Philippe Berkane (né Amokrane Berkane), né le à Michelet (Algérie), aujourd’hui Aïn El Hammam en Kabylie, et mort vraisemblablement au mois d' à Saint-Girons (France) ou à proximité tué par les Allemands et/ou des supplétifs français à leur service est un interprète traducteur juré auprès des tribunaux et agent de la Sipo-SD de Saint-Girons. Il est adhérent du parti populaire français à Saint-Girons.

Biographie Philippe BerkaneBERKANE Philippe (né BERKANE Amokrane). maitron.fr.Saint-Girons (Ariège), victimes de la répression allemande et collaborationniste (fin mai-début juillet 1944) et des combats de la Libération, 20-21 août 1944. maitron.fr.Roland Dorgelès,Carte d’identité : récit de l’occupation, 1945, p. 22, 24, 25, 27, 87-89. Raymond Escholier, Maquis de Gascogne, 1945, p. 316-317. est né le à Michelet (Algérie), aujourd’hui Aïn El Hammam, Kabylie. Avec son épouse ou compagne, Kaloudja Aliche, il a un fils, Étienne André Berkane né à Michelet le (mort le à Sens (Yonne). Tarbes Philippe Berkane s’installe en métropole entre 1934 et 1935. Il habite en 1935 à Tarbes (Hautes-Pyrénées). Il a une concubine, Olympe Valentine Sournet (née à Tarbes, le et morte à Cannes (Alpes-Maritimes), le ). Ils ont une fille Mireille, née le à Tarbes. Il est interprète et traducteur juré (de l’arabe) auprès du tribunal de Tarbes. Seconde Guerre mondiale D’après sa carte d’identité, établie le , il habite à Vielle-Aure (Hautes-Pyrénées). Plus tard, accompagné d'Olympe Sournet et de ses deux enfants, il s’installe à Vicdessos (Ariège).

Le , il s’établit à Saint-Girons (Ariège). Il y vit avec Olympe Sournet et ses enfants dans un meublé, au 11 avenue Maréchal Foch.

Collaborationniste A Saint-Girons (Ariège), Philippe Berkane commence sa carrière » de collaborationniste.

Il devient membre du parti populaire français (PPF) à Saint-Girons. Ce parti collaborationniste y crée la plus importante section de ce département. Le PPF met en place, à partir de 1944, à la demande du Gauleiter Fritz Sauckel, des Groupes d’action pour la justice sociale (GAJS), pour veiller à la protection des familles des membres de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF), de la Waffen SS et des travailleurs français en Allemagne.

Il fait partie de la police auxiliaire, la « Stosstrupp » aux ordres d’Horst Heberstreit, chef de la Sipo-SD de Saint-Girons.

Philippe Berkane devient un tueur qui terrorise le Couserans et le Comminges.

Il bénéficie d’une certaine autonomie. Il a de plus, la confiance du capitaine Walter Dreyer, chef de la Douane allemande (Zollgrenzshutz) de Saint-Girons, un nazi, de l’Abwehr, très lié à Horst Heberstreit. De fait, Dreyer est le vrai chef de la police allemande, de par ses contacts avec les tueurs du GAJS et des autres supplétifs de la « Stosstrupp ».

Philippe Berkane reçoit 4 000 fr. mensuels d’émoluments (plus les primes). Il fait main basse sur les biens de ses victimes dont il visite les domiciles. Il mène un grand train de vie.

Il aurait exécuté au moins une quinzaine de personnes.

Il repère l’activité d’Adrien Berné passeur d’Urau (Haute-Garonne), tué par les Allemands le .

Philippe Berkane s’intéresse au maquis FTPF de Betchat (Ariège) contre lequel il intervient directement ou indirectement à plusieurs reprises.

Il est en contact étroit avec Jean-Pierre Frédéric Aldebert, un ancien ingénieur des Arts-et-Métiers de soixante-quatre ans, photographe à Salies-du-Salat (Haute-Garonne), au 42 avenue de la Paix. Aldebert est un collaborationniste affilié à la Milice. Berkane et Aldebert terrorisent les populations de la basse vallée commingeoise du Salat, multipliant vexations et exactions contre les habitants, s’enrichissant grâce à leurs rapines. Des maquisards Francs-tireurs et partisans (FTPF) de Betchat décident de liquider Aldebert. Le , ils tuent par erreur Joaquina Otto, née Rausa qui habite l’appartement situé juste au-dessus de celui d’Aldebert.

Philippe Berkane obtient des codes destinés à la réception d’un parachutage reçus par Claude Salmon, de l’Organisation de résistance de l'Armée (O.R.A.) et agent du réseau Alliance domicilié à Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Il informe les Allemands de Saint-Girons. Le , Claude Salmon, passager d’une moto pilotée par Aimé Loubon, est de retour d’une mission à Saint-Girons. Ils sont arrêtés par la division Das Reich, menant une action contre le maquis FTPF de Betchat (Ariège). L’information recueillie par Philippe Berkane serait à l’origine de la capture et de l'exécution sommaire par les Allemands à Martres-Tolosane (Haute-Garonne).

À Saint-Martory, Armande Lasseras (connue comme Armande Lasserre), agent du réseau Françoise , recoit à son café les candidats au passage vers l’Espagne envoyés par la Toulousaine Marie-Louise Dissart alias Françoise. Dénoncée, Armande Lasserre est arrêtée et torturée par Philippe Berkane et doit sa vie à l’intervention d’un notable de la commune, affilié à la Milice.

Le , avec Roger Vidali, du Parti populaire français (PPF) de Saint-Girons, il prend en filature, dans cette ville, trois agents du membre du réseau Gallia en mission dans le Couserans : André Guillaumot, Yvette Garrabé et Yves Ouvrieu. Avec Vidali, il abat Garrabé et Ouvrieu et blesse Guillaumot qui, torturé à la Sipo-SD de Saint-Girons puis interné à la prison Saint-Michel de Toulouse, embarque dans cette ville dans le train fantôme et est fusillé le 1e à Souge (Gironde).

Disparition Au début de , Philippe Berkane est évincé des rangs des auxiliaires de la Sipo-SD saint-gironnaise. Il disparait.

Le , Olympe Sournet est condamnée pour « complicité de trahison » à trois ans de prison par la cour de Justice de l’Ariège, à l’indignité nationale et à 10 ans d’interdiction de séjour dans le département de l’Ariège. Elle se marie le à Agadir (Maroc) avec Henri, Jean, Vital Praxède. Elle meurt à Cannes (Alpes-Maritimes) le . Bibliographie Roland Dorgelès. Carte d’identité : récit de l’occupation, Paris, Albin Michel, 1945, 91 p. [p. 22, 24, 25, 27, 87-89]. Raymond Escholier. Maquis de Gascogne. Genève, Éditions du Milieu du monde, 1945, 350 p. [p. 316-317]. Notes et références

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