Les transports dans le département français des Hautes-Alpes sont caractérisés par le manque d'infrastructures performantes et un relatif isolement. La faible population du département ( en 2018), l'omniprésence du relief (le plus élevé en moyenne en France avec près des trois quart de la superficie située en zone de montagnes), l'étroitesse des vallées, l'absence de pôles urbains ou industriels majeurs (hormis la préfecture Gap peuplée de ) ne favorisent pas le développement d'une offre de transport. Par ailleurs le département ne comporte aucun axe de transit majeur, l'itinéraire par la vallée du Rhône étant préféré à celui par les Hautes-Alpes pour les trajets terrestres entre d'une part Lyon et les Alpes du Nord et d'autre part la Côte d'Azur. Enfin la volonté de maintenir ou développer l'accessibilité au département se heurte d'une part aux couts de la desserte d'une région montagneuse et peu peuplée (notamment pour les projets de maintien et d'amélioration des dessertes ferroviaires) et d'autre part aux souhaits de préserver un environnement naturel exceptionnel (projet de l'autoroute A51).
Dès l'Antiquité, la voie Domitienne longeant la vallée de la Durance et passant par le col de Montgenèvre, près de Briançon, est la principale route utilisée par les romains pour passer de l'Italie à la Gaule. L'infrastructure routière laissée par les romains va progressivement se dégrader jusqu'à la fin du Moyen Âge ne permettant à cette date que le port à dos d'homme ou de mulet. Ce n'est qu'au que des voies royales sont créées reliant d'une part Grenoble, Gap et Briançon et d'autre part Gap à Marseille. L'expansion du réseau routier s'accélère sous la Monarchie de Juillet (1830-1848) et va se poursuivre durant le Seconde Empire. Les principaux axes routiers sont achevés au milieu du et le réseau routier secondaire s'étoffe également. Par ailleurs une loi de 1833 organise la construction chemins vicinaux dont la longueur atteint en 1860. Pour franchir les rivières des ponts sont systématiquement construits à la place des bacs en utilisant parfois la technique du pont suspendu. La construction de voies ferrées dans les Alpes du sud est tardive car le potentiel de trafic, très faible, peine à attirer les investissements privés. C'est seulement entre 1875 et 1878 que sont ouvertes la ligne de Grenoble à Sisteron et son embranchement vers Gap. La ligne de Gap à Briançon est mise en service la décennie suivante, en 1883-1884, et la ligne de Livron à Aspres-sur-Buëch en 1894.
La construction du barrage de Serre-Ponçon, inauguré en 1961, qui noie sur une grande longueur la voie ferrée entre Chorges et Embrun ainsi que plusieurs routes dont un tronçon de la RN 94 reliant Gap à l'Italie, nécessite la reconstruction de ces axes de communication. Les deux projets de construction d'axe routier majeurs envisagés depuis la fin de la Seconde guerre mondiale ont du mal à aboutir. Le projet de construction de l'autoroute A51 reliant Sisteron à Grenoble et traversant les Hautes-Alpes est initié dans les années 1970 mais se heurte à des questions de financement et de tracé et reste finalement inachevé. La construction de la rocade de Gap destinée à dévier le trafic de transit du centre de cette ville est étudié dès les années 1970 mais son cout freine sa réalisation. Victime d'énormes dépassements (son cout est évalué à plus de 120 millions € en 2025) la rocade longue de 9 kilomètres ne devrait pas être achevée avant 2030.
De nos jours le Le réseau routier est constitué de d'autoroute (A51), de voies nationales, de routes départementales et de voies communales. Le transport de fret est réalisé exclusivement par la route tandis que celle-ci a également un quasi monopole pour le transport des voyageurs du fait de la faiblesse (fréquence) de la desserte ferroviaire par ailleurs concurrencée par un réseau de bus régionaux.
Contexte
Le relief omniprésent dans les Hautes-Alpes et l'altitude élevée des cols constituent des obstacles qui ont contribué à freiner la création de voies de communication dans le département et handicape toujours de nos jours les déplacements. La seule voie de communication naturelle est la vallée de la Durance qui traverse le département sur sa plus grande longueur (du nord-est au sud-ouest). Mais celle-ci comporte des verrous et gradins (à L'Argentière, Siguret...) et des passages étroits difficiles à franchir (à Saint-Martin-de-Queyrières, entre Saint-Clément et Embrun et à La Saulce). Dans toutes les autres directions il est nécessaire soit de franchir des cols pour accéder aux départements voisins soit d'emprunter des gorges étroites et sinueuses. Depuis Briançon il faut passer par le col du Lautaret pour aller vers le nord, le col de Montgenèvre pour aller vers l'Italie et le col de Vars pour aller vers le sud. Depuis Gap pour aller vers le nord on se hisse jusqu'au col Bayard avant d'emprunter une route particulièrement sinueuse sur certains tronçons (Route Napoléon). Une alternative pour aller vers le Nord est la route plus à l'ouest passant par le col de Lus-la-Croix-Haute mais celle-ci est également en partie très sinueuse. Enfin pour rejoindre la Vallée du Rhône à l'ouest il n'existe que deux mauvaises voies vers Valence par le col de Cabre et vers Pont-Saint-Esprit.
Historique redresse=1.5|vignette|Carte des voies romaines, des cités et stations routières et des limites des civitas sous l'Empire romain.|alt= vignette|Carte de 1852 montrant le réseau routier principal et secondaire (chemins) au milieu du .|alt=Carte ancienne comprenant sur son pourtour des dessins illustrant les caractéristiques du département.
Le réseau de voies romaines
Les romains sont les premiers à transformer les chemins existants empruntés à l'époque par les peuples celto-ligures vivant dans la région en routes carrossables. Pour relier la plaine du Pô en Italie à la Gaule ils édifient la voie Cottia per alpem qui franchit le col du Montgenèvre puis passe par Briançon (Brigantio), Embrun (Eburodunum), Chorges (Caturigomagus), Gap (Vappincum), Aspres-sur-Buëch, le col de Cabre (Gabra mons), la vallée de la Drome pour atteindre Valence. La voie Domitienne prolongée reliait Gap à Sisteron (Segustero) puis se poursuivait vers Apt et Arles. Des voies secondaires reliaient Briançon à Grenoble via le col du Lautaret et Gap à Grenoble via la vallée du Champsaur. Ces voies romaines ont permis la pacification de la région par les romains puis son développement économique et la diffusion de la civilisation romaine.
Les voies royales
Durant le Moyen Âge le réseau de voies romaines disparait faute d'entretien et la circulation des voitures est remplacée par le transport par des animaux de bât. C'est seulement au que les voitures peuvent à nouveau circuler sur les voies royales qui relient d'une part Grenoble, Gap et Briançon et d'autre part Gap et Marseille. Napoléon Ier joue un rôle important en introduisent une nouvelle manière de tracer les routes dans les régions montagneuses : jusque là, pour éviter les dégâts provoqués par les crues, les routes étaient tracées sur les flancs de la montagne. Désormais leur tracé emprunte le fonds des vallée en endiguant les cours d'eau. Le préfet des Hautes-Alpes Ladoucette fait réaliser en 1805, malgré l'opposition des officiels, la route reliant Briançon au col du Montgenèvre et à l'Italie.
Construction du réseau routier au
La construction du réseau routier des Hautes-Alpes s'accélère sous la Monarchie de Juillet (1830-1848) et va se poursuivre durant le Seconde Empire. Avant la Révolution la seule desserte routière de qualité utilise la vallée de la Durance pour relier la Provence à Briançon mais il n'existe aucune liaison permettant de rejoindre les autres régions françaises et l'Italie tandis que le réseau secondaire est inexistant.
Les routes vers Grenoble passant par le col de Lus-la-Croix-Haute et par le col du Lautaret sont achevées respectivement en 1847 et 1859. Les routes menant vers le col de Cabre (liaison vers Valence et la vallée du Rhône) et desservant le Queyras depuis Guillestre sont réalisées au cours de la première moitié du . Le réseau routier secondaire s'étoffe également : la route de Gap à Barcelonnette via Jarjayes est achevée en 1850, Savines est reliée Digne en 1836, la construction de la route de Chorges à Tallard par la vallée de l'Avance s'achève en 1853. Pour désenclaver le Dévoluy une route vertigineuse passant par le col du Noyer est inaugurée en 1856. Les liaisons de cette région avec l'extérieur sont améliorées en 1867 par la réalisation d'une route reliant La Cluse à Corps achevée en 1867. Par ailleurs une loi de 1833 organise la construction chemins vicinaux dont la longueur atteint en 1860. Pour franchir les rivières des ponts sont systématiquement construits à la place des bacs en utilisant parfois la technique du pont suspendu.
Création du réseau ferroviaire vignette|redresse=1.5|Carte animée de l’évolution du réseau ferroviaire du département.|alt=Carte animée.
La construction de voies ferrées dans les Alpes du sud est tardive. Dans cette région, pauvre et peu peuplée, le potentiel de trafic, très faible, peine à attirer les investissements privés qui sont à l'origine de l'expansion du réseau de chemin de fer. Le premier projet de ligne datant de 1853 partait de Grenoble et passait par la vallée de la Romanche ou du Drac pour atteindre Briançon puis franchissait la frontière franco-italienne au niveau du col de l'Échelle via un tunnel. La détérioration des relations avec le nouvel état italien né en 1861 entraine le report de ce projet. Les objectifs fixés à la ligne de chemin de fer sont désormais de desservir les villes (principalement Gap) et Briançon place forte stratégique. Pour y répondre Gap devait être au cœur d'une étoile ferroviaire comprenant une ligne allant jusqu'à Briançon, une deuxième allant à Grenoble via la vallée du Drac (Champsaur) et une troisième ligne atteignant Avignon via Sisteron et Manosque. Les problèmes soulevés par le relief font abandonner la desserte de Grenoble via le Champsaur au profit de la ligne Grenoble-Marseille via le col de la Croix-Haute faisant de Veynes le cœur d'une étoile ferroviaire desservant Gap/Briançon à l'est, Grenoble au nord, Valence à l'ouest et Marseille via Sisteron / Aix au sud
C'est seulement entre 1875 et 1878 que sont ouvertes la ligne de Grenoble à Sisteron et son embranchement vers Gap. La ligne de Gap à Briançon est mise en service la décennie suivante, en 1883-1884, et la ligne de Livron à Aspres-sur-Buëch en 1894.
Ainsi constitué à la fin du par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), le réseau ferroviaire haut-alpin, en croix autour de Veynes n'évolue plus jusqu'à aujourd'hui.
Prolongement vers l'Italie
L'Italie étant situé à faible distance du terminus Briançon les gouvernements français et italien ont envisagé depuis plus d'un siècle de prolonger la voie ferrée de manière à le connecter au réseau ferré italien. Mais ces projets sont restés jusqu'à présent dans les cartons. Deux scénarios ont été étudiés : Création d'une ligne entre Briançon et Bardonnèche longue de passant par la vallée de la Clarée avec des rampes de , des courbes de et plusieurs tunnels dont l'un de sous le col de l'Echelle à une altitude de . Création d'une ligne entre Briançon et Oulx-Cesana longue de avec des rampes de , des courbes de et un tunnel de sous le col du Montgenèvre à une altitude de .
Construction avortée de la ligne ferroviaire du Champsaur