The Exploration Company (abrégé TEC) est une entreprise européenne franco-allemande constructeur de véhicules spatiaux fondée en 2021. Basée à Munich et au Haillan (Gironde), la société développe, construit et exploite la capsule spatiale Nyx, un véhicule cargo devant à terme évoluer pour transporter des astronautes, ainsi que plusieurs propulseurs et moteurs-fusées.
Historique
The Exploration Company a été fondée en par Hélène Huby, PDG et ex-Airbus, accompagnée par un groupe d'ingénieurs spatiaux qui avaient travaillé ensemble sur des programmes spatiaux européens chez Airbus et ArianeGroup, dont les programmes Véhicule de transfert automatique (ATV) et son successeur ESM (module de service du vaisseau Orion). En , l'entreprise lève 5 millions d'euros.
En , The Exploration Company est un des lauréats du volet spatial du plan d'investissement d'avenir France 2030 pour son travail sur son moteur au méthane liquide.. L'entreprise est à nouveau un des lauréats du volet spatial en pour son projet DEMARLUS..
En , l'entreprise annonce une levée de fonds de 40 millions d'euros pour développer sa capsule Nyx, bouclée avec succès, ce qui en fait la plus grosse série A du secteur en Europe.. Le , The Exploration Company a remporté un contrat de l'Agence spatiale européenne (ESA) pour étudier des solutions pour les futurs véhicules spatiaux européens à usage unique ou réutilisables, couvrant les applications micro-mini, moyennes, lourdes et habitées. Au total, l'ESA a attribué quatre contrats sur ce thème. Les trois autres sont attribués aux sociétés ArianeGroup, Avio et Sener. Ces quatre contrats sont destinés à contribuer à la réalisation de la Vision 2030+ de l'ESA, initiée en 2021, et qui vise à créer des vaisseaux de soutien petits, moyens et lourds basés sur un ensemble commun de modules réutilisables et standardisés. En , l'entreprise annonce un accord avec Axiom Space pour le ravitaillement en fret de sa station sous forme de pré-contrat soumis à la validation de jalons technologiques lors du développement de son vaisseau..
Fin , Starlab Space LLC, responsable du projet de station spatiale privée Starlab Space Station, attribue à The Exploration Company trois missions de ravitaillement en fret de sa station.. En , Vast attribue à The Exploration Company une mission de ravitaillement en fret de sa station spatiale privée Haven-2.. En , l'entreprise lève 150 millions d'euros, portant ses levées de fonds à 215 millions d'euros depuis sa création en 2021..
En l'entreprise est évaluée à 500 millions d'euros, une introduction en bourse est envisagée une fois la première mission de ravitaillement accomplie..
En , The Exploration Company remporte le contrat du programme LEO Cargo Return Service (LCRS) de l'ESA (équivalent du programme COTS de la NASA).
Véhicule spatial Nyx Caractéristiques Le véhicule Nyx est un modèle classique, composée d'un module de service cylindrique et d'une capsule spatiale conique (en dôme, bombée, afin d'augmenter le volume utilisable), seule capable de rentrer sur Terre. Il mesure 4 mètres de diamètre pour une masse totale de 8 tonnes. Bien que les premières missions de l'entreprise soient des missions de fret, Nyx est conçu pour pouvoir finalement transporter des humains.
Les interfaces de Nyx sont ouvertes et son système d'exploitation est un logiciel open source, pour permettre à la clientèle de faciliter le développement de leurs technologies et applications embarquées. La capsule Nyx est de nature modulaire avec plusieurs options de configuration pour différents objectifs de mission et destinations, tout en étant indépendante du lanceur. The Exploration Company vise également un modèle durable et écologique : Nyx est réutilisable (jusqu'à cinq fois), doit pouvoir être ravitaillé en orbite et doit utiliser des ergols verts comme du peroxyde d'hydrogène concentré () et du bio-méthane. Ce dernier ergol doit alimenter le moteur Huracán en cours de développement, qui doit pouvoir être produit à plus de 80% par impression 3D..
Nyx Earth Il doit être capable d'emporter de charge utile en orbite terrestre basse pendant 6 mois maximum, répartis en de fret pressurisé et 100 kg de fret non pressurisée à bord de la capsule qui seront renvoyées sur Terre, le module de service du véhicule devant être capable de transporter de fret non pressurisé. Nyx doit pouvoir voler librement jusqu'à six mois, afin d'emporter des expériences, et doit pouvoir s'amarrer à des stations spatiales afin d'y livrer du fret.
Nyx Earth sera contrôlé par des propulseurs hypergoliques DS250 d'Agile Space, d'une poussée de vraisemblablement 250 N, fonctionnant grâce à des biocarburants. Agile Space a remporté ce contrat grâce à leur rapidité appréciée par TEC: ce propulseur a été testé 10 semaines après le début de sa conception, avant les 3 mois demandés.
Le vaisseau Nyx répond aux critères du programme LEO Cargo Return Service de l'Agence spatiale européenne. et en devient même lauréat. Il devra apporter 2 600 kg de cargo en mission vers l'ISS. L'entreprise remporte un contrat de 760 millions d'euros en septembre 2026 pour ce programme, incluant 310 millions pour une démonstration vers l'ISS.
Nyx Moon Nyx Moon doit pouvoir livrer jusqu'à de fret en orbite lunaire (station Lunar Gateway) et même déposer du fret à la surface de la Lune et réaliser des vols surface vers surface sur la Lune, prévus fin 2024 en 2029. Le prix est alors envisagé à 200 000 dollars par kilogramme.
Développement The Exploration Company estime que le développement de Nyx Earth reviendra à 450 millions d'euros, répartis entre 250 millions d'euro financé par l'ESA et 200 millions par l'entreprise elle même. Ensuite le coût unitaire d'une mission est évalué à 150 millions d'euros. Trois démonstrateurs à des échelles de plus en plus grande sont développés :
Bikini Le premier, surnommé Bikini (en référence au maillot de bain, innovant et presque nu.), est une capsule de 60 centimètres de diamètre pesant environ 40 kilogrammes.. Il doit être lancé sur le vol inaugural d'Ariane 6 et valider le profil général de la capsule et la protection thermique. Cependant, l'entreprise évoque également une fusée indienne, le Polar Satellite Launch Vehicle, pour un lancement qui serait moins soumis aux retards de développement d'Ariane 6... Le lancement indien (C59 du PSLV) étant lui aussi retardé, en raison de l'indisponibilité de sa charge utile principale., vers juin/, soit la même fourchette que celle du vol d'Ariane 6, la société choisit de replacer sa capsule sur le lanceur européen... Bikini est finalement lancé le sur Ariane 6 mais une anomalie de son étage supérieur empêche sa désorbitation : Bikini et la seconde capsule SpaceCase SC-01 d'Arianespace ne disposant pas de moteurs pour se désorbiter elles-mêmes restent bloquées en orbite, et ne sont pas larguées pour ne pas accroître le nombre de débris spatiaux..
Mission Possible Le second démonstrateur, nommé Mission Possible, est une capsule plus grande mesurant 2,5 m de diamètre et pesant 1600 kg, capable d'emporter 300 kg de charge utile (réservés par l'Agence spatiale européenne, l’agence spatiale allemande et le CNES). Il est pensé pour valider une rentrée contrôlée avec propulsion et un parachute. The Exploration Company envoie début mai le démonstrateur en Floride en vue de son lancement.. Il est lancé par une Falcon 9 le lors de la mission Transporter-14. Les expériences à bord parviennent à se mettre en route, le prototype survit à la rentrée atmosphérique, puis le contact est retrouvé après le blackout normal pendant la rentrée. En revanche le contact est perdu quelques minutes avant l'amerrissage, les parachutes ne s'étant pas déployés.. La mission est donc un succès partiel, ce qui pousse dans un premier temps The Exploration Company à vouloir recommencer avec un prototype de même échelle aussi vite que possible, mais elle choisit de passer directement au modèle à taille réelle., en ayant implémenté les corrections nécessaires à la séquence de déploiement des parachutes.
Mission Possible a pris 3 ans à développer pour 35 millions d'euros.
Mission Odyssey (annulée) Une version à grande échelle, nommée Mission Odyssey, devait voler en 2026, mais a été annulée car considérée inutile, la société allant directement au vol vers l'ISS.
Chronologie du développement The Exploration Company achève fin l'examen des exigences du système (System Requirements Review) de Nyx..
En , la compagnie annonce avoir complété la première des trois revues de sécurité de l'ESA et la NASA en vue d'un amarrage à la Station Spatiale Internationale. Des spécialistes en propulsion, guidage navigation et contrôle (GNC), alimentation, structures et logiciels ont revu toute l'architecture du vaisseau. Les composants de la capsule sont en cours de tests sur bancs d'essais en vue de la deuxième phase de qualification en 2026.
En , la société annonce avoir réalisé des tests d'impacts de micrométéorites sur le bouclier anti météorites qui équipera Nyx dans le laboratoire de l'Institut allemand de dynamique à grande vitesse, permettant de réaliser des impacts jusqu'à 9 km/s.
En , The Exploration Company achète à pour plus de 100 millions d'euros deux ports d'amarrage au standard IBDM (International Berthing and Docking Mechanisms).
En , l'entreprise achève des essais d'amerrissage d'une maquette effectués dans un bassin d'essai à Rome.. Le 31 mars 2026, TEC annonce avoir mené avec succès des tests de pressurisation sur son modèle de tests structurels STM (Structural Tests Model) et a mené 69 tests de résistance aux vibrations de ce même article durant tout le mois d'avril 2026 à l'ESTEC (European Space Research and Technology Centre).
Le 4 juin 2026, l'entreprise annonce le succès de sa campagne de lâchers d'un prototype à l'échelle 1:1. Lâché à 2,8 kilomètres d'altitude par un hélicoptère CH-47D Chinook de Boeing, il a été récupéré avec succès après sa descente sous quatre parachutes fournis par Airborne Systems - le même fournisseur que celui de SpaceX pour Dragon, la NASA pour Orion, Boeing pour Starliner et Blue Origin pour New Shepard.
L'entreprise prévoit un amarrage à la Station spatiale internationale en .
Vaisseau de service orbital Oura Le , The Exploration Company annonce être à la tête d'un consortium avec notamment Thales Alenia Space développant dans le cadre d'un contrat avec l'ESA du programme InSPoC (In Space Proof-of-Concepts, c'est-à-dire preuve de concepts dans l'espace) un vaisseau de service orbital appelé Oura. Il doit être capable de s'amarrer à des satellites et de les ravitailler en ergols non cryogéniques, et vise une démonstration en 2028 avec un satellite de Thales Alenia Space.
Propulseur Breeze The Exploration Company développe depuis début 2025 les propulseurs Breeze pour équiper la version lunaire de sa capsule Nyx, en complément du moteur principal Huracan. Il fonctionne aux méthane gazeux et oxygène gazeux, et a été développé rapidement, 6 mois séparant le début de la conception de la première mise à feu.
En effet, le , TEC annonce le succès de la campagne de mise à feu de Breeze, menée à Bordeaux sur le site de tests de l'entreprise. La mise à feu a duré 47 secondes. La mise à feu d'un autre exemplaire est prévue plus tard en 2025.
Moteur Mistral Mistral est le moteur développé par The Exploration Company afin d'équiper la première variante Nyx Earth de leur capsule. Il utilise des propergols à faible toxicité (c'est-à-dire autres que l'hydrazine) et est réutilisable.
Moteur Huracán The Exploration Company développe le moteur Huracán pour équiper la version lunaire de sa capsule Nyx, à la fois pour usage en orbite et à la surface. Huracán fonctionne au biométhane liquide et à l'oxygène liquide, tous deux cryogéniques, et peut être ravitaillé en orbite.
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