L'enceinte médiévale de Castets est un site archéologique occupé sur une longue période, situé dans la commune de Bougue, dans le département français des Landes, en Nouvelle-Aquitaine. Le site de Castets, à la rencontre de deux grands territoires et pays, est fréquenté et façonné par l'Homme depuis des millénaires. Sa position et son relief particulier, son occupation très ancienne et la concentration de mottes castrales en font un site archéologique d'intérêtSite archéologique de Castets, panneaux de présentation réalisés par le Parc Naturel Urbain du Marsan, coécrits par Bertrand Parinet, Laurent Abadie, Jeanne-Marie Fritz, Jean-François Moulian, consultés sur site le 5 février 2023. . Il a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du . Consulté le 7 août 2023.
Situation Le site de Castets marque la limite entre deux pays, les Landes de Roquefort au nord et le pays de Marsan au sud. Il est constitué d'un éperon barré (tuc en gascon), bordé au nord par le Midou et au sud par le Ludon, qui se rejoignent à l'ouest au niveau de la confluence.
Historique Les données archéologiques restent partielles : quelques sondages réalisés par Philippe Gardes, chercheur à l'INRAP, en 1991-1992 attestent d'occupations protohistoriques puis médiévales, avec une succession de quatre mottes castrales et enceintes intégrées dans des réseaux défensifs qui témoignent d'une chronologie complexe.
Le site naturel et historique de Castets a été inauguré le en tant qu'élément du Parc naturel urbain du MarsanLe Parc Naturel Urbain du Marsan comprend : à Bostens : airial Larousse et sa ferme traditionnelle landaise à Bougue : enceinte médiévale de Castets à Gaillères : site de Massy avec un étang de pêche et un parcours botanique à Laglorieuse : zone humide aménagée à Mont-de-Marsan : les berges aménagées de la Midouze. Il permet de réaliser des randonnées et offre aux visiteurs sentiers fléchés et panneaux d'explications.
Description Formation naturelle apparue il y a plusieurs millions d'années, cet étroit plateau propose un relief favorable à l'occupation humaine. L'éperon, d'un dénivelé de 30 mètres, constitue une forteresse naturelle. Par le passé, le site devait être beaucoup plus ouvert, avec de nombreux points de vue sans aucun arbre, et occupé de manière régulière.
Histoire Paléolithique La présence humaine sur ce site remonte au Paléolithique supérieur. La trace d'activité humaine la plus ancienne sur le site peut être datée d'environ grâce à la découverte d'outils en silex.
Néolithique Dès le Néolithique, des tumulus sont érigés, modifiant sensiblement le paysage. Des tessons de céramique, de production locale et d'importation, trouvés à plusieurs endroits sur le plateau, témoignent des différentes phases d'occupation.
Âge des métaux C'est à l'Âge du bronze récent que l'on attribue la toute première occupation structurée du site (traces d'habitat de bois et de terre). Ses habitants ont profondément modifié et façonné l'ensemble pour des raisons probablement défensives. La première réalisation majeure est le fossé orienté nord-sud qui, en barrant l'éperon, isole et protège un espace de à l'ouest du plateau. Ce type d'aménagement, appelé éperon barré, est l'une des premières manifestations de fortifications humaines connues. Sa date de construction correspond probablement aux premières traces d'habitat reconnues, à la fin de l'Âge du bronze ou au début de l'Âge du fer (entre le ). Des vestiges indiquent que la fréquentation du plateau s'est poursuivie jusqu'au , puis il faudra attendre plusieurs siècles et l'apparition des premières fortifications médiévales pour retrouver une activité humaine certaine.
Moyen-Âge Le Moyen-Âge voit l'édification de nombreuses mottes castrales : en plus des quatre mottes identifiées à Castets (deux mottes principales, chacune associée à une motte secondaire, dont une avec une basse-cour), on en recense cinq autres dans les environs immédiats, dont celles du bourg, de Pellé, de Meignos et d'Agos. La quantité et la répartition des mottes témoignent de la forte volonté de maitriser les principales voies d'accès, route et cours d'eau (le Midou principalement)Bâtie au , la maison forte de Tampouy a également pour fonction principale de surveiller le Midou plus en amont sur la commune du Frêche à la fin du .
Elles sont aussi représentatives des luttes d'influence entre les différents seigneurs de Bougue, d'Agos et de Meignos. Entre le et le , des fossés, talus et chemins en creux sont aménagés sur le pourtour du site. Des constructions de cette époque, il ne reste que les levées de terre, les autres éléments de construction, tels que le bois, n'ont laissé aucune trace.
À l'est du site, on peut distinguer les traces de construction de la bastide de Castetcrabe, ordonnée par le roi-duc Edouard I d'Angleterre en 1275 et qui n'a jamais été achevée. Le nom de Castetcrabe, autrement dit le « château des chèvres », sous-entend l'existence d'une fortification associée à cette bastide. Les deux mottes à proximité du fossé pourraient en être les vestiges. L'absence de toute trace de cette bastide témoigne de son rapide déclin, probablement dû au trop grand éloignement du site des circuits commerciaux, mais également à une résistance et une pression exercées sur les populations environnantes par le vicomte et la vicomtesse de Marsan, qui n'avaient pas été consultés.
Époque contemporaine thumb|Source du Curé, longtemps utilisée par les habitants pour leur approvisionnement en eau potable.
Plus près de nous, le site comprend plusieurs sites d'extraction de pierres, vraisemblablement exploitées à la fin du pour l'aménagement de voies ferrées autour de Mont-de-MarsanVoir la gare de Mont-de-Marsan, mise en service en 1857. Aujourd'hui abandonnées, ces carrières sont colonisées par des plantes, dont certaines espèces invasives (raisin d'Amérique, robinier faux-acacia, érable negundo, etc.). Une ancienne ferme occupe toujours le plateau. Servant jadis à l'agriculture vivrière et à la production de vigne, elle est progressivement remplacée par une pinède, qui fut ravagée par la tempête Klaus en 2009.
On relève également la présence de la source du Curé, dont les petits bassins révèlent la richesse du site en fossiles de mammifères terrestres et marins. On ne trouve aucune trace de culte ou de vertu miraculeuse associée, comme cela est fréquent avec les fontaines des Landes. Enfin, il est probable que la grotte du Loup surplombant le Midou ait servi de cache d'armes pendant l'occupation de la France par l'Allemagne.
Faune et flore Occupé en grande partie par des espaces naturels forestiers, le site de Castets recèle néanmoins de nombreux milieux différents, tant d'un point de vue structurel (prairies, landes, arbres) que liés à la nature du sol (calcaire, argileux, humide, sec, etc.).
Les inventaires écologiques permettent de recenser 25 habitats naturels différents. De superficies relativement restreintes (de l'ordre de quelques mètres carrés pour certains), ces zones de vie naturelles confèrent néanmoins au site un intérêt écologique certain en raison de la biodiversité présente.
La chênaie dominant le site de Castets présente des faciès variables en fonction du relief et du sol : en haut de pente : chênaie-charmaie avec fragon (Ruscus aculeatus), ormes (Ulmus) et houx (ilex aquifolium), en bas de pente : chênaie-frênaie avec érables (Acer), noisetiers (Corylus), ormes (Ulmus) et laîches des bois (Carex sylvatica) sur le secteur nord (vallée du Midou) : caractère plutôt montagnard avec la véronique des montagnes (Veronica montana), le grand boucage (Pimpinella major), la molène noire (Verbascum nigrum) ou encore le gaillet des bois (Galium sylvaticum).
L'essence dominante reste le chêne pédonculé (Quercus robur) associé au charme (Carpinus betulus). Plusieurs espèces animales patrimoniales y sont inventoriées et y effectuent tout ou partie de leur cycle de vie (chauves-souris et insectes décomposant le bois pour s'en nourrir). La conservation des vieux arbres sur pieds et du bois mort constitue un enjeu majeur pour leur préservation.
La préservation des populations de chauves-souris est un des enjeux forts du site. Il concerne exclusivement les espèces arboricoles qui trouvent dans les vieux boisements des gîtes très favorables pour assurer la mise-bas et l'éducation des jeunes. La présence d'au moins une colonie de reproduction de murin d'Alcathoe (Myotis alcathoe) confère déjà à ce lieu une importance particulière, puisque cette espèce forestière mal connue est considérée comme une préoccupation majeure par le plan régional d'action pour la sauvegarde des chauves-souris. Le site de Castets constitue le troisième site de la Nouvelle-Aquitaine où la reproduction est avérée et le premier dans le département des Landes.
Parmi les espèces d'oiseaux inventoriées (et quasiment toutes protégées), trois présentent un enjeu plus important en termes de conservation : l'engoulevent d'Europe (Caprimlugus europaeus), le milan noir (Milvus migrans) et le martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis). Les trois sont inscrites à l'annexe I de la Directive Oiseaux, et relèvent donc d'une protections à l'échelle européenne. La lande centrale sur le plateau, ainsi que les multiples milieux forestiers du site constituent de remarquables postes d'observation de ces espèces aviaires.
Les relevés botaniques effectués dans le cadre du plan de gestion écologique ont permis de recenser 250 espèces de plantes à fleurs et à graines (phanerogames), 56 de mousses (bryophytes), 46 de lichens, 80 de champignons. Parmi celles-ci, on compte notamment : une dizaine d'espèces invasives à surveiller, telles que le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacial), l'érable negundo (Acer negundo) et le raisin d'Amérique (Phytolacca americana) ; deux espèces qui bénéficient d'une protection régionale ou nationale : la laîche fausse brize (Carex brizoides) et le millepertuis des montagnes (Hypericum montanum) ; treize espèces présentant un intérêt pour leur rareté.
Concernant la faune, trois espèces d'insectes appartenant aux ordres des libellules (odonates) et des scarabées (coléoptères) bénéficient d'un statut de protection national et international. Il s'agit de l'agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale), du lucane cerf-volant (Lucanus cervus) et du grand capricorne (Cerambyx cerdo).
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Articles connexes Liste des mottes castrales et châteaux à mottes Liste des monuments historiques des Landes Histoire des Landes
Liens externes
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