Pierre-Louis-Marcel Canguilhem, dit Marcel Canguilhem ou Cel le Gaucher, né le à Mont-de-Marsan où il est mort le , est un dessinateur, illustrateur et sculpteur français.

Dessinateur droitier, Marcel Canguilhem perd son bras droit au cours de la Première Guerre mondiale. Il se voit ainsi contraint d'éduquer sa main gauche pour continuer à travailler et signe ses œuvres à partir de là du nom de Cel le Gaucher. Au cours de sa carrière, il collabore à diverses publications régionales et laisse de nombreuses illustrations de soldats sur le front. Il est également affichiste et sculpteur.

Biographie Marcel Canguilhem est le fils de Jean-Pascal Canguilhem, cordonnier, et de Catherine Remazeilles, couturière. Il suit sa scolarité à Mont-de-Marsan, où il démontre des qualités pour le dessin. Le , il fait en ville une exposition de ses caricatures qu'il signe C.Cel.

Première Guerre mondiale Le , âgé de 19 ans, il est incorporé à la caserne Bosquet et rejoint le le d'infanterie au front de la première Guerre mondiale. Bon soldat, il exerce également ses talents de caricaturiste pour dessiner la vie des poilus, portant sur ses camarades et officiers un regard à la fois sans concession et plein de sympathie. thumb|left|upright|Illustration de poilus à Noël 1915, adressé à Francis Planté et publié dans Le Journal des Landes.

Il leur dédie son album, Des Traits Poilus (), dont certaines planches sont de nos jours exposées au musée du d'infanterie : corvées de rondins, de lavage ou encore de ravitaillement de nuit, bataille de polochons et visite médicale, cuistots et les permissionnaires ainsi que le quotidien du poilu dans sa tranchée.

Promu caporal-fourrier le , Marcel participe en première ligne à la bataille de Verdun. Le y paie le prix fort : 39 officiers et 1381 hommes tués (soit 65 % des officiers et 45 % des hommes) en six jours, du 21 au . Blessé le à l’épaule droite, Marcel, artiste droitier, est conduit au poste de secours de la redoute du fort de Souville et recueilli par l'équipe des brancardiers régimentaires de l'abbé Joseph Bordes. Les deux hommes se connaissent et l'écho de cette rencontre parvient aux Landais par le biais du journal La Jeunesse Landaise, que l'aumônier transforme en journal du Poilu landais, alternant le français et le gascon pour que chacun puisse le lire. C.Cel assure l'essentiel des illustrations, n'hésitant pas à caricaturer tendrement son ami l'abbé Bordes. En raison de sa blessure, Marcel Canguilhem est évacué vers le dépôt du , à la caserne Bosquet.

Au dépôt de Mont-de-Marsan, l'artiste suit des cours de rééducation et s'entraîne dans un même temps à dessiner de la main gauche. Il recouvre peu à peu l'usage du bras droit et publie un nouvel album, Mon Dépôt (). Il y croque des portraits de ses camarades, de ses chefs et de lui-même. Son bras droit rétabli, il intègre un nouveau régiment, le , régiment de réserve d'Avesnes. Il embarque pour l'Orient où combat son nouveau régiment et après une traversée périlleuse, il rejoint les tranchées de Macédoine dans lesquelles, à l'ouest de Salonique, l'armée française d'Orient s'oppose aux Bulgares et aux Austro-Hongrois. L'armée d'Orient offre de nouveaux sujets à C.Cel, comme Le Chemineau du Sérail ou Chemineau d'Orient, qui devient le dessin emblématique des Poilus d'Orient landais. Le étant dissout le , Marcel Canguilhem passe au d'infanterie, régiment de Rocroi. Il publie Macédoine de légumes, dernier album de Marcel le droitier qui signe toujours C.Cel.

Le , lors de la bataille de Dobro Polje, le déplore 50 tués et 224 blessés, dont Marcel Canguilhem. S'il échappe de peu à la mort, son bras droit est une nouvelle fois touché mais cette fois-ci, irrémédiablement.

Après guerre Il est évacué à l'hôpital de la Marine de Toulon où il est soigné. Il se marie le à Marseille avec Marthe Labarde (1890-1972). Rétabli et loin de céder au découragement, il se met à concrétiser ses projets artistiques. Il commence par se former pendant un an à l'école des beaux-arts de Bordeaux dans la classe de Paul Quinsac. En 1920, il remporte le premier prix de l'affiche du bal des étudiants et celle des étudiants manifestant sur les Quinconces, empruntant la voie d'affichiste et de publiciste à la fois mural et journalistique. Il signe à partir de cette époque ses œuvres du nom de Cel le Gaucher. Il s’engage également dans les associations d'anciens combattants : Union fédérale des associations françaises d'anciens combattants, Union nationale des combattants et Association des Poilus d'Orient dont il est le président pour les Landes.

De retour à Mont-de-Marsan, il entre à la Société Générale. Sur le plan artistique, devenu un touche-à-tout du dessin et de l'art de son époque, il devient graveur, modeleur, réalise les affiches publicitaires et des illustrations pour la presse sportive ou tauromachique.

Illustration Dans ses affiches, l'artiste conserve son sens de l'humour : lui qui a perdu le bras droit par un éclat d’obus, il représente un poilu qui, tel un écarteur de la course landaise, esquive le projectile de mort. Il dessine beaucoup sur le thème de la guerre et ses soldats portent presque toujours, au revers de leur col, le numéro du ou du d'infanterie. Il évoque également les soins prodigués par les infirmières.

En 1953, il sort un album du souvenir. L'album édité à titre posthume le résume la pluralité des thèmes et la diversité des talents de l'artiste : affichiste, publiciste, humoriste, illustrateur, caricaturiste.

Sur la course landaise et la corrida, Cel le Gaucher réalise un grand nombre de cartels annonçant le programme des festivités. Il aborde également des thèmes sportifs (autour du rugby notamment) et historiques.

Sculpture Il réalise le monument aux morts de Bascons (Landaise en deuil, dite la Méninote), inscrit monument historique, commandé par le maire Raoul Laporterie, grand ami de l'artisteVoir la liste des monuments historiques des Landes, celui d'Estibeaux ainsi que des stèles, médaillons ou statues de personnalités à Bascons, Laurède, Mont-de-Marsan, Renung, etc.

En 1938, il réalise la plaque de marbre monumentale commémorant l'épopée du dans la Grande Guerre. Cette même année, il inaugure un monument aux poilus d'Orient en deux exemplaires, un pour la Yougoslavie (Dobropolje où il perdit son bras droit), l'autre pour le cimetière du centre de Mont-de-Marsan (l'exemplaire en Yougoslavie disparaîtra pendant la Seconde Guerre mondiale). Il envoie de œuvres offertes par le gouvernement français vers les États-Unis en remerciement de leur aide durant la guerre. Ces œuvres, destinées aux écoles et musées du Connecticut, doivent y figurer toujours.

Décès Le , il est renversé par une voiture alors qu'il rentre de Bascons où il travaille sur le monument aux morts. Atteint à la tête, il reste 30 jours dans le coma et ne se remet pas tout à fait de cet accidentBiographie de Cel le Gaucher. Il décède à , le ; il est enterré au cimetière du Centre de Mont-de-Marsan.

Distinctions

Marcel Canguilhem est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1932 et obtient la cravate de commandeur de l'Aigle blanc en 1938.

Hommages Le , son nom est donné à la rue longeant la maison derrière laquelle se situait son atelier (7 rue Cel le Gaucher, à Mont-de-Marsan). Un collège d'enseignement secondaire dans le quartier Saint-Médard de Mont-de-Marsan porte son nom.

Galerie Réalisations à Bascon

Réalisations à Mont-de-Marsan

Hommages à Mont-de-Marsan

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Catégorie:Dessinateur français Catégorie:Sculpteur français du XXe siècle Catégorie:Artiste lié aux Landes Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1932 Catégorie:Récipiendaire de l'ordre de l'Aigle blanc (Serbie) Catégorie:Nom de plume Catégorie:Militaire français de la Première Guerre mondiale Catégorie:Mutilé de guerre Catégorie:Artiste gaucher Catégorie:Naissance en décembre 1895 Catégorie:Naissance à Mont-de-Marsan au XIXe siècle Catégorie:Décès en juillet 1949 Catégorie:Décès à Mont-de-Marsan au XXe siècle Catégorie:Décès à 53 ans