Paris sous les bombes est le troisième album studio du groupe de rap français Suprême NTM, sorti en 1995 sur le label Epic Records.
Genèse
Après avoir terminé, en , sa courte tournée de quatre dates pour l'album 1993... J'appuie sur la gâchette, le groupe Suprême NTM retourne en studio au début du mois de juin pour préparer son troisième album. DJ S venant de quitter le groupe, il leur faut un autre DJ et producteur. Kool Shen et JoeyStarr se tournent alors vers l'ancien DJ du groupe Assassin, DJ Clyde, pour plusieurs productions, aidé de DJ Max. Le rappeur et producteur d'Assassin Solo ayant lui aussi à ce moment-là quitté le groupe, rejoint l'aventure ainsi que LG Experience et Lucien qui met NTM en contact aussi avec The Beatnuts. Le projet est achevé en décembre.
Un premier single, Tout n'est pas si facile, sort le afin d'annoncer l'arrivée imminente de l'album. Celui-ci portant le nom de Paris Sous Les Bombes est donc dans les bacs le de la même année. Le titre de l'album, qui joue sur l'ambiguïté, fait référence aux bombes aérosols des graffiteurs dont les membres du groupe sont proches. Cet album reflète, dans ses thèmes, la nostalgie de l'adolescence et de la découverte du hip-hop par les membres de NTM (Tout n'est pas si facile, Paris sous les bombes), qui se posent parfois en arbitres (Nouvelle école et Old Skool). Une partie du reste des titres traitent de sujets politiques d'actualité (Plus jamais ça, Qu'est-ce qu'on attend, Qui paiera les dégâts?). Le reste des sujets sont plus légers (Pass pass le oinj, Come Again 1 et 2, La Fièvre, Popopop !!).
L'album marque une évolution dans la voix de JoeyStarr. Celle-ci devenant bien plus vers le toasting jamaïcain du ragga. Dans cet album, le flow de Kool Shen change aussi, devenant plus maitrisé. Le flow des deux rappeurs est du coup plus mis en valeur et s'adapte mieux aux beats qui deviennent de plus en plus lents. La présence de Badreak et AL.X qui formeront le groupe Psykopat, sur plusieurs titres de l'album à savoir Le rêve, Old Skool, Pass pass le oinj et Popopop !!, sont désormais non plus seulement des danseurs mais aussi des rappeurs à part entière. À noter aussi que le single La Fièvre a un succès considérable et a contribué à la renommée du groupe.
À partir du , le Suprême démarre une tournée nationale d'une vingtaine de dates dont une au Zénith de Paris, le , le deuxième de l'histoire du groupe. DJ Clyde ne souhaitant pas assurer le live, le groupe trouve un autre DJ pour assurer leurs concerts. C'est ainsi que DJ James arrive et rejoint la tournée en devenant par la même occasion le nouveau DJ du groupe. La tournée terminée, il participe à quelques festivals pendant l'été dont le "Concert des Libertés", organisé par SOS Racisme, le à La Seyne-sur-Mer contre la victoire du Front national à Toulon. Puis, le groupe effectue de nouvelles dates à la fin de l'année qu'il achève par trois concerts au Bataclan les 18, 19 et .
Début 1996, les membres du Suprême NTM enchaînent de nouveau une tournée juste après avoir terminé la précédente dans laquelle ils effectuent un autre concert au Bataclan pendant l'été, filmé, puis sorti en VHS et diffusé sur Canal+. La même année, ils enregistrent un remix de leur titre Come Again en collaboration avec Big Red, qui sortira en single et maxi. Par la suite, Columbia Records, la maison de disque du rappeur américain Nas, les contacte pour faire un remix du titre Affirmative Action, figurant sur son deuxième opus, It Was Written. Ils acceptent et réalisent le morceau en y supprimant la partie de Cormega et Foxy Brown et en ajoutant un refrain. Peu de temps après, Nas vient à Paris pour écouter et finaliser le son. Il rencontre donc Kool Shen et JoeyStarr et le courant passe plutôt bien. Ils décident donc de faire un clip et le duo part à New York pour l'effectuer. Toutefois, l'entente entre le groupe français et le rappeur américain se dégrade puisque le jour du tournage du clip, Nas arrive avec six heures de retard et le rappeur AZ refuse de laisser monter un Blanc (Kool Shen) dans sa voiture . Finalement, le clip n'est pas terminé et NTM repart à Paris. Cependant, Kool Shen tient à le finir et insiste pour que Nas vienne pour réaliser finalement le clip en France. L'américain revient alors et les trois rappeurs parviennent à faire le clip en entier. Le morceau, qui devient le single Affirmative Action Seine-Saint-Denis Style Remix, et le clip sortent finalement tous les deux au tout début de l'année 1997.
Une réédition de Paris Sous Les Bombes arrive sur le marché, sur laquelle sont présents les deux derniers morceaux enregistrés du groupe, les remix de Come Again et Affirmative Action.
Accueil Commercial L'album est le premier très gros succès du groupe en devenant son premier disque d'or quelques mois après sa sortie avec plus de vendus. Le succès continue, et en , Paris Sous Les Bombes est couronné d'un double disque d'or. L'année suivante, alors qu'il atteint la du Top 50 le , l'album devient disque de platine en mai, après s'être écoulé à . Paris Sous Les Bombes dépassera par la suite les .
Critique
Paris Sous Les Bombes est très bien accueilli par la critique spécialisée et par le public. Aujourd'hui, il est considéré comme l'un des meilleurs albums de NTM, mais aussi comme l'un des meilleurs albums de rap français. L'album est également inclus dans l'ouvrage Philippe Manœuvre présente : Rock français, de Johnny à BB Brunes, 123 albums essentielsPhilippe Manœuvre, Philippe Manœuvre présente : Rock français, de Johnny à BB Brunes, 123 albums essentiels, Hoëbeke, octobre 2010 .
Condamnation Lors du "Concert des Libertés" le , le groupe s'apprête à interpréter le morceau Police. Avant ça, ils pointent du doigt les policiers présents pour le festival. Ces derniers portent ensuite plainte et les deux rappeurs se retrouvent quelques mois plus tard au Tribunal de première instance de Toulon. En , ils sont condamnés par ce tribunal à une peine de trois mois de prison ferme dont trois mois avec sursis et à six mois d'interdiction d'exercer leur fonction pour "propos outrageants" envers les forces de l'ordre présentes au concert.
Le groupe fait appel et en , la Cour d'appel d'Aix-en-Provence revient sur le jugement. Finalement, la peine est allégée et les deux rappeurs sont condamnés à verser une amende de francs chacun et à deux mois de prison avec sursis. Le groupe fera ensuite référence à cela dans le titre On est encore là sur leur album suivant, Suprême NTM.
Accueil critique L'Express (08/06/95) : . - Gilles Médioni
Les Inrockuptibles (29/03/95) : - Laure Narlian
Le Nouvel Observateur (04/05/95) : - Bernard Loupias
Liste des pistes
Singles et maxis 1995 : Tout n'est pas si facile 1995 : La Fièvre avec Check the flow avec Lucien 1996 : Qu'est-ce qu'on attend 1996 : Come Again 2 avec Big Red 1996 : Affirmative Action Seine-Saint-Denis Style Remix avec Nas et AZ 2000 : Pass pass le oinj
Clips 1995 : Tout n'est pas si facile NTM et d'autres personnes marchent et dansent le breakdance dans la rue. 1995 : Qu'est-ce qu'on attend Le clip commence avec un documentaire de promotion sur un quartier HLM puis la musique commence avec l'effondrement d'un immeuble. Ensuite, Kool Shen et Joeystarr, avec plusieurs acolytes, rappent alternativement dans une gare et sur un ring de boxe. 1995 : La Fièvre Le clip commence avec une intro où un mari violent frappe sa femme avant de mettre un disque d'Elvis Presley. Dans l'appartement du dessous, Kool Shen se réveille puis part en voiture rejoindre Joeystarr mais se fait arrêter par la police pour un contrôle d'identité. N'ayant pas ses papiers, il est emmené au commissariat où il attend des heures pendant que les policiers s'amusent et prennent l'apéritif. Joeystarr lui, rencontre une jolie jeune fille et la séduit. Par la suite, NTM est en boite de nuit. 1997 : Affirmative Action Seine-Saint-Denis Style Remix avec Nas Le clip est alternativement en noir et blanc et en couleur. Joeystarr, Kool Shen et Nas sont alternativement assis sur un fauteuil, présents avec tout un groupe de rappeurs et dans un couloir, tenant dans leurs mains des néons lumineux.
Note : En 1995, un court-métrage d'une trentaine de minutes mettant en scène les trois premiers clips reliés par une fiction est réalisé par Seb Janiak. Il sort au cinéma peu de temps après la sortie de l'album et un peu plus tard en VHS.
Samples Sources : WhoSampled Samples from Paris sous les bombes - WhoSampled Intro American Tango de Weather Report Tout n'est pas si facile The Sea Lion de Grover Washington, Jr. It's Your Love d'Ethel Beatty Go Steta I de Stetsasonic Come Again (pour que ça sonne funk) Fo-fi-fo de Pieces of a Dream Chief Rocka de Lords of the underground Qu'est-ce qu'on attend Water Babies de Miles Davis Raise the Roof de Public Enemy Le rêve Fightin' Fire With Fire de The Bar-Kays Old Skool Vein Melter de Herbie Hancock Paris sous les bombes My Melody d'Eric B. and Rakim Qui paiera les dégâts? (DJ Clyde remix) Illegal Business de Boogie Down Productions Est-ce la vie ou moi Witch Doctor's Brew de Magnum La Fièvre My Lady des Crusaders Popopop !! Atomic Dog de George Clinton Outro Theme from Trouble Man de Marvin Gaye Straighten It Out de Pete Rock & CL Smooth
Notes et références
Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Album de NTM Catégorie:Album musical sorti en 1995 Catégorie:Album publié par Epic Records