L'ouverture à la concurrence des transports en commun en Île-de-France résulte de la loi relative à l'organisation et à la régulation des transports ferroviaires (dite loi ORTF) du . La loi change les rôles et les responsabilités dans l'organisation des transports franciliens ; elle ouvre la voie à l'ouverture à la concurrence et ainsi à la fin du quasi-monopole de la Régie autonome des transports parisiens (RATP).
Sous le contrôle d'Île-de-France Mobilités, autorité organisatrice de la mobilité de la région, cette ouverture à la concurrence est prévue en plusieurs phases. Elle débute le par les réseaux de bus de la Grande Couronne, exploités par des transporteurs regroupés dans l'Organisation professionnelle des transports d'Île-de-France (Optile). Les existants vont progressivement laisser place à . Vient ensuite la mise en concurrence des lignes de bus à Paris et en Petite Couronne en 2025, en 2026 celle des lignes du Grand Paris Express à leurs ouvertures. Entre 2025 et 2032, l'ouverture à la concurrence va concerner les lignes de Transilien, puis en 2030 le tramway, de 2031 à 2039 les lignes RER de la SNCF et en 2040 le métro de Paris ainsi que les RER A et RER B.
Genèse de la loi Depuis le , la Régie autonome des transports parisiens (RATP) est en monopole sur les transports en commun parisiens. Juridiquement, il n'était pas possible de réattribuer l'organisation de ces transports à une autre compagnie. Cependant, depuis un règlement de 2007 de l’Union européenne, dit règlement « OSP », pour obligation de service public, celui-ci rend possible la mise en concurrence des transports en commun.. Bien que non imposé, il devient ainsi possible à l'autorité chargée des transports de mettre ou non en concurrence les réseaux qu'elle organise.
La loi sur l'ouverture à la concurrence des transports en commun en Île-de-France provient de la loi dite « Pacte ferroviaire » du . Celle-ci encadre et définit les transports ferroviaires en France..
Acteurs en jeu L'ouverture à la concurrence se fait sous l'égide d'Île-de-France Mobilités (IDFM). C'est une autorité organisatrice de mobilité (AOM), chargée de définir la politique de desserte et de tarification des transports de voyageurs. IDFM est ainsi chargée d'imaginer, organiser et financer l'ensemble des transports publics., fédérer l'ensemble des acteurs pour améliorer le service rendu aux voyageurs et commander et piloter les projets du réseau de transports en commun en Île-de-France.
Anciennement dénommée « Syndicat des transports d'Île-de-France » (STIF) de 2000 à 2017, la loi LOM d'orientation sur les mobilités change son statut, et l'organisation dévoilera son nouveau nom dans une conférence le , qui accompagne les mutations organisationnelles et met fin à la confusion que le terme syndicat pouvait produire.
Jusqu'à cette mise en concurrence, Île-de-France Mobilités a confié le fonctionnement des réseaux à plusieurs exploitants dont : la Régie autonome des transports parisiens (RATP), opérateur historique de service public depuis 1948 ; l'EPIC est responsable de la maintenance et de l'exploitation d'un réseau multimodal parmi les plus denses du monde. Elle agit sur les 16 lignes du métro, la majorité des tramways, les bus situés dans Paris intra-muros, et les RER A et B conjointement avec la SNCF ; la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), qui assure la maintenance et l'exploitation des lignes de RER et de trains Transilien ; les transporteurs membres de l'Organisation professionnelle des transports d'Île-de-France (Optile), association qui regroupe les entreprises privées assurant l'exploitation des lignes de bus et de cars de grande banlieue.
Modes de transports Autobus Réseaux d'autobus de la Grande Couronne L'ouverture à la concurrence débute le par les réseaux de la Grande Couronne dont les exploitants sont regroupés dans l'Organisation professionnelle des transports d'Île-de-France (Optile). Les existants vont progressivement laisser place à attribués ainsi qu'à des appels d'offres qui seront remis en jeu à intervalles réguliers.. Île-de-France Mobilités en profite pour uniformiser ces réseaux sous ses seules couleurs, effaçant progressivement les identités visuelles des exploitants (livrées, tenues des conducteurs, information voyageurs)..
La carte des 39 nouveaux périmètres figure sur le site d'Île-de-France Mobilités..
Le , la délégation de service public (DSP) d'exploitation des lignes de bus desservant les agglomérations de Val d'Europe et Marne et Gondoire (Marne-la-Vallée), pour une durée de cinq ans, et la DSP des lignes de bus desservant l'Est de l'agglomération Grand Paris Sud (Sénart), pour une durée de sept ans, ont été attribuées à Transdev. Il les exploitera avec deux nouvelles sociétés (Transdev Marne-la-Vallée et Transdev Sénart) à partir du . À cette même date, Keolis Ouest Val-de-Marne exploitera les lignes du réseau de bus de Seine Grand Orly. Il va aussi exploiter la nouvelle ligne de tramway T9..
Le , IDFM a attribué les lots 1 (pour une durée de quatre ans) et 5 (pour une durée de sept ans) à Transdev, le lot 35 (pour une durée de huit ans) à RATP Dev et les lots 33 (pour une durée de cinq ans) et 34 (pour une durée de huit ans) à Keolis...
vignette|Bus de la ligne 5 de l'ancien réseau de bus de Conflans – Achères avec la livrée Île-de-France Mobilités.
L'ouverture à la concurrence ne s'est pas faite sans accrocs. : ainsi, une dizaine de dépôts de bus de Transdev se sont mis en grève à la rentrée 2021 pour dénoncer des amplitudes de travail qui ont augmenté sans hausse de salaire, situation qui résulte d'un accord-cadre négocié entre Transdev et la CFDT. Le , les appels d'offres pour les contrats des secteurs de Cergy-Pontoise et d'Évry ont été déclarés sans suite et sont relancés début 2022 car IDFM a jugé que les candidats tiraient trop les prix vers le bas. Début 2022 et à l'instar de ceux de Transdev, les conducteurs de Keolis assurant le réseau de bus de Poissy - Les Mureaux se sont eux aussi mis en grève pour dénoncer les conditions de travail et les salaires jugés insuffisants depuis l'ouverture à la concurrence..
Début 2024, le groupement Lacroix & SAVAC, sous la marque Francilité, assure les lignes du réseau de bus Cergy-Pontoise Confluence anciennement exploitées par la STIVO et Transdev Conflans.
L'ouverture à la concurrence s'accompagne à partir de l'été 2023 d'une renumérotation progressive de l'ensemble des franciliennes afin de supprimer les doublons et faciliter les recherches d'horaires ; ainsi, les lignes de Petite Couronne auront des numéros de 100 à 499 et celles de grande couronne des numéros de 1100 à 6599..
Le , le lot du Vexin est réattribué à Transdev pour six ans.
Ci-dessous, les tableaux listent les nouveaux périmètres attribués :