé du travail »« Saint-Josse : une commune atypique… sur beaucoup de points », sur RTL.be..
Mobilité Malgré sa faible superficie, Saint-Josse-ten-Noode fait partie des communes bruxelloises desservies par le métro lourd. Elle est également la commune desservie par le plus petit nombre de stations de métro, avec seulement deux : Botanique et Madou.
Bâtiments, monuments et sites remarquables
Saint-Josse possède un patrimoine relativement riche pour une commune de cette taille : Maison communale. Église Saint-Josse, de style néo-baroque. Jardin botanique de Bruxelles, ensemble de bâtiments, de jardins et de sculptures. Square Armand Steurs, ensemble architectural de style Art déco et topiaire par Eugène Dhuicque et Jules Janlet. Ancien observatoire royal de Bruxelles où officia Jean-Charles Houzeau de Lehaie et qui fut une des redoutes révolutionnaires lors de la révolution de 1830. Tour Madou, un des plus anciens gratte-ciels bruxellois, construit en 1963 par l'architecte R. Goffaux. Tour Astro, un des plus anciens gratte-ciels bruxellois. Tours Belgacom reliées par un pont (et situées en partie à Schaerbeek) Tour Rogier Résidence Pacific Covent Garden Quartier Nord (situé en partie à Bruxelles-ville et Schaerbeek) Gare de la chaussée de Louvain, de style néo-Renaissance flamande, ancienne halte de la ligne 161, fermée depuis 1924, vouée à être intégrée à une extension du métro régional Hôtel Cohn-Donnay : ancien hôtel particulier de style Art nouveau, aujourd'hui occupé par un restaurant Hôtel Boël : hôtel particulier Maison Govaerts : édifice de style Art nouveau Maison Mayeres, immeuble de style Art nouveau géométrique Voir la liste des monuments classés de Saint-Josse-ten-Noode Ainsi que d'autres bâtiments repris sur le site irisnet.
Vie culturelle Bib Josse, bibliothèque francophone, rue de la Limite, 2 Bib Joske, bibliothèque néerlandophone, rue de le Limite 2 Institut Européen de la Langue et de la Culture Arabes - Centre culturel arabe. Musée Charlier Ateliers Mommen, cité d'artistes, rue de la Charité, 37. Compagnie Thor - Thierry Smits, compagnie de danse contemporaine. Cercle d'art de Saint-Josse-ten-Noode, de 1930 jusqu'à la fin du . Organisait une exposition annuelle au musée Charlier. , centre vivant du jazzSite de la . Théâtre de la Vie Le Botanique
Enseignement
Enseignement primaire et secondaire
Pensionnat de Saint-Josse-ten-Noode, actif vers les (disparu) Lycée communal Guy Cudell, école en discrimination positive prioritaire École fondamentale communale Henri Frick École communale Arc-en-Ciel. École communale Les Tournesols Ecole communale Joseph Delclef La Nouvelle École Institut La Sagesse Institut Saint-Louis, section de Saint-Josse, surnommé Petit Saint-Louis afin de le différencier de l'Institut Saint-Louis situé à Bruxelles rue du Marais dont il est une section depuis son annexion en 1927 Institut des Dames-de-Marie
Enseignement supérieur et pour adultes EPFC (Enseignement de promotion et de formation continue ) de l'ULB et de BECI
Enseignement artistique Académie des beaux-arts de Saint-Josse-ten-Noode Académie intercommunale, danse, musique, théâtre
Établissements emblématiques de la commune Disparus Commerces et industrie