Selon l'article 25 (a) de la Constitution de 1992 https://www.graphic.com.gh/daily-graphic-editorials/schools-under-trees-deserve-national-priority.html et l'Education Act (2008), dans le système éducatif ghanéen, en majorité public, laïc et gratuit, l'enseignement primaire dure six ans, l'enseignement secondaire également six ans et l'enseignement supérieur quatre à neuf ans. La scolarité est obligatoire pour les élèves âgés de six à quinze ans. L'année académique court de septembre à fin juin.

Historique

Il existe très peu de sources sur l'éducation majoritairement orale dans ce qui est actuellement le territoire du Ghana avant la période appelée Côte-de-l'Or britannique. La période de l'empire du Ghana () – bien plus au nord que l'actuel Ghana – a une certaine influence sur l'intérieur des terres et la période connaît un gain dans l'accès de certaines classes de la population à une éducation orale. Cette éducation se limitait vraisemblablement aux notions administratives et de gestion des biens et commerces des plus riches propriétaires ainsi qu'aux notions culturelles et cultuelles. Il décline à partir de la conquête islamique.

Comme ailleurs sur la côte Atlantique africaine, à partir du , deux phénomènes historiques se produisent qui influencent l'apprentissage et l'éducation sur le futur territoire de la Côte-de-l'Or : le contact avec les marchands et évangélisateurs portugais (par la mer) et l'influence de l'islam par l'intérieur des terres.

Période coloniale thumb|À Tengzug, «cuisine» de la première école du village ; les plats étaient faits quotidiennement par des femmes locales, à base de sorghum, pour encourager l'assiduité des élèves. Une missive impériale portugaise de 1529 instruit le gouverneur portugais du fort d'Elmina d'enseigner la lecture, l'écriture et la catéchèse à la population. Les « Castle Schools » (« écoles des forts ») les plus connues de la Côte-de-l'Or comprenaient une école gérée par les Danois au Fort Osu – anciennement connu sous le nom de Fort Christianborg –, une école néerlandaise au fort d'Elmina et une école britannique au fort de Cape Coast. En ces temps de marchands, la devise inspirant l'éducation de la Côte de l'Or était : « Faire marcher la civilisation de pair avec l'évangélisation » https://www.ghanaweb.com/GhanaHomePage/features/What-s-wrong-with-Ghana-s-education-system-1388560. Ces premières « classes » étaient principalement destinées à l'élite marchande et administrative.

À partir du , sur la côte, c'est l'Empire ashanti qui règne, avec une société où la matrilinéarité est centrale. L'enseignement y est toujours très majoritairement oral.

En 1765, le prêtre local Philip Quaque crée une école dans sa maison de Cape Coast https://www.graphic.com.gh/features/features/philip-quaque-school-carries-history-of-ghana-s-education.html, qui devint par la suite la première école élémentaire formelle du Ghana. L'école Philip Quaque Boys School produisit plusieurs diplômés remarquables tels que l'ancien président du Parlement, Ebenezer Begyina Sekyi Hughes, l'ancien chef de cabinet Nana Ato Dadzie, ou encore Oguaa Omanhen et Osabarima Kwesi Atta II. La devise de l'école, écrite en dialecte Fante, était : Nyansa ahyese ne Nyamesuro, ce qui se traduit par «La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse».

Le voit l'influence de l'Angleterre et de ses missionnaires augmenter. L'arrivée de nouvelles missions dans le pays s'accompagne d'une explosion du nombre d'écoles missionnaires dans le sud du Ghana. Les missionnaires wesleyens et bâlois créent des écoles à Cape Coast, Accra, Anomabu, Dixcove, Akropong et le long de la côte entre les années 1830 et 1850. Néanmoins, cette éducation est encore réservée à une petite élite que l'Angleterre souhaite former selon ses propres valeurs C. K. Graham (1971). The History of Education in Ghana: From the earliest time to the declaration of independence. F. Cass. pp. 181–185. ; par exemple, en 1831, deux princes ashanti - Owusu Kwantabisa, fils d'Osei Yaw Akoto, et Owusu Ansah, fils d'Osei Bonsu - sont envoyés à l'école de Cape Coast Castle pour y être éduqués aux frais du capitaine George Maclean, alors gouverneur de la Gold Coast.. Dans les années 1840, des missionnaires wesleyens s'installent à Kumasi pour y établir des écoles missionnaires. thumb|Écoliers et missionnaire à l'école secondaire pour garçons Opoku Ware de Kumasi, dans la province d'Ashanti. Internat créé en 1952. Au tournant du , la Grande-Bretagne affirme son influence sur la quasi-totalité des territoires ghanéens. L'établissement de la Côte-de-l'Or britannique en 1874 renforce cette emprise, avec un nombre croissant d'écoles missionnaires et de sociétés marchandes, les missions « Wesleyennes » et « Bâloises » étant les plus importantes et actives. La mission Wesleyenne tend à rester sur les côtes et dans les villes principales, établissant alors l'anglais comme langue d'enseignement et de communication. Avec le soutien du gouvernement britannique, ces missions protestantes prospèrent dans un système décentralisé, dépourvu de modèle pédagogique unique. Les missions restent la principale source d'éducation formelle jusqu'à l'indépendance (1957). Sous le régime colonial, l'éducation formelle demeure le privilège d'une minorité anglaise ou alliée à l'Angleterre, choisie pour gouverner et administrer.

Depuis 1957 Depuis l'indépendance et la création de la république du Ghana, la vision du premier président, Dr. Kwame Nkrumah, est fondatrice du nouveau système éducatif ghanéen. Le développement plus universel de l'éducation devait essentiellement permettre d'atteindre trois objectifs : premièrement, il devait être utilisé comme un outil pour produire une population scientifiquement lettrée ; deuxièmement, il devait s'attaquer aux causes de la faible productivité industrielle dans le pays ; et troisièmement, ce système devait produire des connaissances permettant d'exploiter tout le potentiel économique du Ghana http://www.create-rpc.org/pdf_documents/50%20Years%20of%20Educational_Progress_%20in_Ghana.pdf. Les investissements furent alors divisés dans l'ensemble du système éducatif, du primaire au supérieur, afin de répondre à ces objectifs. Cette approche du développement de l'éducation contraste avec ce qui s'est passé par la suite, en particulier dans les années 1980, lorsque les réformes de l'éducation sous l'influence internationale se sont concentrées presque exclusivement sur l'enseignement primaire.

La chute de Nkrumah en 1966 fut suivie de vives critiques à l'égard de l'expansion du système éducatif au détriment de sa qualité. Malgré l'augmentation rapide des infrastructures scolaires, les inscriptions diminuèrent progressivement jusqu'en 1973. 1974 fut marquée par des tentatives de réformes. À la suite du rapport de la commission Dozbo, ces réformes poursuivent deux objectifs : réduire la durée de l'enseignement « pré-universitaire » (création d'un vrai système d'écoles primaires, secondaires et supérieures) et modifier les programmes pour diffuser des leçons plus unifiées et pratiques au primaire. Ces réformes ne seront que partiellement mises en œuvre en raison de limitations financières et de l'instabilité politique. La situation économique du pays s'aggrava au début des années 1980. Souffrant d'une récession économique, le pays n'a pas réussi à résoudre son déficit d'enseignants, à entretenir les infrastructures scolaires et à convaincre les parents d'envoyer leurs enfants à l'école publique plutôt qu'au travail. Le taux brut de scolarisation (TBS) chuta fortement durant cette décennie, tombant sous la barre des 70 % en 1985. alt=USAID in Ghana Education (32832031771)|vignette|USAID in Ghana Education (32832031771)

Le coup d'État militaire de Jerry Rawlings en 1981 est suivi d'une période de relative stabilité politique et ouvre la voie à un soutien international plus large ; s'ensuivent quelques réformes d'importance. La loi sur l'éducation de 1987 vise à concrétiser les mesures du comité Dozbo de 1974 Nii Moi Thompson; Leslie Casely-Hayford. The financing and outcomes of Education in Ghana. éd. Université de Cambridge. pp. 9–14. Lire en ligne : une campagne nationale d'alphabétisation est lancée, la durée de l'enseignement pré-universitaire est réduite de 17 à 12 ans et l'enseignement professionnel fait son apparition dès le collège et la scolarisation est rendue obligatoire de 6 à 14 ans inclus. Cette réforme réussit à imposer une nouvelle structure éducative, à augmenter le nombre d'inscriptions et le nombre d'écoles, mais la promesse d'un accès universel à l'éducation de base n'est pas tenue pour autant. Dans leur ensemble, les programmes professionnels sont également considérés comme un échec. Le retour à l'ordre constitutionnel en 1992, toujours sous le gouvernement Rawlings, donne un nouvel élan aux réformes du système éducatif en réaffirmant le devoir de l'État de fournir une éducation fondamentale gratuite et obligatoire pour tous. La loi sur la décentralisation des pouvoirs (1993) amorce aussi une décentralisation de l'administration, en transférant notamment certaines prérogatives scolaires aux assemblées de districts. thumb|Des militaires américains partagent leur expérience aux élèves de l'école de la base aérienne d'Accra (2007). L'éducation publique gratuite, obligatoire et universelle (appelé « FCUBE » dans les années 1990) a fourni un plan d'action pour la période 1996-2005, axé sur la réduction de l'écart de scolarisation entre les sexes au, sur l'amélioration du matériel pédagogique et sur l'amélioration des conditions de vie (notamment salariales) des enseignants.

En 2006, vient la création du Conseil pour l'enseignement et la formation technique et professionnelle, ainsi que la création du Conseil national d'accréditation en 2007, introduisant une accréditation nationale pour tous les établissements d'enseignement supérieur. En 2007-2008, deux années de maternelle (« kindergarten ») ont été ajoutées au « FCUBE » (qui s'étend désormais de 4 à 14 ans).

+Évolution du taux de scolarisation et des infrastructures publiques depuis 1968Données tirées de l'article en anglais : :en:Education in Ghana1968 (secteur public)1988200120072012Élèves1,397,026x4,154,3745,024,9447,465,208Professeurs47,88097,920155,879229,144268,619Établissements (nombre)xx32,50146,61056,919

Structure thumb| Structure éducative au Ghana, du pré-primaire à la 8e année universitaire. Globalement, son système éducatif est basé sur le système éducatif britannique, mais a subi de nombreuses modifications depuis deux cents ans.

Le cursus primaire (Basic Education) dure 6 ans et le collège (Junior High School) fait 3 ans. Le BECE, Basic Education Certificate Examination sanctionne ce premier cycle de scolarité.

Il y a ensuite 3 ans de Junior High School (équivalent du collège dans la plupart des systèmes francophones), puis 3 ans de lycée (Senior High School) dont la scolarité est en principe gratuite depuis 2017 et qui se termine par l’examen du WASSCE (West African Senior School Certificate Examination).

À la fin de ces études secondaires (WASSCE) – commun aux pays anglophones d’Afrique de l’Ouest – les élèves peuvent candidatent pour la rentrée universitaire. En 2019, environ 50 % des candidats étaient admis à poursuivre dans l'enseignement supérieur public. Les autres peuvent s'inscrire dans les instituts polytechniques, dans les Colleges of Education ou dans des universités privées.

Le niveau licence (Bachelor of Arts, «BA», ou Bachelor of Science, «BSc» selon les disciplines) s'effectue en 4 ans, avec une année à l’étranger (Year Abroad) pour les cursus de langues. À la fin du Bachelor et avant d’entreprendre un master, les étudiants ghanéens doivent effectuer une année de service national (service civique obligatoire) dans une institution publique ou privée.