Les conscriptions confédérées de 1862 à 1864 sont une série de mesures prises par le gouvernement confédéré afin de se procurer la main-d'œuvre nécessaire au combat lors de la guerre de Sécession.

La première loi sur la conscription, votée le , permet à tout homme blanc âgé de 18 à d'être passible de trois ans de service militaire. Le , la seconde étend la limite d'âge à 45 ans. La troisième, votée le , la repousse à , avance l’âge minimal à , pour un service d'une durée illimitée.

À l'origine, toute personne recrutée pouvait embaucher un remplaçant, une mesure fortement critiquée et abolie le . De plus, une loi du crée des occupations réservées exclues du projet. Le , une nouvelle loi d'exemption, bientôt surnommée la « loi des vingt nègres » est approuvée. La troisième conscription limite le nombre d'occupations réservées, mais bien que très critiquée, elle conserve la « loi des vingt nègres » sous une forme modifiée. Afin d'encourager le volontariat, la première loi permet aux régiments existants d'élire de nouveaux officiers. Le troisième acte autorise également l'élection d'officiers dans les régiments formés par les nouveaux groupes d'âge entrant dans le service militaireCe lien mène à un résumé de l'article, les citations se trouvent dans le texte principale..

Les débats sur la conscription reflétaient la lutte politique dans la Confédération entre ceux qui considéraient ces actes comme d'autres exemples de la menace à la liberté posée par la centralisation du pouvoir, et la suspension de l'habeas corpus. Leurs opposants y voyaient un exécutif central fort et des mesures essentielles pour préserver l'indépendance du Sud.

Plusieurs États ont adopté des législations contre ces mesures, en plus de simplement se cacher, les conscrits ont violemment résisté aux agents de conscription du gouvernement confédéré, reflétant des conflits similaires dans le Nord, notamment lors des émeutes de la conscription de New York. Certains comtés furent même sécession de la Confédération, se déclarant appartenant au gouvernement de l'Union, en 1864 le projet du Sud était devenu pratiquement inapplicable.

Contexte vignette| Deux frères du 34th North Carolina Infantry Regiment qui se portèrent volontaires au printemps 1861. En , environ la moitié de ceux qui s'enrôle dans l'armée provisoire des États confédérés le font pour une période de trois ans, les autres pour douze mois seulement. En décembre, alors que la guerre était loin d'une éventuelle fin, les autorités confédérées firent face à la perte de 148 régiments, soit près de la moitié de leur armée, lorsque leurs enrôlements prirent fin en Cline 2014, p. 16..

En décembre, le Congrès confédéré tente d'inciter au réengagement en offrant des primes, un congé de soixante jours et la possibilité de rejoindre de nouveaux régiments avec de nouvelles élections d'officiers. Robert Lee déclara cet acte désastreux et soutenu que la conscription obligatoire était essentielle pour gagner la guerre. En , le Congrès promulgue la première loi sur la conscription de toute l'histoire américaineMcPherson 1990, pp. 429-430..

Admissibilité au service militaire La loi du "An Act to further provide for the public defence", voté le 16 Avril 1862 (Mathews 1862, pp. 29-32). rend tous les hommes blancs, âgés de 18 à 35 ans, disponibles pour le service militaire pendant trois ans. Les volontaires d'un an voient leur période d'enrôlement prolongée de deux ans. Le projet serait administré par le secrétaire confédéré à la guerre qui établirait des projets de quotas pour les différents États de la Confédération. Le "An Act to amend an Act entitled 'An Act to provide further for the public defence" voté le 27 septembre 1862 (Mathews 1862a, p. 62)., le Congrès étend la limite d'âge à 45 ans, le "An Act to organize forces to serve during the war," voté le 17 février 1864. (Mathews 1864, pp. 211-215)., tous les hommes blancs, âgés de 17 à 50 ans deviennent disponibles au service militaire pour une durée illimitée (« pour la guerre »), bien que les 17 à 18 ans et les 45 à 50 ans, constitueraient une réserve de défense de l'État, ne servant pas en dehors de leur État de résidenceWhite 2011, pp. 542-544, 547..

Substitution au service militaire Toute personne enrôlée pour le service militaire avait le droit d'engager un homme pour servir à sa place. Le remplaçant ne pouvait pas être une personne disponible pour le service militaire en vertu de la loi sur la conscription et devait être apte au service. Cette disposition fut fortement critiquée et finalement abolie par le Congrès le "An Act to prevent the enlistment or enrollment of substitutes in the military service of the Confederate States" voté le 28 décembre 1863 (Mathews 1864, p. 172).. Le "An Act to put an end to the exemption from military service of those who have heretofore furnished substitutes" voté le 5 janvier 1864 (Mathews 1864, p. 172)., ceux qui avaient embauché des remplaçants devinrent éligibles à la conscriptionWhite 2011, pp. 543-544..

Exemptions au service militaire gauche|vignette| Soldat mineur Afin de soutenir une société civile et de maintenir la production de munitions de guerre, une loi du "An Act to exempt certain persons from enrollment for service in the armies of the Confederate States." voté le 21 avril 1862 (Mathews 1862, pp. 51-52). exempte de la conscription les personnes exerçant un certain nombre de professions dites « réservées ». Parmi les personnes exemptées figuraient des fonctionnaires confédérés de l'État, des ministres chrétiens, des professeurs et des enseignants, des pharmaciens, des préposés aux hôpitaux, des ouvriers des mines, des fonderies, des usines de coton et de laine. Le "An Act to exempt certain persons from military service, and to repeal an act entitled 'An Act to exempt certain persons from enrollment for service in the army of the Confederate States' approved April 21, 1862." voté le 11 octobre 1862 (Mathews 1862a, pp. 77-78)., un nouvel acte d'exemption est approuvé, parmi d'autres changements il exempte aussi les surveillants sur des plantations de plus de 20 esclaves. Lorsque, le , le Congrès étend la conscription aux hommes de 50 ans, il limite aussi le nombre d'occupations réservéesWhite 2011, pp. 545, 547..

Élection des officiers vignette| Fitzhugh Lee fut élu colonel de la cavalerie de Virginie lors des élections mandatées par la première loi sur la conscriptionRamage 2010, p. 45.. L'un des objectifs de la loi de 1862 est d'encourager le bénévolat, par conséquent chaque régiment existant est autorisé à élire de nouveaux officiers, 40 jours après l'entrée en vigueur de la loi. Les hommes éligibles peuvent se porter volontaires dans un régiment de leur choix et participer à l'élection des officiers, à condition de le faire dans les 40 joursWhite 2011, p. 542..

Des directives similaires furent émises concernant les nouvelles catégories d'hommes éligibles au service militaire en vertu de la loi du (voir ci-dessus). Ils pouvaient dans les 30 jours, à l'est du Mississippi, et dans les 60 jours à l'ouest, former des compagnies de volontaires et élire leurs propres officiers, et ainsi servir comme minutemen. Ceux qui ne se porteraient pas volontaires étaient toujours formés en compagnies et en régiments, élisant leurs propres officiers.

Débat sur la conscription La première proposition pour une conscription confédéré est venue de Robert E. Lee. Avec l'approbation du président Jefferson Davis, Lee chargea le capitaine Charles Marshall de son état-major de rédiger le texte d'un projet d'acte de conscriptionThomas 1997, p. 219.. Le président Davis pensait qu'un projet était la seule solution disponible à la crise des effectifs militaires confédérés. Le recrutement militaire obligatoire garantirait également que la défense du Sud concerne tous les citoyens, et pas seulement les membres les plus patriotes de la sociétéCline 2014, pp. 16-17.. Mais tous les membres du Congrès confédéré n'étaient pas d'accord avec le président. Le sénateur Texan William Simpson Oldham, affirma que le projet remettrait en question le courage et l'individualisme des peuples du Sud, tout en menaçant la société du Sud d'une centralisation militaire et d'un despotisme aux proportions européennesCooper 2001, p. 499.. Mais l'urgence militaire permit au projet de passer facilement dans les deux chambres, et il devenu loi le Cline 2014, p. 17..

La première loi sur la conscription a également été sévèrement critiquée par de nombreux adeptes de la « démocratie jeffersonienne » en dehors du Congrès. Parmi eux se trouvait l'un des critiques les plus endurés de la centralisation du pouvoir par le gouvernement confédéré pendant la guerre de Sécession, le gouverneur Joseph E. Brown de Géorgie. Il considérait la loi comme inconstitutionnelle, puisque la Constitution confédérée n'accordait pas explicitement au gouvernement le pouvoir d'introduire le service militaire universel. Selon James M. McPherson, le président Davis répondit à ses critiques par des arguments fédéralistes traditionnels : la conscription était « nécessaire et appropriée » afin d'effectuer le mandat constitutionnel du gouvernement et d'assurer la défense communeMcPherson 1990, p. 433.. D'autres, comme le gouverneur de l'Alabama, John Gill Shorter, critiquèrent le projet pour des raisons morales ; la cause du Sud ne pouvait être sauvée que par les sacrifices d'hommes épris de liberté. Pour un sénateur du Texas, Louis Wigfall, un tel discours était insensé : « Nous devons avoir des bataillons puissants »Rable 1994, p. 139..

La deuxième loi sur la conscription passa rapidement le Congrès; introduit le , elle fut adoptée le . Seuls les sénateurs Oldham du Texas et Orr de Caroline du Sud votèrent contre au Sénat. Bien que le Texan Caleb Herbert ait sévèrement dénoncé l'acte à la Chambre, deux de ses collègues remirent en question sa légitimité à parler au nom du Texas entier et soutinrent que le peuple de le Confédération comprenait la nécessité d'un tel projet et que le temps des doutes constitutionnels était révolu depuis longtemps. Le troisième acte de conscription du fut adopté sans opposition sérieuse. Même si d'autres comme le sénateur Texan Wigfall exigèrent un projet encore plus étendu. En dehors du Congrès, cependant, la clameur contre la conscription atteignit de nouveaux sommets. Le vice-président Alexander Stephens, soutenu par Robert Toombs, déclarera le projet inutile et inconstitutionnelRable 1994, p. 155, 248-349..

Le débat sur la conscription n'était qu'une facette de la lutte politique dans la Confédération entre les détracteurs du pouvoir centralisé, qui considéraient la conscription, la suspension de l'habeas corpus et d'autres actions du gouvernement confédéré comme une menace pour les libertés fondamentales; et les défenseurs de ces actions, qui y voyaient un gouvernement central fort, et surtout un exécutif puissant, comme essentiel pour le maintien de l'indépendance du Sud face aux grandes armées de l'Union bien décidées à la détruireRable 1994, p. 140.. La plupart des critiques avaient leur base politique dans des États comme la Géorgie ou la Caroline du Sud par exemple, assez éloignés des plus importantes opérations militaires (au début de la guerre uniquement). Les défenseurs les plus rigoureux d'une législation militaire forte, en revanche, étaient des membres du Congrès et des sénateurs élus du Kentucky et du Missouri, pratiquement exilés de leurs États d'origine occupés par l'Union et sévèrement divisésCooper 2001, p. 498..

Résistance à la conscription gauche|vignette| Tirage confédéré anti-conscription