William Weightman ( - ) est un fabricant de produits chimiques américain qui fut l'un des plus grands propriétaires terriens des États-Unis à son époque.

Né en Angleterre et arrivé aux États-Unis à 16 ans, il rejoint l'entreprise chimique de son oncle où il devient progressivement associé. En 1861, lorsque la guerre de sécession éclate, l'importation de quinine britannique est empêchée alors que cette molécule sert à prévenir la malaria. Ayant développé une méthode de synthèse pour en fabriquer aux États-Unis, Weightman et son associé Powers bénéficient d'un quasi-monopole et amassent une fortune considérable. Il gagne le surnom de « roi de la quinine » et investit massivement dans l'immobilier, achète de larges terres agricoles et fait construire des quartiers entiers à Philadelphie.

En 1998, il est listé comme le Américain le plus riche de l'histoire par le magazine , et sa fortune est plus tard estimée à 51,8 milliards $ en valeur ajustée de 2014.

Biographie Né à Waltham en Angleterre, il émigre en Amérique à 16 ans en 1829 sur invitation de son oncle John Farr, chimiste de profession. Celui-ci avait fondé la société Farr & Kunzi, qui est la première à fabriquer du sulfate de quinine aux États-Unis. À la retraite de Kunzi en 1836, Farr s'associe à Thomas Powers et à Weightman, 27 ans, pour fonder Farr, Powers & Weightman.

vignette|gauche|Publicité de Powers & Weightman de 1859. Lorsque John Farr meurt en 1847, Weightman devient administrateur et dirigeant de l'entreprise, qui est rebaptisée Powers & Weightman. L'entreprise développe une forme synthétique de quinine, une prophylaxie à la malaria. L'importation de quinine britannique étant interrompue pendant la guerre de sécession, l'entreprise profite grandement d'un quasi-monopole. En 1875, Powers & Weightman se voit décerner la médaille Elliott Cresson par le Franklin Institute.

Weightman amasse une grande fortune grâce à des investissements judicieux, provenant de son entreprise de fabrication. Au tournant du 20e siècle, il est le « plus grand propriétaire individuel de biens immobiliers à PhiladelphieMoses King, King's Views of Philadelphia (New York: Moses King, publisher, 1901), p. 89. », ayant acheté des centaines d'hectares de fermes et construit des quartiers entiers de logements pour la classe moyenne. Son architecte pour ceux-ci est , le mari d'une de ses niècesWillis Gaylord Hale (1848-1907) from Philadelphia Architects and Buildings. qui a également dessiné le pour Weightman qui ouvre en 1901.

Hale a également conçu la maison de campagne de Weightman, (1887), construite dans le style West Germantown de Philadelphie, sur une crête surplombant la .

Ayant survécu à ses deux fils médecins, Farr et William, Weightman en vint à compter sur sa fille, . Après la mort du mari de cette-dernière en 1903, elle est admise comme associée chez Powers & Weightman, devenant la « seule femme aux États-Unis à occuper un tel poste à responsabilité ».

Sa société, Powers & Weightman, fusionnera dans les années 1920 avec le géant pharmaceutique Merck & Co..

Vie privée Weightman se marie avec Louisa Stillwagon en 1841 avec qui il a trois enfants : John, William Jr. et Anne.

Il meurt à 90 ans le dans son manoir de Ravenhill. Il laisse la majeure partie de sa succession à son seul enfant survivant, Anne, et est enterré au à Philadelphie.

Anne Weightman Walker hérite du manoir Ravenhill et fait don du domaine à l'archidiocèse de Philadelphie en 1910. Le cardinal Dennis Dougherty accorde le manoir à l'ordre des Religieuses de l'Assomption en 1919. Les sœurs le convertissent en école qu'elles nomment Ravenhill Academy.

Postérité vignette|Weightman Hall (à gauche) et le stade Franklin Field en 1922. Un portrait posthume de William Weightman est commandé par sa fille Anne Weightman à l'artiste américain d'origine suisse . Il est exposé à la Corcoran Gallery of Art de Washington et à Philadelphie en 1908.

Le gymnase Weightman de l'université de Pennsylvanie (1903–05, , architecte), adjacent au stade Franklin Field, porte son nom.

Ravenhill, le manoir de Weightman à West Germantown, fait aujourd'hui partie de l'université Thomas Jefferson.

Notes et références

Bibliographie Philadelphia - A History of the City and Its People. Ellis Paxson Oberholtzer (Philadelphia, 1911). James Foss. Willis Gaylord Hale and Philadelphia's Rebellion of the Picturesque: 1880-1890. Masters Thesis, Penn State University, 1964.

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