La libération de Vesoul aussi appelée bataille de Vesoul intervient le dans la préfecture haut-saônoise, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La ville est libérée par la d'infanterie US.

Contexte historique

Vesoul est prise par la Wehrmacht le et se retrouve en zone interdite, comme une majeure partie de la Franche-Comté. La ligne de démarcation n'est localisée qu'à au sud de Vesoul, à la frontière des départements du Jura et du Doubs.. Les Allemands mobilisent alors plusieurs bâtiments et lieux dans la ville en y implantant notamment un camp de prisonniers : le Frontstalag 141, installé dans les casernes du chasseur à cheval. Ce camp était dédié aux indigènes coloniaux de l'armée française et pouvait totaliser jusqu'à . La Kommandantur est placée dans la villa Louise (aujourd'hui renommée villa Armand-Schiber), imposant bâtiment situé avenue Aristide-Briand., non loin de l'hôpital Paul-Morel.

Au début de la guerre, les premiers mouvements de résistance à Vesoul apparaissent. En 1943, un véritable état-major est constitué avec pour chef de file Yves Barbier, responsable départemental du mouvement Défense de la France. Dans ses actions de résistance, il nomme un responsable des affaires civiles, le maire de Vesoul René Hologne, un responsable des affaires militaires, Paul Guépratte, inspecteur à la SNCF et un adjoint, Gaston Girard, inspecteur des contributions indirectes. La plupart d'entre eux mourront en déportation.

Les troupes américaines libérèrent, le , la ville de Besançon à au sud puis se dirigèrent vers Vesoul. Ils eurent toutefois des difficultés à traverser l'Ognon, affluent de la Saône, les Allemands ayant détruit les ponts du le secteur de Pesmes et de Marnay. Avant la libération, Vesoul est tenue par la et la divisions d’infanterie allemandes qui disposent à elles deux d'une quinzaine de canons.

Déroulement

Les Américains investirent Vesoul en début de journée du . Les armements allemands sont alors petit à petit éliminés : des canons situés dans le quartier du Transmarchement et des Rêpes sont détruits. Quelques combats ont lieu à La Motte et au carrefour du Transmarchement ; on y retrouva par la suite de nombreux corps de soldats américains et allemands. Vers 16h30, la ville est totalement libérée des armées allemandes.

Par la suite, les libérateurs, à bord de nombreux véhicules et tanks notamment, traversent le centre-ville en remontant la rue Paul-Morel et en passant devant l'hôtel de ville de Vesoul, sous l'acclamation des habitants. De précieux clichés photographiques sont pris par René Larcher, responsable d'un cabinet de photographie localisé devant la mairie et qui est en compagnie de son fils Michel Larcher sont pris à cet instant. D'autres clichés ont également été pris par Fernand Lecomte.

Sur ordre du comité départemental de Libération, Paul Heymes, le maire de Vesoul en poste, est arrêté à la Libération mais relâché le sans poursuite. Des habitants de la ville brulèrent dans la rue le drapeau d'Hitler tandis que d'autres brandirent le drapeau américain depuis les fenêtres de leurs habitations. Les troupes américaines se dirigèrent ensuite vers d'autres localités du département et libérèrent Luxeuil-les-Bains et Lure le . La libération de l'ensemble du département de la Haute-Saône s'est faite sur une période totale de .

Conséquences Le jour de la libération de la ville, le boulevard du maréchal Pétain, axe de circulation principal traversant le sud de Vesoul, est renommé boulevard Charles de Gaulle : des habitants de la ville arrachèrent alors les plaques de rue du boulevard afin de laisser place à son nouveau nom. Auparavant appelée boulevard de Besançon, cette voie avait été choisie lors d'une réunion du conseil municipal de Vesoul le pour porter le nom de Pétain. Pendant la guerre, Vesoul a été par ailleurs la première ville du département à donner le nom de maréchal Pétain à l'une de ses voies.. Bien qu'ayant visité plusieurs villes franc-comtoises suite après la Libération, le général de Gaulle ne vint que pour la première fois à Vesoul le ..

Postérité Une stèle rendant hommage aux soldats américains de la division tombés lors pendant les combats a été inaugurée le pour le anniversaire de la libération de la ville, en présence notamment du maire de Vesoul Alain Chrétien, du député européen Arnaud Danjean et de la famille d'un des soldats américains morts, Victor Casaretti.<ref>Inscription sur la stèle :

« A la mémoire des soldats américains de la INF DIV

SGT Arthur BAIRD Co H 2nd/143rd RGT PFC Edward KEARNS Co H 2nd/143rd RGT PVT Dominic RUSSO Co H 2nd/143rd RGT PVT Roy SANDERS Co H 2nd/143rd RGT PFC Barney WILKERSON Co F 2nd/143rd RGT PFC John NORRIS Co F 2nd/143rd RGT SSGT Weldon DOSSER Co A 1st/141st RGT PFC Arnold TYRA Co A 1st/141st RGT SGT Lyle KAUFMAN Co H 2nd/143rd RGT CPL Victor CASARETTI Co H 2nd/143rd RGT

Et leurs frères d'armes tombés au champ d'honneur pour la libération de la ville de Vesoul le

"LEST WE FORGET" "N'OUBLIONS PAS" » </center></ref>

Chaque année, la commune commémore la libération de Vesoul, en général sur la place des Allées, à proximité du monument aux morts, et le plus souvent assistée par le maire de Vesoul voire d'autres personnalités locales...

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Franck Manganiello. Je ne veux pas mourir même pour la France. Editions Maïa - Février 2026 (ISBN 9791042525118)

Articles connexes Chronologie de la Libération en France Libération de la France Histoire de Vesoul Frontstalag 141

Liens externes

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