Le séisme de 2003 de la Tchouïa () est un tremblement de terre d’une magnitude de moment de 7,5 survenu le à , heure locale. Son épicentre est situé approximativement à de Koch-Agatch, le centre administratif du raïon de Koch-Agatch. Le foyer du séisme a été localisé à de profondeur. Plus de 300 répliques ont été enregistrées dans les heures qui ont suivi, celles-ci ayant des magnitudes se situant entre 4,0 et 7,0.

Le séisme s'est produit dans une zone peu peuplée, limitant les dégâts, même s'il a détruit presque totalement le village de Beltir, alors peuplé selon le recensement de 2002 de . Aucun mort n'est à déplorer à la suite des secousses, mais des suicides post-traumatiques ont eu lieu dans le village de Beltir.

Caractéristiques

Secousse principale et cause La secousse principale est survenue à et heure locale. Le foyer se situe à de profondeur., et l'épicentre approximativement à de Koch-Agatch. La secousse est localisée dans le système montagneux de l'Altaï en Asie centrale, système à cheval sur quatre pays : Russie, Chine, Kazakhstan et Mongolie. La magnitude de moment est estimée à 7,5 par l'Académie des sciences de Russie et à 7,3 par le Centre sismologique international.

Le foyer se trouve dans le massif des Alpes de la Tchouïa, presque à la frontière entre la Tchouïa du Nord et la Tchouïa du sud (deux chaînons du massif). Il se situe dans le raïon de Koch-Agatch, subdivision de la république de l'Altaï, un sujet de la fédération de Russie. Le village le plus proche est Beltir, à à l'est-est-nord ; tandis que la capitale de la république, Gorno-Altaïsk, est à près de au nord-nord-ouestDistances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques. Les régions frontalières de Chine et de Mongolie sont proches mais inhabitées.

Le contexte tectonique est en compression, le massif de l'Altaï étant toujours en cours de surrection.

Répliques Liste des répliques, avec en parenthèse l'heure locale (UTC+7) :

27/09/2003 18:52:50 UTC (28/09/2003 01:52:50) — magnitude 6,7 01/10/2003 01:03:28 UTC (01/10/2003 08:03:28) — magnitude 7,0 01/10/2003 03:58:47 UTC (01/10/2003 10:58:46) — magnitude 4,5 13/10/2003 05:26:40 UTC (13/10/2003 12:26:40 PM) — magnitude 5,0 Plus de 300 secousses ont été au total enregistrées comme répliques..

Conséquences

République de l'Altaï vignette|Glissement de terrain provoqué par le séisme de 2003. Dans la zone de l'épicentre, le tremblement de terre a eu une intensité de plus de X sur l'échelle Medvedev-Sponheuer-Karnik. En conséquence, de nombreux glissements de terrain, effondrements, et importantes fissures se sont produites.

Malgré sa magnitude conséquente, la zone où s'est produit le séisme est très peu peuplée. Le raïon de Koch-Agatch possède seulement 16 villages sur une superficie de . En 2002, la population du raïon était de ., soit une densité de .

Dans la république de l'Altaï, résidentiels ont été endommagés, dans lesquels vivaient plus de . Par ailleurs, 25 écoles, 16 hôpitaux, 7 chaufferies ont été endommagés (les villages disposent souvent de leur propre chaufferie à cause des distances). Mais aucun mort n'a été enregistré sur le coup, un miracle selon les médias locaux..

Les premiers jours suivant le séisme, l'Altaï était coupé du monde, sa route principale, la route de la Tchouïa avec sa plate-forme et ses ouvrages d'arts ayant été gravement endommagés. Lorsque les véhicules de secours furent envoyés vers le sud, le premier signe visible des dégâts fut au col du Tchike-Taman, recouvert d'éboulements. Le Ministère des Situations d'urgence envoya des grimpeurs afin de commencer à déblayer, puis les bulldozers se sont chargés du reste. Des voitures avaient été prises au piège entre les pierres, mais aucune victime n'est à déplorer.

Les dégâts les plus importants furent enregistrés dans les raïons de Koch-Agatch et d'Oulagan. Les villages proches subirent d'importants dégâts, en particulier ceux de la steppe de Kouraï (Kyzyl-Tach et Kouraï), eux aussi très proches. Plus généralement, la steppe de la Tchouïa (raïon de Koch-Agatch) fut l'endroit avec le plus de dommages. Pendant plusieurs jours dans les villages les plus proches du foyer, les habitants dormirent dans les rues, dans des tentes, ou dans des lieux publics (hangars par exemple).

Le village de Beltir, le plus proche de l'épicentre, a presque été entièrement détruit. L'école, le stade, les bâtiments résidentiels, et d'autres équipements publics se sont effondrés. Mais à cause du stress suivant le séisme, plusieurs habitants du village de Beltir se sont suicidés. Le premier hiver fut le plus compliqué dans le village, beaucoup d'habitants craignant le froid extrême.

À Aktach, à une quarantaine de kilomètres de l'épicentre, toutes les cheminées sont tombées. Les maisons en brique se sont effondrées peu après, tandis que les maisons en bois ont survécu. Mais l'architecture anti-sismique a permis de donner aux habitants le temps de sortir. Le contingent de gardes-frontières située dans le village fit en sorte qu'il n'y ait pas de pillage.

Autres régions Dans le kraï de l'Altaï, certains hauts immeubles ont été endommagés, tout comme des cheminées, châteaux d'eau, pylônes électriques. Dans certains bâtiments, le plâtre s'est effondré, et des fissures sont apparues. À Barnaoul, situé à au nord-ouest, un glissement de terrain s'est produit lors de la réplique du sur les rives de la rivière Pivovarka.

À Biïsk, elle située à au nord-ouest, les câbles électriques d'une sous-station ont été détruits, entraînant une panne électrique massive dans une partie de la ville. La panne a duré , entraînant une petite panique, et les tramways ont été partiellement interrompus. La panique fut telle que le nombre d'appels d'ambulance a été multiplié par sept, certains habitants décidèrent de partir de la ville (ou du moins faire en sorte que leurs enfants partent). La panique fut empirée par l'administration, qui ne communiqua que dans un bref message appelant la population à ne pas paniquer, tandis que les radios et télévisions de la ville étaient silencieuses. Pendant la soirée, les magasins reçurent un afflux important de personnes voulant faire des provisions, tandis que d'autres passèrent la nuit dans la rue, à cause des répliques potentielles.

À Tachtagol, dans l'oblast de Kemerovo, des murs de maisons se sont fissurés.

À Novossibirsk, située à , l'intensité a atteint IV. Et à cause de l'interférence des ondes sismiques, cette intensité ressentie était plus importante qu'à Biïsk et Barnaoul, pourtant situés plus près. Dans cette ville, les habitants sortirent eux aussi des habitations, et des feux de joie se produisirent dans les rues, les habitants préférant rester dehors quitte à faire la fête plutôt de rester chez eux, dans une ville où les séismes sont presque inexistants.

Le séisme a été ressenti jusqu'à plus de du foyer.

Reconstruction vignette|Beltir en 2015. Des ruines sont toujours visibles. Le village de Beltir était en 2010 peuplé de seulement . Un nouveau village, Novy-Beltir (littéralement « Nouveau Beltir ») a été construit dans la steppe à quelques kilomètres au sud de Koch-Agatch. En 2010, ce nouveau village était peuplé de .. Ce nouveau village fut construit dans un laps assez court.

Mais un problème émergea avec cette reconstruction, liée aux tensions ethniques. Le raïon de Koch-Agatch est selon le recensement russe de 2010, composé de 54,4 % de Kazakhs et de 41,3 % d'Altaïens, seul raïon à majorité kazakhe de la république. À Beltir, la population est altaïenne, tandis que le centre administratif Koch-Agatch est kazakh. Le village de Novy-Beltir fut ainsi construite à une distance de Koch-Agatch pour éviter que des tensions éclatent. Par ailleurs, des Altaïens dirent que le séisme était à cause des Kazakhs.

À cause du tremblement de terre, le risque sismique a été élevé pour les villes du sud de la Sibérie occidentale. Ainsi, pour Gorno-Altaïsk, Biïsk et Belokourikha, la magnitude possible est jusqu'à IX, tandis que pour Barnaoul et Novossibirsk, elle est jusqu'à VIII.

Le , des secousses ont été enregistrées dans la zone du séisme.

Superstitions La république de l'Altaï est un territoire où le folklore, des Altaïens, est très présent, au travers de diverses pratiques tel que le chamanisme. Les Altaïens blâmèrent le séisme sur la découverte de la Princesse de l'Altaï sur le plateau de l'Oukok, momie d'une princesse scythe qui avait été déplacé (jusqu'en 2014, depuis à Gorno-Altaïsk) à un musée de Novossibirsk.

Par ailleurs, selon les Altaïens, les animaux ont prédit le séisme, avec les chiens d'abord puis les chevaux (même si ces derniers pouvaient s'alarmer à cause des chiens). Les habitants quittèrent leurs maisons, et le séisme s'est déclaré peu après. Ils relatent aussi, ce qui est sûr, que les montagnes changeaient sous leurs yeux (les très nombreux glissements terrains) ainsi que le bruit de la terre, comme un fort grondement.

Annexes

Articles connexes

Beltir Raïon de Koch-Agatch Alpes de la Tchouïa

Bibliographie

Notes et références

Catégorie:Séisme en Russie Catégorie:2003 en Russie Catégorie:Histoire de la république de l'Altaï Catégorie:Raïon de Koch-Agatch Catégorie:Séisme de magnitude 7 à 7,9 Tchouia