Les élections législatives congolaises de 2023 ont lieu le en république démocratique du Congo (RDC), en même temps que l'élection présidentielle et les élections provinciales et municipales, afin de renouveler des de l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement de la république démocratique du Congo.
Le scrutin voit la victoire de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et de ses alliés, qui réunissent une large majorité des sièges favorable au président Félix Tshisekedi, lui même réélu à l'élection présidentielle. Membre de l'UDPS, Judith Tuluka Suminwa est nommée Première ministre le en remplacement de Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge. Elle devient à cette occasion la première femme à occuper cette fonction en RDC. Contexte Présidence de Félix Tshisekedi vignette|150px|gauche|Félix Tshisekedi Organisée après deux ans de reports successifs, la précédente élection présidentielle fin décembre 2018 voit Joseph Kabila céder la présidence à Félix Tshisekedi après 17 années au pouvoir.
La campagne est dominée par l'affrontement entre trois candidats : Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin désigné de Joseph Kabila, Félix Tshisekedi, fils du candidat malheureux au second tour de la présidentielle précédente Étienne Tshisekedi, ainsi que le candidat commun d'une partie de l'opposition, Martin FayuluTHÉODORE NGOY, MAURICE MASHEKE, MARIE-JOSÉ IFOKO…. INVISIBLES !.. Avec un peu plus de 38 % des suffrages selon les résultats officiels, Félix Tshisekedi devance Martin Fayulu, qui en recueille près de 35 %. Emmanuel Ramazani Shadary, candidat du parti du président sortant termine sur la troisième marche du podium avec 23 %..
Dès l'annonce des résultats, ceux-ci sont vivement contestés par Martin Fayulu, la Conférence épiscopale nationale du Congo annonçant par ailleurs que ces derniers ne correspondent pas aux résultats collectés par ses observateurs sur le terrain. Une fuite de documents de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) vient le étayer ces affirmations. Entre-temps, les résultats des élections législatives sont proclamés en avance, donnant une très large majorité des deux tiers des sièges de l'assemblée à la coalition du gouvernement sortant, le Front commun pour le Congo, augurant une cohabitation rendant en partie caduque l'alternance.
Le gouvernement est accusé d'avoir, devant l'impossibilité de faire élire son candidat, choisi de faire gagner le candidat de l'opposition le moins hostile au régime. Un accord aurait ainsi été conclu entre Tshisekedi et Kabila, attribuant au premier la présidence, et au second le contrôle du gouvernement et de plusieurs secteurs régaliens via une mainmise sur l'Assemblée nationale et les provinces. Le contrôle de ces dernières, dont les membres procèdent à l'élection trois mois plus tard d'un Sénat acquis au président sortant permet à Joseph Kabila, sénateur à vie, de conserver une grande partie du pouvoir. En , après rejet des recours, Félix Tshisekedi est proclamé vainqueur de l'élection présidentielle par la Cour constitutionnelle, et prête serment. Il devient ainsi le cinquième président du pays, et le premier à accéder au pouvoir par le biais d'une alternance pacifique..
Félix Tshisekedi subit pendant près de deux ans les pressions du Front commun pour le Congo de Joseph Kabila, la présidente de l'Assemblée nationale Jeannine Mabunda Lioko allant jusqu'à le menacer à plusieurs reprises de destitution...
vignette|redresse|Territoires sous contrôle rebelle dans le Kivu Contrairement aux attentes, c'est finalement le Front commun pour le Congo qui finit par se désintégrer au profit de Félix Tshisekedi, qui annonce le 20 décembre 2020 la fin de l'alliance avec sa propre coalition, Cap pour le changement. Il parvient ainsi à provoquer le changement de bord de plusieurs centaines de parlementaires en capitalisant sur les nombreuses erreurs politiques de Kabila. Connu pour son mutisme, l'ancien président multiplie en effet les marques de déconsidération envers les cadres de son parti, auxquelles s'ajoute le choix discutable de Sylvestre Ilunga pour Premier ministre, privilégiant ainsi un novice face aux caciques du parti. Fort des moyens de la présidence Félix Tshisekedi rallie à lui l'essentiel des déçus de Kabila au sein d'une nouvelle coalition, l'Union sacrée de la nation, mettant ainsi fin à la période de cohabitation. Le 26 avril 2021, il nomme Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, qui forme un gouvernement acquis à la mouvance présidentielle.
Situation dans le Kivu
En raison du conflit dans l'Est du pays entre les forces gouvernementales et plusieurs groupes rebelles dont notamment le Mouvement du 23 mars (M23) appuyé par l'armée rwandaise ainsi que les Forces démocratiques alliées (FDA), plusieurs zones des régions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ne peuvent pas prendre part au vote..
Le conflit provoque le déplacement de dizaines de milliers de civils et alimente les tensions de longue date entre la RDC et le Rwanda, sous fonds de désengagement à venir de la Monusco.. Début décembre, à l'approche du scrutin, Félix Tshisekedi va jusqu'à accuser le président rwandais Paul Kagame de visées expansionnistes, le comparant au dirigeant nazi Adolf Hitler tout en lui promettant qu'il ..
Deux candidats aux législatives, Sadiki Espoir Ndabuye et Joseph Kasongo Tshomba, sont notamment tués en décembre 2023 dans le Sud et le Nord-Kivu..
Mode de scrutin
La république démocratique du Congo (RDC) est dotée d'un parlement bicaméral composé d'une chambre haute élue au scrutin indirect, le Sénat et d'une chambre basse élue au suffrage universel direct, l'Assemblée nationale.
Cette dernière, la seule concernée par ces élections, est composée de 500 sièges dont les membres sont élus pour cinq ans selon un système mixte. 62 députés sont ainsi élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions, tandis que les 438 députés restants sont élus au scrutin proportionnel avec listes ouvertes et vote préférentiel dans 119 circonscriptions plurinominales. Un seuil électoral de 1 % des suffrages exprimés au niveau national est appliqué, après quoi la répartition des sièges est faite selon la méthode du plus fort reste, qui tend à favoriser les petits partisREPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO Assemblée nationale Union InterparlementaireANNEXES A LA LOI PORTANT ADOPTION DE LA REPARTITION DES SIEGES PAR CIRCONSCRIPTION ELECTORALE POUR LES ELECTIONS LEGISLATIVES CENI.. Les candidats qui parviennent à obtenir la majorité absolue dans une circonscription au scrutin majoritaire peuvent cependant conserver leur siège même si leur parti n'a pas atteint le seuil électoral...
Les listes étant dites ouvertes, un électeur votant pour la liste d'un parti a la possibilité d'utiliser un vote préférentiel pour le nom d'un seul candidat afin de faire monter sa place dans la liste pour laquelle il se présente, la répartition des sièges obtenus par ces dernières se faisant par la suite selon la méthode dite du plus fort reste.
Analyse Le scrutin connaît d'importants problèmes d'organisation qui retardent l'heure d'ouverture de la plupart des bureaux de vote, au point de forcer le gouvernement congolais à prolonger le vote jusqu'au 21 décembre dans les bureaux de vote concernés... Selon certains observateurs, il se serait même poursuivi jusqu'au 27 décembre dans certaines localités.. Le 24 décembre, l'archevêque de Kinshasa Fridolin Ambongo Besungu qualifie ainsi le scrutin de ..
En janvier 2024, la commission électorale congolaise (Céni) dénonce des fraudes, des actes de vandalisme, des intimidations d'électeurs et des utilisations illégales de machines de vote. La Céni décide en conséquence l'annulation du scrutin dans plusieurs circonscriptions, concernant notamment trois ministres du gouvernement sortant et quatre gouverneurs provinciaux. Prévue le 3 janvier, l'annonce des résultats est également repoussée par la Céni, l'important travail de compilation étant retardé par le traitement des recours pour fraudes. La répartition des sièges aux seuls partis ayant franchi le seuil de 1 % des suffrages exprimés au niveau national retarde également leur publication, la totalité des suffrages devant être traités avant l'annonce de la liste des candidats élus députés. Les résultats sont particulièrement attendus par la coalition de l'Union sacrée menée par l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de Félix Tshisekedi, le président sortant étant sorti vainqueur de l'élection présidentielle...
Résultats