thumb|100px|Propulseur sculpté du Mas d'Azil.|alt=

Dans le cadre de l'étude de l'art préhistorique, l'expression art mobilier (également appelé art des objets) désigne l'ensemble de la production par l'homme d'œuvres d'art (soit les artefacts qui peuvent aujourd'hui être considérés comme tels) sur objets de dimensions limitées, donc mobiles ou déplaçables (objets de parure, décoration d'objets utilitaires, statuettes).

Ce domaine est équivalent au allemand (littéralement le « petit art ») et au anglais.

De manière générale, le mobilier se distingue de la statuaire monumentale et de l'architecture, quoiqu'il concerne la « petite plastique » et la décoration.

Caractéristiques

Pour les préhistoriens, et en fonction du support matériel, l'art mobilier s'oppose à l'art pariétal (art des grottes ou cave art), à l'art rupestre (art sur rocher ou rock art) mais aussi à l'art sur bloc, moins facilement déplaçable.

L'art mobilier est très diversifié et comprend des objets sans fonction d'utilité évidente, comme les plaquettes gravées ou les Vénus, ainsi que des objets utilitaires décorés. Pour ces derniers, de façon schématique, le décor est d'autant plus élaboré que les objets étaient destinés à durer (lampes en terre gravées de signes, propulseurs, bâtons percés, etc.). Les objets à durée de vie brève (pointes de sagaies) ne portaient le plus souvent que des décorations simples, composées de motifs géométriques par exemple.

Le préhistorien Emmanuel Anati a recensé d'art mobilier dans le monde. La mondialisation de l'archéologie préhistorique dans la seconde moitié du n'efface pas son eurocentrisme initial, expliquant que plus de 80 % de ces objets . La perspective francocentrée (les savants français du faisant de la France le ) explique de même que .

Datation

La datation des œuvres d'art se heurte aux difficultés propres à l'art préhistorique. Les méthodes archéologiques de datation peuvent permettre de les associer avec des cultures ou des périodes particulières grâce à des datations directes et indirectes. La datation absolue qui s'applique plus rarement, utilise plusieurs techniques : radiodatation de certaines patines de traits gravés, datation au carbone 14 de matériaux organiques, de cristaux d'oxalate de calcium dans les biofilms se développant sur les peintures et gravures. La datation relative permet d'obtenir des fourchettes chronologiques en s'appuyant sur la combinaison des données concernant les contextes archéologiques (avec notamment la qui étudie la superposition des couches archéologiquesDatation des œuvres en contact avec des couches d'habitats datées, ou à la suite de l'obturation naturelle (effondrement) ou anthropique de cavité (accumulation de couches d’habitats)...), sur l'approche stylistique (typologie stylistique globale ou à caractère régional qui peuvent apporter une contribution aux analyses chronologiques) et la ...

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Romain Pigeaud, L'art paléolithique est-il un art pompier ? Ou comment l'abbé Breuil fit accepter l'art paléolithique, dans Un siècle de construction du discours scientifique en Préhistoire [ congrès préhistorique de France, Congrès du centenaire de la Société préhistorique française, Avignon 21-], 1, sous la dir. de Jacques Évin, Paris, Société préhistorique française, 2007, . Christian Servelle, Les relevés d'art mobilier lithique, dans L'art des objets au paléolithique [colloque international, Foix, le Mas d'Azil, 16-], 2, sous la dir. de Jean Clottes, Paris, Picard, 1990, . C. Bourdier, F. d’Errico, « Mobiliary Art, Paleolithic », in: Smith C. (eds) Encyclopedia of Global Archaeology, Springer, 2014

Articles connexes Art préhistorique Mobilier archéologique

Liens externes

Mobilier Catégorie:Histoire de l'art