thumb| Le prix Barbier est un prix annuel décerné par l'Académie des sciences à partir de 1862 pour récompenser une découverte importante dans les sciences chirurgicale, médicale, pharmaceutique et dans la botanique ayant rapport à l'art de guérir..
Fondation et conditions Fondation du prix Ce prix est fondé au plus tôt en 1847 grâce à un legs de Joseph‐Athanase Barbier (1767‐1846), chirurgien en chef de l'hôpital du Val-de-Grâce, qui le désigne ainsi :
Il y a donc à l'origine trois prix : le premier attribué par l'académie royale de médecine, le deuxième par la faculté de médecine de Paris et le troisième par l'Institut de France.
Montant du prix
Les héritiers Barbier disputent ce legs auprès de l'Académie des sciences, et un décret du autorise la réduction du prix à ... Il faut cependant noter que plusieurs sources donnent différentes sommes : le Bulletin de l'Académie de médecine de 1864 donne ; Maindron (1881) mentionne en 1865 et 1866 ; les Archives de neurologie donnent en 1893. et en 1894 ; et en 1909.… Au moins deux raisons peuvent intervenir pour expliquer ces variations : 1) les sources indiquant des sommes supérieures à font peut-être l'amalgame entre les institutions distribuant le prix (ce qui met un doute sur la précision de ces sources quant à savoir quelle institution distribue quel montant) ; 2) l'institution peut avoir décidé d'augmenter ponctuellement le montant du prix : ainsi on note que les deux années 1865 et 1866, qui voient attribués par l'une ou l'autre institution, suivent l'année 1864 où le prix n'a pas été attribué - ce qui laisse disponibles pour les années suivantes dans la caisse des institutions respectives. D'autres raisons peuvent aussi intervenir, non mentionnées dans les sources trouvées.
Modalités d'attribution
Le prix est attribué sur concours, avec des ouvrages soumis à une commission spéciale dont les membres sont élus. Pour les concours de prix, les auteurs doivent généralement soumettre leurs travaux en y joignant leurs noms sous pli cacheté, ce dernier étant ouvert seulement pour les ouvrages ayant obtenu le prix ; l'Académie a décidé le que si cette condition de discrétion n'est pas remplie, le candidat est exclu. Mais le prix Barbier est l'un des six prix pour lesquels cette discrétion n'est pas exigée (les cinq autres étant les prix Itard, d'Argenteuil, Godard, Amussat et d'Ourches)..
Il peut être partagé (ce qui n'est pas le cas de tous les prix décernés, certains peuvent l'être et d'autres non). Mais seuls les prix donnent droit au titre de lauréats, à l'exclusion des encouragements, récompenses et mentions honorables qui n'y donnent pas droit..
Première attribution et buts visés
Le prix est attribué pour la première fois en 1862 seulement, alors qu'il est disponible depuis 1856 : en , lors d'un débat sur l'élargissement des conditions d'attribution du prix, il est précisé que sept fois déjà il n'a pas été décerné. Le fondateur M. Barbier, a demandé des moyens complets de guérison pour des maladies réputées incurables ; une condition difficile à remplir. L'Académie souhaite donc assouplir cette exigence. Elle obtient l'autorisation de pouvoir récompenser les travaux qui se rapprochent le plus du but proposé par le testateur ; elle décide aussi de ne pas se limiter à l'examen des travaux soumis et d'aller au-devant de toute découverte allant dans le sens du but proposé pour le prix, y compris à l’étranger ; et elle décide aussi d'inclure la chirurgie dans l'éventail des travaux acceptés.. Ainsi les conditions d'obtention sont redéfinies :
Le prix n'est pas systématiquement décerné chaque année : la commission juge parfois que le but n'a pas été atteint. Ainsi, même avec la redéfinition dans les années 1860 du but visé, en 1906 aucun des quatre mémoires soumis n'en est jugé digne mais trois d'entre eux reçoivent des « encouragements », ou « mentions honorables » voire « très honorables », accompagnés de .
Confusion
Ne pas confondre avec le prix Reynold Barbier, décerné par la Société géologique de France et fondé en 1987 pour récompenser les travaux de géologie appliquée concernant en particulier les sciences de la Terre appliquées au génie civil..
Récipiendaires
ATTENTION : cette liste présente des incertitudes, notamment sur les dates : certaines références en contredisent d'autres. De plus elles sont très souvent imprécises quant à l'institution accordant le prix (au moins deux institutions le délivrent : l'Académie des sciences et la faculté de médecine de Paris). 1862 : P.-A. Cap. 1863 Académie des sciences : partage du prix entre Jules Lépine d'une part (sur le rapport de Joseph Decaisne). et Eugène Vieillard d'autre part. Faculté de médecine de Paris : Eugène Koeberlé (pour avoir réussi deux ovariectomies).. 1864 : le prix n'est pas attribué. 1865 Académie des sciences : sont partagés entre Casimir Baillet et Édouard Filhol (études sur l'ivraie) d'une part, et Amédée Vée et Manuel Leven (découverte de l'ésérine) d'autre part. Faculté (de médecine de Paris) : Simon-Emmanuel Duplay (pour sa thèse de doctorat : Les collections séreuses et hydatiques du pli de l'aine)... 1866 Académie des sciences : Charles Lailler et J. Odon Debeaux (Essai sur la pharmacie et la matière médicale des Chinois) obtiennent chacun une récompense de . Académie de médecine : récompense de à Alphonse-Henri Notta (Nouvelles recherches sur l'emploi de la liqueur de Villate), et encouragement de à Victor Legros (série de mémoires sur la suffocation imminente). 1867 : Pierre-Charles Huguier (ouvrage sur l'hystérométrie).. 1868 : prix partagé entre Thomas Fraser d'une part et Antoine Rabuteau d'autre part. 1869 : prix partagé entre Germanicus Mirault d'une part et Benedict Stilling d'autre part. Académie de médecine : les Pize (emploi du perchlorure de fer dans le purpura) et (Arnaud ?) Costallat (étiologie et prophylaxie de la pellagre) reçoivent chacun une récompense de . Mony (nouveau moyen pour arrêter les vomissements pendant la grossesse) reçoit un encouragement de .. 1870 : Jacques Personne (recherches sur le chloral).. 1871 : Henri-Paul Duquesnel (aconitine). 1872 : Henri Byasson reçoit un encouragement de . Johannès Chatin d'une part, et Claude Louis Coutaret (sur les dyspepsies) d'autre part, reçoivent chacun un encouragement de . Charles Delalain reçoit le prix pour son appareil de prothèse faciale.. 1873 : Édouard Lefranc reçoit une mention honorable et un encouragement de (recherches sur l'Atractylis gummifera).. 1874 faculté de médecine : Philippe Rigaud (Traitement curatif de toutes les dilatations variqueuses superficielles…).. Albert Robin d'une part, et E. Hardy d'autre part, reçoivent chacun une mention honorable. 1875 : ; selon Maindron, il semble que le prix n'ait pas été attribué cette année-là. 1876 : Planchon reçoit le prix. Gallois et E. Hardy reçoivent conjointement une récompense de . Lamarre reçoit une récompense de . 1877 : V. Galippe reçoit une récompense de . Lepage et Patrouillard se partagent conjointement une récompense de . Anatole Manouvriez reçoit une récompense de . 1878 : Charles Tanret (ou 1879 ?). Deux encouragements de à D. Cauvet et Édouard Heckel.. 1879 Académie des sciences : Charles Tanret.. (ou 1878 ?). Sont aussi cités pour cette année 1879 Jules Chéron et Camille Sébastien Nachet pour l'invention de l'ophtalmo-microscope (pour l'examen de la rétine).. Anatole Manouvriez reçoit, selon Maindron, un encouragement de . 1880 : Charles-Eugène Quinquaud (recherches d'hématologie clinique).. 1881 : Edmé Bourgoin reçoit la moitié du prix, soit (Traité de pharmacie galénique). Mention honorable (encouragement de ) pour Émile Doassans (Étude sur le Thalictrum). Mention honorable pour Étienne Gilbert (Philtres, charmes, poisons). Encouragement de pour Henri Aimé Lotar (Anatomie comparée des organes végétatifs et des téguments séminaux des Cucurbitacées). 1882 : encouragement de pour Émile Reliquet (nouveau brise-pierre pour la lithotritie). Encouragement de pour Étienne Vidal (instrument de scarification du lupus). 1883 Académie des sciences : Johannès Chatin (monographie de la trichine). 1885 Académie des sciences : Édouard Heckel et Frédéric Schlagdenhauffen (la moitié du prix, pour un ensemble de douze mémoires dont des travaux sur le Calophyllum, sur les kolas africains et sur le doundaké).. Raphaël Dubois (l'autre moitié du prix, pour sa machine à anesthésier). 1886 Académie des sciences : Eugène Collin (Structures anatomiques comparées des substances médicinales. Anatomie comparée des feuilles officinales).. 1887 Académie des sciences : Édouard Heckel et Frédéric Schlagdenhauffen (8 mémoires de botanique appliquée à la thérapeutique) (il y a peut-être confusion de date avec 1885). Faculté de médecine : Pierre Victor Galtier (travaux sur la rage).. 1888 : Jules Amédée Ehrmann (la moitié du prix, étude sur la restauration de la voûte palatine). Raphaël Dubois et Leroy (la moitié du prix, nouvel ophtalmomètre). 1889 : partagé entre Émile Duval (Traité d'Hydrothérapie) d'une part, et Édouard Heckel et Frédéric Schlagdenhauffen d'autre part (trois travaux sur le Baobab, la racine de Bœljitjé (Vernonia nigritiana) et les gutta-percha des Mimusops et des Payena).. Mention honorable pour Barthélémy Dupuy (Traité des alcaloïdes). 1890 : Académie des sciences. : Claude Martin (De la prothèse immédiate appliquée à la résection des maxillaires...). Mention honorable pour Gaston Lyon (L'analyse du suc gastrique).. Faculté de médecine de Paris : le prix n'est pas attribué. Janet et Lœwenberg reçoivent chacun un encouragement de . : Janet pour un appareil de chirurgie, et Lœwenberg pour un appareil à mesurer la tension du tympan.. 1891 : (études de physiologie pathologique sur le cristallin de l'œil humain) (travail mentionné pour l'année 1890). Mention honorable pour Édouard Delthil (ouvrage sur la diphtérie). Mention honorable pour Barthélémy Dupuy (travaux sur les alcaloïdes). 1892 : partagé entre Célestin Cadéac et Albin Meunier (Contribution à l'étude de l'alcoolisme) d'une part, et Jean Baptiste Vincent Laborde (Du mécanisme physiologique des accidents et de la mort par chloroforme) d'autre part. Mention honorable pour Marcel Baudouin (La chloroformisation à doses faibles et continues). Mention honorable pour Paul Thierry (La tuberculose chirurgicale, suites de l'intervention). 1893 : Étienne Gilbert (une partie du prix, La pharmacie à travers les siècles) ; André Sanson (autre partie du prix, Sur l'hérédité). Mention honorable pour Placide Mauclaire (Des différentes formes d'ostéoarthrites tuberculeuses). Mention honorable pour Raymond Sabouraud (De la trichophytie chez l'homme). 1894 : Henri Leloir (Traité... de la scrofulo-tuberculose de la peau et des muqueuses adjacentes). Mention honorable pour Stephen Artault de Vevey (Recherches bactériologiques, mycologiques, zoologiques et médicales sur l'œuf de poule et ses agents d'infection). Mention honorable pour Tscherning (invention de laberroscope). 1895 : C. Lanaras (Mémoire sur le Choléra Asiatique de 1894 à Samsoun). ; et/ou Jules Bœckel (Cure radicale des hernies ombilicales) ; et/ou B. Dupuy (Les acides organiques). Mention très honorable pour Bernhard (Documents pour servir à l'histoire de la pharmacie et La thériaque, étude historique et pharmacologique). 1896 Académie des sciences : Lucien Raynaud (Essai de sérothérapie contre le typhus exanthématique).. Mention très honorable pour Henri Moreigne. Faculté de médecine : Bertrand. et Jules Fontan (Traité médicochirurgical de l'hépatite suppurée des pays chauds.). 1898 : Jules Comby. Alphonse Trémeau de Rochebrune est aussi mentionné comme ayant reçu le prix cette année-là. Mention honorable pour Adrien Lucet. 1899 : J. Houdas et Jouanin d'une part, et Louis Lapicque d'autre part. A. Reeb et Frédéric Schlagdenhauffen sont également mentionnés comme ayant reçu le prix cette année-là.