Le Réveil du Nord, fondé en 1889 et disparu en 1944, est un journal quotidien français publié à Lille.

Histoire

Les années Delesalle (1889-1914) vignette|Caricature d’Édouard Delesalle, fondateur et premier directeur du Réveil du Nord, entouré, dans le sens antihoraire, par son rédacteur en chef Gustave Siauve-Evausy et son collaborateur André Pioteix, et par les leaders socialistes Jean Jaurès, Jules Guesde et Émile Basly (La Vie flamande illustrée, 31 janvier 1903).

Menés par le négociant en papiers peints Édouard Delesalle (1857-1917), des actionnaires mécontents du Progrès du Nord, un journal républicain lillois, décident de fonder un nouveau quotidienLacan, -2.. Lancé le , Le Réveil du Nord a pour premier rédacteur en chef Guillaume Cazes, dit A.-G. Claude, ancien rédacteur en chef du Progrès du Nord. Sous l'influence de ses fondateurs, francs-maçons et radicauxJoël Michel, « Syndicalisme minier et politique dans le Nord-Pas-de-Calais : le cas Basly », Le Mouvement social, avril 1974, (consultable en ligne sur Gallica)., la ligne éditoriale de ce nouveau journal est alors nettement radicaleLe Lillois, 10 novembre 1889, ..

En 1890, le tirage du Réveil est de exemplaires.

Au cours des années suivantes, le journal évolue vers le socialisme. En 1891, il soutient ainsi la candidature de Paul Lafargue au second tour d'une élection législative partielle. En 1892, il est subventionné par le syndicat des mineursOffice du travail, Les Associations professionnelles ouvrières, t. I, Paris, 1894, (consultable en ligne sur Gallica).. À partir de 1894, il se fait l'écho du Parti ouvrier français (POF) de Jules Guesde.

Entre 1895 et 1907, son rédacteur en chef est Gustave Siauve-Evausy. Dès cette époque, il a pour édition locale L'Égalité de Roubaix-Tourcoing. En , après les élections municipales, l'imprimeur du journal, Gustave Delory, est élu maire de Lille. Son second adjoint est DelesalleConseil municipal de Lille, registre des procès-verbaux des séances de l'année 1896, (consultable en ligne sur le site des Archives de Lille)..

D'abord partagé sur la position à tenir pendant l'affaire Dreyfus, le journal, déjà favorable à la révision du procès du capitaine Dreyfus, devient clairement dreyfusard dès le mois d'Janine Ponty, « La presse quotidienne et l'affaire Dreyfus en 1898-1899 : essai de typologie », Revue d'histoire moderne et contemporaine, avril-juin 1974, (consultable en ligne sur Gallica)., ce qui l'éloigne quelque peu de Guesde et le rapproche de JaurèsCatherine Moulin, « L'affaire Dreyfus, un insoluble rebus pour les guesdistes », Jean Jaurès : cahiers trimestriels, octobre 1995, -28 (consultable en ligne sur Gallica).. Delesalle est également favorable à la participation ministérielle, c'est-à-dire à l'appartenance du socialiste Millerand au gouvernement Waldeck-Rousseau. En 1900, l'hebdomadaire guesdiste Le Travailleur, qui avait été absorbé quelques années plus tôt par le Réveil, reprend sa parutionLéon de Seilhac, Le Monde socialiste : les partis socialistes politiques, les congrès socialistes politiques, les diverses formules du collectivisme, Paris, 1904, -176 (consultable en ligne sur Gallica).. L'année suivante, Delesalle et Siauve-Evausy sont définitivement exclus du POF et rejoignent les socialistes indépendants.

D'une guerre mondiale à l'autre (1918-1944)

Le journal cesse de paraître pendant la Première Guerre mondiale. Ses locaux sont réquisitionnés par les troupes allemandes, qui dérobent également les rotatives afin de les employer à l'impression de la Gazette des Ardennes à Charleville. Ce n'est donc qu'en que le journal peut reprendre sa publication, sous la direction d'Eugène Guillaume.

Les locaux du Réveil ont changé plusieurs fois d'adresse, passant du de la rue Léon-Gambetta, au de la rue de Fives puis au de la rue de Béthune avant l'acquisition, en 1909, d'un immeuble situé au bis de la rue de Paris. Détruit par un incendie le , il est reconstruit au cours des mois suivants.

En , pendant l'offensive allemande, le journal suspend une nouvelle fois sa publication. Il reparaît cependant dès le suivant et adopte une ligne éditoriale collaborationniste. Son éditorialiste, Auguste Leclercq, rédige ainsi 172 articles pro-allemandsLa Croix, 4 août 1946, .. Cette attitude vaut au journal d'être supprimé à la Libération. Ses biens sont alors repris par le Nord Matin d'Augustin Laurent.

Collaborateurs notables Guillaume Cazes, dit A.-G. Claude

Alexandre-Marie Desrousseaux, dit BrackeLouis Lévy, Comment ils sont devenus socialistes, Paris, 1951, (consultable en ligne sur Gallica). Eugène FournièreJustinien Raymond, « Eugène Fournière, » L'Actualité de l'histoire, octobre 1958, (consultable en ligne sur Gallica).

Notes et références

Voir aussi Bibliographie André Demaison, « Visites à la presse de province (VIII) : la presse du Nord », Revue des Deux Mondes, , -447 (consultable en ligne sur Gallica). Raymond Lacan, Cinq mois chez les collectivistes : mes déceptions, la juiverie, Lille, 1898, 32 p. (consultable en ligne sur Gallica). Liens externes Présentation du journal sur Retronews. Présentation du journal sur le site de la Bibliothèque municipale de Lille.

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