vignette|220px|Les armoiries de la ville de Saint-Quentin se blasonnent ainsi : D'azur, à un buste de Saint-Quentin d'argent, accompagné de trois fleurs de lis d'or, deux en chef et une en pointe.Charles d'Hozier dans son Armorial général de France de la fin du donne déjà ces armoiries à la ville avec un dessin légèrement différent pour saint Quentin..Devise : Pro deo rege et patria (Pour Dieu, le Roi et la Patrie).Ornements extérieurs : épée et clef entrecroisées derrière le blasonCroix des maïeursEn 1752 le roi Louis XV remit La Croix des Mayeurs à la ville de Saint-Quentin en récompense de sa fidélité..Croix de chevalier de la Légion d'honneur.Croix de guerre 1914-1918 avec palme. vignette|220px|Saint-Quentin, Civis murus erat monument commémoratif la bataille de 1557 par Corneille Theunissen. vignette|220px|Hôtel de ville de Saint-Quentin. vignette|220px|Billet de 50 francs représentant Maurice-Quentin de La Tour.
L'histoire de Saint-Quentin, commencerait, en l'état actuel des connaissances, à l'âge du fer avec l'arrivée de Viromanduens, peuple gaulois qui s'installa dans la région. Au , les Romains construisirent une ville qui prit le nom d'Augusta Viromanduorum. C'est au qu'apparut dans les textes le nom actuel de la ville Sanctum Quintinum. La cité connut une période de prospérité jusqu'au avec le développement de l'industrie textile. Elle subit les invasions espagnoles au mais fut épargnée par les guerres du . Le vit naître dans ses murs le plus illustre de ses enfants Maurice-Quentin de La Tour, portraitiste et pastelliste de grand talent. Au , Saint-Quentin développa son industrie mais la Première Guerre mondiale laissa la ville en ruine. La reconstruction de l'entre-deux-guerres lui a donné sa physionomie actuelle. Touchée par la désindustrialisation de la fin du , Saint-Quentin peine à retrouver son dynamisme d'antan.
Antiquité
Saint-Quentin, ville gallo-romaine
La ville a été fondée par les Romains, au , et prit le relai de l’oppidum de Vermand comme chef-lieu des Viromanduens, peuple celte belge qui occupait la région. Elle reçut le nom d’Augusta Viromanduorum, en l'honneur de l'empereur Auguste. Le site correspondait à un gué qui permettait de franchir la Somme. Elle devint le chef-lieu de la Civitas des Viromanduens.
L'occupation humaine du site dura globalement du . Au , la ville semble avoir été désertée au profit de Vermand.. En 2010, des fouilles archéologiques ont mis au jour des vestiges de la ville gallo-romaine, en centre ville, rue Émile-Zola. Ils ont été datés pour les plus anciens de la seconde moitié du et pour les plus récents du troisième tiers du . Ont été retrouvés des éléments de chaussée antiques, des vestiges d'habitations, des monnaies de Trajan et d'Hadrien, des céramiques..
Le martyre de saint Quentin
Quentin aurait été le fils du sénateur Zénon. Il partit de Rome dans la seconde moitié du et arriva en Gaule belgique avec douze compagnons. Quentin se rendit à Amiens où il prêcha l’Évangile le préfet romain Rictiovarus l'aurait fait arrêté et torturé, mais Quentin refusa d’abjurer sa foi. Le préfet décida alors de l’envoyer à Reims, capitale de la Gaule belgique, pour l’y faire juger.. Mais, parvenu à Augusta Viromanduorum, Quentin, s'échappa et recommença sa prédication. Rictiovarus aurait alors décidé d’en finir : Quentin fut torturé de nouveau, décapité et son corps jeté par dans les marais qui entourent la SommeGrégoire de Tours, In gloria martyrum ().. Le tombeau du martyr devint un lieu de pèlerinage important depuis le au moins. La ville prit le nom de Saint-Quentin par la suite première mention écrite en 842Pierre-Henri Billy, Dictionnaire des noms de lieux de la France, Paris, éditions Errance, 2011 ..
Moyen Âge
Haut Moyen Âge, Saint-Quentin ville de pèlerinage
Dès le , de nombreux fidèles venus du Nord de la France vinrent en pèlerinage sur le tombeau de saint Quentin. Selon Grégoire de Tours, de nombreux miracles se produisaient.. Les recherches archéologiques menées par Christian Sapin en 2009 sous la crypte ont permis de découvrir de nombreuses sépultures à proximité du lieu d'inhumation présumé de Quentin, ce qui confirme le développement du culte de saint Quentin dès le début du Moyen Âge..
vignette|gauche|250px|Découverte du chef et du corps de saint Quentin dans la Somme, Vita et miracula s. Quintini, vers 1100 (bibliothèque municipale de Saint-Quentin). Éloi de Noyon, vers 641, redécouvrit la sépulture de Quentin et repéra la dépouille du saint, parmi les nombreux corps enterrés à ses côtés depuis le , grâce aux clous plantés dans les épaules du saint lors de son martyre. Eloi de Noyon aurait placé les reliques dans une châsse richement décorée qu'il aurait lui-même réalisée, p.270.. Grâce aux subsides du roi Clovis II, Eloi fit bâtir une nouvelle église pour y accueillir les reliques du saint en 651...
Au , plusieurs abbés de Saint-Quentin furent de proches parents des souverains carolingiens, ce qui permit à l'église, grâce aux largesses royales et impériales, de se développer rapidement. En 741, Jérôme, fils de Charles Martel et proche conseiller de Pépin le Bref, devint comte-abbé de Saint-Quentin..
L'abbaye apparaît dans un texte célèbre : une lettre de l'empereur Charlemagne qui convoquait l'abbé Fulrad de Saint-Quentin et ses vassaux à l'Ost en 806Le texte de la lettre est notamment reproduit dans Michel Kaplan (dir.), Le Moyen Âge, , vol. 1, Bréal, 2000, .. À partir du , Saint-Quentin était devenue le centre économique et politique du comté de Vermandois. Dès le , les comtes de Vermandois (issus de la famille carolingienne, puis capétienne) sont très puissants.
Selon l'historien Emmanuel Lemaire, l'église en construction fut bénie le par le pape Étienne IV, de passage dans la région avant le sacre à Reims de l'empereur Louis le Pieux, p. 449..
En 834, neuf ans après la mort de Fulrad, Hugues, fils de Charlemagne et chancelier de l'empereur Louis le Pieux, devint abbé de Saint-Quentin et le demeura jusqu'à sa mort en 844.
Le , le comte-abbé Adélard, successeur d'Hugues, fit déposer dans cette crypte auprès de la dépouille de saint Quentin, le corps de saint Cassien en présence du roi Charles le Chauve. De même, en 893, grâce à un don de l'évêque d'Amiens Otgaire, l'église de Saint-Quentin accueillit le corps de saint Victoric, compagnon de saint Quentin. En ces deux occasions, la crypte fut élargie pour accueillir les corps des saints..
Dans la seconde moitié du , les chanoines, constitués en chapitre ou collège, remplacèrent les moines. L'église devint alors collégiale car dotée d'un chapitre canonial. Incendiée par les Vikings en 883, l'église fut réparée par l'abbé Thierry et entourée de fortifications de 886 à 893, p. 76..
Moyen Âge classique, Saint-Quentin ville drapante
La commune de Saint-Quentin
L'essor urbain des et siècles suscita une volonté d'autonomie de la bourgeoisie urbaine particulièrement actif en Picardie. L'augmentation de la population urbaine créait un besoin spécifique d'administration urbaine que les seigneurs n'étaient pas en mesure de fournir. Le comte de Vermandois, Herbert IV, seigneur de Saint-Quentin préféra la négociation plutôt que l'affrontement avec les bourgeois. Il leur octroya, vers 1080, une charte de franchises qui leur garantissait une large autonomie politique et fiscale, la commune de Saint-Quentin était néeAndré Chédeville, « Le mouvement communal en France aux , ses éléments constitutifs et ses relations avec le pouvoir royal » in Robert Favreau, Régis Rech et Yves-Jean Riou (directeurs), Bonnes villes du Poitou et des pays charentais () : Actes du colloque tenu à Saint-Jean-d’Angély les 24-25 septembre 1999, publiés par la Société des antiquaires de l'Ouest in Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest et des musées de Poitiers, , tome VIII (2002), à Poitiers. , ..
Raoul Ier de Vermandois fonda à Saint-Quentin vers 1140, le collège des Bons Enfants pour l'éducation des garçons qui fut confiée aux chanoines. Trois professeurs y enseignèrent jusqu'au . Le collège fut fermé en 1793https://www.histoireaisne.fr/memoires_numerises/chapitres/tome_36/Tome_036_page_083.pdf.
Reconstruction de la collégiale Saint-Quentin
Vers 1170, afin d'accueillir des pèlerins de plus en plus nombreux, le collège de chanoines décida la construction d'une imposante collégiale. Le chantier de l'église débuta à la fin du et s'arrêta trois siècles plus tard.
Le , Enguerrand III, seigneur de Coucy, offrit au chapitre de la collégiale trois châsses ornées d'or, d'argent et de pierreries pour y accueillir les corps de saint Quentin, saint Cassien et saint Victoric. L'année suivante, les tombeaux furent installés dans la nef de l'église carolingienne dans l'attente de l'achèvement du chœur de la nouvelle église gothique.
Le , en présence de nombreux seigneurs et de plusieurs évêques, le roi Saint Louis, accompagné de ses fils Louis et Philippe, se rendit à Saint-Quentin. il assista à la translation des reliques de saint Quentin, saint Cassien et saint Victoric dans le chœur.
vignette|400px L'édifice témoigne d'une époque fervente et prospère lorsque la ville était à la fois foyer religieux et position stratégique aux confins nord du royaume. Au commencement du , plus de 70 chanoines desservaient la collégiale, ce qui faisait du chapitre de Saint-Quentin l'un des plus importants de France. Les curés des neuf paroisses de Saint-Quentin créées en 1213 à la suite du développement de la ville étaient placés sous la juridiction du chapitre. Plusieurs chanoines de Saint-Quentin occupèrent des fonctions prestigieuses à cette époque : Jean de Saint Albans et Roger de Provins furent Premiers médecins des rois Philippe Auguste et Saint Louis. De même, Simon de Brie, après avoir été nommé chancelier de France en 1260 et cardinal en 1261, fut élu pape sous le nom de Martin IV en 1281. Ces appuis puissants permirent d'obtenir des fonds pour la construction de la nouvelle église et pour la constitution du trésor du chapitre. Par exemple, en 1251, le roi Saint Louis offrit à la collégiale un morceau de la Vraie Croix à la suite d'une requête de Roger de Provins.
À partir de la seconde moitié du , le rythme des travaux se ralentit nettement. La construction du grand transept dura ainsi environ un siècle et demi, de 1250 à 1400, avec un arrêt presque complet entre 1340 et 1380, p. 87.. La nef ne fut achevée qu'en 1476, plus de trois siècles après le début du chantier.
Une émeute fiscale d'importance eut notamment lieu en 1213, conduisant au bannissement du mayeur Robert Netz de Cat. En 1247, le roi Saint Louis dut se rendre dans la cité pour tenter de réconcilier commune et chapitre, ce qui n'empêcha pas une nouvelle émeute fiscale en 1295. À ces problèmes financiers s'ajoutèrent les conséquences de la guerre de Cent Ans et de la Peste noire, qui laissèrent le Vermandois ruiné et dépeuplé au début du .
Le siècle, un âge d'or pour Saint-Quentin
Au début du , Saint-Quentin entra dans le domaine royal. À cette époque, c'était une ville florissante, en raison de son activité textile (ville drapante). Saint-Quentin fit partie de la Hanse des XVII villes, groupement de marchands drapiers de villes flamandes, picardes ou champenoises, dès 1230 et jusqu'au siècle.
Ce fut aussi une place commerciale favorisée par sa position à la frontière du royaume de France, entre les foires de Champagne et les villes de Flandre (commerce du vin, notamment) : il s'y tenait une importante foire annuelle, la foire de la saint Denis, au mois d'octobre. En 1242, les marchands forains y vendaient du drap de laine, de la sellerie, de la soie... En 1319, le roi Philippe V fixa la durée de la foire à 16 jours. Les tentes et étals des marchands étaient installés au delà des portes de la villerance3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/aisne/saint-quentin/foire-saint-denis-saint-quentin-fete-ses-700-ans-1734441.html.