L’élection gouvernorale khakasse de 2023 se sont tenues du 8 au lors des élections infranationales russes de 2023 afin d'élire le gouverneurSon titre exact est Chef de la république de Khakassie - Président du gouvernement de la république de Khakassie. de la république de Khakassie, l'une des 22 républiques de la fédération de Russie, qui se situe en Sibérie. Le candidat sortant communiste Valentin Konovalov est réélu pour un second mandat face à son principal opposant Sergueï Sokol du parti Russie unie. La situation est unique en 2023 ; le gouverneur sortant est d'opposition, tous les autres étant soutenus par Russie unie (parti de Vladimir Poutine).
Moscou n'a par ailleurs pas destitué le gouverneur, alors que cette pratique avant les élections existe. Ainsi, ces élections peuvent être considérées comme les plus proches d'un modèle compétitif. Selon Meduza, ce sont les élections « les plus problématiques de cette année ». Le , le candidat de Russie unie Sergueï Sokol se retire de la course.
Contexte
Situation générale gauche|vignette|159x159px|Valentin Konovalov. La Khakassie est dans un cas unique en Russie, c'est le seul sujet où le candidat sortant est un candidat d'opposition, en l'occurrence du parti communiste de la fédération de Russie, même si ce parti est un parti systémique. Cependant, il faut noter que Moscou s'est mêlé de ce qui se passe en Khakassie, en essayant d'influencer les résultats, selon un rapport de Golos, ONG russe qualifiée d'agent étranger dans le pays. L'intrigue demeure cependant en Khakassie, alors que dans presque tous les autres sujets, c'est pratiquement joué d'avance.
Selon Golos, Valentin Konovalov, 35 ans, soit un des plus jeunes gouverneurs du pays, dispose de positions fortes. Il a obtenu un soutien d'un grand nombre de représentants d'autres partis en Khakassie, et l'ONG note qu'il bénéficie d'un « large soutien parmi les élites »(les élites locales).
Élections de 2018
Son élection s'inscrit dans les gouverneurs élus lors de la vague de protestation de 2018 à la suite du passage d'une loi sur le relèvement de l'âge de la retraite. En , la loi avait été votée, et la cote du parti Russie unie avait chuté de 45% début juin à 33% en août.
Cette année-là, quatre région avaient subi cette vague ; au Primorié, dans le kraï de Khabarovsk ; dans l'oblast de Vladimir et donc en Khakassie ; faisant échouer les candidats de Moscou. Mais cette vague est seulement encore visible en Khakassie. Au Primorié, l'élection gouvernorale a été annulée par la Commission électorale centrale, enclenchant ainsi une nouvelle élection en décembre où Oleg Kojemiako, soutenu par Russie unie mais officiellement indépendant a gagné. Dans l'oblast de Vladimir, Vladimir Sipiaguine (LDPR) a démissionné en 2021. Dans le kraï de Khabarovsk, Sergueï Frougal a été arrêté en 2020, et a été condamné à 22 ans de prison pour organisation d'assassinats au début 2023 (lors de son arrestation, d'importantes manifestations avaient eu lieu dans le kraï). Konovalov a été le seul à garder son poste. Le Kremlin voulait en effet se débarrasser au plus vite des gouverneurs d'opposition.
Valentin Konovalov avait remporté 44,8% des suffrages, tandis que Viktor Zimine de Russie unie avait remporté 32% des suffrages. Mais le Kremlin ne souhaitant pas voir son candidat échouer au second tour, Zimine s'est retiré, puis tous les autres candidats, faisant de Konovalov le seul au second tour. En , le mandat de Zimine a expiré, et Mikhaïl Razvozjaïev a été placé par le Kremlin comme gouverneur par intérim. Même si le second tour était prévu début novembre, Razvozjaïev n'a pas pu faire en sorte d'empêcher Konovalov au second tour, et un second tour affichant Konvalov contre un bulletin contre a eu lieu dans les urnes.
Mandat
Tentatives de le faire partir Pendant la mandature de Konovalov, le Kremlin a lancé des campagnes de dénigrement contre le communiste, reprochant au gouverneur de verser d'importantes primes aux fonctionnaires et d'éviter le service militaire. La représentation du gouvernement fédéral en Khakassie a régulièrement critiqué le gouverneur pour son incompétence, en disant qu'il « ne sait pas comment travailler avec les finances ». Mais selon des sources consultés par Meduza, il a pu garder son poste car il y avait des accords entre le Kremlin et Guennadi Ziouganov.
Mais le Kremlin a tout de même tenter de le faire partir volontairement. Selon Meduza, le Kremlin lui aurait proposé une démission contre un siège à la Douma d'État, mais Konovalov a refusé après avoir consulté la direction de son parti. Fin 2022, le Kremlin aurait proposé toujours selon Meduza qu'il démissionne, pour le remplacer par un gouverneur par intérim de Russie unie, mais Konvalov a de nouveau refusé.
Guerre en Ukraine Cette élection de 2023 se déroule dans un contexte particulier, avec la guerre russo-ukrainienne, qui est devenue le sujet politique le plus important en Russie depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie enclenchée en février 2022 par Vladimir Poutine. En , le gouverneur Valentin Konovalov a été ajouté à la Specially Designated Nationals and Blocked Persons List des États-Unis pour avoir mis en œuvre la mobilisation partielle. Il soutient la guerre, ayant dit que les combattants des forces armées ukrainiennes étaient des « nazis et Banderites », et a annoncé qu'un monument aux soldats russes morts en Ukraine sera érigé en Khakassie.
Corruption locale Radio Free Europe/Radio Liberty note que Konovalov a été reproché de son incapacité à former une équipe ; car il changeait de premier adjoint environ une fois tous les six mois. Mais il a aussi été entaché d'affaires de corruption locale, auxquelles il a été associé. Son assistant, Viktor Garanine a été arrêté pour participation à une fraude forestière, et son ministre du logement et des services communaux Sergueï Novikov a été condamné à 9 ans de prison pour avoir accepté un pot-de-vin. Mais le journal note que les affaires sont moins importantes qu'à l'ère de Viktor Zimine, lorsqu'Alexandre Golychev, chef de l'administration du gouverneur a été condamné pour pots-de-vin ; Vladimir Byzov, chef de Tariffenergo (entreprise énergétique) et d'autres ont aussi été condamnés pour corruption.
Selon la radio et ce qu'elle relate, ses adversaires veulent le montrer comme quelqu'un d'entaché, mais la population le voit comme quelqu'un qui essaie d'endiguer le problème, avec sa faible expérience.
Mode de scrutin L'élection du gouverneur de Khakassie a lieu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Est élu pour cinq ans le candidat ayant recueilli la majorité absolue (50%+1) du total des votes valides et invalides au premier tour ou, à défaut, celui arrivé en tête lors du second tour organisé entre les deux candidats ayant recueilli le plus de voix au premier.
Candidats En Khakassie, les candidats à la tête ne peuvent être nommés que par des partis politiques enregistrés. Le candidat à la tête de la république de Khakassie doit être citoyen russe et âgé d'au moins 30 ans. Les candidats à la tête ne doivent pas avoir de citoyenneté étrangère ni de permis de séjour. Chaque candidat, pour être inscrit, doit recueillir au moins 10 % des signatures des membres et des chefs de municipalités (126 à 132 signatures). Les candidats principaux présentent également 3 candidatures au Conseil de la Fédération et le vainqueur de l'élection nomme plus tard l'un des candidats présentés.
Inscrits Candidats: Vladimir Groudinine (Communistes de Russie), dirigeant d'une usine d'aérospatiale, militant communautaire; Valentin Konovalov (CPRF), chef sortant de la république de Khakassie (2018-présent); Mikhaïl Molchanov (LDP), membre du Conseil suprême de Khakassie (depuis 2022), assistant du député de la Douma d'État Alexeï Didenko;
S'est retiré (Russie unie), député de la Douma d'État (2020-présent), ancien gouverneur par intérim de l'oblast d'Irkoutsk (2009).
N'a pas pu s'enregistrer
Alekseï Khabarov (Rodina), président du bureau régional de Rodina; (SRZP), membre du Conseil suprême de Khakassie (1996-2000, 2009-2013, 2018-présent), journaliste.
N'ont pas souhaité se présenter
Abrek Tcheltygmachev (Russie unie), chef du raïon d'Askiz (depuis 2002) (candidat au Conseil suprême); Ievgueni Tcheltygmachev (Russie unie), membre du Conseil suprême de Khakassie (2019-présent) (candidat à la réélection); Andreï Filiaguine (SRZP), membre du Conseil suprême de Khakassie (2018-présent), candidat en 2018 (passé aux Indépendants puis aux Communistes de Russie) (candidat au Conseil suprême); Alekseï Liomine (Russie unie), maire d' Abakan (2019-présent); Innokentiy Stryapkov, chef du raïon de Beïa (2019-présent); Irina Voïnova (Russie unie), chef du raïon d'Altaï (2022-présent), ancienne vice-Première ministre de Khakassie (2018-2022) (candidate au Conseil suprême); Aleksandr Joukov (Russie unie), sénateur de Khakassie (2019-présent) (candidat à la réélection).
Candidats au Conseil de la Fédération
Vladimir Grudinine (Communistes de Russie) : Vladimir Kolesnikov ; Vitali Ivanov ; Dmitri Solomkine. Valentin Konovalov (KPRF): Igor Mamontov, conseiller de Valentin Konovalov, ancien chef du comité exécutif du bureau régional de Russie unie (2015-2021) ; Valery Oussatiouk , sénateur sortant de Khakassie (2018-présent) ; Oleg Zemtsov, ancien membre du Conseil des députés d'Abakan (2008-2013), avocat. Mikhaïl Moltchanov (LDPR) : Vitaly Glebov, employé du dépôt ferroviaire ; Andreï Chcshev, membre du Conseil suprême de Khakassie (2018-présent) ; Nikolaï Vassiliev, homme d'affaires. Sergueï Sokol (Russie unie) : Abrek Tcheltygmachev, chef du raïon d'Askiz (depuis 2002) ; Saïana Kazygacheva, boxeuse ; Irina Sannikova, membre de la Chambre civique de Russie (depuis 2023), directrice adjointe de la réserve naturelle de Khakassie.
Campagne
Volonté de revanche La Khakassie fait figure d'exception ; depuis 11 ans, aucun candidat d'opposition n'avait pu être candidat sortant candidat à sa réélection, ils étaient tous limogés par le Kremlin avant l'élection et remplacé par un candidat de Russie unie (ou indépendant mais proche du parti). Le Kremlin ne l'a pas limogé avant l'élection, et Golos estime ceci comme le plus grand mystère de Konovalov. L'ONG suggère que le KPRF a des accords avec Russie unie, expliquant pourquoi il n'a pas été limogé.
Mais dans tous les cas, Russie unie cherche à influencer l'élection en sa faveur. Mais Russie unie ne peut pas jouer sur le patriotisme, le KPRF étant au contraire considéré comme « patriotique » (soutien à la guerre par exemple). Konovalov n'a par ailleurs jamais critiqué Poutine, et est arrivé gouverneur grâce à un vote de protestation auquel il ne s'attendait pas. Pendant la campagne de 2018, il était resté tranquille, et mise sur la même stratégie pour 2023. Selon Golos, Poutine et son camp veulent une revanche, en particulier Sergueï Kirienko, l'en charge de la politique intérieure, ainsi qu'Alexandre Kharitchev, chef du département chargé d'assurer les activités du Conseil d'État de l'administration présidentielle.
Sergueï Sokol face à Konovalov vignette|255x255px|Sergueï Sokol. Le Kremlin a pris comme candidat de Russie unie pour le poste de gouverneur, candidat protégé de Rostec, conglomérat russe et de directeur général Sergueï Tchemezov. Il est depuis 2021 député de Khakassie à la Douma d'État. Mais il a été parachuté en Khakassie, étant donné qu'il avait auparavant des postes dans le kraï de Krasnoïarsk puis dans l'oblast d'Irkoutsk. Selon une source de Meduza, l'élection au poste de député de la république en 2021 était « une élection pour la croissance. Il était censé être promu dans la république et se présenter aux élections de gouverneur en 2023 ».