Droujba, jusqu'en 1947 Allenburg (en ; en ; en ; en ou Alberga) aussi francisé en Allenbourg est un village autrefois situé en Prusse qui comptait en 2010. Cette forteresse teutonique, est entre 1400 et 1947 une ville des différents États allemands de Prusse, puis de Prusse-Orientale. En 1945, le village est annexé à la Russie au sein de l'oblast de Kaliningrad. Après la Seconde Guerre mondiale, elle est repeuplée de russes tandis que les allemands sont expulsés.

Située sur les rives de l'Alle, un affluent de rive gauche de la Pregolia, elle doit son nom à celle-ci. Allenbourg obtient des droits de ville en 1400, droits confirmés en 1663. Quasi totalement décimée d'une épidémie de peste entre 1709 et 1711, la ville se relève, devenant un petit centre économique de la région jusqu'au . Elle atteint , le plus haut point démographique de son histoire. Dépeuplé après l'annexation de la Prusse-Orientale par l'Union soviétique, la renommée Droujba est désormais en décadence.

Son église, fondée en 1405, s'impose comme une paroisse luthérienne dès l'arrivée de la réforme dans la ville en 1529. Jusqu'en 1945, 121 pasteurs se sont succédé dans son église. Le bâtiment est détruit lors de la Première guerre mondiale, mais est vite reconstruit dans un style bien plus novateur. À son apogée, la paroisse comprend 42 villages. Au début des années 2000, l'église est transférée à l'Église orthodoxe russe, même si la nouvellement formée communauté luthérienne de Droujba a le droit d'utiliser les lieux. Elle est restaurée pendant les années 2000 et 2010, avec à nouveau le clocher depuis 2014.

Géographie

Situation La localité se trouve dans la région de Prusse, région historique dans le nord-est de l'Europe centrale, plus précisément en Prusse-Orientale. Droujba se trouve dans l'oblast de Kaliningrad, exclave de la Russie et sujet le plus occidental du pays. L'oblast se trouve dans le district fédéral du Nord-Ouest, avec comme centre administratif Saint-Pétersbourg, qui se trouve à au nord-est. La capitale de l'oblast Kaliningrad, l'ancienne Königsberg, est à à l'ouest-nord-ouest, tandis que Moscou est à à l'est-nord-est.

Drjouba est l'une des cent-dix-sept localités du raïon de Pravdinsk, raïon du centre-sud de l'oblast. Le centre administratif, Pravdinsk, n'est qu'à une douzaine de kilomètres à vol d'oiseau au sud-ouestDistances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques.

Le village se situe dans une plaine, caractéristique de la plaine d'Europe orientale. Il se trouve sur la rive droite de l'Alle (en vieux prussien , en , en ), un affluent de rive gauche de la Pregolia (en ; en ; en ). Au nord-est du village se trouve l'extrémité septentrionale du Canal de Mazurie, canal aujourd'hui abandonné allant jusqu'au lac Mamry dans la voïvodie de Varmie-Mazurie en Pologne.

Localités limitrophes Les localités limitrophes de Droujba sont Izvilino (en ) au nord, Bely Iar (en ) au nord-est, Kostromino (en ) au sud-est, Pessotchnoïe (en ) au sud-ouest et Novoïe (en ) à l'ouest et nord-ouest.

Histoire

Archéologie Ce qui est devenu Allenburg était déjà habité à la toute fin du / début du . Sur un site sur le domaine de Muskau, compris dans les limites du village, des fibules, épingles de robe, pointes de lance, une épée de fer ont été retrouvés.

Allenburg

Forteresse Allenburg a été mentionné pour la première fois en 1256, moins d'un après la construction du château de Königsberg. L'ordre repris une fortification prussienne sur le Zickelsberg sur la rive gauche de l'Alle, près du confluence de l'Omet (aussi appelé Apt) et du Schwöne dans l'Alle, sur le terrain de Trimmau. Dans la chronique Histoire de la communauté d'Allenburg, compilée pour le anniversaire de l'église d'Allenburg, il est dit que le chef Nadrau Tirsko ou Kerske, qui s'était converti au christianisme, permis de subjuguer le domaine des Prussiens de la zone en 1256.

La forteresse en bois qu'ils prirent [l'ordre], fut agrandi par eux sur la rive droite de l'Alle (l'endroit où se trouve Allenburg), avec une cour extérieure et des remparts pour se protéger des Lituaniens.

En 1260, les , une tribu de Prussiens, détruisirent le château, lors du soulèvement prussien. En 1272, le château « Allenburgk » fut reconstruit, toujours sur la rive droite, et il était en bois.

En 1384, Allenburg est mentionnée pour la première fois dans un document. Le bâtiment en bois et en terre qu'était la forteresse fut remplacée par un bâtiment en pierre, alors qu'auparavant seule le mur de protection était en pierre. À ce moment-là, une localité était née autour de la forteresse, qui servait de maison du Seigneur (Junkerhaus).

Le , Allenburg reçut les droits de cité de Konrad von Jungingen, Grand Maître de l'ordre Teutonique, sous le droit de Culm. Un homme du nom de Reppin fut nommé le premier écoutète (bourgmestre ou représentant seigneurial au Moyen Âge). Allenburg eu sa première école en 1409.

En 1421, le monastère de Löbenicht reçut la propriété d'un important morceau de forêt à l'est d'Allenburg.

La ville a rejoint la Confédération prussienne. Soit sous sa propre volonté ou soit sous la pression de la Confédération prussienne, elle participa à la Guerre de Treize Ans (1454 -1466), soulèvement des cités prussiennes et de la noblesse locale afin de gagner leur indépendance vis-à-vis de l'État monastique des chevaliers Teutoniques. Les cités et la noblesse, réunis au sein de la confédération firent appel à l'aide du roi de Pologne, Casimir IV.

La ville ne fut pas anéantie par les forces de l'ordre Teutonique, mais elle fut si endommagée qu'elle était encore déserte en 1491. La guerre se conclut par le traité de Thorn en 1466, en faveur de la Pologne et la Confédération. La Prusse-Orientale resta cependant, dont la ville d'Allenburg, sous contrôle de l'Ordre.

À la fin du , le grand maître de l'Ordre fit de la famille noble seigneur féodal de la ville d'Allenburg. Mais en 1491, ils échangèrent la ville contre des possessions en péninsule de Sambie.

La ville fut reconstruite au début du , mais est restée petite et insignifiante. La maison du seigneur fut reconstruite sur le site du château, appartenant à la , aujourd'hui en ruines. vignette|Frédéric-Guillaume de Brandebourg, dit « le Grand Électeur ». Peu après que l'Ordre fut converti en duché de Prusse en 1525, Hans von Polenz, frère de l'ancien évêque de Sambie , échangea en 1540 ses domaines en Sambie contre une domination féodale sur Allenburg et Gut Progen. Il contribua à la reconstruction, ce qui permit que la ville ait le droit de tenir une foire annuelle et une hebdomadaire en 1527. En 1568, une deuxième foire fut approuvée.

La Réforme protestante s'est propagée à Allenburg. En 1529, le dernier ecclésiastique catholique fut démis de ses fonctions. Le , Johann Laxophorine fut nommé premier pasteur luthérien. Mais l'évêché de Varmie s'empara à temps des objets précieux. Ainsi sous l'égide de l'Église réformée en 1529, une école latine fut créée en 1529, qui continua à enseigner jusqu'en 1873 (avant d'être transformée en école public).

Le duc Albert-Frédéric de Prusse accorda les droits d'étape. Le Grand Électeur Frédéric-Guillaume a confirmé la charte de la ville en 1663, en lui accordant les pleins droits de ville, alors qu'avant elle possédait pas tout.

En 1667, un grand incendie détruisit presque toute la ville.

Pendant la guerre de Scanie, qui se déroula de 1675 à 1679, Allenburg passa en 1679 sous contrôle suédois. Le seigneur féodal de la ville von Polenz donna la ville Wolf Freiherr v. Heideck le temps de la guerre après les souffrances qu'il subit.

En 1699, la ville acquit le village d'Allendorf dans la forêt entourant la localité.

Royaume de Prusse

Dès 1682, la ville d'Allenburg devint une ville de garnison, et en 1717 elle obtient une base pour la cavalerie (jusqu'en 1817) dans le nouveau Royaume de Prusse fondé en 1701. Lors du Deuxième partage de la Pologne en 1795, le Régiment de Goldap et Stallupönen de hussards prussien fut transféré dans la ville. Il y avait aussi un régiment de cavalerie composé de Bosniaques qui y fut transféré, dont certains se sont installés dans la ville après les guerres napoléoniennes. vignette|Maréchal Michel Ney, duc d'Elchingen, prince de la Moskova, François Gérard. Entre 1709 et 1711, une épidémie de peste toucha la ville, tuant , dont pour le pire mois d'octobre 1710. À la suite de l'épidémie, seuls survécurent, sans compter certains habitants qui avaient pu fuir à temps.

En 1744, l'école fut divisée en une classe de garçons et une classe de filles.

Pendant la Guerre de Sept Ans, qui se déroule de 1756 à 1763, la ville fut occupée par les troupes impériales russes entre 1757 et 1762, avec des réquisitions et pillages partiels.

En 1807, pendant les guerres napoléoniennes, lors de la Guerre de la Quatrième Coalition, la ville est occupée par les troupes françaises qui réquisitionnent et pillent tout comme l'armée impériale russe quelques décennies auparavant. Lors d'émeutes contre les français, la femme du pasteur, d'origine française, a persuadé le maréchal Ney de venir réprimer le soulèvement en invoquant qu'il y avait un haut gradé. Lors de la Campagne de Russie, les pillages et réquisitions eurent à nouveau lieues. En 1813, 130 enfant illégitimes furent inscrits dans le registre de baptêmes, avec en cause les viols de l'Armée française.

À partir de 1818, Allenburg appartenait à l'arrondissement de Wehlau dans le district de Königsberg dans la province de Prusse-Orientale.

Pendant le , la ville était agricole ainsi que le centre économique dans une rayon d'une vingtaine de kilomètres. Le commerce des céréales fut prospère à cette époque, avec des entrepôts tandis que le grain était transporté par l'Alle à Königsberg. Mais avec l'ouverture de la ligne de Prusse-Orientale (Königsberg - Eydtkuhnen), qui passait au nord le long du Pregel, le commerce perdit de son indépendance.

L'agriculture était surtout pratiqué sur la rive gauche de l'Alle, en face de la ville, où le sol était fertile car c'était une plaine inondable. Avec la construction des centrales hydroélectriques de Friedland, les inondations diminuèrent fortement, faisant diminuer l'agriculture.

En 1843, l'école devint mixte. Cette école vit ouvrir une classe pour les enfants pauvres en 1866, qui rejoignit formellement l'école en 1898. Au début du , un bâtiment scolaire approprié fut construit pour l'école.

En 1867 et 1875, deux incendies impactèrent grandement la ville.

De 1900 à 1945 vignette|237x237px|Königsstraße avec le tribunal de district royal et la poste sur une carte postale, 1910.Vers 1900, il y avait une église protestante, un couvent de femmes, une maison de sauvetage et un moulin à vapeur à Allenburg. Vers 1925 il y avait de plus un tribunal de district, des scieries, des laiteries et quatre marchés de chevaux et de bétail, et il y avait une liaison par bateau à moteur avec Königsberg, sur l'Alle et la Pregolia.

Le développement de la ville fut prospère, avec une hausse de sa population, grâce à l'implantation d'entreprises, la création d'un grand moulin sur la Chwöne ainsi qu'une centrale électrique sur l'Alle, avec l'installation de l'éclairage public. En 1906, un nouvel abattoir est construit, entre 1910 et 1912 la ville se dote d'un parc municipal agrandi de , et une laiterie, la plus grande entreprise de la ville, fut construite en 1913.

Première Guerre mondiale vignette|Laiterie détruite sur une carte postale de 1915. Pendant la Première Guerre mondiale, la ville fut sévèrement endommagée. Dès le début de la guerre, la laiterie fut totalement détruite. Le , les troupes allemandes se retirèrent dans la ville, et la ville fut définitivement prises par les forces russes le , lorsque des unités de la , du général entrèrent dans la ville.

Le capitaine du , A. Ouspenski, décrivit la ville ainsi :