est un genre fossile d'Euryptérides, un groupe d'organismes communément appelés « scorpions de mer ». Le genre a vécu du Silurien au Carbonifère, il y a environ . Eurypterus est de loin l'Euryptéride le plus étudié et le plus connu. Les spécimens fossiles d’Eurypterus représentent probablement plus de 95% de tous les spécimens connus d'Euryptérides.

Le genre Eurypterus compte quinze espèces, dont la plus commune (et espèce type) est E. remipes, premier fossile d'Euryptérides découvert et fossile officiel de l'État de New York.

Les individus du genre Eurypterus faisaient en moyenne de long, mais le plus grand individu découvert a été estimé à de long. Ils possédaient tous des appendices spinifères (porteurs d'épines) et une grande pagaie qu'ils utilisaient pour nager. Il s'agissait d'espèces généralistes, à la fois prédatrices et charognardes.

Découverte

Le premier fossile d’Eurypterus est découvert en 1818 par Samuel Latham Mitchill (1764-1831), un collectionneur de fossiles. Il est extrait de la formation Bertie de New York (près de Westmoreland, comté d'Oneida). Mitchill interprète les appendices présents sur la carapace comme des barbillons sortant de la bouche. En conséquence de quoi, il identifie le fossile comme un poisson-chat du genre Silurus.

Ce n'est que sept ans plus tard, en 1825, que le zoologiste américain James Ellsworth De Kay (1792-1851) identifie correctement le fossile comme un arthropode. Il le nomme Eurypterus remipes et ce faisant crée le genre Eurypterus. Le nom signifie « grandes ailes » ou « grandes pagaies », du grec ( 'large') et ( 'aile'), en référence aux palettes natatoires du spécimen.

Cependant, De Kay pense qu’Eurypterus est un Branchiopode (un groupe de Crustacés qui comprend les Anostraca et les Diplostraca). Peu de temps après, en 1835, Eurypterus lacustris est découverte à New York par le paléontologue Richard Harlan (1796-1843). Un autre spécimen est découvert en Estonie en 1858 par (1833-1866) qui le considère alors comme étant de la même espèce que le premier spécimen découvert, E. remipes. Il a depuis été attribué à une nouvelle espèce, E. tetragonophthalmus. Les spécimens d'Estonie sont souvent d'une qualité extraordinaire, car ils ont conservé la véritable cuticule de leur exosquelette. En 1898, le paléontologue suédois (1853-1926) parvient à séparer ces fossiles de leur socle rocheux à l'aide d'acides. Holm peut alors examiner au microscope des fragments presque parfaitement conservés. Son étude remarquable a permis une percée majeure dans la connaissance de la morphologie des Euryptérides.

D'autres fossiles ont été découverts en grande quantité à New York au siècle, et ailleurs dans l'Est de l'Eurasie et en Amérique du Nord. De nos jours, Eurypterus reste l'un des genres d'Euryptérides les plus communs et les mieux connus, représentant plus de 95% de tous les fossiles d'Euryptérides connus.

En 1984, E. remipes a été désigné de New York par le gouverneur de l'époque, Mario Cuomo (1932–2015).

Description gauche|vignette| Comparaison de taille entre un homme adulte moyen (170 cm), un spécimen d’E. remipes moyen (environ 20 cm) et le plus grand fossile connu d’Eurypterus lacustris (55,4 cm). Les Euryptérides sont les plus grands arthropodes ayant jamais existé. L'espèce connue la plus grande, Jaekelopterus rhenaniae, faisait jusqu'à de long, à peu près la taille d'un crocodile. Cependant, les espèces d’Eurypterus étaient beaucoup plus petites.

Les spécimens connus d’E. remipes font généralement entre de long, et les plus grands spécimens d’E. lacustris en moyenne entre . Toutefois, le telson (la division la plus postérieure du corps) d'un spécimen de cette espèce fait, à lui seul, de long ce qui signifie que le spécimen en question fait de long, ce qui en fait le plus grand spécimen jamais décrit dans la littérature. Sur la page d'introduction d’E. remipes sur le site Web de l'Université du Texas à Austin, il est indiqué que le plus gros spécimen décrit et actuellement exposé à la Paleontological Research Institution de New York mesure de long. Toutefois, la section de texte décrivant le groupe des Euryptérides plutôt que le genre Eurypterus, il n'est pas possible de déterminer si les de long se réfèrent à E. remipes ou à un autre Euryptéride.

Les fossiles d’Eurypterus ont souvent des tailles similaires dans une zone donnée. Cela pourrait s'expliquer par un mécanisme de « tri » en andains des fossiles par l'action des tempêtes et des vagues lors de leur dépôt dans des eaux peu profondes.

Le corps d’Eurypterus est globalement divisé en deux parties : le prosome et l'opisthosome (à son tour divisé en mésosome et métasome).

Le prosome, partie antérieure du corps, est en fait composé de six segments fusionnés pour former la tête et le thorax. Il comporte une carapace qui a la forme d'une plaque semi-circulaire à sub-rectangulaire. Sur la face dorsale du prosome, on trouve deux grands yeux composés en forme de croissant. Eurypterus possède également deux petits yeux simples sensibles à la lumière (les ocelles médians) situés au centre de la carapace sur une petite protubérance (connue sous le nom de monticule ocellaire). Sous la carapace on trouve la bouche et six appendices, généralement désignés par les chiffres romains I à VI. Chaque appendice est à son tour composé de neuf segments (appelés podomères ou articles) identifiés par les chiffres arabes 1 à 9. Le premier segment qui relie les appendices au corps est connu sous le nom de coxa (pluriel coxae).

La première paire d'appendices (appendice I) est constituée des chélicères, petits bras en forme de pinces utilisés pour déchirer les aliments (mastication) pendant l'alimentation. Après les chélicères on trouve trois paires de courtes pattes (appendices II, III et IV). Ces appendices sont spinifères, avec généralement deux épines par podomère, sauf le segment le plus pointu qui ne porte qu'une seule épine. Les deux derniers segments sont souvent impossibles à distinguer et ont l’apparence d’un seul segment comportant trois épines. Ces appendices sont utilisés à la fois pour la marche et pour la capture de nourriture. La paire suivante (appendice V) est celle qui ressemble le plus à une patte, plus longue que les trois premières paires et généralement dépourvues d'épines, sauf au niveau des segments les plus pointus. La dernière paire (appendice VI) est constituée de deux larges pattes en forme de pagaie utilisées pour nager. Les coxae de l'appendice VI sont larges et plates, et ressemblent à des « oreilles ». vignette| Caractéristiques anatomiques d’Eurypterus. L'ophisthosome (abdomen) est composé de douze segments, chacun constitué de deux plaques supérieure (tergite) et inférieure (sternite) fusionnées. L'opisthosome est en outre subdivisé de deux manières.

En prenant en compte la largeur et la structure de chaque segment, on peut diviser l'opisthosome en un large préabdomen (segments 1 à 7) et un étroit postabdomen (segments 8 à 12). Le préabdomen est constitué des segments les plus larges de la partie antérieure de l'ophisthosome, tandis que le postabdomen représente les cinq derniers segments du « corps d’Eurypterus ». Chacun des segments du postabdomen contient des protubérances latérales aplaties connues sous le nom d'épimère, à l'exception de la dernière partie du corps en forme d'aiguille (styliforme) connue sous le nom de telson. Le segment précédant immédiatement le telson (qui possède également la plus grande épimère du postabdomen) est connu sous le nom de prételson.

On peut également diviser l'ophisthosome par fonction. On le divise alors en un mésosome (segments 1 à 6) et un métasome (segments 7 à 12). Le mésosome contient les branchies et les organes reproducteurs d’Eurypterus. Ses segments ventraux sont recouverts de plaques dérivées d'appendices connues sous le nom de Blatfüsse (singulier Blatfuss, mot allemand qui signifie « pied de feuille »). À l'intérieur et protégés par ces plaques, se trouvent les chambres branchiales qui contiennent les organes respiratoires d’Eurypterus. Les segments du métasome, quant à eux, ne possèdent pas de Blatfüsse.

Certains auteurs utilisent à tort alternativement les termes mésosome et préabdomen, ou métasome et postabdomen alors qu'ils ne sont pas interchangeables.

Les principaux organes respiratoires d’Eurypterus étaient vraisemblablement des branchies feuilletées, situées dans les chambres branchiales des segments du mésosome. Ils pourraient avoir été utilisés pour la respiration sous-marine. Ils sont composés de plusieurs couches d'un fin tissu empilées ce qui les fait ressembler aux pages d’un livre, d'où leur nom. Ils possédaient également cinq paires de zones de forme ovale couvertes de projections microscopiques sur le plafond des deuxièmes chambres branchiales du mésosome, immédiatement sous les voies branchiales. Ces zones sont connues sous le nom de Kiemenplatten (ou branchies, bien que le premier terme soit préféré). Elles sont spécifiques des Euryptérides.

Eurypterus est sexuellement dimorphe. Au centre de la face inférieure des deux premiers segments du mésosome on trouve des appendices utilisés pour la reproduction. Chez les femelles, ces appendices sont longs et étroits. Chez les mâles, ils sont tout petits. Une minorité d'auteurs fait le postulat inverse : un appendice génital plus long pour les mâles, plus court pour les femelles.

L'exosquelette d’Eurypterus est souvent recouvert de petites excroissances appelées ornementations. Ces ornementations incluent des pustules (petites saillies), des écailles et des stries. Ils varient selon les espèces et sont utilisés pour l'identification. Pour des descriptions diagnostiques plus détaillées de chaque espèce d’Eurypterus, voir les sections ci-dessous.

Classification Le genre Eurypterus appartient à la famille des Eurypteridae. Ils sont classés dans la super-famille des Eurypteroidea, le sous-ordre des Eurypterina, l'ordre des Eurypterida et le sous-embranchement des Chelicerata. Jusqu'à récemment, on pensait que les Euryptérides appartenaient à la classe des Merostomata, comme l'ordre des Xiphosura. On pense désormais que les Euryptérides sont un groupe frère des Arachnides, plus proches des scorpions et des araignées que des limules.

Eurypterus est le premier taxon d'Euryptérides décrit et c'est également le plus commun. C'est pourquoi la quasi-totalité des Euryptérides vaguement similaires décrits au siècle ont été classés dans ce genre (à l'exception des membres clairement distincts de la famille des Pterygotidae et des Stylonuridae). Ce genre unique a finalement été divisé en plusieurs genres à mesure que la science taxonomique se développait.

En 1958, plusieurs espèces qui se distinguent par des yeux plus rapprochés et des épines sur les palettes natatoires sont exclues du genre Eurypterus et regroupées en un genre distinct Erieopterus par Erik Norman Kjellesvig-Waering (1912-1979). En 1973, Leif Størmer (1905–1979) propose une autre division du genre Eurypterus en rattachant certaines espèces au genre Baltoeurypterus en tenant compte de la taille de certains des derniers segments des palettes natatoires. Toutefois, en 2006, juge ces différences trop insignifiantes pour justifier l'affectation à un genre distinct et il fusionne le genre Baltoeurypterus au sein du genre Eurypterus. On estime aujourd'hui que les variations mineures décrites par Størmer correspondent à des différences entre adultes et juvéniles au sein d'une même espèce. vignette| Peinture de 1912 par Charles R. Knight représentant divers Euryptérides découverts à New York. La scène comprend les genres Dolichopterus, Eusarcana, Stylonurus, Eurypterus et Hughmilleria.