Eugène Seinguerlet, né le à Strasbourg et mort le à Paris, est un publiciste et homme politique français.

Biographie D’un père originaire de Barr et d’une mère d’Obernai, Seinguerlet a fait ses études au collège royal, puis son droit, qu’il est allé terminer à Paris.. Pendant qu’il préparait son doctorat en droit, il a été arrêté pour avoir pris part, en , à la résistance contre le coup d'État de Napoléon III. Condamné à la déportation à Cayenne, la décision de la commission mixte a été commuée, au dernier moment, en bannissement, il est allé continuer ses études à Heidelberg, où il n’a pu séjourner que parce que, pendant plus de deux ans, on ignorait qu’il avait été proscrit de France..

Cette circonstance a déterminé la carrière de Seinguerlet comme journaliste. Après s’être perfectionné dans l’étude de l’allemand, il s’est appliqué à étudier l’Allemagne dans son ensemble politique, scientifique et littéraire, acquérant, même en Allemagne, le renom d’être un des Français connaissant le mieux ce pays. Il compte au nombre des écrivains français qui ont le mieux jugé l’Allemagne d’avant 1870 avant qu’elle ne glisse dans l’orbite de la Prusse, et a été, à ce titre, l’un des collaborateurs les plus autorisés de la , à sa fondation, en 1858, par Auguste Nefftzer et Charles Dollfus.

Rédacteur prolifique, il a inauguré, en 1862, des correspondances très remarquées au Temps, avant de collaborer au Courrier du Dimanche et à l'Avenir national. Dans tous ces périodiques, il a publié des correspondances, alors très remarquées, dénonçant l’ambition de la Prusse et montrant l’exaltation du patriotisme germanique qui réclamait déjà l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine, mais ses mises en garde n’ont pas été prises au sérieux. En 1866, il s’oppose en vain au soutien à la Prusse de Napoléon III, qui laisse battre l’Autriche, en n’intervenant pas dans la guerre austro-prussienne, laissant ainsi la porte ouverte à l’unification allemande sous l’autorité prussienne :

Volontaire dans les compagnies de marche des canonniers dans la Garde nationale de Paris, pendant le siège de Paris, il a été porté, sur la liste de la députation du Bas-Rhin de 1871, et obtenu voix, sans même avoir pu faire campagne, à cause du siège. Député à la Chambre de Bordeaux, il a voté et protesté, avec ses collègues alsaciens, contre la cession de l’Alsace à l’Allemagne victorieuse. La guerre finie, retiré à Paris pour travailler de toutes ses forces , il reprend la plume et on le retrouve à la rédaction du Siècle où il traite, comme au Temps, au Courrier du Dimanche et à l’Avenir national, exclusivement les questions alsaciennes et la politique étrangère, ce qui explique la diversité des nuances politiques des journaux où il a écrit.

En 1879, il a fondé la , son œuvre de prédilection, dans le but Il a en outre, publié plusieurs ouvrages remarqués sur Strasbourg pendant la Révolution, spécialement dédiés aux du Bas-Rhin qui avaient voté pour lui dans la dernière heure de leur existence française, les Banques du peuple en Allemagne (1865), ou les Propos de table du comte de Bismarck pendant la campagne de France (1879), deux volumes nés des circonstances économiques et politiques de l’époque.

Il a succombé à une maladie de cœur qui avait forcé, dix-huit mois plus tôt, à renoncer à la plupart de ses occupations, laissant d’unanimes regrets dans la colonie alsacienne de Paris et parmi ses nombreux amis restés au pays natal.

Publications Strasbourg, Paris, Librairie illustrée, [s. d.], paginé 83-153, in-4º.

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Histoire de Strasbourg, Strasbourg, Dinali, 1988, 78 p. ill., couv. ill., 30 cm.

Notes et références Notes

Références

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