L'historiographie de la guerre de Sécession examine comment ce conflit est vu ou interprété par les historiens. Les questions historiographiques sur la guerre de Sécession incluent le nom de la guerre, les origines ou les causes de la guerre ( esclavage ou droits des États ) et les opinions et objectifs du président Abraham Lincoln concernant l'esclavage.
La question de l'importance des frais de douane dans les causes de la guerre découle de la « crise de l'annulation », qui fut la tentative de la Caroline du Sud d'annuler les frais de 1828 à 1832. Ils étaient alors bas après 1846 et la question des frais s'estompa en 1860 lorsque la sécession fut proclamée. Les droits des États furent utilisés comme justification à l'annulation des taxes et à la sécession par la suite. Le droit le plus controversé revendiqué par les États du Sud était le prétendu droit des Sudistes d'étendre l'esclavage aux territoires nouvellement acquis par les États-Unis.
Sous la présidence de Lincoln, la guerre fut menée pour préserver l'Union. Avec l'esclavage comme profonde source de division, les dirigeants de l'Union prirent en 1862 la décision d'y mettre fin afin de la restaurer. Les causes de l'Union évoluèrent au fur et à mesure que la guerre progressait en réponse à divers problèmes politiques et militaires; les historiens ne les utilisent en revanche pas pour expliquer les raisons de la guerre. Les nouvelles questions clés étaient alors l'abolition de l'esclavage et le statut juridique et économique des esclaves libérés.
Questions économiques gauche|vignette|263x263px| Abraham Lincoln. L'esclavage fut la principale cause de la guerre de Sécession, le Sud faisant sécession pour former une nouvelle fédération et préserver l'esclavage, et le Nord refusant de le permettre. Les historiens conviennent généralement que les autres conflits économiques ne furent pas une cause majeure de la guerre. L'historien économique Lee A. Craig rapporte : « En réalité, de nombreuses études menées par des historiens économiques au cours des dernières décennies révèlent que les conflits économiques n'étaient pas des facteurs profonds des relations Nord-Sud pendant l'ère d'avant-guerre et n'a pas causé la guerre civile » Craig in Woodworth, ed. The American Civil War: A Handbook of Literature and Research (1996), . Lorsque de nombreux groupes tentent à la dernière minute en 1860-1861 de trouver un compromis pour éviter la guerre, ils ne se tournent pas vers des négociations économiquesDonald 2001 pp 134-38.
Différences économiques régionales Le Sud, le Midwest et le Nord-Est tenaient des perspectives de commerce assez différentes de par leur zone géographique. Ils commerçaient entre eux et chacun devenaient plus prospère en restant dans l'Union, un point que de nombreux hommes d'affaires ont fait valoir en 1860–1861. Cependant, Charles A. Beard dans les années 1920 proposa un argument qui expliquerait l'effet que ces différences causèrent à la guerre (plutôt que l'esclavage ou les débats constitutionnels). Il vit le Nord-Est industriel former une coalition avec le Midwest agraire contre le Sud des plantations. Les critiques soulignèrent que son image d'un Nord-Est unifié était incorrecte car la région fut très diversifiée avec de nombreux intérêts économiques concurrents. En 1860–1861, la plupart des intérêts commerciaux du Nord-Est s'opposaient à la guerre. Après 1950, seuls quelques historiens traditionnels acceptèrent l'interprétation de Beard, bien qu'elle fût acceptée par les économistes libertaires Woolworth, ed. The American Civil War: A Handbook of Literature and Research (1996), 145 151 505 512 554 557 684; Richard Hofstadter, The Progressive Historians: Turner, Beard, Harrington (1969); for one dissenter see Marc Signal. "The Beards Were Right: Parties in the North, 1840–1860". Civil War History 47, no. 1. (2001): 30-56.. Comme le dit l'historien Kenneth Stampp, qui abandonna le Beardism après 1950, qui résume le consensus scientifique : « La plupart des historiens ne voient maintenant aucune raison impérieuse pour laquelle les économies divergentes du Nord et du Sud auraient conduits à la désunion et à la guerre civile; ils trouvent plutôt des raisons pratiques plus fortes qui expliqueraient pourquoi les secteurs économiques, dont les économies se complétaient parfaitement, aient trouvé avantageux de rester unies »Egalement de .
Frais de douanes Les sudistes du Congrès fixèrent les frais fédéraux sur les marchandises importées, en particulier les faibles taux tarifaires en 1857, qui provoquèrent le ressentiment des industriels du Nord. La controverse sur la question de savoir si l'esclavage est à l'origine de la question douanière remonte au moins aux débats Lincoln-Douglas de 1858Lincoln-Douglas debate at Alton, October 15, 1858. Au cours du débat d'Alton, Lincoln déclara que l'esclavage était la cause à l'origine de la crise de l'annulation sur les frais, mais son adversaire Stephen Douglas ne fut pas d'accord. John C. Calhoun, qui dirigea la tentative de la Caroline du Sud d'annuler les frais, soutenu d'abord les taxes et les métiers internes, mais en est venu à s'y opposer dans les années 1820 alors que les tensions entre le Nord et le Sud augmentaient parallèlement à la nature de plus en plus divisoire de l'esclavage. Calhoun était un propriétaire de plantation qui affirmait que l'esclavage était un "bien positif". En outre, il dit que l'esclavage fut la cause de la crise de l'annulationDès 1830, au milieu de la crise de l’annulation, Calhoun identifia le droit de posséder des esclaves comme le principal droit de la minorité du Sud menacé. Comme il dit : « Je considère la loi sur les frais de douane comme l’occasion, plutôt que comme la cause réelle de la situation malheureuse actuelle des choses. La vérité ne peut plus être dissimulée, que l’institution domestique particulière [sic] des États du Sud et la direction qui en a résulté que cela et son sol ont donné à son industrie, les a placés en matière de fiscalité et de crédits à l’opposé de la majorité de l’Union, contre le danger de laquelle, s’il n’y a pas de pouvoir protecteur dans les droits réservés des États, ils devront en fin de compte être contraints de se rebeller, ou, se soumettre à ce que leurs intérêts suprêmes soient sacrifiés, leurs institutions nationales subordonnées par la colonisation et d’autres projets, et eux-mêmes et les enfants réduits à la misère ». Ellis, Richard E., The Union at Risk: Jacksonian Democracy, States' Rights, and the Nullification Crisis (1987), p. 193; Freehling, William W., Prelude to Civil War: The Nullification Crisis in South Carolina 1816–1836 (1965), p. 257. Ellis note de plus que « Calhoun et les annulateurs n’étaient pas les premiers sudistes à lier l’esclavage aux droits des États. À divers moments de leur carrière, John Taylor, John Randolph et Nathaniel Macon avertirent que donner trop de pouvoir au gouvernement fédéral, en particulier sur une question aussi ouverte que les métiers internes, pourrait finalement lui donner le pouvoir d’émanciper les esclaves contre la volonté de leurs propriétaires ».. Alors que la plupart des dirigeants de la sécession du Sud en 1860 mentionnaient l'esclavage comme principale raison ; Robert Rhett, extrémiste du libre-échange, s'opposait aux frais. Cependant Rhett était aussi un extrémiste de l'esclavage qui voulait que la Constitution de la Confédération légalise la traite des esclaves africains William C. Davis, Look Away!: A History of the Confederate States of America, . Les républicains virent également le soutien au Homestead Act, aux frais plus élevés et au chemin de fer transcontinental comme des attaques "furtives" contre le système esclavagisteJames McPherson, Battle Cry of Freedom, p. 225. Il y eut suffisamment de sénateurs du Sud pour maintenir les frais bas après 1846Allan Nevins, Ordeal of the Union: A House Dividing, 1852–1857, pp. 267–269. Même lorsque les frais furent plus élevés trois décennies avant la guerre, seule la Caroline du Sud se révolta, et le problème de fond fut l'annulation, et non la sécession. Les frais furent beaucoup plus bas en 1861. Lorsque la Confédération fit formée, elle fixa des frais très élevés de 15 % sur toutes les importations, y compris celles en provenance des États-Unis.
Travail libre contre arguments pro-esclavagistes L'historien Eric Foner soutenu qu'une idéologie du travail libre dominait la pensée dans le Nord, et mettait l'accent sur les opportunités économiques. En revanche, les Sudistes décrivirent les travailleurs libres comme « des mécaniciens graisseux, des opérateurs sales, des agriculteurs impuissants et des théoriciens étourdis » James McPherson, "Antebellum Southern Exceptionalism: A New Look at an Old Question," Civil War History 50#4 (2004), page 421. Ils s'opposèrent fermement aux propositions de l'Homestead Acts qui donnaient des fermes gratuites dans l'Ouest, craignant que les petits agriculteurs ne s'opposent à l'esclavage des plantations. En effet, l'opposition aux lois sur les propriétés était beaucoup plus courante dans le discours sécessionniste que l'opposition aux frais de douanes Richard Hofstadter, "The Tariff Issue on the Eve of the Civil War", The American Historical Review 44#1 (1938), pp. 50-55 full text in JSTOR.
Statut économique des esclaves affranchis Le gouvernement de l'Union créa le Bureau des affranchis pour superviser et protéger le statut juridique et économique des esclaves affranchis. Il opéra dans les anciens États esclavagistes de 1865 à 1872. Des propositions furent faites pour saisir la propriété confédérée et donner des terres (« Quarante acres et une mule ») aux affranchis, mais le Congrès n'approuvât jamais LaWanda Cox, "The promise of land for the freedmen." Mississippi Valley Historical Review 45.3 (1958): 413-440. online.
Questions des droits des États gauche|vignette|255x255px| Jefferson Davis, président de la Confédération. Des questions telles que l'ancienneté de l'Union par rapport aux nouveaux États (ou l'inverse) alimentèrent le débat sur leurs droits. La question de savoir si le gouvernement fédéral était censé avoir des pouvoirs substantiels ou s'il s'agissait simplement d'une fédération volontaire d'États souverains ajoutait à la controverse. Selon l'historien Kenneth M. Stampp, chaque région utilisa les arguments des droits des États lorsque cela l'arrangeaitKenneth M. Stampp, The Causes of the Civil War, p. 59.
Stampp mentionna le vice-président confédéré Alexander Stephens (« A Constitutional View of the Late War Between the States » ) comme exemple d'un dirigeant du Sud qui déclara que l'esclavage était la « pierre angulaire de la Confédération » lorsque la guerre commença, puis dit du Sud vaincu après la fin de la guerre, que le conflit ne concernait pas l'esclavage mais les droits des États. Selon Stampp, Stephens devint l'un des plus ardents défenseurs de la cause perdueKenneth M. Stampp, The Causes of the Civil War, pp. 63–65.
L'historien William C. Davis mentionna également des incohérences dans les arguments des droits des États du Sud. Il expliqua la protection de l'esclavage par la Constitution confédérée au niveau national comme suit :
Droits des États et esclavage au sein des territoires