Les élections générales québécoises de 1970 ont lieu le afin d'élire les députés de la de l'Assemblée nationale du Québec. Il s'agit de la générale dans cette province du Canada depuis la confédération de 1867. Le Parti libéral du Québec, dirigé par Robert Bourassa, défait l'Union nationale du premier ministre Jean-Jacques Bertrand, il forme un gouvernement majoritaire et devient le plus jeune premier ministre de l'histoire du Québec à l'âge de 36 ans.
Contexte Le parti de l'Union nationale est au pouvoir depuis les élections de 1966. Son chef, Daniel Johnson, meurt subitement le , et Jean-Jacques Bertrand devient premier ministre cinq jours plus tard. L'Union nationale subit une lourde défaite lors de cette élection, et ne réussira plus jamais à prendre le pouvoir au Québec.
Un nouveau parti politique participe à cette élection : le Parti québécois, un parti militant pour l'indépendance du Québec. En , René Lévesque avait démissionné du Parti libéral et créé, un mois plus tard, le mouvement Souveraineté-Association, marquant une nouvelle étape dans l'histoire du mouvement indépendantiste québécois. La fondation du Parti québécois en 1968 vient consolider les différents mouvements souverainistes. Le Parti québécois remporte sept sièges, même si Lévesque est défait dans sa circonscription ; le parti réussira plus tard à s'attirer bon nombre des électeurs nationalistes de l'Union nationale, contribuant au déclin rapide de ce parti.
Le , Jean Lesage démissionne comme chef du Parti libéral. Le congrès d'investiture élit le suivant Robert Bourassa comme chef.
Également en , le Ralliement créditiste du Québec est fondé comme aile provinciale du Ralliement créditiste fédéral. Le Parti fait bonne figure lors de l'élection de 1970, mais sera déchiré peu après par les dissensions internes, et déclinera rapidement.
Durant toute l'année 1969, la question linguistique est au cœur du débat politique : les émeutes de Saint-Léonard et la contestation populaire de la loi 63 font les manchettes.
Quelques mois seulement après l'élection, le Québec doit faire face à une rude épreuve avec la Crise d'Octobre, au cours de laquelle le ministre libéral Pierre Laporte est enlevé et assassiné par le Front de libération du Québec.
Déroulement Espérant prendre de vitesse les partis d'opposition, et surtout le Parti libéral qui vient d'élire Robert Bourassa comme chef, le premier ministre unioniste Jean-Jacques Bertrand dissout la 28 législature et convoque des élections anticipées le .
Dates importantes : émission du bref d'élection. : scrutin : ouverture de la session.
Partis en présence L'élection oppose principalement quatre partis : Deux partis établis : l'Union nationale (qui forme le gouvernement sortant) et le Parti libéral du Québec (qui forme alors l'opposition officielle) ; Deux partis n'ayant jamais concouru à des élections générales : le Parti québécois et le Ralliement créditiste.
Même si les deux derniers partis vivent leur première élection générale, ils sont représentés à l'Assemblée nationale du fait des changements à la composition de la 28 législature :
Parti Sièges à la dissolution 55 43 4 1 1Sièges occupés 104Sièges vacants 4
Slogans Le Parti libéral met souvent de l'avant son engagement de créer 100 000 nouveaux emplois en 1971 dans ses publicités écrites, qui passera à la postérité comme son slogan principal dans la campagne (même si le slogan officiellement utilisé est « Québec: au travail! »).. Selon Jean-Claude Rivest la paternité du slogan revient à Robert Bourassa lui-même.
Parti Slogan utilisé Québec: au travail! (Le Parti québécois) OUI Québec plus que jamais
Coup de la Brink's
Le dimanche 26 avril, deux jours avant le scrutin, du matériel du bureau montréalais de la Royal Trust est chargé et déménagé à Toronto sous haute surveillance armée dans 9 fourgons blindés de la .. Le lendemain, l'événement fait la une de tous les grands journaux et soulève l'idée d'une possible fuite des capitaux advenant l'élection d'un gouvernement souverainiste.
Soutiens de la presse + Soutiens accordés En 1970 Le Devoir Parti libéral Le , Le Devoir publie son soutien au Parti québécois par la voix de son directeur Claude Ryan. Celui-ci pointe le bilan globalement positif du gouvernement sortant mais la faiblesse de leur campagne et de leur projet politique. Le choix de soutenir le Parti libéral s'explique par son équipe, sa crédibilité sur le plan économique, ses soutiens (jugés les plus diversifiés des grands partis en lice) et finalement sa campagne jugée réussie.
Résultats 72 sièges 17 sièges 12 sièges 7 sièges ^ majorité
Analyse Le Parti québécois, qui concourt dans ses premières élections générales, parvient à faire élire 7 députés mais son chef René Lévesque est défait dans Laurier par le libéral André Marchand. Il était pourtant de notoriété publique que le Parti libéral avait mis peu d'effort à remporter le comté, son chef Robert Bourassa ayant même refusé d'y présenter des candidatures prestigieuses et d'y tenir une assemblée publique. Le vice-président du parti Gilles Grégoire est défait dans Jonquière tout comme Jacques Parizeau dans Ahuntsic. Malgré ces défaites, René Lévesque qualifie ces élections de « défaite qui a l'air d'une victoire » du fait des 7 députés élus et de résultats encourageants dans plusieurs circonscriptions (Chambly, Saint-Henri).
Résultats par parti politique center
Résultats par circonscription
Mandats Premier mandat
Ronald Tétrault – Abitibi Aurèle Audet - Abitibi-Ouest François Cloutier – Ahuntsic Jean-Gilles Massé – Arthabaska Fabien Roy – Beauce Normand Toupin – Champlain André Harvey – Chauveau Joseph-Omer Dionne – Compton Jean-Paul L’Allier – Deux-Montagnes Florian Guay – Dorchester Alfred Bossé – Dorion Paul-André Latulippe – Frontenac François Gagnon – Gaspé-Nord Guy Joron – Gouin Raymond Garneau – Jean-Talon Jean-Claude Boutin – Johnson Robert Quenneville – Joliette Jean-Marie Pelletier – Kamouraska Roger Pilote –Lac-Saint-Jean Marcel Léger – Lafontaine Jean Perreault – L’Assomption André Marchand – Laurier Prudent Carpentier – Laviolette Fernand Houde – Limoilou Julien Giasson – L’Islet Jean-Louis Béland – Lotbinière Claude Castonguay – Louis-Hébert Robert Burns – Maisonneuve Bernard Dumont – Mégantic Louis Vézina – Montmorency Paul Berthiaume – Napierville-Laprairie Mark Assad – Papineau Jean-Guy Larivière – Pontiac Antoine Drolet – Portneuf Claude Simard – Richelieu Yvon Brochu – Richmond Paul Lafrance – Rivière-du-loup Robert Lamontagne – Roberval Marcel Ostiguy – Rouville Camil Samson – Rouyn-Noranda Lucien Lessard – Saguenay Robert Lamontagne - Saint-Félicien George Springate – Sainte-Anne Charles-Henri Tremblay – Sainte-Marie Gérard Shankes - Saint-Henri Fernand Cornellier – Saint-Hyacinthe Claude Charron – Saint-Jacques Jacques Veilleux – Saint-Jean Armand Bois – Saint-Sauveur Jean-Paul Pépin – Sherbrooke Denis Hardy – Témiscouata Guy Bacon – Trois-Rivières Paul Phaneuf – Vaudreuil-Soulanges Guy Saint-Pierre – Verchères Lucien Caron – Verdun Thomas Kevin Drummond – Westmount Benjamin Faucher - Yamaska
Dernier mandat
Ronald Tétrault – Abitibi Aurèle Audet - Abitibi-Ouest Aurèle Courcy – Gabriel Loubier – Bellechasse Guy Gauthier – Berthier Georges-Emery Tremblay – Bourassa Pierre Laporte - Chambly Jean-Noël Tremblay – Chicoutimi Florian Guay - Dorchester Bernard Pinard – Drummond Roch Boivin – Dubuc Henri-Laurier Coiteux – Duplessis Paul-André Latulippe - Frontenac Roy Fournier - Gatineau Florian Guay – Dorchester Paul-André Latulippe – Frontenac François Gagnon – Gaspé-Nord Roy Fournier - Hull Alfred Croisetière – Iberville Jean-Claude Boutin – Johnson Fernand-Joseph Lafontaine - Labelle Fernand-Joseph Lapointe- Laurentides Joseph-Aurélien Roy – Lévis Jean-Louis Béland - Lotbinière Claude Castonguay – Louis-Hébert Marie-Claire Kirkland – Marguerite-Bourgeois Rémi Paul – Maskinongé Bernard Dumont – Mégantic Jean-Jacques Bertrand – Missisquoi Marcel Masse – Montcalm Jean-Paul Cloutier – Montmagny Louis Vézina – Montmorency Clément Vincent – Nicolet Antoine Drolet - Portneuf Maurice Tessier – Rimouski Arthur-Ewen Séguin – Robert-Baldwin Marcel Ostiguy – Rouville Charles-Henri Tremblay – Sainte-Marie Léo Pearson – Saint-Laurent Philippe Demers – Saint-Maurice Armand Bois – Saint-Sauveur Armand Russell – Shefford Gilbert-Roland Théberge – Témiscamingue Montcalm Simard – Témiscouata Guy Saint-Pierre - Verchères René Lavoie - Wolfe
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Liens externes Section historique du site de l'Assemblée nationale du Québec
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