Bettina Röhl, née le , est une journaliste et auteure allemande connue pour ses écrits sur le mouvement étudiant des années 1960 et les enlèvements terroristes qu'il a engendrés en Allemagne de l'Ouest au début des années 1970.

Elle a en particulier beaucoup écrit sur l'époque où l'ancien ministre des Affaires étrangères, Joschka Fischer, était un leader militant d'extrême-gauche, après de nombreuses recherches, dans le sillage d'articles sur sa propre mère, la journaliste et terroriste de la Faction Armée rouge, Ulrike Meinhof.

Ses appréciations de la violence associée à la Fraction Armée rouge dans les années 1970 sont en général très critiques.....

Biographie Enfance Bettina Röhl et sa sœur jumelle Regine sont nées à Hambourg.. Ulrike Meinhof (1934-1976), leur mère, subvenait alors à ses propres besoins en tant que chroniqueuse et, selon au moins une source, rédactrice en chef en 1962, de Konkret, un magazine politique de l'époque résolument de gauche... La famille compte de nombreux journalistes: ses deux parents, son grand-père et son oncle.

Leur père Klaus Rainer Röhl, fondateur du magazine, en était à l'époque le directeur. Bettina Röhl a passé sa petite enfance à Hambourg jusqu'au divorce de ses parents en : Regine et Bettina ont accompagné ensuite leur mère à Berlin.. La même année, les filles étaient inscrites à l'école Königin-Luise-Stiftung ( « Fondation Reine Luise » ), un établissement d'enseignement privé évangélique (protestant) à Berlin-Dahlem..

En , après la libération violente d'Andreas Baader, Ulrike Meinhof, qui avait joué un rôle central dans "l'opération", fut obligée de "disparaître dans la clandestinité". Elle n'avait pas tiré le "coup mortel", mais parmi les personnes recherchées par la police dans le cadre de cette affaire, c'est elle plutôt que ses camarades masculins, qui a le plus frappé l'imagination des journalistes : sa photo a été largement diffusée.

Les jumelles avaient été envoyés à Brême pour passer les deux semaines de vacances de printemps avec l'ami de Meinhof, l'écrivain Jürgen Holtkamp, et ignoraient totalement l'évasion de Baader.

Dès que le visage de Meinhof a commencé à apparaître sur les avis de recherche, le père des filles a demandé leur garde au tribunal, mais le divorce et ses conséquences ont été amers. Le , lorsque le tribunal a autorisé les filles à rester avec leur père, elles étaient déjà à l'étranger depuis six semaines.

Immédiatement après la disparition de Meinhof, une de ses amies politiques, Monika Berberich, a récupéré Regine et Bettina au zoo de Berlin., un point de rendez-vous convenu avec un autre camarade qui avait récupéré les filles de leur séjour de deux semaines à Brême.

Berberich a ensuite conduit les enfants à travers la France et l'Italie jusqu'à un « camp de casernes » sur le flanc de l'Etna, qui avait été construit à l'origine comme hébergement d'urgence pour les personnes rendues sans abri par une éruption volcanique, et où Andreas Baader et d'autres se cachaient..

On a dit aux filles qu'elles retrouveraient leur mère en Sicile : elles ne savaient pas, à l'époque, qu'elles avaient été emmenées là-bas pour éviter d'être retrouvées par leur père.

En , les deux filles ont été retrouvées par Stefan Aust, alors jeune journaliste d'investigation de Hambourg, futur directeur du magazine Der Spiegel, et sont retournées en Allemagne de l'Ouest à temps pour passer leur huitième anniversaire avec leur père.

Bettina Röhl elle-même a plus tard affirmé avec une conviction croissante, dans plusieurs interviews, que sa mère n'aurait eu absolument aucune raison de garder les filles éloignées de leur père à cette époque :les emmener en Sicile pourrait selon elle faire partie d'un projet de s'échapper vers la sécurité relative (pour une terroriste recherchée et ses enfants) d'un « camp palestinien en Jordanie »..

Röhl a également laissé entendre fortement que le contrecoup de l'amertume du divorce avait laissé sa mère mentalement endommagée

Études Entre 1970 et 1982, Regine et Bettina Röhl ont vécu avec leur père à Hambourg où elles ont eu une éducation relativement conventionnelle.

En , le corps d'Ulrike Meinhof fut retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de Stuttgart. À l'école, interrogée sur ses parents, Röhl était capable de répondre par une explication d'une ligne bien répétée destinée à conclure la discussion : « Ma mère est morte et mon père était rédacteur en chef du magazine de gauche konkret. ". The Observer, London consulté le .</cite>

En 1982, elle obtient son diplôme de l'école secondaire de Hambourg et rejoint l'Université de Hambourg où elle étudie l'histoire et la germanistique.. Ses années universitaires comprenaient également une période d'étude de l'italien à Pérouse..

Journalisme Bettina Röhl s'est lancée dans une carrière de journaliste alors qu’elle était encore à l’université. Parmi les publications pour lesquelles elle a travaillé figurent les magazines Tempo et Männer Vogue, ainsi que le mensuel politique Cicero . Elle a également contribué au quotidien à grand tirage Hamburger Abendblatt et au magazine télévisé Spiegel TV, et a contribué à de nombreux livres..

Thèmes d'enquête et de témoignages Au cours de la première partie du , Röhl a utilisé son expérience journalistique pour se concentrer de manière plus intensive sur un nombre relativement restreint de thèmes : elle a parfois suscité la controverse en attirant l'attention sur des aspects inconfortables de l'histoire récente.

Témoignage de 1995 Bettina Röhl a d'abord obtenu en Allemagne un écho énorme quand elle a rédigé pour Der Spiegel en 1995 un récit émouvant de sa vie de désarroi face à l'impossible amour d'une mère égarée"Bettina Röhl, la journaliste qui tient Joschka Fischer en ligne de mire" par François Modoux, à Berlin le 2 mars 2001 dans Le Temps .

Joschka Fischer En 1998, Bettina Röhl rencontre Joschka Fischer, leader des Verts allemands, dont elle ne connait encore rien, même si elle vote pour son parti. Fischer l'a prise pour la réincarnation de sa mère Ulrike Meinhof et est parti dans un trip nostalgique, lui racontant que lui-même n'avait jamais été non-violent"Dérèglement de comptes", par Lorraine Millot le 12 février 2001 dans Libération . Elle découvre alors le livre de Christian Y. Schmidt Wir sind die Wahnsinnigen, par Christian Y. Schmidt, publié en 1999, réédité en 2013 et une coïncidence qui la bouleverse : le , lendemain de la mort de sa mère en prison, ce dernier a encouragé les militants de Francfort à faire usage de cocktails Molotov, selon des témoins de l'époque, et un policier fut grièvement brûlé.

En , elle déclenche un , l', débat sur l'aptitude au poste de ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier Joschka Fischer, sujet d'un livre fait à 30% d'autobiographie et à 70% de recherche historique de la journaliste, qui a compulsé des tonnes d'archives et interviewé plus de 200 témoins, incluant Joschka Fischer, Otto Schily, Johannes Rau qui connut sa mère, Helmut Kohl et Helmut Schmidt. Elle retrouve et publie sur son site Internet et dans Stern onze photographies de Lutz Kleinhans dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung« Joschka Fischer, du combattant de rue au ministre des Affaires étrangères rayé » Agence Deutsche Presse-Agentur (DPA), le 4 septembre 2002 le montrant avec Hans-Joachim Klein et d'autres militants politiques attirant dans un piègeSérie de photos en février 2001 dans Der Spiegel puis agressant sauvagement Rainer Marx, un policier, le à Francfort"Bettina Röhl, la journaliste qui tient Joschka Fischer en ligne de mire", "par Michèle De Waard dans NRC Handelsblad le 4 janvier 2001. Ces photographies oubliées depuis longtemps dans les archives du "Frankfurter Allgemeine Zeitung" "Crise dans le gouvernement Schroeder" par Helena Ferro de Gouveia, à Bonn le 10 janvier 2001" par le dans Público; quotidien portugais fondé en 1990, propriété du groupe Sonae. , sont publiées par le magazine à grand tirage "Stern" en déclenchant de l', qui éclate quelques jours avant la comparution du vice-chancelier et chef de la diplomatie allemande comme témoin au procès de l'ancien terroriste Hans-Joachim Klein, car entre le Fischer devenu vice-chancelier et le jeune homme casqué frappant un policier à terre un quart de siècle plus tôt.

Le , l'opposition CDU/CSU exige immédiatement sa démission. "Cet homme est intenable en tant que ministre des Affaires étrangères", déclare Wolfgang Bosbach, du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag. Personne n'y avait encore identifié Fischer et Klein..

Ses informations recoupent celles d'autres livres sur le goût spécifique de Fischer pour la violence, tels que Wir sind die Wahnsinnigen publié en 199 par Christian Y. Schmidt et la biographie semi-officielle où Sibylle Krause-Burger, journaliste au Stuttgarter Zeitung, racontait dès 1997 comment dans un débat public tenu en 1974 avec les jeunes socialistes, Fischer avait défendu les jets de pierres contre les « représentants du système »"Beaucoup de bruit pour Joschka Fischer — le débat sur le passé du ministre allemand des Affaires étrangères", par Peter Schwarz, le 18 janvier 2001 . Le procureur Volker Rath a confronté Fischer à ses déclarations antérieures où il avait admis à la télévision avoir été impliqué dans les attaques au cocktail molotov.

Ce dernier décide de contre-attaquer avec l'aide du chancelier allemand Gerhard Schröder, dont il est un précieux soutien sur l'aile gauche, lors de sa déposition du comme témoin au procès de son ex-ami le terroriste Hans-Joachim Klein, qui tourne . Gerhard Schröder déclare que la république allemande manquerait d’ouverture d'esprit sur les questions sur les causes du fascisme, sans la présence de la génération Fischer. Ce dernier est soutenu par une partie de la presse et sa propre maison d’édition Kiepenheuer & Witsch, propriété du puissant et contesté groupe de presse d'Axel Springer, cible favorite du mouvement de protestation en 1968 en Allemagne, et qui est aussi éditrice du projet de livre de Bettina Rohl. Kiepenheuer & Witsch annonce renoncer à sa promesse de publier le livre de la journaliste, le jugeant trop à droite idéologiquement., en lui reprochant d'avoir vendu chèrement les clichés sans en détenir les droits, tandis que des éditoriaux ... Sa biographie et celles de ses parents sont revisitées à la recherche de sa propre motivation, à mesure que campagne contre elle gagne d'autres pays.. Arnaud Leparmentier dénonce dès dans Le Monde, qui , via un futur , et souligne que la justice lui a interdit d'afficher sur son site Internet les photos, en rappelant que Fischer se plaint lui d'avoir été tabassé avec sa femme par des policiers en 1968, photos à l'appui""Joschka Fischer minimise son rôle au procès de l'ex-terroriste Klein" par Arnaud Leparmentier le 18 janvier 2001 dans Le Monde "L'impossible deuil de Bettina Röhl, fille d'Ulrike Meinhof" par Arnaud Leparmentier le 17 janvier 2001 dans Le Monde . Même le NRC Handelsblad quotidien néerlandais progressiste, change de ton parle de la "croisade de Meinhof junior contre Joschka Fischer""La croisade de Meinhof Jr. contre Joschka Fischer" par Michèle De Waard le 16 janvier 2001 dans NRC Handelsblad . L'éditeur revient à la charge en déclarant qu'il a et fustige , tandis que les médias donnent une tribune à des psychologues qui présent sa démarche .