Willie Jimmy, né le Fiche biographique, Parlement de Vanuatu, est un homme politique vanuatais. Figure majeure de la vie politique vanuataise des années 1990 aux années 2010, plusieurs fois ministre des Finances, il a été reconnu coupable en 2015 de corruption.

Biographie Il est étudiant au aux Fidji. Il entre au Parlement de Vanuatu à l'âge de 23 ans comme député de Port-Vila aux élections législatives de 1983, avec l'étiquette de l'Union des partis modérés (UPM).

En , comme la quasi-totalité des députés de l'UPM, il boycotte le Parlement pour protester contre l'autoritarisme du gouvernement de Walter Lini. Il perd de ce fait son siège de député. Le , le président de la République George Sokomanu déclare illégalement le Parlement dissous, annonce que des élections anticipées se tiendront en , et nomme un « gouvernement par intérim » mené par son neveu Barak Sopé. Willie Jimmy y participe. Il est en conséquence arrêté par la police, puis reconnu coupable de conspiration séditieuse pour sa participation à cet acte anticonstitutionnel. Il est condamné en février à trois ans de prison "Sope, Sokomanu guilty of mutiny and sedition", Pacific Islands Monthly, mars 1989, p.10. Il est toutefois acquitté par la Cour d'Appel en avril "Foreign press faces backlash", Pacific Islands Monthly, juillet 1989, p.45.

En 1991, après la première victoire électorale de l'UPM, il est nommé ministre des Finances dans le gouvernement de Maxime Carlot. Reconduit à cette fonction par le nouveau Premier ministre Serge Vohor en 1995, il est ensuite fait ministre des Affaires étrangères de 1996 à 1998.

Fait vice-Premier ministre dans le gouvernement de coalition de Donald Kalpokas en 1998, en 1999 il est en « conversation amiable » avec le journaliste Marc Neil-Jones dans une boîte de nuit lorsqu'un proche du ministre, en état d'ébriété, s'en prend physiquement au journaliste à coups de poing et avec une chaise avant d'être maîtrisé, en réaction à un article récent dans le journal The Vanuatu Daily Post. Jimmy aurait par la suite appelé Marc Neil-Jones au téléphone pour lui ordonner de ne rien écrire au sujet de l'incident, le menaçant de faire incendier les locaux du journal s'il n'obéit pas. Marc Neil-Jones publie dans son journal les menaces qu'il a reçues. L'affaire est relayée notamment par l'Agence de Presse des Îles du Pacifique (PINA) "Vanuatu publisher Neil-Jones tells of his struggle for a free press", Pacific Media Centre, 9 mai 2011 "Pioneering Vanuatu freedom paper Daily Post celebrates 5000 issues", Pacific Media Centre, Université technologique d'Auckland, 24 janvier 2017.

Willie Jimmy occupe divers ministères de 2003 à 2005, au gré de gouvernements changeant rapidement. Battu dans sa circonscription aux élections de 2008 "Veteran Vanuatu politician launches new party", Radio New Zealand, 26 juin 2012, il est l'ambassadeur de Vanuatu en république populaire de Chine de 2009 à 2012. De retour au Vanuatu en 2012, il fonde le Parti démocrate libéral de Vanuatu, appelant le pays à ouvrir davantage son marché au libéralisme économique Encyclopaedia Britannica, Britannica Book of the Year 2013, p.511. En 2013 il est nommé ministre des Finances dans le gouvernement de coalition de Moana Carcasses, mais celui-ci le limoge après un mois et demi, l'accusant de comploter contre lui avec l'opposition "Vanuatu cabinet minister, Willie Jimmy, dumped", Radio New Zealand, 10 mai 2013. Willie Jimmy rejoint alors immédiatement l'opposition parlementaire et signe une motion de défiance contre le gouvernement "No forgiveness in Vanuatu politics, says Jimmy", Radio New Zealand, 16 mai 2013. En , il réintègre le gouvernement Carcasses lorsque le Premier ministre lui offre le ministère du Tourisme, des Industries, des Commerces autochtones et du Commerce extérieur "Chaos reigns in Vanuatu politics, again", Radio Australia, 28 février 2014. Cette même année, il prend la défense publiquement de pasteurs chrétiens et de chefs coutumiers de l'île de Malekula qui ont assassiné deux hommes qu'ils accusaient de pratiquer la magie noire. Affirmant que la magie noire est réelle, Willie Jimmy dit à une journaliste que le meurtre des deux hommes est une bonne chose et soulagera leur communauté ; il suggère par ailleurs un retour aux pratiques des temps pré-coloniaux lorsque les chefs faisaient enterrer vivantes les personnes soupçonnées de méfaits "Vanuatu MP defends vigilante killings", Radio New Zealand, 27 novembre 2014.

En il devient à nouveau ministre des Finances, dans le gouvernement cette fois de Sato Kilman. En septembre, il est l'un des cinq ministres reconnus coupables de corruption. Étant le seul accusé à avoir plaidé coupable, il est le seul à ne pas être condamné à une peine de prison ferme, écopant de vingt mois de prison avec sursis, ainsi que d'une peine d'inéligibilité de dix ans "Vanuatu finance minister Willie Jimmy convicted in bribery case", Radio Australia, 7 septembre 2015 "Vanuatu MPs brought to tears by bribery sentences", Radio Australia, 22 octobre 2015 "Convicted Vanuatu MPs to appeal 10 year ban, says Willie Jimmy", Radio Australia, 8 décembre 2015 "Vanuatu court sentences 14 MPs to jail for corruption", BBC News, 22 octobre 2015. Il est gracié par le président de la République Tallis Obed Moses en "Veteran Vanuatu politician pardoned", Loop Vanuatu, 15 avril 2022, et est candidat malheureux à l'élection présidentielle en juillet "Election of Head of State", Parlement de Vanuatu, 23 juillet 2022.

Références

Catégorie:Ministre vanuatais des Finances Catégorie:Ministre vanuatais des Affaires étrangères Catégorie:Vice-Premier ministre du Vanuatu Catégorie:Ministre vanuatais du Commerce Catégorie:Ministre vanuatais du Tourisme Catégorie:Ministre vanuatais des Terres Catégorie:Ministre vanuatais des Infrastructures Catégorie:Personnalité politique condamnée pour corruption Catégorie:Personnalité politique condamnée à une peine d'inéligibilité Catégorie:Naissance en mars 1960 Catégorie:Ambassadeur du Vanuatu en Chine