Moindzaza Mboini (en écriture arabe مونزازمبوان), ou en grand comorien, est une ville côtière, en Grande Comore, établie au sud de Bamɓao ya Mboini, à 8,8 km de Moroni, capitale fédérale de l'Union des Comores..

Moindzaza Mboini, d'une superficie de , compte en 2017. Elle est la deuxième ville la plus peuplée des cinq localités de la commune de Bamɓao ya Mboini, derrière la ville d'Iconi. Elle est administrativement rattachée à cette commune, circonscription située à Ngazidja, dans la préfecture de Moroni-Bamɓao.

Histoire

vignette|Ancienne mosquée au au bord de la mer à Moindzaza Mboini. L'histoire de Moindzaza Mboini remonte autour de l'an 1300 lorsque la lignée feɗezi, une dynastie royale en provenance d'Itsinkouɗi ya Washili, scrutant un milieu géographique paisible en fuyant les petites guerres internes de pouvoir, fonda Moindzaza Mboini, au sud de la Grande Comore. Avant de prendre le nom de Moindzaza Mboini, appellation issue de la naissance, localisée très basse sur la carte géographique, du premier enfant de Moindzé Ouma, la lignée feɗezi s'était préalablement installée, sur la désignation du coq, au nord-est de la ville, à Dari-dju-Samɓa, à Ha-nɗa-wa-nɗa-wa, un endroit naturellement humide et gorgé d'espèces de plantes variées, très convoités. Toutefois, après cinq années durant, les feɗezi, premiers habitants de Moindzaza Mboini, élisaient domicile au sud de la ville, en construisant leur palais à Dzinɗani.

Depuis, avec l'arrivée des Bantous et Perses, la ville s'organise selon un système social et politique inspiré de ceux-ci. Les Mafé, chefs de villages dirigeant ceux-ci, ensuite les Bedja et le sultanat substituant les Mafé et Bedja à la tête des villages.

Le règne des pirusa, de Bamɓao à Moindzaza Mboini, au À cette époque, le pouvoir monarchique était détenu par les rois. Celui de Bamɓao, Inya Pirusa avait 6 vizirs répartis en 5 à Moroni, dont les Inya fédjimɓa à Moindzaza Mboini, symbole d'union, de paix ɗar-es-salam, commerce et de prestige coutumier, et 1 à Iconi, Inya feɗezi divisé en 2 familles, dont Inya Musa Mwinyi Nguzo à Moindzaza Mboini, symbole de pouvoir, de force mais aussi de propriétaire terrien. Des terrains de Ha-nɗa-wa-nɗa-wa, dans les parages de Moindzaza Djoumbé, Séléa Bamɓao, dont il entretenait de plein droit, aux terrains de Dzindani, la visibilité de son champ d'activité, dans son règne, était incontestable.

La ville à Kafuni et ses plantations sous la colonisation, au Les plantations coloniales aux Comores débutaient en 1841. Pour Moindzaza Mboini, celles-ci connaissaient une attention particulière vers les années 1885 et 1886 dans les vastes champs de Kafuni s'étendant vers Ha-nɗa-wa-nɗa-wa, une des propriétés de la ville. Le traité cosigné le par le sultan de Bamɓao et de Ngazidja, Said Ali Bin Said Omar, et Léon Humblot, alors chargé de mission botaniste à Ngazidja par le Ministère de l'agriculture français, offrait l'occasion au colon de s'emparer des terres pour une infime redevance de 10% d'intérêt, tout en profitant également de la situation des 12 sultanats en proie à des déchirements et rivalités locales. La réduction progressive puis la substitution du sultanat par les Résidents dans les protectorats paraissaient inévitables. À cette époque aussi, la représentation de la région de Bambao était assurée par le colon Hector Rivière, alors député élu de cette région. Kafuni, alors, disposait d'une terre humide, fertile et une température idéale de avec des conditions climatiques locales intéressantes. Les colons ou les résidents s'appropriant ces terres y faisaient travailler les habitants de la ville en tant qu'«engagés volontaires», donc une main-d'œuvre pas coûteuse. Ils commençaient à remplacer les arbres par les cultures de rente : cocotier pour l'exportation du coprah, le vanillier pour la vanille parfumée, le cananga odorata ou ylang-ylang pour l'huile essentielle de ses fleurs.

L'exploitation était d'abord basée sur la culture de la framboise, de girofle et de la canne à sucre. Cependant, vers la fin du siècle, toutes ces cultures dégringolaient, par manque d'entretien et d'exploitation. Les traces étaient visibles à la veille de la décolonisation, vers 1970, et au lendemain de l'indépendance aux Comores, en 1975.

Vers la fin du , les cultures vivrières remplaçaient les cultures de rente : manioc, banane, igname, patate douce

Mythe et légende Entre les abords de Sirimbuɗu et la mer se trouvent les traces d'un vieux bâtiment semi-légendaire aux allures effrayantes. Un bref regard posé sur ce vieil immeuble vous plonge déjà dans les secrets et mystères les plus profonds de ce bâtiment à l'abandon, regorgeant potentiellement d'histoires et légendes suscitant ainsi la curiosité de tout visiteur.

Il vivait, dans cet endroit, au XVIIIe siècle, Djamu-wa-Mfumtsanu, fille de Mlanao Mna Aziri, sultan de Bamɓao et de Mmadjamu wa Mɗombozi, parents du sultan et premier poète comorien Mɓae Trambwe. Elle était une femme de petite taille, mince, avec des cheveux crépus, de grands yeux rouges et de longs pieds hors normes, souvent vêtue en noir, expliquaient ainsi la plupart des vieillards notables de la ville sous l'arbre de N.N, Nkopve-Nkuhuru. Ils admettaient, en majorité, l'existence d'une femme réelle, bien visible, qui n'était ni un être de fiction ni un être de légende. La présence d'une mosquée, pour effectuer ses prières, à 100m de son domicile, en ruine, d'un point d'eau, pour ses toilettes et pour étancher sa soif, à 30m, ajoutée à ces deux preuves sa filiation parentale, autant d'indices confirmant l'existence physique de cette dame dans ce lieu obscur. ils affirmaient aussi qu'elle effectuait des voyages à travers les Îles, pour visiter ses familles, ses amies, telle que Djumɓe Fatima et passer quelques beaux temps au bord de la mer, pour écouter le bruit des vagues, le flottement des pirogues, qu'elle aimait tant ou pour se promener quelques fois le long du rivage.

Cependant, d'autres générations de notables plus jeunes, réunis dans leurs assemblées, évoquaient plutôt l'existence d'un être inapparent. Djamu-wa-Mfumtsanu, depuis qu'elle avait bravé l'interdiction de sortir le mercredi soir, changeait de formes, en devenant imperceptible. Aussi surprenant soit-il, ses échanges, ses communications avec l'extérieur s'établissaient désormais différemment, en présence d'un médiateur satanique, ou un négociateur de diables. La mauvaise réputation de ce lieu retentissait partout. Les habitants s'inquiétaient. Des scènes d'horreur se multipliaient, des cris réguliers des possédés s'entendaient des quatre coins de la ville au milieu des nuits «réveillez-vous, réveillez-vous, réveillez-vous, la ville est en danger, purifiez-la et protégez ses habitants !» Le lendemain, de peur d'encourir de malédiction et de malheur, le chef des chefs ordonnait immédiatement l'immolation des gros animaux.

C'est pour cela que les enfants de la ville, à chaque fois qu'ils se promenaient dans les environs de Sirimbuɗu, semblaient entendre des cris, parfois des gémissements ou des pleurs. Ceci restait ancré dans l'imaginaire collectif. Ils évitaient d'y aller dans les alentours de midi. Car c'est un moment à haut risque. Djamu-wa-Mfumtsanu sortait à midi lorsque les rayons du soleil tapaient le plus fort sur les têtes. Et elle se préparait les mardis pour sortir les mercredis loin des côtes de la ville. C'est pour cela aussi que les pêcheurs restaient chez eux la veille, de peur de la perturber dans sa préparation et partant l'énerver.

Légende Selon un récit populaire traditionnel, Msiru wa Mnambwani, à Moindzaza Mboini, serait un lieu habité par des djinns. Un site sacré, un plan d'eau, limpide, de ce lac..

Aussi, dans cette localité existait un arbre géant appelé Mri mhu, d'environ 10 mètres de long et 5 mètres de large avec un tronc spectaculaire. Cet arbre fétiche ressemblant au baobab en Afrique, se trouvait dans les parages du nouveau quartier Sana-Riadhi. Il était un emblème pour certaines catégories sociales de la ville. Sous cet arbre de vie, de prière et cérémonie, elles venaient sacrifier des animaux, y effectuer des offrandes pour leurs dieux, afin d'apaiser leur colère, leur demander certaines faveurs ou la réalisation de leurs vœux. Cet espace et son arbre sacré, jadis associés aux pratiques issues des religions traditionnelles africaines, sont remplacés dorénavant par d'autres pratiques monothéistes. Une mosquée antidjine y est construite en 2013.

Organisation sociale et politique Moindzaza-Mboini, s'organise comme suit :

Le maire (Comité local), il est chargé de la gestion de la commune, son budget (recettes et dépenses), dispose de la décision d'investir, du pouvoir de nommer ses membres et est garant de l'unité de la ville, sa sécurité et son ouverture.

Le chef de village, il est le représentant de l'autorité administrative locale et membre du conseil municipal (collabore étroitement avec le maire).

Les sont les réalisant les différents échelons jusqu'au grand mariage. Ils acquièrent le droit de prendre la parole dans les assemblées traditionnelles.

Les , ou « rois de la ville », sont les puissants qui détiennent le pouvoir, lequel le partagent désormais avec le maire.

Les se constituent des jeunes répartis dans les deux associations de la ville : BB-JAZZ et Nour-El-Watoine.

Géographie

Situation et composition de la ville Moindzaza Mboini se situe à Bamɓao ya Mboini, à 8,8 km au sud de Moroni et à 31 km de l'Aéroport international Moroni Prince Saïd Ibrahim, dans l'île de la Grande Comore. Il est exposé aux risques de la montée des eaux.. La ville est environnée de Bamɓao ya Djou au nord, Bamɓao ya Hari au centre ouest et de Salimani, village de la préfecture de Hamɓou au sud-ouest. Les villages partageant les frontières terrestres sont Ndrouani, à 1,09 km, dans le Bambao ya Mboini, Moindzaza Djoumbé, à 3,08 km, dans le Bamɓao ya hari et Salimani à 4,7 km, dans le Ntsinimoipanga, préfecture de Hamɓou.

La ville de Moindzaza Mboini se caractérise par ses sites archéologiques, sa forêt, ses plages et ses deux montagnes.. La première, Djongoni, offre une vue sur la mer, les différentes petites plages, le plan de la ville en bord de mer et sur les villages limitrophes, Ndrouani et Mɓachilé. Au sommet de la montagne, l'opérateur Comores Télécom, Huri, implante ses installations de télécommunications.. Au sommet de la seconde montagne, dite Mlimani, l'opérateur Telma installe ses réseaux.

Topographie

Quartiers La ville se compose de plusieurs quartiers classés ici selon leur ancienneté :

☆ Mrambwani, un des plus anciens quartiers, situé au sud de la ville, peuplé pour la plupart d'une communauté de pêcheurs traditionnels..

☆ Dzinɗani-Budju, situé aussi au sud, il figure parmi les plus historiques qui symbolisent la ville. vignette| Grande mosquée du vendredi, مسجد النهضة, à d'Igadju/Ben Omar A.A. ☆ Igadju-Saɗani, où se trouvent la grande mosquée du vendredi (Masdjidi Nahdha, مسجد النهضة), le C.F.I, centre de formation islamique, فجر الإسلام (Fadjri l'islam), la P.P Bangweni, ancienne place publique où se pensaient et se réalisaient toutes les activités de la ville, et l'ancienne bibliothèque.

☆ Mradju est le quartier accueillant l'un des endroits les plus importants de Moindzaza Mboini, Funimwamdji, devenu, au fil du temps, l'une des premières places de décontraction de la ville, renommée Turubini pour Tribune, fréquentée par les jeunes. C'est désormais un carrefour où l'on vient pour se relaxer, échanger et observer. Mradjuu accueille aussi le C.L.M, comité local de Moindzaza Mboini, en mairie décentralisée.

☆ Pareni-Djiniɓadju, quartier-route menant vers le FC de l'association Nour-El-Watoine, vers la troisième place de relaxation, de partage, de rencontre et d'échange près des petites plages de la ville et vers la mer..